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les fleurs du mal • clarissa




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 les fleurs du mal • clarissa

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Message Dans les fleurs du mal • clarissa | le Lun 7 Aoû 2017 - 21:13
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Les sanglots des martyrs et des suppliciés
Sont une symphonie enivrante sans doute,
Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,
Les cieux ne s’en sont point encore rassasiés !


Les Fleurs du Mal • Charles Baudelaire

Aujourd'hui j'ai l'esprit agité. Non pas qu'il soit étranger aux stimuli, non, bien sûr que non : représentez-vous la mer et ses vagues, qui entraînent tout sur leur passage et jamais ne s'arrêtent. Eh bien aujourd'hui la mer est en tempête, et les vagues s'élèvent vers les cieux, soulevées par des bourrasques franches et impitoyables. Aujourd'hui, quelque chose trouble la paix tumultueuse de mes mers intérieures, et les rend mortelles et arctiques. Quoi donc ? Je n'en suis pas sûre, et c'est bien pour cela que je m'agite. Pire encore, cette agitation m'irrite.
J'ai le sentiment, distinct mais flou, que ma carapace de glace se fragilise, que des morceaux s'en détachent et voguent vers le néant, pour mieux noyer les cités que mon cœur s'est bâti pour combler ses trous. J'ai l'impression que quelque chose se passe, qu'une bête me traque, sans relâche, dans l'ombre et dans la lumière, sans pitié. J'ai redoublé de prudence, vous savez. Chaque fois que j'avance, je regarde à droite et à gauche, chaque fois que je tourne, je regarde devant et au tournant, derrière. Chaque fois que quelqu'un parle près de moi, je prête attention. Chaque fois que quelqu'un m'effleure, je retiens son visage et son expression.
Mais, hélas : rien.
Rien, rien de rien. Ca ne donne rien. Est-ce que c'est moi qui me méfie pour rien ? Impossible. On fait toujours bien de se méfier des moins-que-rien. Je n'ai pas à me jeter de pierre ni à me faire de reproche : je prends soin de moi. Et c'est normal, de toute façon : je suis la seule personne qui compte vraiment dans ce pensionnat, avec Poulkheria.

Alors aujourd'hui je vais me permettre une fantaisie, et plutôt que d'aller lire à la bibliothèque, j'irai aux serres pour dessiner la flore, et en commencer une collection sur papier. Je n'ai pas l'indécence ni l'insolence de vouloir les arracher, et moins encore l'impolitesse de les photographier, vous comprenez. La nature est un don du sacré, et je souhaite seulement l'étudier – pas la défigurer ni la mutiler. Qui plus est, si je la choisis correctement, la serre devrait être vide, ou en tout cas, calme à mon goût. Et cela bien plus que la bibliothèque, constamment agitée par le vacarme des stylos qui grattent le papier, des pages qui se tournent et des chuchotis indiscrets. Là-bas, personne ne pourra m'y surprendre, j'en suis sûre. Personne ne pourra m'y suivre sans que je le sache, j'en suis certaine. Si les murs ont certes des oreilles, il n'y a cependant rien de mieux que la compagnie des fleurs pour rester en éveil.

Après une marche tranquille, interrompue seulement par le besoin de terroriser du regard quelques faibles, j'arrive à destination, et je choisis avec soin une serre réservée aux fleurs exotiques. N'en suis-je pas une moi-même, après tout ? C'est donc là que j'irai, avec mes consœurs soyeuses, parfumées, et éclatantes de beauté. Alors que j'entre, ma présence soulève une nuée de papillons écarlates, gigantesques et mordorés, qui virevoltent et s'agitent dans tous les sens. Allons, calmez-vous, insectes : on croirait voir cet amas disgracieux de mages sans noms, ni respect, ni raison. D'une main j'en chasse un qui s'approche un peu trop de mon visage, et, majestueusement, je me fraie un passage à travers cette foule d'ailes colorées. S'ils se tiennent tranquilles j'en dessinerai peut-être un, sinon deux.
Vous êtes peut-être surpris d'apprendre mon respect pour les insectes ; mais vous savez, la différence entre ceux-ci et ceux que j'insulte quotidiennement, c'est qu'ils sont conscients de leur infériorité, de leur misère existentielle. Vous savez, ce n'est pas que je les apprécie – mais je les tolère, je les accepte dans mon champ de vision. Un dieu juste règne en maître sur toutes ses créations. Ce n'est pas que je sois un dieu, non : mais je suis très probablement ce qui s'en approche le plus, en tout cas dans la conversation qu'actuellement nous entretenons. Êtes-vous capable de créer l'agonie, vous ? Avez-vous le pouvoir de vie ou de mort sur la raison et l'espoir de vos pairs ? Je n'en perds pas non plus la mienne, de raison : mon pouvoir implique un lot de responsabilités, vous savez ?
Non, vous ne savez pas.

Vous ne savez pas ce que deviennent mes victimes lorsque je relâche mon emprise. Vous ne savez pas les conséquences, et ô Dieu qu'elles sont sublimes, les conséquences de la Souffrance. Vous ne les avez jamais vus, ces corps engourdis par une douleur qu'ils ont rêvé, ces spasmes fictifs, résidus de traumatismes imaginés. Et comment décrire leurs esprits, alourdis, émiettés, effrayés ? Lorsque je relâche mon emprise, ils tremblent, ils ont peur. C'est que je leur fais un peu mal, vous savez ? Et la suite logique de la douleur, c'est la peur. Que ce soit pour leurs muscles, leurs os, leurs articulations rouillées par la honte, ou pour leurs rêves hantés par leurs propres cris, leurs propres pleurs, leurs propres sanglots. Vous n'oserez pas demandez de quoi ils ont peur, parce que vous le savez déjà.
Ils ont peur de moi.
Et pourtant, s'ils étaient dotés d'un peu de jugement, ils verraient bien que je ne fais pas si peur que ça. Il faut me respecter : c'est vrai. Parce que sinon je me fâche et lorsque je me fâche, je m'emporte, et lorsque je m'emporte, je les emporte avec moi dans mon monde, mon monde terrible et terrifiant. Mais me craindre ? Me craindre est une activité réservée aux faibles et aux esprits cassants. Avoir peur de moi est un passe-temps précaire, avoir peur de moi c'est avoir peur d'avoir mal, et cela, sans réfléchir à pourquoi je fais mal. Je ne suis plus en première année, il serait peut-être temps de se rappeler que l'activation de mon don est parfaitement maîtrisée. Ne serait-il pas plus simple pour ces rats de grouiller avec ordre et sagesse, plutôt que de se complaire dans leurs souliers de terreur ?

Mon crayon trace et caresse le papier, reproduisant plus ou moins les courbes d'un hibiscus selon mon bon vouloir. Mon dessin n'est pas parfait, non – mais ce n'est pas ce que je veux. Je veux seulement une représentation qualitativement adéquate. C'est d'ailleurs la même chose que j'attends de ceux qui osent marcher sur le même sol que moi, respirer le même air que moi : une attitude qualitativement adéquate. Je ne suis pas si exigeante que ça, vous voyez ? J'attends juste des autres qu'ils méritent de me fréquenter. J'attends un minimum de respect, d'ordre, de talent et de réflexion. Vous voyez ? Ce n'est pas grand chose, alors pourquoi c'est hors de leur portée ?

J'entends le bruit d'un pas de loup dans mon dos. Je vous l'avais dit : personne ne pourra me surprendre dans la serre. Je tourne doucement la tête, puis les épaules et tout le reste. Derrière les papillons je devine une silhouette qui m'est inférieure en taille, dont les boucles sombres jouent avec un visage d'albâtre orné par un regard d'ébène. Au milieu des fleurs je devine une consœur, une personne de mon rang, de mes opinions. Je lis dans ses yeux une forme d'insistance qui me rappelle les sentiments contraires qui ont agité ma journée et mes mers. Est-ce un doute injustifié ? Seul le temps me le dira.

Sans perdre ma composition placide, je ferme mon cahier.

J'attendrai donc qu'elle vienne à moi. Ce n'est pas à moi de l'interpeller.

Message Dans Re: les fleurs du mal • clarissa | le Mer 9 Aoû 2017 - 16:30
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Ses yeux sont semés d'or et ses iris profondes sont noires et fendues. Assis sur son séant, il soulève  sa patte, la frotte contre son museau et de sa langue rosée, il lustre sa fourrure de neige. Majestueux, il trône fièrement sur le muret en pierres, observant les allées et venues des pensionnaires. Lorsque certains, trop hardis à son goût, tendent leurs mains avides vers lui, il les contemple de toute sa hauteur. Ne le caresse pas qui veut. Si parfaitement altier et pourtant si désinvolte. De toute sa souplesse féline, il prend de sublimes poses et savoure la chaleur solaire de cette journée estivale.

Il l'entend avant même de la voir. Elle apparaît alors comme un mirage, sa silhouette se dévoilant peu à peu, morceau par morceau. La masse de ses cheveux sombres danse autour d'elle comme autant de serpents impatients. Ses lèvres sont peintes en rouge et elles s'étirent en son caractéristique sourire narquois. Elle reste de marbre face aux réactions de surprises provoquées par son inattendue matérialisation. Elle ne parvenait pas à s'en lasser et son mode de déplacement était devenu tellement naturel qu'elle l'employait sans réfléchir. Ils se rejoignirent au milieu du sentier, lui descendant élégamment de son piédestal et elle arpentant prestement les quelques mètres qui les séparaient. D'un point de vue extérieur, il se dégageait une impression  d'étrange connivence entre ce chat et cette jeune-femme.

Passant près d'elle comme un souffle, il frôla de sa queue la peau nue de sa cheville. Elle se pencha doucement, lui caressa le haut de la tête puis l'encolure. Il ronronna de plaisir ; elle eut un sourire satisfait. Ils apprécièrent encore quelques minutes ce moment de cajoleries, sans se soucier de l'endroit ou du lieu. Finalement, elle se redressa et fît tinter les bracelets à son poignet. Ils échangèrent un regard complice. Il reconnaissait en elle quelqu'un de son espèce. Leur entente était aussi veille que ses neufs vies. Gracieux et charmant, il s'en alla de sa démarche voluptueuse tandis qu'elle le suivait tranquillement.

C'était jour de chair tendre pour Clarissa.

__________

Une fois le seuil de la serre franchit, ils se faufilèrent parmi la végétation. Eux seuls connaissaient la raison de leur présence dans cet étouffante prison de verre. Possessifs à l'égard de leur liberté -même la plus basique- ils préféraient l'air libre aux lieux clos. Clary et Chat n'étaient guère fait pour les cages, aussi fleuries soient elles.

Ils débouchèrent au niveau des fleurs exotiques et une nuée de papillons colorés passèrent devant eux. Elle s'était pourtant montrée discrète, égalant de peu son ami félin pour les approches subtiles. Cependant, elle l'avait vraisemblablement vu venir comme en témoignait la tension dans ces épaules et ce cahier à dessin, fermé si vivement une seconde auparavant. Clarissa se dirigea alors vers sa camarade (parce que oui, elle savait), s'asseyant en tailleur face à elle. Chat se glissa contre elle et elle lui caressa les flancs ; il ne quittait pas des yeux les insectes volants, sa prochaine cible. Elle parla alors d'une voix douce.

Aimes-tu les papillons ?

C’est un cœur malade qui bat dans tes côtes, mon ange. Je le repère à des kilomètres. Je cherche la fêlure. J'aime le brisé et la force vulnérable. Je ne crains pas la souffrance, elle est ma mère nourricière. Il y a ce feu en toi, je sais. Viens. Je t'emmène, là où on ne punit pas le désir. Tu verras, c'est un jeu que je connais bien.



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Dernière édition par Clarissa S. McKenzie le Lun 28 Aoû 2017 - 13:25, édité 1 fois
Message Dans Re: les fleurs du mal • clarissa | le Jeu 24 Aoû 2017 - 12:01
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Les Fleurs du Mal

Le silence est étouffant. Ou peut-être que c'est l'humidité de l'air, ou peut-être que c'est la chaleur du soleil piégée par les parois de verre, ou peut-être que c'est cette cage végétale où nos deux présences, écrasantes, imposantes, se croisent et s'entrecroisent. C'est une silhouette élégante que je connais de vue. C'est une voix dont je connais le son. C'est un regard que je connais de nom.
Et pourtant, ayant chacune notre propre goût pour une certaine forme de discrétion, nous n'avions jamais échangé de mots, ou en tout cas, jamais directs. Comprenez bien : jusque là, je n'avais aucune raison de m'intéresser à elle. Du peu que j'en sais, c'est une personne qui mérite la couleur de ses ornements – je vous l'ai dit à l'instant, c'est une personne de mon rang. C'est donc un être capable d'une certaine correction. Je n'ai pas vraiment le temps de m'attarder sur chaque pair méritant d'être appelé ainsi, vous savez ? J'ai des choses à faire, des cours à travailler.
J'ai des hibiscus à dessiner.

Est-elle vraiment venue à moi pour discuter ? Je la regarde avec moquerie, la bouche fendue par le mépris. Est-elle vraiment venue à pied jusque là, avec son chat, pour parler papillons et petites fleurs ? Si je n'avais aucune raison de m'intéresser à elle, alors pourquoi s'intéresserait-elle à moi ? Étais-je sur son chemin, sur celui de son chat ? Trônant à même le sol, entourée de guzmanias, il y a quelque chose dans son attitude que je n'apprécie pas. Peut-être est-ce son regard intrusif, sa voix de miel, peut-être est-ce sa confiance de sorcière avec son familier. Est-ce qu'elle s'attend vraiment à entamer une conversation si futile en ma présence ? Peut-être, peut-être alors, peut-être que je devrais la remettre à sa place, tout simplement.

- Les lépidoptères sont des créatures plus utiles pour la flore que ne le laisse deviner leurs superficiels apparats. Qui pourrait croire qu'une si jolie petite chose serait, en son stade premier, une hideuse chenille ?

L'adjectif « joli » n'est, pour moi, qu'une marque de dégoût. Les considérations esthétiques ne m'intéressent pas – ces choses-là ne sont qu'une source sans limite de frivolité, ce qui n'est pas à mon goût. Je n'ai aucun intérêt pour la beauté physique, qui se dégrade, déforme, et dérobe si facilement. Je n'ai aucun intérêt pour ces visages fardés, ou ces muscles contractés, montrés à tous les yeux qui en ont la patience, et qui pourtant, se couvrent si vite de larmes, et se tordent si vite dans la souffrance. Alors que ferais-je d'une réalité aussi niaise que celle de la joliesse ? Je vous l'ai dit, je n'ai pas le temps de m'attarder sur toutes ces idioties. J'ai des choses à faire, des insectes à mépriser.
J'ai des papillons à détester.

- Pour autant, ce sont des insectes, tout aussi stupides et bornés que les autres insectes. Alors, pour te répondre, puisque tu as l'air d'y tenir, si tu viens ici : non, je ne les aime pas.

C'est un pas bruyant, contrairement à celui de mon interlocutrice. C'est un pas qui attire les yeux jaunes et égarés de son chat. C'est un pas qui résonne, un pas qui intimide, un pas prononcé de manière définitive. Un pas qui annonce que, si ce ne sera peut-être pas son cas, pour moi, cette discussion est finie. Et encore, si ma conclusion est abrupte, j'estime avoir été polie. Ou plus exactement, j'estime avoir fait preuve de la politesse que méritait une congénère, malgré la stupidité de sa question. L'étiquette aurait voulu que je la lui retourne, mais bon, elle se la retournera toute seule, sa question, si elle tient tant que ça à s'attarder sur des papillons.
Je n'ai pas peur de la provoquer, pas vraiment. Je ne pense pas qu'elle soit faible d'esprit au point d'en pâtir. Et je ne pense pas qu'elle ait eu la bêtise de venir s'imposer au sol que caresse mes pieds sans savoir qui elle y rencontrerait. Et par là, j'entends qu'elle doit bien savoir de quoi je suis capable, puisque ce n'est un secret pour personne, moins encore les cadets et aînés qui abordent mes couleurs. Elle doit bien savoir que je pourrais la livrer à des douleurs impensables, elle doit bien savoir que je laisse des conséquences sur la psyché, elle doit bien savoir que ce n'est qu'une preuve rare de mon bon cœur que j'accepte de la considérer.

Je m'approche d'elle, pas à pas, de ces pas qui sont calmes, eux, comme les siens. Face à elle, je ne ressens rien. Ou plus exactement, ce que je ressens ne la concerne pas : mon pouls qui s'accélère, les pressentiments que j'exagère, tout ça, je sais le cacher, je sais faire comme s'il n'y avait rien. Je sais maintenir ce visage de glace, je sais calmer mes gestes, je sais entretenir ces apparences naturelles qui ne l'ont pourtant jamais été pour moi. Je maintiens quand même une certaine distance entre nous, car je n'ai pas non plus intérêt ni envie de feindre la moindre intimité. Je n'en ai déjà plus, elle m'a tout volé.

Je sais qu'elle n'est pas là innocemment, et je sais, d'après sa position, qu'elle compte prendre mon temps.
Ce n'est pas mon cas.
Je n'ai jamais eu la patience pour les préliminaires.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Qu'elle me réponde, et qu'elle me réponde vite, et clairement, sans détours ni artifices. Qu'elle aligne les raisons de sa venue et qu'elle se dédouane de tout ce dont je la suspecte, qu'elle oublie son chat noir et me montre patte blanche. Qu'elle me parle comme à une égale, qu'elle s'explique, qu'elle détaille. J'attends, jolie brune, j'attends.

Et peut-être qu'elle verra mon poing fermé sur mon crayon, peut-être qu'elle verra mes yeux qui se brident de soupçon, peut-être qu'elle verra ma mâchoire serrée d'angoisse, peut-être qu'elle sera capable de percer cette carapace qui fait ma fierté. Peut-être qu'elle me veut plus de mal que ce que je n'ose imaginer.
Peut-être qu'elle n'aura pas peur de se confronter, pour une fois, à un véritable danger.

Message Dans Re: les fleurs du mal • clarissa | le Lun 28 Aoû 2017 - 13:59
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Il s’appelait Chat. Juste Chat.
Il ne s’agissait pas d’une marque de mépris ou d’une démonstration d’indifférence. Bien au contraire, il était pour elle, le digne représentant de sa race. C’était juste son nom, au même titre que l’aurait été « Mon seigneur » ou « Le divin ». Une identité qu’il portait d’ailleurs très bien, illustration vivante d’une dignité à toute épreuve.

Lorsque la femme se releva prestement, il quitta des yeux les insectes volants et la dévisagea. Il la trouvait brusque, discernant déjà un manque de flexibilité. De sa vie de félin, il n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi raide. Aussi bien sa posture que sa manière de parler impliquaient une froide rigidité. Pourtant, il en avait croisé des humains, et de toutes formes et de toutes sortes, mais celle-ci avait la morgue et le maniérisme des caniches. Cela n’était pas foncièrement péjoratif, en tout cas pas dans son insondable esprit. Ainsi pensait Chat, singulier observateur de la vie des hommes et de ces-derniers.
Il se tourna alors vers son humaine. Un autre spécimen, mais qu’il connaissait déjà très bien. Clarissa était assise en tailleur, le buste cambré, les bras en arrière, les paumes contre le sol et le visage relevé. Elle continuait de sourire. Ce sourire, ce si indéchiffrable et insupportable petit sourire, qu’on savait jamais neutre. Elle n’eut aucun mouvement de recul, ses paupières étaient même mi-closes et elle aurait pu se mettre à siffloter doucement sans que cela ne le surprenne et malgré l’incongruité de la situation. Cette humaine était l’impertinence même. Il y avait dans cette forme de suffisance quelque chose qui la rendait irrémédiablement distante. Il l’avait choisi en connaissance de cause. Ces travers ne le dérangeaient pas outre mesure, surtout qu’il était un chat et qu’il faisait fi de ce type de défaillance. Néanmoins, il avait compris que pour les autres humains, Clarissa représentait un manquement, une irrégularité discordante. Il ne doutait pas que sa maîtresse ferait une chatte de haute volée. Malheureusement, la nature avait des caprices qu’elle seule pensait raisonnables. Il s’en retourna alors aux papillons et à leurs couleurs chatoyantes.

Elle debout, Clarissa par terre, le rapport de force aurait pu être évident. C’était sans compter la personnalité de ces deux femmes se jaugeant à même hauteur. Elle disposait du contrôle chacune à leur manière, l’une plus joueuse que l’autre.

Du calme, ma mignonne. C’était une simple question, pas une agression. Il est encore trop tôt pour une provocation en duel.

Son sourire s’élargit encore, détestablement imperturbable. Rien dans son ton ne laissait percevoir la moindre trace d’arrogance. Ce qui avait tendance à la rendre encore plus agaçante. Elle vrilla son regard au sien.

Je cherchais une partenaire de jeu dit-elle féline. Et je t’ai trouvé ajouta t-elle féroce.

C'est à ce moment là que choisi Chat pour donner un coup de patte en direction de l'un des papillons. Il le manqua de peu, frôlant son aile. Il n'avait pas encore pris la peine de sortir les grippes. L'heure était encore au divertissement, la chasse viendrait plus tard. Il se frotta contre la cuisse de Clarissa, leurs yeux clairs s'allumant d'une lueur carnassière.

Et elle se rit du danger, elle qui connaît déjà les périls du précipice.
C'est pour fracasser qu'elle s'approche, c'est pour faire saigner qu'elle caresse.  




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Dernière édition par Clarissa S. McKenzie le Lun 25 Sep 2017 - 12:46, édité 1 fois
Message Dans Re: les fleurs du mal • clarissa | le Sam 16 Sep 2017 - 16:33
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Les Fleurs du Mal

Sous un ciel blanc comme la glace qu'il couvre, une fissure trace lentement son chemin. Serait-ce la véritable raison de mes humeurs d'ouragan ? Un glacier lointain, enfoui, inatteignable, qui se craquèle et qui tombe en morceaux, qui à lui seul, suffit à perturber un océan ? Serait-ce la chaleur sourde mais pernicieuse des flammes de l'enfer où je vis qui, à l'usure, tenterait de me remuer ? Je sais mon sang froid – mais je me sens brûlante.
Il faut dire que la présence de cet élément perturbateur significatif n'aide absolument pas mes humeurs échaudées. C'est là une bien belle manière de me répondre sans me répondre, de me prendre de haut en me regardant d'en bas, de se permettre des familiarités qui ne sont pas les bienvenues, tout comme elle et son chat intrus, qui ne l'ont jamais été.

Je constate, à sa réponse, que mes écarts impolis n'ont aucun effet, qu'ils ne l'intimident ni ne la déstabilisent. Les lèvres qu'elle déforme par sa jovialité superflue paraissent même indiquer le contraire. J'en déduis ainsi que je ne suis pas la seule à ne pas être intéressée par ces centaines d'ailes colorées qui frémissent autour de nous. Ma lucidité et mes instincts les plus précaires me permettraient même de conclure que je ne suis pas la seule à visiblement chercher les provocations.
Serait-ce donc mon impatience qu'elle chercherait à déterrer de sa prison de glace ? Il est vrai que je n'apprécie ni les injonctions, ni les petits noms, ni les déclarations. En fait, je n'apprécie rien de cette contextualisation. Rien ne m'en plaît. Et rien ne m'en ébranle, non plus. Je suis au-dessus de tout ça : vous le savez bien.

Je n'apprécie pas ses dents blanches, qui dansent lestement avec les syllabes pour mieux me donner l'air sombre. Je n'apprécie pas ce manque de considération pour mes propres activités, camouflés par un désir égoïste et, apparemment, exclusif, de me voler mon si précieux temps. Et pourtant c'est là que je décèle la véritable réponse à ma question. M'avoir « trouvée » suppose que j'aie rempli une suite de critères décisifs l'amenant jusqu'à moi – elle semble savoir ce qu'elle veut, et je lui devine des raisons de ne rien m'en dire.

Soit.

Dans ce cas, je n'ai aucune raison de m'attarder sur ses fantaisies, et moins encore de les encourager. Peut-être qu'elle chanterait un air différent si je passais à l'action tout de suite. Peut-être que sa nonchalance se teinterait d'un noir couleur désespoir. Peut-être que ce visage immaculé, inatteignable, inaccessible, se renverserait violemment, peut-être qu'il oublierait toutes ces concessions qu'il fait chaque seconde au monde des sens, pour se déformer et laisser place à sa vraie laideur, celle de la rancoeur et de la peur. Peut-être que j'aurais la chance de défaire l'élégance de cette beauté insolente.

Mais je ne suis pas une femme de doutes. Les suppositions ne me suffisent pas. Et, peu importe ce que vous en direz, lecteurs ingrats, je ne me range pas non plus derrière la violence gratuite et fortuite. Ici, elle ne serait pas gratuite, je suis bien d'accord avec vous : elle serait toute méritée. Elle serait entièrement méritée, ma violence, même réclamée, si j'osais m'aventurer sur ces terres-là. Hélas ! Ce ne sont que mes dents qui grinceront de cette colère-là, car si je suis irritée, je ne suis pas imprudente, ni inconsciente. Et mes instincts de préservation les plus basiques m'imposent de devoir attendre d'en savoir plus avant de décider si je devrais me laisser aller – ou non – à mes activités de boudoir avec elle. D'ici là, c'est à des arguments pragmatiques et hiérarchiques que je dois m'en remettre, peu importe tous les noms d'oiseaux qui me tournent en tête.

Cependant, si les circonstances ne m'accordent donc pas la liberté de mettre une fin à la sienne, je n'ai pas pour autant envie de rentrer dans son petit jeu. Je n'ai pas envie de m'y abaisser, ni de feindre participer à ce genre d'activités désespérées et pathétiques. Et puisqu'elle semble avoir choisi d'opter pour une sincérité déconcertante avec moi, ma foi : je lui rendrai la pareille et au centuple. Ce qui, dans mon langage à moi, équivaut à ça :

- Si tu t'ennuies, alors tu as le temps de travailler. Moi, je n'ai pas celui de jouer.

C'est d'une vérité dont je prends rarement le temps de faire preuve en public. Pas que je m'attarde à mentir, non – justement, je suis plutôt réputée pour donner du sens à mes silences, et pour garder mes priorités privées. Mais puisque Madame se permet tant de complaisance, je ne vois pas ce qui m'empêcherait d'en faire de même. Qui plus est, cela me donne l'occasion de mettre en valeur mes priorités personnelles, et de lui rappeler que mes dispositions sont limitées. N'étant pas de ceux qui enlaidissent l'arc-en-ciel des cravates de tous nos pairs, elle devrait être suffisamment intelligente pour y comprendre un subtil « va-t-en ».
Dans le doute, et par malice, je me permets un petit écart sur ce petit écart.

- Moins encore avec toi, je rajoute en plissant des yeux.

Je pense avoir été suffisamment claire. Mais l'ai-je seulement vraiment été ? Pourquoi céder à la provocation, si je souhaite tant la chasser ? J'ai le pressentiment de rejoindre sa danse plutôt que de la couper. Je fais mine de rajouter une légende à l'un de mes croquis – c'est une manière de me raccrocher à la réalité.
Mon temps, mon précieux et important temps, serais-je déjà en train de le gâcher ?

Message Dans Re: les fleurs du mal • clarissa | le Lun 25 Sep 2017 - 13:05
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Féminin Personnage sur l'avatar : Oc. signé Tnkt & Avatar par Narchérie. ♥
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Inventaire, objets importants pour le personnage:






les fleurs du mal
▬ Nina.


Ses yeux étaient rivés au plafond de verre de la serre. On y distinguait un ciel clément, bleu et lumineux, propre au mois d’août. Pas un seul nuage à l’horizon, juste l’éclat éblouissant du soleil et de ses rayons. A l’intérieur, la température était tropicale. Pas encore assez étouffante pour la faire fuir, mais assez élevée pour faire apparaître sur le haut de ses joues de délicieuses rougeurs. La lumière aveuglante rencontra brutalement le cristallin de son œil droit. Elle détourna alors le regard, battit des cils et passa une main légère sur son front. Elle observa les quelques plantes exotiques ayant réussi à atteindre une hauteur assez respectable pour frôler les vitres. Au bout d’une branche, comme une offrande, une fleur ouverte, épanouie, aux pétales d’un seyant rose vif. Tournée ainsi vers l’astre solaire et retenue par la paroi de verre, on aurait dit qu’elle était prisonnière. Elle quitta sa contemplation rêveuse d’un haussement d’épaule, s’en retournant au moment présent.

Son familier reposait toujours contre sa cuisse et elle pouvait sentir la chaleur de ce corps chaud et animé malgré le tissu de son pantalon. Sous pareille clarté, son poil était brillant, lustré comme après un toilettage intensif. Elle passa sa main dans la si douce fourrure, faisant naviguer sa paume des flancs jusqu’en haut de la tête. Elle taquina les oreilles et effleura les moustaches. Un ronronnement de contentement perça le silence. A cet instant, la femme qui se dressait en face d’elle aurait très bien pu ne pas exister. Il y avait des moments, où elle s’échappait du flux temporel réel et où elle agissait et ressentait de manière déconnectée. Une voix où l’impatience et la colère se faisait sentir la ramena à la réalité.

Clarissa lui répondit du tac au tac :
« Je n’ai pas besoin de travailler. »  Elle dit cela comme s’il s’agissait d’une vérité toute évidente, où arrogance et amusement flirtaient dangereusement.

Elle ne tarda pas à surenchérir :
« Dans le jeu que je joue, tu n’as pas besoin de vouloir. C’est moi qui décide. »

Elle parlait de la façon la plus neutre possible. Pas de provocation, juste de l’authenticité mal placée. A aucun moment, elle n’avait compté demander la permission. Elle s’octroyait le droit de se divertir, au dépit de la volonté de l’autre. Puis après ce moment méditatif, la jeune-femme avait retrouvé ses intentions belliqueuses. Oscillant toujours d’une humeur à l’autre, il fallait faire avec son instabilité. Quel était son but après tout ? Changeant lui aussi, mais amoureusement déterminé pour autant.
Chat choisit ce moment là pour partir justement à la chasse. D’un bond, il se lança en direction des papillons. Plus ils lui échappaient, plus cela semblait le réjouir. Clarissa comprenait parfaitement pourquoi.

« Être toi doit être très fatiguant » dit-elle mine de rien. Elle arracha une fleur de sa tige et chiffonna les pétales dans sa main. « Tu es une cible facile. » crut-elle bon d'ajouter. C'était comme si elle réfléchissait à voix haute. Son poing se referma doucement et lorsqu'il se ré-ouvrit ce qui restait de la flore chuta à terre.

Elle releva la tête, plantant ses orbes métalliques dans ceux de sa camarade.

« Tu es une proie, contrairement à ce que tu penses. »

En énonçant ça, elle lui rendait service. Toute hautaine, toute superbe qu'elle pouvait être, et malgré son pouvoir, Mademoiselle Victor comme elle aimait le dire, n'avait rien d'un chasseur. Clarissa était là pour ça, pour faire le tri dans le haut du panier déjà sélectif. C'était le jeu. La véritable élite n'était pas la plus visible.

Pendant ce temps là, Chat jouait avec un papillon entre ses pattes. Sans le vouloir, il lui déchiqueta une aile.

Tombera, tombera pas.




©️ YAM for Prismver






Mord. Entame. Use. Attaque. Détruit. Ronge. Blesse. Pique. Croque. Déchire. Écrase. Mâche. Démolis. Broie. Consume. Abat.
Séduis.


Signature signée Alaska. Cherche pas, elle déchire tout.
Message Dans Re: les fleurs du mal • clarissa | le
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