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Message Dans dies iræ • kayn | le Dim 9 Juil 2017 - 21:31
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Dies iræ
C'était un beau samedi ensoleillé. Le genre de samedis où on se sent bien obligé de se détendre un peu, si j'en croyais l'état des pelouses du pensionnat. Et dire que je comptais trouver un endroit tranquille où réviser... Ce n'est pas avec tous ces insectes dans l'herbe que j'allais me sentir tranquille, ça je peux vous le dire. Ignorant les quelques regards insolents qui se risquaient à flatter ma silhouette, je traversai alors le pâturage, sans prêter attention au bétail autour de moi.
C'est bête à dire, parce qu'en soi, je m'en fous vraiment d'eux. Mais à chaque fois qu'il y en a trop, peu importe, je ne cherche même pas à reconnaître des visages dans la foule. Je me répète juste « S'il y en a un qui me touche, je le tue. S'il y en a un qui me touche, je le tue. » et j'avance tout droit, comme s'il n'y avait rien d'autre de plus important. Bien sûr que je n'en tuerai aucun ! Je ne suis pas folle, je ne suis pas une meurtrière – mais ça m'aide. Ça m'aide à me concentrer sur mes objectifs, à garder mon image intacte, et à garder mon âme en laisse. Parce que moi, je vois bien comment ça commence : ça commence par s'arrêter deux minutes pour discuter des devoirs, après ça devient cinq, puis dix, puis vingt, puis ça veut manger ensemble, faire la fête, et avant qu'ils s'en rendent comptent, ils sont coincés ensembles comme des sardines dans une boîte. Et s'il y a bien quelque chose dont ils ne semblent pas se rendre compte : c'est que les sardines, ça pue, ça empeste, c'est mouillé d'huile, ça n'a aucune esthétique, aucune dignité.
Je finis par m'asseoir sur un banc dans la cour intérieure, loin des yeux indiscrets et de ces amitiés florissantes qui m'insupportent. J'ouvre un livre, et mon après-midi démarre enfin.

Ce sont les éléments de la nature qui me forceront à le clore. Il faut croire que le temps est de mon avis, et qu'il pense également qu'il ne faudrait pas que le bétail de Prismver s'attarde un peu trop. Comment remercier correctement cette abondance de gouttes d'eau qui leur fouette le visage, ce tonnerre qui rythme leurs courses effrénées, ces éclairs qui illuminent leurs expressions agacées. C'était un beau samedi ensoleillé, un beau samedi d'été, un samedi comme je les aime, un samedi qui trahit les paresseux naïfs, et qui chasse les bœufs paresseux de leur pâturage, et qui les force à retourner à leur misérable étable. Peut-être l'aurais-je plus apprécié si j'avais eu mon parapluie. Ma foi, qu'est-ce qu'un peu d'eau pour Quelqu'un comme Moi ? Je me dépêcherai simplement de ranger mes affaires, puis rejoindrai mes quartiers afin de me changer. Et tant qu'à faire, je déciderai d'aller laver mes uniformes sales – autant prendre de l'avance, après tout. Je pourrai continuer de lire en attendant que la machine se finisse.
Une routine simple, ordonnée, propre et hygiénique.

*

Avant que je pousse la porte de la laverie, j'entends une voix familière et des bruits que je connais bien, derrière la foudre qui tonne sans relâche par-delà les fenêtres. Ce sont là des bruits de douleur, des bruits de conflit, des insultes et des cris. Oui, ce sont bien des bruits que je connais bien, ce sont peut-être même ceux que je connais le mieux. Je les reconnaîtrais partout, ceux-là. Je ne les oublierai jamais. Je jette un rapide coup d’œil autour de moi avant de pousser la porte. Ces bruits-là ne m'intimident pas. Je n'ai aucune raison d'avoir peur de la violence – je suis faite de violence. Le couloir est vide, et je me dis que si jamais je rencontre un problème, il n'y aura personne pour entendre une couche de cris supplémentaires.

Les talons de mes chaussures claquent le sol bruyamment. Ils contrastent avec le silence qui s'est imposé dès que la porte s'est ouverte – dès que la porte a grincé. Tiens donc, quelqu'un n'était pas prêt à recevoir une invitée, apparemment. Je pose mon panier de linge au-dessus d'une machine, afin d'avoir les mains libres. Un rapide regard autour de moi m'indique que certaines machines à laver ont un peu souffert : visiblement, tout le monde ne pourra pas laver son linge en cette fin de semaine. Bruyamment, je claque mes talons contre le sol, et je suis les traces de destruction. J'aperçois deux silhouettes amochées, enlaidies par la souffrance, fendues par la rage – un joli petit tableau. Les lumières de la pièce clignotent péniblement, se tuant à éclairer nos visages.
J'en reconnais un, et cela me suffit bien pour déduire le contexte de ce champ de guerre.

Ébouriffé, sali par la sueur et le sang d'un autre, j'en reconnais un qui s'est énervé. J'avais un léger doute en voyant les machines à laver, parce que je n'en connais pas beaucoup, des mages aussi colériques avec des capacités de destruction pareilles. Ou plus exactement, je n'en connais pas beaucoup qui prendraient la liberté de se lâcher dans la laverie. Dans un silence religieux, je dirige mon regard vers la victime au bord de l'inconscience. Ça semble être un garçon, enfin, si c'est encore quelque chose. C'est que c'est dans un piteux état. Dans l'ombre des dégâts subis par les luminaires, ça ne ressemble plus à grand chose. Je tourne la tête vers la brute épaisse à ses côtés.
L'écossais n'a pas l'air d'aller mieux – je reconnais en lui une douleur qui semble dépasser les limites du physique, une douleur qui semble colorer son esprit d'un noir abyssal, un noir qui vibre avec le tonnerre, qui vibre avec le bruit de mes pas. Je n'ai pas peur, parce que la peur ne me sied pas au teint, et parce que je ne ressens aucun besoin d'en venir à ce genre d'émotions futiles. Après tout, il n'a jamais osé me blesser, il n'a jamais osé me faire ne serait-ce qu'1/10ème de ce qu'il vient de faire à cette pauvre silhouette anéantie. Je n'ai pas peur, parce qu'il ne peut rien me faire, pas même par colère. Parce qu'il a conscience que ma réponse serait à la hauteur de ses actes. Je n'ai pas peur, parce que je ne suis même pas surprise. Après tout, c'est un E, et que sont les E, sinon des sauvages ?

Un gémissement pathétique émane de la victime choisie par Kayn.

- Vous avez l'air de vous être bien amusés, tous les deux.

Ma voix est froide et mon regard également. A ce stade, est-ce qu'on peut vraiment parler de reproche sous-entendu ? Pour moi, cela me semble plutôt évident. Il est vrai que j'ai moi aussi parfois du mal à réprimer mes accès de rage, mais je n'ai jamais endommagé le matériel du pensionnat, moi.

- Tu t'ennuyais ?

Je crois que c'est le moment où l'un d'entre eux comprend que je ne suis pas venue pour l'aider, et l'autre que je ne compte pas perdre mon temps à le réconforter.

C'était un beau samedi ensoleillé, qui n'avait pas perdu de temps pour s'enlaidir des foudres d'une colère universelle, céleste et terrestre.

Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Dim 9 Juil 2017 - 23:12
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Ses phalanges martelaient le visage opalin du Classe A. Chaque coup qu'il lui portait sonnait comme écho au tonnerre qui se déchaînait, à l'extérieur. Une catastrophe naturelle qui n'avait rien à envier à la rage viscérale qui emplissait l'air de la laverie comme l'électricité statique sature une atmosphère. Ambiance devenu pesante, oblitératrice, teintée d'une noirceur abyssale qui se faisait à son tour l'écho des tâches de sang sur le carrelage. Des lésions sur ses doigts. Le passage à tabac semblait s'éterniser. Les bruissements de son blouson en cuir, les hoquets de sanglots répétitifs, puis la respiration hachée dûe à l'effort constant. Lentement, l'Écossais se redresse, gratifiant d'un violent coup de rangers dans les côtes de sa victime, écrasé sur les vestiges d'une machine à laver. Quel foutoir. Killzone se frottait les mains, se débarrassant des mitaines de cuir qui couvraient ces dernières, atténuant les impacts répétés avec le faciès de son adversaire. Faciès réduit à l'état de bouillie sanguinolente, bave, morve, sang s'entremêlant autour d'un nez biscornu.

Kayn : Tu vois, mec. C'est ça le problème.

Nouveau coup dans les côtes.

Kayn : Tu m'écoutes, là ? J'ai horreur de me répéter.

Il lui écrase la main, sous ses épaisses semelles.

Kayn : Arrête de chialer, putain.

Accent marqué. Écossais prononcé.

Kayn : J'peux pas vous laisser déblatérer sur le Ranker, ou les Classes S.

Soupir exaspéré, alors qu'il amorçait un coup de latte dans le flanc, retournant sa victime sur le flanc.

Kayn : Vous le savez, pourtant. Et vous continuez.  Alors, voilà, faut bien que j'fracasse un des tiens. T'auras honte. Tu vas passer pour un loser. Mais tu feras passer le message.

Hoxton s'acroupissait, juste à côté du visage de l'élève, le saisissant par la chevelure tandis qu'il passait sa main libre dans ses propres cheveux trempés par la sueur. Maintenant, il forçait le perdant à le regarder droit dans les yeux. Des iris ocrés. Bestiaux. Lupins. Une lueur de cruauté inquiétante y luisait, comme un dernier avertissement. Une férocité à en glacer le sang. Une pression abyssale émanait de son regard tranchant, qui transperçait la peau et s'ancrer à la chair comme un harpon de fer gelé, une pression insensée s'abattant tout autour de lui. Une frayeur inhumaine jailissait dans ses veines, les signaux de détresse envoyés par son cerveau mutant en incontrôlable terreur qui étouffaient ses sanglots dans sa gorge, dans ses poumons, jusqu'à ce que son coeur rate un battement, sublimé par la peur viscérale qui lui liait les boyaux. Le classe A ne discernait même par le rictus carnassier, qu'on aurait davantage octroyé à une hyène ou un orque, se distrayant en laissant la nourriture se débattre. En effet, la partie inférieure du visage de Killzone était dissimulé sous son habituel masque, pendant autour de son coup, ajoutant une morbidité sépulcrale et insensée au tableau que ce virtuose de la destruction dépeignait de plus en plus fréquemment. A sa manière, Kayn était un fantastique artiste. Vu par certains comme monsieur tout le monde - malgré son statut de S -, par d'autres comme un justicier incompris, et par les plus clairvoyants comme un monstre se repaissant de la terreur qu'il inspirait de par sa seule existence.

Kayn : Happy BurstDay, enculé.

Les traits de sa victime se muèrent en un pur masque d'effroi avant que les doigts de l'Écossais ne miment un revolver. Et l'air s'embrasait.

Le phénomène était d'une rare beauté, vu au ralenti. D'abord, l'air donnait l'impression de se comprimer au bout de ses doigts. Puis, une légère étincelle apparaissait à l'extremité de son index, et de son majeur, avant de se propager avec une vitesse terrifiante depuis l'épicentre. Une vague éthérée, invisible à l'oeil nu, formait un anneau de dévastation qui précédait les flammes de l'explosion, un funeste front de décompositio . Le corps percevait donc l'approche immédiate de dégâts importants, sans pour autant avoir la moindre chance d'y réagir. L'onde de choc se propageait comme un mur de son d'une puissance abrutissante, comme un blizzard épouvantable face auquel un homme n'est rien. Voilà ce qu'incarnait Killzone, sous son masque. L'injustice d'un monde pourri. L'inégalité entre les humains. Une catastrophe naturelle à laquelle on ne pouvait palier. Qu'on était obligés de subir. Un sale gosse avec une enfance ruinée qui finissait par être l'incarnation d'une annihilation sommaire.

Cependant, le pouvoir fut bridée à l'extrême, et la légère onde de choc accumulée à la peur panique qui animait le classe A suffit à lui faire perdre conscience. Soupir d'aise, alors que Kayn se redressait, glissant ses mains meurtries dans les poches de son treillis militaire, bâillant avec une désinvolture décadente qui le caractérisait si bien, après ses élans assassins de rage meurtrière. Il n'avait encore jamais franchi le pas. Après tout, il ne se pensait pas foncièrement mauvais. C'est vrai, quoi. Pourquoi ne pourrait-il pas simplement s'amuser lors de l'utilisation de son pouvoir ? Il pourrait toujours se reconvertir à la démolition de bâtiments, plus tard.

Claquement de talons.

Nouveau soupir. D'agacement, cette fois. L'adolescent rabaissait son masque, son aura bestiale s'évaporant. Son hostilité était encore palpable, bien qu'elle se résorbait progressivement. C'était inquiétant, cette façon qu'il avait de la revêtir comme un manteau, troquant sa passivité détachée et indifférente à l'égard de la réalité pour celle d'une formidable machine de destruction en sommeil. Il relevait ses yeux de bête féroce pour rencontrer ceux de l'arrivante.

Étincelles. Entrechocs. Les regards s'affrontaient déjà comme deux lames d'acier se heurtant dans une valse martiale d'une dextérité incroyable, laissant la brutalité latente animant les deux rancunières entités de côté au détriment de la fièvre sanguinaire qui l'accompagnait, pour mieux s'offrir une tendresse de métal inhibée par la violence et la noirceur à peine contenue dans les tréfonds de leurs âmes. A sa gauche, à même le sol, le classe A gémit, toujours à moitié inconscient. Et voilà qu'elle se lance dans ses reproches, dont les propos sont aussi tranchants que ses deux beaux yeux bleus. Dommage que cette fille ait un pareil balais dans le cul. Ils auraient faits de fantastiques amants.

La pression retombe, et Kayn semble s'avachir sur lui-même, se relâchant. Ses muscles se détendent, comme une bête féroce sortant de chasse. Ses épaules s'effondrent sur elles-mêmes, son dos se voûte légèrement, et il n'a déjà plus rien du fantastique guerrier aux instincts d'annihilations formidables qui se tenait là un instant plus tôt, laissant place à un ado au sale caractère et à la langue pendue.

Kayn : Ouais, j'me sentais pas de faire mon linge, alors j'ai essayé de laver mon classe A...

Coup de latte dans la hanche du vermisseau. Cafard.

Kayn : Et comme tu peux voir, ce con rentre pas dans la machine.

Rictus espiègle. C'était sans doute pas un mauvais gamin, au fond. Plus jeune que la femme lui faisant face, il n'avait pas l'air à sa place. Pas plus qu'il n'avait sa place dans la société qu'il se plaisait à démolir dès que l'occasion s'y prêtait, nourrissant un climat de chaos orgasmique.

Kayn : Donc, j'me suis un peu vénère sur lui, ouais. Mais tu comprends.

Ses lippes dévoilaient sa dentition d'albâtre, les commissures de ses lèvres s'arquant, composant sur son expression impavide un sourire taquin, ses yeux verrouillés dans ceux de son interlocutrice, soutenant son regard avec une résilience insolente, une froide et inexorable résolution.

Kayn : Faut leur inculquer les bonnes manières. Mon taff' de S me travaille les nerfs.


Dernière édition par Kayn Hoxton le Mar 11 Juil 2017 - 18:50, édité 1 fois
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Lun 10 Juil 2017 - 1:46
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L'or et la glace se lancent dans une guerre silencieuse et assourdissante en même temps. Il n'y a pas que le ciel qui se zèbre d'éclairs aujourd'hui.

Je n'ai jamais su prétendre baisser les yeux face aux siens ; parce que nous les levons avec la même haine, et parce que nous les maintenons avec la même fierté, forgée par la même douleur. Pas besoin d'être un génie pour s'en rendre compte : la tension est palpable dans l'air, tout comme la relâche commune. Mon regard suit la pression qui quitte son corps de bas en haut. D'abord les muscles qui se détendent, les jambes, le dos, le buste ; puis l'esprit, la bouche, les yeux, les sourcils. Je me dis qu'il prend la confiance – mais peut-être que je la prends aussi. Seulement, je garde les épaules contractées et les sourcils froncés pour me trahir le moins possible. Il faut dire qu'il y a quelque chose dans son insolence et dans son feu éternel qui me rappelle ma très chère sœur, et ça m'amuse, ça m'amuse beaucoup, parce que je suis sûre qu'aucun des deux ne supporterait cette comparaison. Je pense qu'ils ne supporteraient même pas de savoir que je la pense, et moins encore de découvrir que j'en ris intérieurement.

Ce n'est pas comme si mes lèvres allaient trahir le moindre sourire, de toute façon. Alors que je me cachais déjà derrière un visage froid comme la Mort, je force un peu plus pour le durcir encore, encore un peu, juste assez, juste ce qu'il faut pour me sentir à l'aise dans mon maintien arrogant.
C'est à ce moment que j'apprends que la loque gisant à nos pieds est un de mes camarades de classe. Quelle honte. Quelle honte, quelle honte d'avoir osé arborer le même titre que moi, et de n'avoir pas su en être digne. J'espère qu'il sera rétrogradé pour cet affront envers Nous. J'espère qu'il aura la décence de nous présenter des excuses publiques. J'espère qu'il fuira Prismver en courant.

Pauvre merde incapable. Déchet inutile. Sombre sous-race. S'il n'était pas déjà en lambeaux, je lui ferais goûter un peu au vrai niveau d'une vraie A. Mais je suis quand même quelqu'un d'assez décent – je sais bien que mon mépris sera suffisant.

- Donc, j'me suis un peu vénère sur lui, ouais. Mais tu comprends.

Je ne prononcerai pas les mots, parce que ce serait lui donner raison, et je n'ai pas que ça à faire de le conforter dans ses petits jeux puérils. Mais effectivement, je comprends. S'il y a bien une chose que je comprend, c'est celle-là : c'est la frénésie sale entraînée par l'existence provocatrice de ces sales cafards. Comment osent-ils fouler mon sol, à moi qui ai tant donné pour en arriver là ? S'il n'était pas suffisamment puissant pour se défendre, alors il méritait chaque coup, chaque cri, chaque insulte, chaque hurlement, chaque honte.
Je lui cracherais à la gueule si ma salive n'était pas si précieuse.

L'écossais sembla prendre plaisir à m'exposer sa dentition de requin repu, comme un enfant heureux d'avoir lapidé un petit animal trop bruyant. Oui, décidément, je reconnaissais en lui quelque chose des Victor, une sorte de bonheur mal placé, provoqué par un malheur mal vécu. Pas que j'étais du genre à faire des sourires aussi exubérants, non. Mais sa satisfaction malsaine ne m'était pas étrangère – je l'avais vue, entendue, ressentie, et subie. Il conclut cependant ses justifications par ce qui me sembla être une boutade, un pied-de-nez à l'architecture sociale de notre école. Et en plus, il faisait comme si les S étaient capables d'un quelconque « taff ». Je ne pus m'empêcher de rebondir, presque à la seconde près.

- Quelle grande douleur, en effet.

Je l'aurais presque respecté, s'il n'avait pas rajouté cette excuse pitoyable. Mais vraiment, presque, du bout des lèvres, du bout des iris, comme on respecte un rival un peu trop zélé, en même temps qu'on le déteste. Mais je ne respecte pas les excuses, moins encore quand elles se justifient d'une pression sociale inutile. C'est bien dans ces moments-là que, face à lui, j'ai l'impression de parler à un enfant. Une si belle prestation, gâchée par une immaturité déplacée, déjà confondue dans un accent presque caricatural. A la limite, sa diction pourrait lui rendre service, parce qu'il le rend particulièrement crédible lorsqu'il s'énerve – mais là, non, vraiment pas.
Je n'ai pas que ça à faire de rire en écossais.

Je quitte ses yeux impertinents pour poser les miens sur la flaque de chair agonisant à terre. C'est un spectacle d'une laideur rare, qu'un pair détrôné et roulé dans la honte, aux paupières tellement gonflées qu'il semble incapable de me reconnaître. C'est d'une immondice presque réjouissante. Vous me direz, je ne le reconnais pas non plus – mais il me semble que nous avons déjà établi ensemble qu'il n'y avait, ma foi, plus grand chose à y reconnaître. Une mare de fluides sera identique peu importe le corps – nous avons tous le sang de la même couleur, la morve de la même consistance, la salive de la même température. Quelle sombre horreur qu'un égal devenu embarras.

- Peut-être que tu devrais changer de lézard, si c'est le seul moyen de communication que tu aies trouvé.

Regardez ses dents cassées, regardez son visage boursouflé, regardez ses bras déboîtés. Tâtez ses côtes, tâtez ses bleus, tâtez son âme brisée comme ses os. Aucune subtilité, aucune finesse. Je redirige le blizzard de mon regard vers l'ambre brûlante de celui de Kayn. Aucune délicatesse. Je le fusille du regard, encore et encore, prenant part à une roulette russe effrontée entre deux egos qui ne s'écrasent pas. Mon jugement réprimé s'élève au-dessus de tous les mots qu'a pu moduler ma voix.

Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Jeu 13 Juil 2017 - 1:08
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Fouteur de merde. Le chaotique adolescent toisait avec cette expression impavide et insolente son vis-à-vis, rictus de fauve encore enivré par le sang presque provocateur. C'était comme contempler une lame encore maculée d'écarlate, maniée par un bourreau avec tant de condamnés devant lui qu'il travaillerait du jour à la nuit, luisant d'un éclat vicié, impie. Mains dans les poches de son treillis militaire, ses lippes pâles s'entrouvraient, et son souffle redevenait sonore, rôdant et teintant contre l'ivoire de ses dents, devenant un véritable écueil d'une mer houleuse et chaotique. Ses flancs se soulevaient comme les soufflets d'une forge implacable, vomissant des armes à n'en plus finir. Mollement, sa tête tombait de côté - et sa crinière semblable à un aileron de requin suivait le mouvement -, comme un pantin désarticulé, ses iris bestiaux se rivant sur sa victime baignant à moitié dans son sang, la bouche éviscérée de ses dents, son épiderme maculé de contusions, blessures en tout genre, son faciès autrefois élégant et concordant à l'idée qu'on se faisait d'un bourgeois dévasté au profit d'une gueule mutilée.

Putain, ce qu'il aimait cette vie. La chaleur localisée dans ses deux mains s'évaporait progressivement, non sans lui procurer un sentiment de satisfaction malsain tout à fait maladif. Il était une lame de fond qui s'écrasait sur les récifs, brisant les os et les avenirs. Les tendons de sa main droite étaient incroyablement tendus. Il s'en était fallu de peu pour que le retour de flammes de son pouvoir ne lui casse quelque chose. Aussi, ses doigts tremblaient légèrement, enfouis dans une de ses poches, dissimulant sa faiblesse passagère aux yeux de sa rivale. Après tout, Killzone ne savait pas comment qualifier cette fille. Il n'était pas sûre de déterminer le potentiel danger qu'elle incarnait pour lui. Se briserait-elle comme l'élégante sculpture de glace qu'elle incarnait lorsque la première onde de choc l'atteindrait, ou tiendrait-elle ses positions comme un iceberg à la ferme résolution et à l'immobilité légendaire, inerte et menaçant titan, montagne de mort et de ravage ?

Il lui était particulièrement compliquer de s'intéresser à quelqu'un d'autre que sa personne. La dépression et son attrait pour l'annihilation l'avait toujours fait écarter ses potentiels centres d'intérêt à renfort de bombes nucléaires. Aussi, Kayn n'avait aucune idée de la façon dont il devrait traiter cette fille. Femme. Jeune adulte. Chieuse. C'était bien, Chieuse. Il partageait sa vision des choses, mais leurs caractères - affreusement similaires - étaient bien trop compatibles. Ce qui, à cause de leur nature profonde, générait une source omniprésence et asphyxiante de conflits. Il était surprenant que l'un des deux ne se soit pas jeté à la gorge de l'autre, déjà. Anéantissement contre souffrance pure. N'était-ce pas son dos ? Inhiber ses contrôleurs de souffrance et en générer une fictive. Quelque chose comme ça. Il avait déjà eu l'occasion de la voir en action. Et il fallait le dire : ça envoyait du bois. Peut-être pas autant que le spectacle son et couleur des missiles ballistiques qu'il droppait comme autant de basses si lourdes que le sol en tremblait, mais ça avait de la gueule.

Et, à vrai dire, aussi prédateur et animal qu'il soit, ses instincts ne répondaient pas à une question d'une simplicité foudroyante. Qui aurait le dessus ? Serait-il à même de contenir la douleur assez longtemps pour l'expédier au paradis à l'aide de son pouvoir de démolisseur, ou ploierait-il le genou face à l'impératrice de givre ? Bah. Hoxton n'était pas assez futé pour s'embarquer dans de telles réflexions. L'Écossais se contentait des infos tranmises par un sens guerrier aiguisé, une coordination féroce, et une anormale capacité d'adaptation. Une horrifique bête qui apprennait à chaque échange de coup, à chaque regard. Ils s'opposaient l'un à l'autre. L'une avait travaillé pour obtenir son tout. L'autre s'appropriait les connaissances de ses adversaires, les dévorant comme un amas de bile gélatineux qu'on servirait à un fauve en cage. Rictus.

Wait.

C'était qui, ce type, dans l'encadrement de la porte ?
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Dim 16 Juil 2017 - 17:20
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Avez-vous déjà vu Cerbère sourire à la porte des Enfers ? Les avez-vous déjà vues, ces trois gueules pleines de dents, s'élargir pour laisser place à une joie acérée et meurtrière ? Non, non, jamais, jamais vous n'avez été témoins d'un pareil spectacle, car pour l'être il faut avoir été mort, il faut avoir remonté la Rivière des âmes, et il faut avoir essayé de s'en échapper. J'aime à penser que ceux que je plonge dans la douleur le connaissent bien, ce sourire. C'est pour ça que moi je ne l'articule pas, je ne déforme pas ma jolie bouche ainsi. Ma bouche à moi est vecteur de colère, de mauvais mots, de la haine qui m'habite. Je ne souris pas souvent parce que ma bouche à moi, elle ne me sert pas à ça.
Ce sont mes yeux que j'utilise. Lorsque je dévore mes proies, c'est du regard. Quoi de plus humiliant, en effet, qu'un regard plein de jugement, alors que vous vous tordez dans l'agonie ? Quoi de plus humiliant que quelqu'un qui vous fixe, alors que vous pleurez de peur, de marre et d'envie de mourir ? Quoi de plus humiliant qu'un silence froid face à votre corps qui vous brûle de l'intérieur.
C'est ça que j'aime, moi. Je n'aime pas sourire. J'aime faire souffrir.

Non : j'aime voir souffrir. Ca m'a toujours fascinée, même quand je ne suis pas la source, la propagatrice, l'étape 1. C'est que je ne peux pas non plus refuser de la documentation gratuite, vous comprenez ? C'est toujours plus facile d'infliger une souffrance qu'on connait - ou plutôt, dont on connait les effets. Particulièrement lorsque ça touche aux douleurs physiques, qui sont quand même un peu plus universelles - nous avons tous les mêmes corps, après tout. A quelques fantaisies près au niveau des hormones et de la ceinture, je l'admets. De la même manière qu'il est plus facile de guérir une maladie lorsqu'elle a été étudiée, il est plus facile de détruire fictivement un corps lorsqu'on le connaît.
Que j'ai hâte de finir mes études et d'en savoir plus sur les secrets de nos enveloppes charnelles.

Je n'avais pas fini de remettre à sa place mon cadet - j'avais encore des reproches pour lui, et des mots durs et des sous-entendus. J'avais encore ma lessive à faire, aussi, mais j'étais prête à prendre du retard sur mon planning, si ça me permettait de lui remettre un peu les pendules à l'heure. C'est qu'il faut bien être de la pire sous-classe pour ne pas se rendre compte de la qualité du matériel commun - et je comptais bien faire passer cette pilule-là dans sa gorge souillée par l'encre, quitte à devoir l'enfoncer de mes propres doigts.
Mais alors que je préparais ma réplique finale, alors que je me tâtais à lui offrir quelques secondes d'agonie en guise de sanction, la porte s'ouvrit. Un intrus ?

Qui est cet insolent qui ose me couper la parole alors que je n'ai même pas encore inspiré pour la prendre ? Qui est cet intrus qui me coupe ainsi le souffle, l'élan, tout ?
Je fis volte-face, et avec moi, tout. Mes cheveux, ma jupe, mes poings serrés, mes deux yeux énervés. Je voulais le voir en entier, cet abruti, cet imbécile, qui coupait court à une discussion de la plus haute importance, qui venait rompre notre harmonie destructrice pour y placer son hideux visage.
C'était un énorme cloporte, déformé par une musculature enrobée d'une graisse saillante qui jaillissait sous ses vêtements, dont le corps immonde prenait tout le cadre de la porte. Je restais immobile, et silencieuse. Il faut dire que la situation globale qu'il venait d'interrompre n'était pas à mon avantage - j'avais l'air complice, sinon coupable, tout autant que l'écossais à qui je faisais la morale. Mais cet intrus fraîchement débarqué n'avait pas l'air d'être là pour nous dénoncer, ou nous recaler.

En fait, je remarquai avec surprise qu'il ne m'accordait aucune attention, car il avait jeté toute la sienne sur... Hoxton ? Mais cher écossais, qu'as-tu donc fait pour t'attirer et mes foudres, et celles d'un monstre aussi hideux ? N'en avais-tu pas assez de tous les démons qui te poursuivent, dans tes jours et dans tes nuits ? Il fallait en rajouter un, et il fallait qu'il soit aussi grand, aussi gros, aussi fort, aussi énervé ?
Je lus dans son expression une colère d'oiseau, teintée par la rancoeur, à la manière d'une des castes de l'école tristement célèbre pour l'anarchie qu'elle entretenait. Mais ce n'était qu'un doute - je ne pouvais pas en être sûre, parce que je maintiens une distance assez prononcée entre ce genre d'individu-là et Moi. C'était plus le genre de Kayn - pas le mien.

- Je te cherchais, sale merde. Tu vas payer.

Il fit deux pas en avant et claqua la porte du revers de la main. L'air déplacé par ce mouvement violent souleva mes cheveux, avant qu'ils ne se reposent sagement aux côtés de mes épaules, tels que je les avais coiffés ce matin. Ce n'était clairement pas envers moi qu'il utilisait ces mots-là, me dis-je. Personne n'a encore jamais osé me parler comme ça. Personne n'oserait jamais, je pense. Déjà personne n'oserait me chercher pour se venger, mais alors, me parler comme ça : non.

Je restais silencieuse, et immobile, car les mots méchants ne m'étaient pas dirigés. Cet horrible bathynome géant semblait vouloir du mal à quelqu'un qui se révélait être un monstre d'une autre espèce. Est-ce qu'il ne se doutait pas des pouvoirs destructeurs dont il était capable ? Ou peut-être était-il suffisamment fort pour ne pas en avoir peur ; ou peut-être avait-il un don des dieux méritant mon attention.
Je ne me détournai pas de lui, cependant, et j'étais directement sur son chemin - en tout cas si celui-ci menait à notre cocktail molotov local. Vous croyez que ce genre de créature me fait peur ? C'est que vous n'avez pas idée de tout ce que j'ai pu voir pendant mes entraînements, alors.
Vous croyez que même lui ne crierait pas si je décidais d'utiliser ma force contre lui ? Vous croyez qu'il resterait de marbre. Vous devriez savoir que la taille ne veut rien dire. Ce n'est pas une information pertinente, lorsque le châtiment de Nina Victor s'abat sur vous.

Il s'approcha et se dressa devant moi, et plongea ses yeux dans les miens, avec une animosité qui me semblait familière. Je semblais reconnaître son sentiment : il n'était pas là pour perdre du temps, ni même pour en prendre. Mais qu'était-il donc venu faire, quelle était son excuse pour oser s'immiscer dans Ma conversation ? Il n'avait pas l'air d'aimer que je bloque sa trajectoire.

- Bouge.
- Non.


C'était sorti tout seul, sur le même ton, comme un automatisme. Juste après, je me dis que c'était peut-être une erreur de ma part - après tout, je ne connaissais pas encore son potentiel. Mais quand bien même il oserait lever la main sur moi, pouvait-il être vraiment si menaçant, face à la douleur que je contenais - face aux feux d'artifices que l'Autre contenait ? Pouvait-il vraiment me faire peur ?
Il semblait en confiance, mais le resterait-il longtemps ?


Dernière édition par Nina Victor le Ven 28 Juil 2017 - 13:45, édité 1 fois
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Lun 17 Juil 2017 - 2:32
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Sale merde ? Oh, c'mon, ce mec avait au moins cinq piges de plus que lui, en plus de peser sans doute le double de son poids. C'était fréquent, les go-muscu teubés congénitaux, dans ce bahut ? Damn. Sacrée entrée en scène, ceci dit, mon p'tit pote. Déjà, Kayn remontait son masque brodé d'un rictus de tête de mort sur la partie inférieure de son visage, dissimulant son propre sourire. Un sourire d'aliéné, crevant de faim à l'idée de combattre quelqu'un d'un poil plus résistant. Cette école était vraiment dope. C'était quoi, son pouvoir, à lui ? Fascinant. Merveilleux. Exultant, son hostilité latente se déployait de nouveau tout autour de lui à la manière d'un manteau d'animosité qui faisait chuter de plusieurs degrés la température de la pièce. Ou, au contraire, qui la faisait monter de plusieurs températures, alors qu'il achevait de remonter ses manches. " GOTT MIT UNS! ". Enfilant ses mitaines, extrayant ses mains de leurs étuis de cuir, des poches de son blouson, son expression impavide, insolente et impudente cédait sa place à un faciès de dément.

L'excitation liée à l'approche du combat. La lueur factice de désinvolture complice au fond de son regard était happé par un éternel brasier de rage bestiale, un règne de férocité auquel il était impossible de se soustraire, tandis que le Fauve ramassait déjà sa musculature, fléchissant les jambes, fixant son futur opposant. Hey, Nina, t'es sur le chemin, ma vieille et adorée ennemie. Ennemie ? Rivale ? Amie ? Bah. Il l'aimait bien, au fond, cette bourge-ci. Elle était au moins aussi chtarb' que lui. Les appuis de Killzone changèrent imperceptiblement, les tendons de ses avant-bras transparaissant au travers de ses membres antérieurs alors qu'il jouait de ses doigts, les dégourdissant. Oh oui, ce mastoc allait se prendre une sacrée dose. Mécanisme de fer froid ; les épaules de l'Écossais se redressaient, son torse se gonflant d'une prestance impériale, son corps tout entier semblant prendre en volume, quittant son statut d'avachis léthargique au profit d'une formidable machine de destruction.

C'était inné, cet instinct du combat, cette oppressante soif d'oblitération qui le suivait comme son ombre, l'enfermant dans un univers de carnage et de violence dès que l'adrénaline, transformée en métal en fusion calcinant son sang directement dans ses veines, coulait à flot dans ses artères. Réchauffant sa carcasse gelée par l'ennui et le dédain, l'excitante approche du goût métallique d'un liquide si vital aux vivants le faisant entrer en transe, dans une fièvre primitive et ingérable. Hors de contrôle. Lorsqu'il rivait ses yeux de Loup sur un potentiel concurrent au rang de Prédateur Alpha. Ce qui contrastait affreusement avec son manichéen sens de la stratége, quand il n'était pas dans la brèche, et sa tendance à orchestrer de toutes pièces des situations révélant la malveillance héréditaire du genre humain.

Oh boy, et monsieur muscle allait avoir droit de se bouffer une sacrée platrée de nihilisme. Salade de phalanges pour la table quatre, connard. Avec double accompagnement soupe de dents.

Ceci dit, le colosse s'immobilisa, interloquant Hoxton. Nina restait sur son chemin, lui interdisant le passage. Bah, si l'Écossais avait été naïf, sûrement aurait-il pensé qu'elle prenait sa défense. Était-ce seulement possible que les frictions qu'ils entretenaient se révèlent bénéfique à l'un et l'autre, approfondissant leur incompréhensible lien d'haine-affection ? Elle allait sûrement lui casser la gueule, avec son don de l'enfer, si il continuait à lui parler comme ça.

Sauf qu'il l'écarta brutalement du revers de la main, la jetant contre le mur - et une machine à laver.

Juste à temps pour se retrouver nez à nez avec le classe S, qui avait déjà bougé, profitant de son manque d'attention, rivée jusqu'alors sur Miss Victor, pour briser la distance les séparant tous les deux. Killzone était comme sorti du néant, face à lui, ses deux yeux grands ouverts, resplendissant d'une concentration qu'il ne parvenait à saisir que lors de ses élans assassins de tête brûlée, où il se jetait tête la première face à une menace inconnue. Sauf que là, il avait tous les avantages possibles. La surprise, la vitesse, la position. Il allait frapper. Et très, très fort.

Kayn : Touche pas ma bourge', tocard.

Les muscles de ses épaules quittaient la douce léthargie de l'ivresse pour s'enchâsser les uns dans les autres, sous forme d'un mécanisme de destruction parfait. Déjà, Kayn enfilait ses mitaines. L'oeil clair, le coeur battant. L'homme essayait de s'adresser à lui sans qu'il ne comprenne quoi que ce soit - en raison du sang qui battait à ses tempes, ou juste de la colère naissante qui l'assourdissait. Aussi, il frappa. Comme prévu.

Son bras se détendit comme la mâchoire d'un serpent, ses triceps et biceps roulant autour de l'axe tandis que les articulations de ses doigts blanchissaient en serrant le poing, se préparant à l'impact. La partie supérieure de son corps se penchait de côté, de sorte à permettre à son direct du droit de tracer une ligne la plus directe possible, son autre bras replié vers son visage comme un infaillible pavois, prêt à prendre la relève pour bloquer et évincer toute compétition.

L'homme ne réagit même pas, tentant vainement de lever les bras alors que le poing d'Hoxton explosait son faciès aux traits gras et aux yeux porcins. Ses quatre phalanges s'imprimèrent sur l'os zygomatique de son adversaire, juste sous l'oeil, délivrant une onde de choc qui se propageait comme un choc électrique sur la surface graisseuse et huilée par la transpiration de ce dernier. L'exécution et l'habileté martiale mise en jeu rendait la chose presque artistique.

Sauf que le titan n'avait pas basculé. La violence de l'impact aurait au moins dû le sonner, voire l'étourdir. L'évincer du combat, quoi. A ceci près qu'il reculait d'un pas, s'ancrant dans le sol, l'oeil injecté de sang ravagé par une rage dévorante, qui observait la main libre d'Hoxton mimer un revolver, en se déplaçant dos à Nina de sorte à lui épargner les dégâts collatéraux. Pas de côté rapide, incroyable conscience de ses environs, absence totale de chaos. C'était sans doute ce qui le rendait si redoutable ; cette capacité qu'il avait de prendre une décision si promptement, choisissant la meilleure option se présentant à lui.

De toutes façons, il l'avait dit avant, qu'il n'y irait pas de main morte avec ce type-là.

Grondement du tonnerre, flash d'un éclair. Chaos assourdissant. Hoxton déchaînait partiellement son pouvoir. L'onde de choc libérée soufflait le titan dans le couloir, levant un épais nuage de fumée en nucléarisant la porte, des morceaux du plafond tombant erratiquement tout autour de l'épicentre de la déflagration. Le sol se craquelait, et une gerbe de flammes venait lécher les murs, autour du duo de tortionnaire qui se tenait désormais au milieu d'une dévastation sans précédent. Eh, problème réglée façon Killzone. Et avec une explosion contrôlée, en plus.

Un nouveau morceau du plafond tombait.

Bon, pratiquement contrôlée.

Secouant la main pour chasser la douleur et l'engourdissement, s'intéressant à l'état de ses doigts, Kayn ne remarqua pas la massive silhouette se dessinant sinistrement dans le nuage de poussière soulevé un peu plus tôt.

L'Écossais reçut un coup à l'estomac, suffisamment fort pour l'envoyer valdinguer à travers la pièce, pour qu'il heurte le mur du fond, et glisse jusqu'au sol en toussant du sang. L'espace d'un instant, il perdit la vue, le monde tout entier se réduisant à un écran aussi noir qu'un four, souffle coupé, plié en deux sur le carrelage, les yeux exhorbités. La violence de l'impact était d'un tout autre niveau que le direct du droit qu'il avait expédié dans la gueule de l'homme, juste un peu plus tôt. C'était comme recevoir un coup de masse en pierre dans le flanc. Un assommoir qui le laissait là, gisant sur le sol, comme brisé, une onde brûlante de douleur affluant dans tout son organisme.

Sortant de la fumée, l'homme adulte révélait son pouvoir.

Son corps tout entier avait enflé, revêtissant une peau de pierre fumante, entamée par l'explosion médiocre de Kayn. Ses poings ressemblaient maintenant à deux énormes masses difformes, qu'il semblait pouvoir redessiner selon ses besoins.

Oh, et, pro tips.
C'était une mauvaise idée de prendre un coup direct de ce mec là.

Au fond, Kayn retenait un vomissement.
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Mar 18 Juil 2017 - 1:14
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C'est du revers de la main qu'il frappa mon corps – comme la porte, précédemment. C'est donc ainsi qu'il me considérait ? Comme LA PORTE ? Je ne pus rien faire pour arrêter sa force – je n'en avais pas assez, justement, de force. Ni suffisamment d'appui, ni rien, en fait. Mon corps fut projeté – comme la porte – et balancé contre une des machines à laver. Coup de tonnerre, bruits d'os qui s'entrechoquent, chair qui s'enfonce dans l'appareil. Sans force, je tombe à terre. Je vous l'avais dit : c'était une erreur de ma part. J'en étais sûre. Je l'avais lu dans ses yeux, qu'il n'allait pas aimer que je sois un obstacle, mais je n'ai pas libéré son chemin.
Une âme plus faible se serait confondue dans les pleurs et la peur. Vous pensez que je n'ai jamais reçu de coups ? Vous pensez que mon corps est vierge de toute souffrance. Vous pensez que je ne sais que l'infliger. Oui, j'ai mal, c'est vrai. Vous avez entendu le Bruit, alors ça ne sert à rien que je vous le cache : j'ai mal, ça me lance, ça pique, ça brûle. Il aurait pu me briser en mille morceaux. Je n'ai pas la constitution pour résister aux attaques physiques, ça je le sais. Je ne suis pas aussi faible que certains et certaines, ça je le sais aussi, mais je n'ai pas un corps de guerrière pour autant, et ça je le sais encore plus. Surtout maintenant. Ce gros porc a failli me briser les os.

Je vais le tuer.

Je vous l'ai dit non ? S'il y en a un qui me touche, je le tue. Je vous l'ai dit. Vous croyez que je ne sais pas ce que je dis ? Je vais le tuer. Je m'en fous si je dois le découper en petits morceaux, lui foutre le feu, le démembrer, l'éplucher, le noyer, l'étouffer. Je vais le tuer. Il va mourir de mes mains – il m'a touchée, il le mérite, je vais le tuer.
Ma douleur disparaît, étouffée par ma rage sourde. Ma raison disparaît, étranglée par ma furie hurlante. Le bruit de la pluie frappant la fenêtre rythme les battements de mon coeur. Il faut que je me contrôle. Il faut que je me reprenne, parce que je ne sais pas ce qui pourrait se passer sinon. Je vais le tuer, ce sale fils de pute. Je vais lui faire s'arracher le coeur de cette main qu'il a osé lever sur moi. Non, il faut que je me contrôle. Non, je vais le tuer. Non, je ne peux pas tuer quelqu'un ici : mes études, mes études, je dois penser à mes études. Et pourquoi je ne pourrais pas le tuer vraiment, dites-moi ? Si personne ne nous voit, si personne ne voit son corps mort, est-ce que je ne pourrais pas le faire quand même ? Non, si je le tue, ça va me tuer aussi. Et si je tue le seul témoin ? Non, si je le tue, ça va se retourner contre moi, et tout ce que j'ai acquis. Papa et Maman me tueraient ensuite. Non, non, il faut que je me calme, ce n'est pas le moment.
Je vais lui réserver son châtiment.

J'entends un jeune S étaler son impertinence avec des mots mal choisis. D'une il croit que j'ai besoin de sa défense, de deux il sous-entend des choses qui ne me plaisent pas - mais on en reparlera plus tard, je le punirai plus tard, lui aussi. Moins fort : parce qu'il ne m'a pas touchée, il ne m'a pas frappée. C'est que je suis quelqu'un de miséricordieux, parfois. J'entends un coup partir, mais impossible de savoir de quels bras, parce que je n'arrive pas encore à me concentrer sur la scène devant moi. Au son, j'en déduis que ce n'est pas le plus petit qui vient de le recevoir – ou il serait à mes côtés, gisant à terre, dans le même état que moi. Je lève la tête et dévisage le monstre intrus : rien. Pas une grimace, pas une mimique de douleur, rien, rien de ce que je connaissais des douleurs physiques dont j'avais déjà été témoin. On aurait dit que Kayn venait de frapper un roc, qui reculait par complaisance – pour faire honneur aux apparences. L'irrévérence de ce monument humain m'irritait au plus haut point. Non seulement il m'avait balayée sans aucune attention envers ma personne, mais en plus, il semblait jouer avec nous comme de la nourriture. Monstre, ne savais-tu pas dans quels Enfers tu étais tombé ?

Un désordre terrible envahit alors la pièce, la submergeant de bruit, de fumée, de flammes et de destruction. J'en connaissais la source – ce n'était que la moitié de ce dont il était capable, sinon le tiers. Mais au moins, ça annonçait la couleur.
Couleur désastre.

Cette fois, mes yeux étaient ouverts et mon attention maximale, lorsque l'attaque fut portée. C'est avec une pointe d'enthousiasme que je me relevai doucement, ménageant des articulations qui criaient en silence contre le traitement injuste qu'elles avaient subi quelques minutes plus tôt. Ce n'était pas énorme, mais c'était un bon début de punition. Je vous laisse imaginer les émotions qui me traversèrent lorsque je distinguai la silhouette massive et hideuse qui transperça la poussière et les décombres. Cet immonde golem de magma froid leva la main sur mon protecteur improvisé – et je me rendis compte que, de la même manière que celui-ci l'avait ménagé, c'est moi qu'il avait ménagée. En voyant le corps du petit S voler si loin, je me dis que j'avais été chanceuse de n'avoir goûté qu'à 1/10ème de sa force brute. Puis je pensais à autre chose.
Avait-il eu pitié ? Avait-il eu pitié de ma taille, de mon corps ? Monstre, tu cherchais donc à m'humilier ? Peut-être n'avait-il pas encore entendu parler de moi, peut-être ne savait-il pas encore qui j'étais, quel était mon rang, mon pouvoir, ma rage. Monstre, tu pensais m'effrayer ? Mais que sont des poings de pierre, lorsqu'ils s'abattent sur une montagne de glace ? Tu peux effriter ma carapace, mais tu n'auras jamais ce qui se cache au fond de moi. Si Kayn incarnait le terrible gardien des Enfers, alors j'étais la redoutable hydre, infinie et venimeuse. Et jamais rien ne pourrait me terrasser tant qu'on me foutrait pas le feu.

A nouveau droite, je me dressais péniblement devant la machine à laver contre laquelle je m'étais échouée. Je fis quelque pas en avant, pour m'empêcher de me reposer contre elle – quitte à me rapprocher du démon de pierre. J'avais de nouveau mal, mais pas peur. Me salir les mains ne me fait pas peur. Vous croyez que, même dans cette forme, il restait insensible à la douleur ? Je ne pense pas ; en fait, je suis sûre que ce n'est pas le cas. Mais je n'avais pas besoin de dévoiler ma puissance aussi vite que lui. Je suis d'une espèce supérieure, après tout. Vous avez entendu l'écossais ? Il a dit que j'étais une "bourge". Ca veut dire que tout mon travail jusqu'ici n'a pas été en vain : ça veut dire que j'ai parfaitement l'air d'être ce que je veux avoir l'air d'être. Pas besoin d'une longue démonstration pour prouver que je suis supérieure à ce genre d'être incivilisé. Pas besoin de force physique quand ma puissance et ma confiance faisaient toute ma force mentale. Les sensations qu'il venait de nous offrir, je pouvais les lui rendre au centuple d'un seul sourire. S'il y a bien une chose que je sais faire, c'est faire souffrir.

Je faisais encore quelques pas en avant. Il était trop distrait pour me voir, probablement trop fier pour savoir, savoir que je m'approchais, savoir que je n'étais pas intimidée. Il ne semblait pouvoir voir qu'une seule personne dans la pièce, et ce n'était pas moi. J'arrivais, lentement mais sûrement, derrière lui. Je refermai la porte, de mon dos endolori et de mes bras engourdis, et me tenais contre elle. Le bruit interpella le Golem, qui se tourna vers moi, semblant s'interroger quant à mes activités. Monstre, tu ne savais donc vraiment pas dans quel piège tu venais de tomber. Sans un mot je plongeais mes yeux dans les siens, consumés par la soif de sang. Il sembla croire que je me retournais contre, j'imagine, ce qu'il pensait être mon ami, car il se para d'un sourire moqueur, à la manière d'un certain quelqu'un qui faisait de même, il y a encore une dizaine de minutes.

Il me tourna le dos de nouveau.
Grave erreur.
J'attendis qu'il fit un pas pour lui faire ressentir une affliction profonde, qui sembla l'arrêter dans son élan. Tiens, il semblerait que le coeur ne soit pas recouvert de pierre, lui. Dix secondes. Juste assez pour tordre son sourire dans l'autre sens. Pas un geste, pas un bruit, juste les yeux qui ne le lâchent pas. Il n'eut pas l'air de comprendre ce qui lui arrivait. Je pense que sa fierté mal placée l'empêchait d'accepter la douleur qu'il venait de ressentir. Probablement pour oublier, il accéléra le pas vers Hoxton – mais je l'arrêtais encore. Quinze secondes, cette fois, mais physiques. Je lui arrachai un petit gémissement de faible, qui contrasta terriblement avec son corps immense et invincible. Cette fois, il n'osa pas reprendre sa marche. La honte, probablement. Que voulez-vous ? Nous sommes tous les mêmes face au tourment du martyre. Oh, ça je peux vous l'assurer : tous les mêmes cris, les mêmes réflexes, le même corps qui se tord lorsque ça dure plus et plus longtemps. Il devait se haïr d'avoir osé ébruiter sa misère devant nous, qui n'étions que jugement à ses yeux. Et peut-être pouvait-il voir les restes de la précédente proie de mon camarade, non loin de ses pieds. Peut-être commençait-il à se douter de ce qui l'attendait – peu importe la pierre qui le protégeait.

Il ne semblait cependant pas encore se rendre compte d'où venait sa peine, pour mon plus grand plaisir. Il ne semblait pas non plus encore avoir pensé à se retourner, et bien heureusement. Car derrière sa silhouette massive et monstrueuse se cachait un spectacle bien rare.
C'est que mes lèvres formaient presque un sourire complet.
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Mar 25 Juil 2017 - 15:47
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Kayn était enfermé dans un univers de souffrance. Ses côtes, fêlées, lui donnaient l'impression de remuer dans son corps, chacune de leur vibration lui infligeant une douleur croissante. Depuis l'endroit de l'impact, contre son thorax, se propageait une onde brûlante qui le clouait sur place, alors que ses traits tirés trahissaient son état de choc. L'Écossais était habitué à se battre. Habitué à vaincre. Habitué à conquérir. Sauf qu'il venait d'être anéanti en l'espace d'un souffle. Souffle qu'il avait perdu depuis déjà plusieurs secondes, ses poumons criant à l'aide, sa bouche grande ouverte cherchant à happer le moindre oxygène qu'elle pourrait lui procurer. Ses yeux lui donnaient l'impression de vouloir jaillir de leurs orbites, et toutes ses pulsions de meurtre étaient évincés par l'absoluité écrasante des signaux envoyés par ses nerfs.

Pour l'instant.

C'était comme être percuté par un bus - sauf qu'on survivait à l'impact et qu'on en subissait les conséquences. Ce qu'Hoxton ne ressentait pas, c'était l'adrénaline toute-puissante qui remplaçait le métal en fusion de sa colère, dans ses veines. Qui l'anesthésiait progressivement, remplaçant la faiblesse momentanée de son état en une force sans pareille. Les yeux du Fauve se dilatèrent, tant la rage abyssale qui l'habitait amplifiant le courroux sans borne qu'il vouait à l'intrus, qui n'avait toujours pas réussi à l'atteindre. Probablement qu'il appréciait le spectacle d'un Écossais s'apprêtant à vomir ses tripes sur le même sol où gisait le cloporte de A, brisé un moment plus tôt.

Sauf que Kayn n'était pas n'importe quel S.
Il était un animal. Une bête féroce qui n'avait de cesse de chasser.
Un Fauve.
Vous a-t-on déjà appris que le moment où un prédateur est le plus dangereux, c'est lorsqu'il est acculé ?


Prenant appui sur sa jambe droite, se servant de ses deux bras pour se redresser avec une lenteur théâtrale, ses iris lupins injectés d'une froide lueur de cruauté, Killzone réadoptait une posture bipède seyant d'avantage à la prestance impériale qu'il dégageait de nouveau. Chacun des pores de sa peau exsudait son inexorable résolution. Sa fièvre animale qui nourrissait l'aura de carnage l'enveloppant comme un manteau d'hostilité, qui faisait encore pâle figure face à ses orbes ocrées imprégnées d'une fureur biblique. Malgré son apparence de casse-cou cascadeur, il semblait anormalement calme. Résigné ? Acceptait-il la défaite cuisante qu'il venait de subir ?

Son regard tranchant quitta la contemplation du golem de pierre pour harponner celui de de Nina. Sa voix s'éleva, d'un ton bien plus calme, posé, presque rassurant, qu'un peu plus tôt. Dans un dialect clair, précis. Et pourtant franchement angoissant.

Kayn : Mets-toi à couvert, Nina.

Et il lui adressait un léger sourire. Franc, qu'on offrirait à un pote après une bonne blague. Sauf que le message était d'une clarté terrifiante. Qu'est-ce qu'il comptait faire, exactement ? Déjà, son expression se refermait en un masque impavide, une façade de bourreau, quand ses iris venaient de nouveau clouer sur place son adversaire, s'enfonçant dans sa chair comme deux épieux de lumière.

Lentement, Killzone levait sa main droite à hauteur de visage. Comme s'il mettait en joue, tandis qu'il mimait un revolver. Décidément, il n'avait aucun scrupule. Consumé par une rage viscérale qui voilait son jugement, Hoxton s'apprêtait à procéder aux représailles. Peu importait sa peau de pierre. Son pouvoir. Son statut. Sa vie, son futur, ses proches, son existence en elle-même. Ce type-là n'était rien qui valait la peine de s'y intéresser. Élan nihiliste aveuglant, alors que l'Écossais perdait de vue tous les préceptes auxquels il n'avait jusque là jamais failli, restant dans son semi-anonymat S de noname. En cet instant précis, Kayn revêtissait la triple casquette de juge, jury, et bourreau. Et l'espèce de calme mortel qui l'habitait n'était pas là pour rassurer. Il respirait calmement, maintenant. Comme s'il s'apprêtait à rendre une sentence quelconque, toute son attention glaciale verrouillée sur sa cible avec une minutie maladive.

Silencieusement, sans que le monde n'en ait conscience, il pressa la détente.

Une légère étincelle illumina son visage d'une teinte qui allait de concert avec ses yeux, avant que les vitres les protégeant de la pluie ne vibre et explose vers l'extérieur, vaporisée par le grondement d'une bête qui s'apprêtait à se déchaîner.

La laverie fut happée dans l'univers d'Hoxton. Un monde de carnage et de destruction.

Flash aveuglant. Roulement du tonnerre.

La pièce entière fut avalée dans la déflagration titanesque dont les flammes se propagèrent comme un reptile avide de sang. L'onde de choc les précédant heurta les deux élèves à l'opposé comme un blizzard d'une puissance abrutissante, les soulevant du sol comme des fétus de paille avant qu'ils ne soient littéralement engloutis par la déferlante de flamme destructice se répandant comme une meute de loup lancée sur un bout de viande. Le sol se craquelait, les murs se fissuraient, le plafond se lizardait, et le son assourdissait le trio, menaçant de leur crever des tympans. Fort heureusement pour Victor, le golem de pierre, tentant un quelconque baroud d'honneur, se campa sur ses positions, bras en bouclier devant lui, cherchant à encaisser l'impact. Bien présomptueux de sa part ; il fut balayée par la puissance de feu atterante d'Hoxton, bien qu'il évita à Nina d'être happée par les mâchoires de braise du démon invisible invoqué par Kayn. Le mur menant au couloir - porte comprise - n'était plus, si ce n'était un tas de gravats.

Le chaos ne dura paradoxalement qu'une seconde, qui sembla s'étirer à l'infini. Lorsque le calme revint, les poumons furent envahis par la poussière et la fumée, l'Écossais s'adonnant à une quinte de toux. Au coeur de la tourmente résidait l'Écossais, le torse secoué par les oppressantes fumées qui se propageaient dans ses poumons en lieu et place de l'oxygène tant chéri. Il se tenait droit, en vainqueur. Son regard de loup porté sur la fumée, s'intéressant davantage à l'état de sa comparse tortionnaire plutôt qu'à celui de sa victime - qui serait de toutes façons en lambeaux, peau de pierre ou pas. Il siégait ainsi au centre du cratère, de la dévastation, en arrogant Empereur privé de ses sujets, couronne noire posée sur le crâne avec un dédain évident pour les autres, une étincelle de férocité primitive au fond de son regard mauvais.

Kayn : Get nuked son.
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le Jeu 27 Juil 2017 - 17:29
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Coincé entre deux paires d'yeux paralysants, il n'a pas le temps de réfléchir. En a-t-il seulement la capacité ? Je ne pense pas. Il n'aura jamais essayé d'expliquer le motif de son agression, ni même d'attaquer par les mots avant d'utiliser la force. Il avait pourtant l'air plus vieux que l'autre, plus vieux que moi – l'âge n'est-il donc pas synonyme d'expérience, dans le sens commun ? Mais alors que penser d'un sens commun fabriqué par des esprits handicapés. Je pense qu'il a quand même dû finir par comprendre qu'il était coincé entre une mort lente et une mort rapide, parce qu'il semble avoir décidé, à un moment, de rester immobile. Je pense qu'il a quand même dû finir par comprendre que c'était à lui de fuir, et je pense qu'il a réalisé en même temps qu'il était déjà bien trop tard pour ça. Je jubile, intérieurement. Quoi de plus doux qu'une terreur engendrée par un abus de fierté ? Quoi de plus heureux qu'une fourmi coincée entre une loupe et un pied, qu'un enfant enfermé entre la menace d'une gifle et d'une cigarette allumée ?

La deuxième terreur de cette pièce me donne un ordre et je m'exécute. Je n'apprécie pas son ton, ni le fait qu'il prononce si légèrement mon nom devant ce gros con, mais je n'ai pas le sentiment d'avoir le temps de le lui faire remarquer. Je vous l'ai dit, de toute façon : je le punirai plus tard. Et pour que ce plus tard arrive, encore faut-il que j'aie toujours une présence corporelle sur cette terre, et fonctionnelle. Alors pour l'instant, Nina Victor fera le choix de se taire et d'obéir. Dans un tiroir de mon cœur, je range mon damné sourire, pour mieux laisser briller le sien. Que dis-je : étinceler. Vous pensez que j'exagère. Ne les voyez-vous donc pas, ces étincelles de colère étouffée, qui scintillent dans les commissures de ses lèvres forcées par le mouvement de cette gueule de monstre ? Je les vois, moi, et je les vois bien. C'est un sourire de puissant, et un sourire de quelqu'un qui souffre en même temps. Joli sourire que celui d'un requin qui joue mais qui n'a pas faim.

La lueur éclatante des flammes des Enfers s'empara alors de la pièce, la ravageant de sa lumière divine et la piégeant dans une déflagration certaine et absolue. Je protège mon visage d'un bras et je me sers de l'autre pour me tenir, je ne sais pas exactement à quoi. Je dois vous avouer que même si je n'aime pas vraiment me retrouver dans ce genre de situations périlleuses – je laisse ça aux personnes sans goût pour le confort – je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine excitation lorsque la destruction remplace la raison, lorsque le chaos écarte l'ordre.
Mais je n'ai pas le temps de savourer mes émotions : je ne peux rien laisser me distraire du maintien de mon équilibre. Ce n'est pas à moi de tomber sur ce sol poussiéreux, non, certainement pas : c'est à toi, golem bêta, c'est à toi de te faire dompter par les alphas. Les derniers morceaux de mur encore debout cèdent et chutent à tes côtés, tandis que tu te confonds dans les gravats. C'est là ta place, homme de pierre. C'est là tout ce qui t'attendait.

Mais peut-être que cet abruti pensait que son calvaire était fini ? Il est encore à peine conscient, ce sera parfait. Je m'arrache de l'ombre et de la fumée où je me tapissais, et je tangue vers lui, assourdie par des acouphènes dont je me fiche bien. Mes vêtements sont noirs de suie et de poussière, mes cheveux en bataille, et je crois que c'est un morceau de décombres qui m'a griffé le bras. Et en plus, les uniformes que je voulais laver ont pris feu. Je vous l'ai dit, je vous le redis encore : Kayn, je le punirai plus tard – pas maintenant. Maintenant c'est toi, petit malin, c'est toi qui est à terre, c'est toi que je regarde et c'est toi qui m'intéresse. Alors, tu m'as frappée ? Alors, tu l'as frappé ? Alors, tu pensais pouvoir lui résister, à ce petit concentré de guerre, avec ton pouvoir minable ? Alors, ça fait mal ? Non, non, ça ne fait pas très mal, tout ça. Tu veux savoir ce qui fait mal ?
Il sent ma présence, il sent mon regard malsain. Il n'y a que lui qui peut le voir, parce que je suis penchée au-dessus de son visage, parce que mes cheveux sales et décoiffés le cachent. Je m'accroupis près de lui, telle une Madone bienveillante. Il semble essayer de dire quelque chose, mais sa voix est trop faible. Tu veux que je te rende la parole ? Je suis là pour ça, pauvre monstre, ne t'en fais pas.

Je pose mes doigts froids et poussiéreux sur son front. C'est comme ça que j'ai appris à contrôler mon don, vous savez ? En l'initiant par un contact. C'était plus facile, pour le professeur et pour le sujet, de savoir quand ça allait arriver, ou plutôt quand c'était censé arriver. Parce qu'au début, avant que je ne me maîtrise vraiment bien, ce n'était pas toujours très facile de l'activer volontairement, alors parfois, ça ne venait pas, il fallait attendre. Imaginez la torture pour ma victime, de ne pas savoir quand ça va commencer, ni comment ça va le prendre. Imaginez maintenant le front en sueur de ce gros tas de merde, cloué au sol par une douleur déjà suffisante pour le paralyser, le corps détruit par le décor et cuisant à la chaleur des flammes qui nous entourent. Imaginez le bout de mes doigts glacés, sans pitié, imaginez mes ongles sagement posés sur la courbe de son crâne. Ses lèvres qui s'agitent sans produire de son.

Imaginez la montée de sa voix en gémissement, puis en cri, puis en hurlement, lorsque ça le prend. Vous croyez que j'ai peur du bruit ? Kayn en a déjà fait assez. Regardez-le : il tremble, il convulse, il hurle. Qui aurait cru qu'il avait encore cette force en lui ? Moi. Moi j'y croyais, parce que je sais ce que la souffrance réveille même chez les plus affaiblis. Moi je le savais, parce que si vous croyez que c'est la première fois que je m'amuse à faire ça, c'est que vous m'avez sous-estimée. Sans me laisser déconcentrer par cette douce berceuse, je compte les secondes dans ma tête. Si personne n'est encore arrivé pour voir ce qui a détruit la laverie, c'est que personne n'arrivera pour sauver ce pauvre homme de ses propres cris. Pour autant, je ne peux pas me permettre de gâcher ce qui me reste d'énergie pour un cloporte, alors il faut que je compte.
Je lève les yeux vers l'écossais : je n'ai pas besoin de regarder ma cible, puisque je le touche. J'essaie de déchiffrer son regard, son visage, mais il semble s'être fermé, comme moi je me ferme tous les jours lorsque je quitte ma chambre le matin. Je ne peux qu'espérer qu'il ne finira pas par fondre en larmes comme le faible hurlant au bout de mes doigts, parce que ce serait se montrer indigne de la comparaison que je viens de me faire silencieusement. Je continue de le dévisager et je ne prononce pas un mot. J'ai fermé mon visage aussi, mais différemment – plutôt que d'afficher mon plaisir malsain, ma colère sourde ou la douleur lancinante qui continue de parcourir mon dos, j'ai fermé la porte à toutes ces émotions, et mon visage est vide de toute expression.

J'arrive à cent vingt et je soulève mes doigts, et ce qu'il restait du déchet en dessous retombe comme un mort, évanoui. Je m'en fous. Je me relève, lentement, prenant soin de mes articulations, et je m'approche du dernier jeune homme debout dans cette pièce – pas trop, cependant. Vous serez peut-être surpris d'apprendre que j'aime avoir mon propre espace vital. Dressée devant lui ainsi, dans ce corps sale, même moi je sais que le reproche se fait de lui-même : c'est à cause de toi que je suis sale. Les prochains reproches viendront plus tard, parce que je veux d'abord la réponse à mon interrogation.

- C'était qui ?

Ma voix est enrouée par la fumée, je ne m'en rends compte qu'après. J'ai l'habitude de bouffer de la fumée dont je ne veux pas, de toute façon – merci Papa. Debout devant son œuvre de destruction, je le toise impitoyablement. Sans m'en rendre compte, je continue de compter les secondes dans ma tête. Je crois que j'ai encore soif de sang. Ca fait trois et il n'a rien dit. Je fais un pas vers lui. Je crois que je suis encore énervée, que ce soit par la douleur, que ce soit par le bruit, que ce soit par le désordre.

- Réponds. C'était qui ? Il y en a d'autres qui vont arriver, des comme ça ?

Mon choix de mot est faible, irrégulier. Je continue de compter. Je crois que j'ai du mal à me contrôler. Je ne m'en étais pas rendue compte, mais depuis que je m'étais levée : je tremblais.
Message Dans Re: dies iræ • kayn | le
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