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La faim justifie les moyens [PV Eurydice]







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 La faim justifie les moyens [PV Eurydice]

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Message Dans La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Mar 27 Juin 2017 - 21:09
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P'tite tasse de Carl ? #644C37

I can't stop this feeling
Deep inside of me.
Miss, you just don't realize
What you do to me.

When you keep me
In class so much time,
While telling me,
My grade isn’t right.

Aaahaahaah ...

I'm hooked on a feeling,
The snacks that I’m craving,
There won’t be any left for me ....

   Carl fredonnait mentalement lorsque le professeur daigna enfin de le laisser partir. Pas que ce que le professeur disait n’était pas intéressant, mais il était tellement pressé que la frustration de sa présence lui inspirait quelques parodies explicitant ses états d’âmes. Après avoir brièvement souhaité la bonne soirée à miss Furukawa, il tourna les talons et s’enfonça dans les couloirs à vive allure.
Un croisement, un tournant, continuer tout droit, esquiver le groupe, continuer.

Carl marchait aussi rapidement qu’il pouvait et à un rythme soutenue, laissant dans le sillage de ses grandes enjambés les élèves et divers obstacles parmi lesquels il slalomait habilement. Bien que s’empêcher de courir le fatiguait surement plus qu’autre chose, il voulait éviter de se faire retenir par un pion qui l’aurait engueulé à courir dans les couloirs. Il avait perdu assez de temps comme ça.
Tourner à gauche, continuer, aller tout droit, ne pas glisser sur la surface humide, continuer, sans s’arrêter.

Comme le témoignait ses traits resserrés et ses sourcils bien plus froncés qu’à l’ordinaire, le jeune homme était tendu. La fin de la classe avait signalé le début de la première heure attendue par les étudiants en après midi. Mais le professeur avait décidé de le garder en classe à ce moment là, pour lui parler de sa note au dernier contrôle, qui n’était pas terrible, conjugué avec les petits dessins dans son cahier qu’il faisait trop régulièrement au goût du Furukawa-sensei. Mais de là à le retenir maintenant, c’était à se demander si le professeur ne l’avait pas fait exprès. Même ses potes avaient préférés ne pas l’attendre !

Un bruit intempestif provenant de son estomac tira douloureusement Carl de ses pensées. Ses dents se resserrèrent. En plus il voyait les autres, il voyait dans leurs mains ! Et les siennes étaient désespérément vides ! Il devait se dépêcher ! Il était bien trop en retard, en retard, il était en retard et il allait être trop tard !

Avancer, tourner et descendre l’escalier, continuer !

   Presque, il y était presque ! Il la voyait, la cour intérieure ! Et tout autour d’elle, la bordant comme une ceinture serre un ventre affamé, les petits salons. Ô vision d’espoir. Les yeux de Carl brillèrent d’une nouvelle lueur de détermination farouche. Sa cadence redoubla alors qu’il se dirigeait vers la plus proche de ces petites pièces. Et tel un fauve affamé ayant trouvé la cachette de sa proie fuyante et blessée, il y entra.

   Le salon était une charmante petite pièce, joliment décorée dans des teintes blanches et des boiseries brunes, formant un style qui n’était pas sans rappeler les jours glorieux de la décoration ouest-européenne. Mais là Carl s’en fichait. Royalement. Ignorant l’atmosphère douce qui imprégnait la pièce, il se précipita vers le coin de celle-ci où des vagues de chaos résistaient à l’ordre ambiant : le buffet. Des élèves, principalement des E, trainaient encore devant la table où avaient été servie des viennoiseries et autres petits gâteaux. Comme Carl, ils arrivaient après la vague, mais eux c’était par manque de priorité, plutôt que par choix ou contretemps du corps enseignant.
   Se frayant une place parmi eux, qui furent d’ailleurs surpris de voir un B se pointer si tardivement, le jeune homme contempla le maigre choix qui restait. C’est à dire pas grand chose. La déception commença à poindre lorsqu’il comprit que le choix le plus intéressant qui s’offrait à lui était un pain aux raisins, ce qui était loin d’être ce qu’il préférait. Il continua à scruter la table. Etait-ce donc tout ce qui s’offrait à lui ?
   Soudain, son regard accrocha quelque chose, quelque chose de tapis dans l’ombre hors de la vue des ceux n’étant pas du bon côté de la table. Et Carl sentit monter en lui un nouvel espoir. Il s’avança et tendit la main vers ce qui était malencontreusement caché derrière le carrousel à thé. Sa main plongea dans le côté obscur et il en tira deux cookies. Son estomac gronda dans un cri de rage victorieuse. Le réveil de la faim. La respiration rendu bruyante par l’avidité et le sourire carnassier aux lèvres, Carl s’éloigna de la table, le coeur léger, et se mit à chercher des yeux un fauteuil libre où consommer son goûter aux délicieuses pépites de chocolat qui lui redonnerait des forces.
Contient les arômes suivants : Eurydice


Dernière édition par Carl Power le Mer 19 Juil 2017 - 1:51, édité 7 fois
Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Ven 30 Juin 2017 - 5:47
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Était-il étonnant de dire qu’Eurydice n’avait pas fermé l’œil de la nuit ?

Il y avait quatre types d’Eurydice nocturnes - ce qui pouvait influencer les raisons de ses incroyables moments d’absence en classe : la jeune princesse qui refuse de fermer l’œil pour jouer à un jeu ou lire un bouquin, l’espiègle qui cherche à faire les noises aux surveillants, la curieuse voulant regarder les étoiles et l’insomniaque. L’Eury présente en classe aujourd’hui se classifiait dans cette dernière catégorie. L’adrénaline avait été une vipère horrible contre le sommeil profond que la reine des boucles rouges aurait souhaité avoir.

La nervosité, les réminiscences de tous les souvenirs les plus honteux de son existence et tous les sons agressifs nocturnes que ses oreilles perçurent l’avaient mené à tourner dans tous les sens dans son lit. Elle pouvait se compter chanceuse d’avoir fermé l’œil deux petites heures. L’absence de sommeil lui avait coupé l’appétit, son seul plaisir qu’elle avait en matinée. Elle avait grignoté une petite tranche de pain, les jointures adossées contre sa pommette et une moue ostensible sur son visage.

Elle aurait voulu dormir contre son bureau, un livre à ses avants pour cacher son visage endormi du professeur magistral de la classe. Eury avait cependant un cours de maîtrise des pouvoirs, ce qui l’obligeait, contre son gré, à se forcer pour dessiner. La séance avait été un désastre. Les esquisses avaient à peine réussi à tenir debout, enfin, celles qui avaient réussi à apparaître. Son imagination perdue et sa concentration quasi inexistante, elle se félicitait silencieusement de ne pas avoir éclater en sanglots alors que son professeur la réprimandait sévèrement. Ce dernier avait fini par abandonner en voyant que les cernes marquées sous les yeux d’Eurydice était la raison pour laquelle elle absorbait chacune de ses paroles sans toutefois réellement l’écouter.

De mauvais poil, elle avait quitté la classe à la course à l’instant même où la cloche avait retenti dans les larges couloirs de l’établissement. Sans prendre le temps de regarder si elle avait récupéré tout son matériel, il y avait une chose qui poussait la brunâtre à courir agressivement. Le goûté dans les salons. Des biscuits et cupcakes fraichement présentés sur de beaux plateaux en argent, ça, c’était la chose qui pouvait remonter son moral. Et il fallait courir pour atteindre les sucreries sans que ces « stupides A et B » ne parviennent à tout manger.

Eurydice était rapide. Sa course la mena directement dans le salon à aire ouverte le plus proche de sa classe. Violemment, elle pousse la foule d’élèves, hésitant même à enfoncer ses canines dans la peau de quelques-uns, pour parvenir à la large table garnie de desserts. Elle ne prend qu’une fraction pour décider ce qui lui plait avant de voler un immense cupcake au chocolat dont le chapeau est recouvert de glaçage. La force de la foule oblige Eurydice à se pousser de l’endroit, mais elle s’en contre fiche, elle a sa collation. C’était bien la seule chose de sa journée qui parvint à esquisser un petit sourire sur le coin de ses lèvres.

Enfin, le sourire ne perdura pas éternellement.

Une épaule large et costaude fracassant son échine. La confiserie ne tient pas dans ses mains et glisse contre le sol. Le gâteau ne fait pas de bruit lorsqu’il tombe contre le sol, mais la respiration coupée, choquée par la vision de son petit plaisir démolit par un autre élève remplit le silence.

- MON GÂTEAU !

Elle a beau crier, qu’une petite vague de regards aboutit sur elle avant que les conversations ne reprennent de l’ampleur dans la salle. Elle était invisible aux yeux de ses collègues. Ses joues sont sur le point d’exploser. La rage interne lui brûle les entrailles. Cette dernière se traduit chez Eurydice par de grosses gouttelettes grasses qui s’écoulent de ses petits miroirs marrons.

- Je vais tous leur arracher la tête.

Les mots avaient été susurrés. Elle aurait voulu avoir son immense pinceau pour dessiner un énorme dinosaure afin de terroriser les élèves, car il n’y avait aucun moyen d’avoir un dessert maintenant. La table était vide.

feat. Carl •• #cc3333
©Gau
Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Ven 7 Juil 2017 - 0:35
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P'tite tasse de Carl ? #644C37

La bête s’éloigna doucement et prudemment du cadavre de sa proie, emportant avec elle son précieux butin : quelques morceaux de choix, dissimulés dans un recoin des entrailles que les autres charognards n’avaient pas pris la peine de fouiller. Délaissant le cadavre aussi vide de nourriture que d’intérêt, elle cherchait maintenant un endroit où s’installer et s’atteler au primal acte de consommation. Ses yeux, plissées dans la méfiance de la faim, scrutaient les alentours à la recherche de l’endroit idéale, éloignée de ceux qui pourraient s’intéresser de trop prêt à sa trouvaille. Sa gueule salivait constamment, sous l’effet d’une imagination exacerbée mais alléchante, et promettant  par un goût et une texture, d’apaiser un ventre qui de grondements sature.
   Louvoyant parmi ses semblables occupés à festoyer, glissant entre leurs grognements satisfaits et leurs exultations de satiété, la bête se faufile et se fait une place où siéger en tranquillité. Se posant de toute sa masse comme un conquérant sur le trône et qui d’un regard embrasse toute sa cour qui la prône, elle remercie les Forces qui façonnèrent son destin, pour l’avoir placée à ce fabuleux festin. Puis dévoilant ses crocs à croquer la fortune, à bouffer goulûment, à décroisser la lune, elle abrège son attente qui n’a que trop durée, se jette sur son repas celui-ci peut commencer.

   Voici venir le temps, de ripaille, de sustente, sous le palais aux dents c’est tout les jours l’abondance. Après de longs supplices, chaque instant est pur délice, des bouchées d’apothéose, chaque instant est une osmose. Hommes, Dieux, Animaux, devant le repas sont tous égaux. Des sanglantes boucheries aux plus raffinés des plats, la gourmandise rassemble ceux dont l’estomac est las, et qui tirent tant de plaisir dans l’acte du péché, qu’ils ne le font plus pour vivre, mais vivent pour manger.
   Le premier morceau fut rapidement engloutit, mettant fin à une volupté qui lui avait parut infinie. Son contentement était telle qu’elle aurait presque ronronné. Son attention se porta au second n’attendant que d’être dévoré. Une nouvelle fois la gueule s’ouvre, une nouvelle fois elle s’approche, mais au dernier moment se retient, quelque chose cloche. Dans un coin du regard elle accroche la vision, d’une bête immobile auréolé de négation. La source de son mal n’est pas loin à chercher, aux pieds de l’autre bête gis son dîné écrasé. La tristesse et la rage s’écoulent de ses grands yeux, qu’une petite crinière brune dissimule de son mieux. Ses traits juvéniles sont cachés avec peine et pourtant cette dernière est moins lourde que la sienne. L’effet est saisissant et l’impression est telle, que plutôt que de manger, une compassion naît pour elle, car quel roi au banquet parviendrait à l’apprécier, s’il faisait bonne chère devant un convive affamé. Ainsi songe la bête qui vit pour manger, obsédé par la bête qui pour vivre doit manger.

   Après un court mais douloureux débat interne, elle pousse un long soupir, prend son bien puis se lève. Brandissant sa nourriture comme l’on brandit une arme, elle avance, déterminée, prête à guerroyer les larmes. Se plantant face à l’autre, la bête fait face à une ultime hésitation. Son estomac cri au meurtre, son coeur fait appel à la raison. Et c’est finalement de cette dernière qu’elle prend sa décision, tendant l’objet de convoitise et lâchant la question :
- Hey, j’vois que ton gâteau est tombé, du coup … ça te dis un cookie ? J’en avais pris deux mais je peux me passer de l’autre.

   Carl montrait le gâteau comme s’il espérait que sa vision tairait les larmes de la jeune fille. Il ne se sentait pas très sûr de lui sur le coup, surtout lorsqu’il s’agissait d’aborder une inconnue, mais il savait juste que la vision de cette supposée cadette lui était peu voir pas supportable. Cela était accentué par le fait qu’il la trouvait extrêmement mignone avec sa peau pâle et ses grand yeux sur ce visage aux traits des plus doux. Usuellement ils devaient être rieurs, mais là ils semblaient déborder de bouderie. Après, voir une petite fille s’énerver révélait parfois à cette dernière un certain charme attendrissant. Mais bon, ce n’était pas quelque chose qu’il était nécessaire de faire durer. Il retenait juste qu’une telle tristesse n’avait pas sa place ici, et qu’il allait tenter de tirer de ce visage un sourire !
   Un élève passa en trombe pour sortir de la pièce, percutant Carl en chemin et ce dernier lâcha le cookie qui tomba à terre. Un autre distrait, marcha machinalement dessus avant de s’éloigner à son tour.

   La surprise et l'incompréhension furent vite remplacés par l'effroi. L’impression d’avoir été frôlé par un éléphant en pleine course devinrent le cadet des soucis du jeune homme. Son visage s'était figé d’un coup, mais son regard bougeait sans cesse, alternant rapidement entre les miettes fraichement écrasées, le visage de la jeune fille et sa main désespérément vide, tandis qu’un sentiment d’horreur le gagnait.
- Je ... heu ...
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Dernière édition par Carl Power le Mer 19 Juil 2017 - 1:51, édité 19 fois
Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Mar 11 Juil 2017 - 5:33
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Eurydice ne savait pas ce qui était plus décourageant : entendre les dents des élèves à ses côtés croquer dans les succulents gâteries ou apercevoir les miettes grasses sur la nappe blanche de la table sous ses yeux embrumés. Si elle avait pu sauter sauvagement sur l’un de ses confrères pour lui arracher l’un de ses goûtés, elle l’aurait fait avec plaisir. Or, l’être humain était une créature complexe. Même si toute la volonté d’Eury s’orientait pour une vengeance sanglante, son corps, lui, n’osait pas bouger une seule de ses petites phalanges. Cette petite voix lui susurrant une litanie de souvenirs honteux traversait ses pensées rapaces, compromettant par conséquent l’envie à ses bras de mouvoir.

Et puis les larmes. Les putains de larmes de crocodile – bien qu’assez silencieuses. Le couinement d’une pauvre petite bête. Elle avait beau les essuyer, elle reniflait sans cesse et le mucus qui s’écoulait de ses narines ne faisait qu’empirer ses yeux rougis. Les larmes salées brûlaient ses prunelles. Eurydice n’aimait pas pleurer en public, enfin, personne n’aimait vraiment montrer une partie vulnérable de soi. En même temps, elle pouvait se compter chanceuse que la majorité des gens l’ignorait. « Une bande de f*ckers » bafouilla-t-elle.

Tous sauf un. Un être incroyablement généreux. Posté à ses avants, elle ne vit que sa main se présenter, porteuse d’un gâteau pas plus gros que sa paume à lui. Une voix masculine, chaleureuse et compatissante. Les yeux de la brunette s’écartent grossièrement lorsqu’elle l’entend dire :

- Hey, j’vois que ton gâteau est tombé, du coup… ça te dis un cookie ? J’en avais pris deux mais je peux me passer de l’autre.

Elle relève la tête aussitôt pour admirer les traits de son héros. Son cœur fit un bond dans sa poitrine en constatant les cheveux foncés du garçon ainsi que son doux visage lui présenter un petit sourire sincère. Eurydice rougissait, les larmes toujours bien présentes sur ses pommettes chaudes. Il n’y avait rien de surprenant chez le jeune homme, mais les lumières qui brillaient ardemment dans les yeux de l’artiste étaient suffisantes pour croire qu’il valait tout l’or du monde. Timidement, elle tira la main pour attraper le cookie. Son dessert! Elle salivait pratiquement.

Une épaule de trop, un corps lourd, des gens pressés et boum, un biscuit contre le sol.

Contre. Le. Sol.

Le plancher froid… aux côtés de son gâteau.

Alors là vous pouviez oubliez les flammes de bonheur dans les yeux, car c’était plutôt celles des enfers qui nourrissaient les prunelles de la fillette. Le visage d’Eury était si rouge qu’elle aurait pu peindre un canevas de Molinari. Les poings serrés, la fumée sortant de ses oreilles, elle ouvrit la bouche avant de se mettre à hurler en direction du cadre de porte par lequel les deux monstres étaient sortis :

- J’ESPÈRE QUE VOUS ÊTES PAS SÉRIEUX ESPÈCE DE…

Les insultes que proféra l’enfant colérique furent brutales, assez pour que la salle entière se taise – la censure étant nécessaire pour vos oreilles. Elle cessa de crier comme une hystérique lorsqu’elle s’étouffa avec sa salive. Le silence planant dans le salon, quelques-uns des élèves, intimidés par de tels propos iconoclastes, décidèrent de se faufiler à l’extérieur de la pièce craignant d’entendre Eury à nouveau profaner. Désemparée par l’histoire immonde qui venait tout juste de lui arriver, ses membres continuent de trembler tandis qu’elle cherche une échappatoire visuelle pour fuir les regards de ses confrères. Ah ! Lui !

- Mon… c-…cookie…

Sa voix était brisée et douloureuse. Elle ne se gêne toute de même pas pour adosser sa tête contre son torse et éclater en sanglots, laissant de la morve par la même occasion s’imprégner sur le tissu de la chemise de l’inconnu.

Peut-être aurait-elle dû sécher les cours pour dormir finalement…
feat. Carl •• #cc3333
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Dernière édition par Eurydice C. Peters le Mar 25 Juil 2017 - 14:18, édité 1 fois
Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Mar 18 Juil 2017 - 20:58
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P'tite tasse de Carl ? #644C37

   “Ha”. Cette pensée fugace se ponctua d’une ombre qui passa sur le visage de Carl. Son expression dépeignait la neutralité, mais des petites touches de désaroie, comme un frémissement de la bouche ou un soubresaut de sourcil, venaient troubler l’ensemble. Il avait vue la joie naître dans les yeux de la jeune fille, puis il l’avait vue mourir prématurément. La joie. Pas la jeune fille.  Cela dit, l’éclat de son oeil ne resta pas longtemps inerte. Une nouvelle étincelle apparue et se mit à briller. Ardemment, mais d’une toute autre lueur. Une goutte de sueur perla sur le front de Carl et glissa le long de ses tempes. Il faisait chaud tout d’un coup. Etait-ce à cause des deux brasiers ardents qui lui faisaient face ? Plus il les regardait, moins il se sentait à l’aise dans sa chemise. Le visage de l’étudiante rougeoyait maintenant sous une colère et une tension presque palpable, il sentait que quelque chose avait besoin de sortir. De manière brute, violente. Quelque chose devait exploser.
   Elle ouvrit la bouche. “Ha”.
   - J’ESPÈRE QUE VOUS ÊTES PAS SÉRIEUX ESPÈCE DE…

  L’éruption de paroles fut violente, impitoyable. Chaque mot retombant lourdement, porteur d’une fureur non contenue. La pluie d’insulte pris tout le monde au dépourvu et les élèves pétrifiés ne purent qu’observer la rancoeur bouillonnante se déverser de la bouche hurlante de la demoiselle.
   De sa position Carl voyait bien que cette explosion de colère n’était pas dirigée contre lui ou les autres, mais contre ceux dont les actes inconsidérés avaient causés cette souffrance inutile, néanmoins il était suffisamment proche de la zone de danger pour que les écoulements vengeurs mettent à mal les digues de sa neutralité faciale. Témoigner de ce spectacle suscitait en lui un mélange d’effroie, d’incrédulité et d’impuissance, ce qui  l’empêtrait dans des possibilités d’actions contradictoires. Résultat il était toujours figé comme une statue humaine de Pompei, mais un vent de panique se lisait dans ses yeux.
   Puis tout s’arrêta. Aussi subitement que cela avait commencé. Les insultes ne volèrent plus, le flot haineux se tarit et le silence s'abattit. Parmi les survivants, certains décidèrent qu’il était temps de prendre le large. Au cas où. La lueur dans les yeux de la jeune fille avait encore changée. Le feu s’était tût, remplacée par quelque chose de plus terne, témoignant d’une profonde peine. Son regard errait de droite à gauche, comme si elle se rendait compte de l’ampleur de ses actes. Son corps tremblait également.
   - Mon… c-…cookie…

  Au ton de sa voix, le jeune homme fut une nouvelle foi ému, et il ne fit pas grand cas de son accès de familiarité lorsqu’elle posa sa tête contre lui et commença à déverser ses larmes sur sa chemise. Elle lui paraissait bruyante, spontanée dans ses humeurs et avait probablement d’autre détails inquiétant à découvrir, mais sa détresse était réelle et il était là. Sortant finalement de sa pétrification, Carl ouvrit les bras et l’étreignit doucement avec, dans une tentative pour la consoler. Assez hésitant au début, il raffermit la prise pour se donner un peu plus de présence, lui tapotant le dos et se balançant doucement de droite à gauche, dans un simulacre de bercement.
   - Ça va aller, murmura-t’il. On trouvera quelque chose. Il y a l’arbre à fruits au pire, et peut être que dans d’autre salon ou ailleurs il y a encore des gâteaux qui trainent.

   Bien que sa voix était un peu rauque, il parlait doucement, essayant de se montrer rassurant dans ses paroles. Consoler un inconnu qu’il ne connaissait même pas depuis 5 minutes était une expérience nouvelle pour lui, mais il voulait faire de son mieux. Néanmoins il regrettait de ne pas avoir de bonbon à donner à cette jeune fille, ça aurait pus l’aider dans sa tâche. Mais le plus dur c’était d’ignorer les regards des étudiants aux alentours. Beaucoup continuaient de les fixer, médusés face à la scène qui se déroulait sous leurs nez. Carl pouvait les comprendre, c’était assez inattendu et il aurait, à sa grande honte, sûrement fait de même à leurs places. Mais cette attention inutile était la dernière chose dont il avait besoin.
   Un nouveau reniflement se fit entendre alors que la sensation d’humidité au niveau de son torse s’accentua. Une petite pensée douloureuse alla à sa chemise et à la nécessité de le lui faire prendre un bon bain dans un baquet d’eau savonneuse. Mais c’était un problème qu’il règlerait plus tard. Il mettait également de côté les questions évidentes qu’il avait envie de se poser, ainsi que le sentiment qu’il assistait à un moment de sa vie qu’il mettrait un certain temps à accepter d’avoir vécu. La priorité était de trouver quelque chose pour cette demoiselle !
   Embrassant longuement l’assemblé de ses yeux, il lança un regard qu’il espérait éloquent, fronçant des sourcils et insistant bien en fixant les diverses pâtisseries que certains élèves tenaient encore. Mais aucun, sans doute pour des raisons aussi diverses et variées que l’incompréhension ou la crainte, ne firent mine de vouloir offrir leur goûter. Certains préférairent détourner la tête, alors que d’autre parurent mâcher plus rapidement, comme s’ils craignaient qu’on ne vienne leur arracher ce qu’ils avaient en bouche. Les lèvres de Carl se plissèrent dans un mélange de déception et réprobation. “Tsss.” Quelques étudiants retournèrent vaquer à leurs occupations, mais d’autres continuaient à les fixer, dans l’attente de voir si une nouvelle crise allait éclater.
   Le jeune homme écarta doucement celle appuyée contre lui, puis se tourna vers la porte d’entré en lui tapotant une nouvelle fois le dos.
   - Allez, on va faire le tour des salons pour essayer de trouver quelque chose ?

   Une fois sortie, Carl se sentit plutôt confiant. Il ne s’attendait pas à trouver des gâteaux survivants du premier coup. Mais sur les quarante-trois petits salons qui composaient le rez-de-chaussée, il avait bon espoir de mettre la main sur quelque chose. Espérons juste que la jeune femme puisse tenir jusqu’à là. La faim avait ce chic de réduire rapidement la patience d’un individu, même le plus accommodant. Autant détourner un peu les idées en faisant d’une pierre deux coups. Il sorti un paquet de mouchoir de sa poche et  le lui tendit :
   - Au fait, moi c’est Carl. J’suis étudiant en spé Physique-Chimie. Et toi ?
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Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Mar 25 Juil 2017 - 14:15
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Une crise existentielle.

L’évaporation du temps et son instabilité. La perte de sensation sur le bout des doigts sous les douleurs abdominales. Beuglements, cris et hurlements, il était difficile parmi ces hoquets irréguliers, ces larmes salées et ces mots perdus dans une brume de sons incompréhensibles de contrôler cette pulsion humaine vécue par la petite Eurydice. Elle savait pertinemment que ce flot d’eau s’écoulant de ses minuscules hublots à moitié clos était d’une absurdité incroyable. Pourtant, il n’y avait rien à faire. Elle ne contrôlait pas les dangereux spasmes qui animaient ses muscles.

Elle aurait cru que, par ses rugissements désespérés, l’inconnu à ses flancs aurait opté pour une fuite furtive. Elle-même dans une telle situation se serait bidonnée jusqu’à ce qu’à s’en étouffer violemment. C’était donc pourquoi lorsque les bras chauds de l’élève à ses avants glissèrent contre sa peau pour venir l’enrouler dans un cocon de chaleur la surprit. En temps normal, elle se serait débattue, question de garder un peu de dignité. Mais la colère propulsée par ses larmes était telle qu’elle se laissa emporter dans l’étreinte.

Il lui murmura des mots rassurants tandis qu’il la berçait doucement de droite à gauche. Eurydice aurait souhaité lui tirer la langue en lui disant qu’elle en avait rien à foutre, qu’elle souhaitait plutôt poursuivre les criminels et qu’elle voulait impérativement récupérer son gâteau. Mais sa voix était étrangement douce et calme. La vibration grave qui traversait le torse du jeune garçon résonnait dans les parois internes de la petite Eury. Cela fit étrangement effet sur son animosité véhémente, laissant à la place la fatigue se hisser. L’élève repousse délicatement la fillette avant de lui mentionner :

- Allez, on va faire le tour des salons pour essayer de trouver quelque chose ?

Il ne lui laisse pas le temps de préparer une réponse qu’il appose ses pieds à l’extérieur du salon. Honteuse, Eurydice traine les siens au travers du portail de la pièce avant de suivre à une bonne distance son nouveau compagnon. Ses yeux brûlent par toutes les grossières larmes qu’elle a versées. Elle se les frotte vigoureusement, manquant presque par la même occasion de se buter contre le garçon. C’est le blanc du mouchoir sortit de sa poche qui lui rappelle que de la morve s’écoule de son nez. Rien de moins glorieux.

- Au fait, moi c’est Carl. J’suis étudiant en spé Physique-Chimie. Et toi ?

- On trouvera pas de gâteaux c’est trop tard, rétorqua-t-elle abruptement.

Cela a le don de laisser un froid entre les deux camarades. Les bajoues d’Eurydice étaient écarlates. Son pessimisme inhabituel provenait probablement du fait que la honte de cette scène était toujours bien présente. Elle sentait que les moqueries arriveraient bientôt dans sa classe et même les mots apaisants de ses amis ne pourraient la consoler dans une telle situation. Malgré sa réponse glaciale, elle ne s’empêche pas de tirer des doigts le mouchoir et d’évacuer le restant du mucus accumulé dans ses narines. Elle ajoute suite à cela que :

- Cette crise était stupide. Pas b’soin d’embarquer plus loin que ça dans mes délires.

Vrai après tout. Elle avait mis un lourd fardeau sur les épaules du dit Carl en osant appuyer son cuir chevelu contre sa poitrine. Et puis rien ne disait qu’il n’utiliserait pas la situation pour l’énerver et raconter des bêtises aux autres par la suite. Eurydice se savait immature et gamine. Rire d’elle-même et de sa tendance à voir les choses de manière enfantines faisait parti de son quotidien. Mais il y avait des choses pour lesquels elle ne se permettait pas de rire, surtout lorsqu’il s’agissait d’un moment comme celui-ci. Elle prit le temps de poser doucement ses yeux rougis dans ceux de Carl, laissant cette honte ostensible traverser ses propres miroirs. La princesse des boucles rouges constata les traces nuisibles sur la chemise de son héros. Elle blêmit à l’idée que la saleté ne puisse disparaitre.

- Ta chemise je…

Pas moyen de s’excuser, elle se surprend à voir des gouttelettes remonter dans ses yeux. Elle se pince les lèvres en tentant de calmer les contractions de son petit cœur. Vraiment, elle était épuisée et découragée.

- M’excuse voulait pas.

Les mots étaient sortis rapidement du bout de ses lèvres. Elle se sentit plus calme à l’idée qu’elle avait été capable de proférer des excuses raisonnables. Car elle s’en voulait beaucoup.
feat. Carl •• #cc3333
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Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Mer 16 Aoû 2017 - 18:42
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P'tite tasse de Carl ? #644C37

- On trouvera pas de gâteaux c’est trop tard.

   Carl sentit à peine le mouchoir qu’il tendait lui glisser des mains lorsqu’elle s’en empara avant de l’utiliser.
- Cette crise était stupide. Pas b’soin d’embarquer plus loin que ça dans mes délires.

   Le jeune homme restait bouche bé, continuant d’encaisser le vent glaciale qu’il venait de se prendre. Même si à ce niveau là ça relevait plutôt de la rafale polaire. Statufié à l’extérieur, au plus profond de son être il bouillonnait d’une foultitude de pensées et de sentiments contradictoires : “J’m’étais présenté, merci de m’ignorer ... Bon d’accord elle parlait par dépit, elle ne semble pas du tout dans l’humeur, mais de là à faire comme si je n’avais rien dis .. merde quoi. Mais faut avouer qu’elle vient de perdre son biscuit … cela peut-il justifier tout ce ramdam ? Ho parfois j’en tiens une couche quand j’ai faim, après, elle, c’est seulement quand elle a faim ou elle est tout le temps comme ça ? Raaah, il suffit ! La question n’est pas là ! Bon après, elle semble être assez originale. Mais la question n’est toujours pas là ! Là elle semble au bord de la défaite. Ouai bon, elle semble quand même dire qu’elle n’en a plus grand chose à foutre de manière générale. Elle pourrait disparaître là que ça ferait un cinq minutes étranges de ma vie mais sans plus et sans suite. Nan mais attends … un peu de compassion bordel. J’viens de la voir pleurer toute les larmes de son corps, pour un biscuit certe, mais on va pas la laisser comme ça non plus ; ok d’accord elle a été un peu rude, involontairement je présume, mais j’ai pas perdu un cookie et fait moucher la chemise pour que que cette histoire s’arrête maintenant et de cette façon, tout cela n’aurait vraiment servi à rien sinon. Bon du coup ...
  Le regard de la jeune femme se posa dans celui de Carl, l'interrompant dans ses pensées et ce dernier se retint de détourner instinctivement la tête. En général il évitait de prolonger les contacts visuels, mais c’était comme si elle l’avait fait de manière délibérée, et il préféra soutenir son regard. Du moins un temps. Dans ses grands yeux, le jeune homme lisait de la gêne, sans aucun doute à l’égard de la scène qu’elle venait de faire, et peut-être aussi à l’idée de se faire embarquer par un inconnu pour une sorte de quête dont beaucoup se demanderaient si le jeu en valait la chandelle.
   Scrutant son visage d’un air grave, Carl tira conclusion qu’elle devait également être un peu fatigué, après restait à définir si c’était purement physique, mentale, ou les deux. Le contact visuel fut rompu lorsqu’elle tourna le regard vers la chemise du jeune homme, ce qui rappela à ce dernier combien elle était désagréablement humide.
- Ta chemise je… M’excuse voulait pas.

   Un petit haussement d’épaule suivit d’un petit soupir, auquel s’ajouta un léger sourire empreint de tristesse. Un dégât collatérale dont il se serait vraiment passé, mais il pouvait l’endurer. Elle avait l'air de le regretter sincèrement et avec tout le reste, il n'était pas nécessaire d'en rajouter d'avantage.
- Bah. Un coup à la machine et on en parlera plus.

   Il y eu un court silence pendant lequel le jeune homme détourna les yeux et se gratta la tête à la recherche des mots pour exprimer son ressentis face aux évènements. C’était assez difficile ; alors que si dès le début il s’était tenu à l’écart cela aurait été beaucoup plus simple, l’indifférence l’aurait fait regarder la scène d’un oeil vaguement intéressé puis il serait reparti faire sa vie dans son coin. Mais non, quelque chose avait éveillé son attention et l’avait incité à essayer d’être sympa envers cette personne. Et Maintenant qu’il avait mit un pied dans le plat il devait s'accommoder de nouvelles considérations.
- Tu sais …, commença-t’il, un peu hésitant. Je dois admettre que cette situation est un peu folle. Ou du moins délirante, pour reprendre ton terme. Mais voilà, je me suis retrouvé dedans, sans trop savoir comment je dois l’admettre, mais je suis là et … tu sais … je trouve que ce serait dommage d’abandonner maintenant. Ca m’embêterait. Après, pour ce qui s’est passé dans la salle, c’était un peu sous le coup de l’émotion...

  Carl essaya de garder un air sérieux, évitant de mieux qu’il pouvait de penser à sa chemise et à l’audace de son étreinte.
- … et je comprendrai parfaitement que vadrouiller avec un inconnu t’embête. C’est pas comme si on se connaissait.  Mais voilà, la perte de ce cookie avait vraiment l’air de t’avoir affectée et la bouffe ça me parle, ça me parle très bien même. J’me voyais mal te laisser dans cette merde alors que je venais d’y assister. Mais après, même si on a peu de chance de trouver de gâteaux dans les autres salons on.. tu peux toujours tenter ! Pour ma part, si je ne trouve rien, je suppose que je pourrai toujours tenter un tour à la boulangerie en ville pour m’en racheter un … enfin ce serait aller un peu loin, même si je ne suis plus à ça près je suppose.

   Carl marqua une pause et fit la moue. Il n’était pas satisfait de cette espèce de tirade improvisée. Ca n’allait pas, il y avait beaucoup trop d’hésitations et c’était bien trop long à son goût. Il y avait certe le fond, mais pas la forme. Si cette réplique était écrite dans un texte de son crû, nul doute que son prof de théâtre y retrouverait à redire.
- Attends, reprit-il.

   Il marqua une nouvelle pause. Posant le bout de ses doigts sur ses tempes, Carl ferma les yeux et prit une profonde inspiration, avant d’expirer longuement, laissant un peu de calme s’installer dans lui. Il rouvrit alors les yeux, laissa ses mains retomber de sa tête et porta à la jeune femme un regard plus assuré.
- Je la refais en plus court. J’vais aller m’embarquer dans mon propre délire pour trouver à grailler, libre à toi de venir si tu veux !
Contient les arômes suivants : Eurydice
Message Dans Re: La faim justifie les moyens [PV Eurydice] | le Dim 10 Sep 2017 - 18:29
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Outre ses habituelles explosions de jubilation et ses envies d’aventures, Eurydice n’avait jamais été très douée en ce qui concernait ses autres facettes émotionnelles telles que la déception ou l’exacerbation. En réalité, elle se connaissait comme étant cette batterie dont l’énergie ne se dissipait que durant de courts moments. Peut-être que si elle en avait l’envie, elle aurait l'occasion de constater que toutes ses actions, ses mots et ses dires, étaient régulés par un trop plein. Un trop plein sensiblement influencé par ses émotions brûlantes de cette ardente énergie incontrôlable. Alors souvent, elle passait du coq à l’âne. Cela arrivait parfois à l’épuiser - particulièrement dans de grands moments de détresse.

Pourtant, elle ne constatait que très rarement que ses sauts d’humeur pouvaient affecter les gens de son environnement. Le fait de voir les traits dudit Carl se durcir, freinés par ses propos abrupts, embêta la brunette. D’autres excuses balbutiées se placèrent rapidement et les larmes honteuses se glissèrent dans les hublots noirs de la princesse. Les épaules du jeune homme se relevèrent sous l’aide d’un sourire courtois.

- Bah. Un coup à la machine et on en parlera plus.

Eurydice hocha légèrement de la tête pour ensuite endurer le silence inconfortable qui suivit. Elle déglutit longuement, cherchant à cacher son regard de son sauveur, les posant sur le peu d’activité qui régnait dans le corridor. Ses pieds se frottaient nerveusement l’un contre l’autre tandis qu’elle réajustait sa touffe dépeignée.

- Tu sais…

Aussitôt que le son de la voix du garçon percuta les tympans de la capricieuse, elle planta ses miroirs grands ouverts sur le visage ennuyé de l’élève.

- Je dois admettre que cette situation est un peu folle. Ou du moins délirante, pour reprendre ton terme. Mais voilà, je me suis retrouvé dedans, sans trop savoir comment je dois l’admettre, mais je suis là et … tu sais …

Une moue traverse le visage blanchâtre d’Eury tandis qu’elle absorbe chacune de ses paroles. Oui cette situation était délirante, absurde. Elle s’en voulait d’agir comme une gamine gâtée dont chaque mésaventure la poussait à ses stupides larmes salées. Elle mordilla la peau de sa joue à l’intérieur de sa bouche alors que Carl ajoutait :

- … je trouve que ce serait dommage d’abandonner maintenant. Ca m’embêterait. Après, pour ce qui s’est passé dans la salle, c’était un peu sous le coup de l’émotion… et je comprendrai parfaitement que vadrouiller avec un inconnu t’embête. C’est pas comme si on se connaissait.  Mais voilà, la perte de ce cookie avait vraiment l’air de t’avoir affectée et la bouffe ça me parle, ça me parle très bien même. J’me voyais mal te laisser dans cette merde alors que je venais d’y assister. Mais après, même si on a peu de chance de trouver de gâteaux dans les autres salons on.. tu peux toujours tenter ! Pour ma part, si je ne trouve rien, je suppose que je pourrai toujours tenter un tour à la boulangerie en ville pour m’en racheter un … enfin ce serait aller un peu loin, même si je ne suis plus à ça près je suppose.

Son visage se contracta afin de créer une grimace. La reine des boucles rouges ne trouvait pas la place pour lui répondre ou simplement l’encourager à poursuivre son discours. Elle sentait toutefois son petit cœur s’animer dangereusement et ses joues s’agripper à une teinte rosâtre. Le brunâtre à ses avants se masse les tempes et ferme les yeux. Les inspirations qu’il prend se synchronisent avec celles d’Eurydice. Puis, d’un regard ferme, lui lance vivement :

- Je la refais en plus court. J’vais aller m’embarquer dans mon propre délire pour trouver à grailler, libre à toit de venir si tu veux !

Un autre moment de silence vient ponctuer la fin de ses dires. Tranquillement, les pommettes d’Eury se mettent à brûler sous des couleurs rougeâtres et ses lèvres se referment l’une contre l’autre.

- Ah ! Je…

Sa voix est encore rouillée, mais le petit sourire ostensible sur le visage pigmenté de la petite semble être largement suffisant pour décrire le bonheur ressentit dans toutes les parcelles de son corps. Elle serre avec ses doigts humides le tissu de sa jupe avant de sautiller en direction de son nouvel ami, les yeux toujours étrangement humides et de lui mentionner :

- Viens pas me dire que c’est de ma faute après si tu as mal aux pieds.

Elle avait quasiment crié, ce qui avait relever l’attention de quelques élèves qui rodaient dans les parages. Elle glisse sa main sur le rebord de la chemise de Carl et l’empoigne solidement, de peur qu’il décide de changer d’idée et de la fuir. Puis, elle lui adresse son plus beau sourire, au-dessous de son nez rougis.

- On peut faire un concours aussi si tu veux. Celui qui ramasse le plus de cookies gagne !

Pas moyen qu’elle s’empêche de jouer à un jeu. L’esprit compétitif d’Eurydice alimentait ses muscles alors l’envie de courir partout dans l’école alimentait à nouveau ses esprits. Elle ne cessait par ailleurs pas de tirer sur le bout de tissu qui était maintenant collé à ses doigts, attendant impatiemment que le jeune homme amorce le pas.

- Ah ! Au fait mon nom c’est… - elle hésite une fraction de secondes, prête à attendre ses rires ou ses moqueries habituels qui suivaient la présentation de son prénom. C’est Eurydice.

feat. Carl •• #cc3333
©️Gau


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