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Capture the moment (and plz don't forget) // ft. Ivy







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 Capture the moment (and plz don't forget) // ft. Ivy

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Message Dans Capture the moment (and plz don't forget) // ft. Ivy | le Mer 6 Déc 2017 - 23:33
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Capture the moment (and plz don't forget)  
Kelly x Ivy


Qu'est-ce que tu faisais dans ces foutus jardins ?
Ah oui.
Pour la science.

T'en revenais pas de toujours faire ce genre de trucs en sixième année ; ces expériences un peu bancales que tu menais d'un œil désintéressé pendant que t'étais penché sur du Jules Vernes.

Au fond de toi t'avais même eu la petite impression que cette grande mascarade avait été faite dans le but de t'enfoncer, de te faire un peu criser, de te pousser hors de tes retranchements. Tu n'avais pas pu inventer ce regard que le professeur t'avais lancé, te disais-tu, il avait forcément monter ça contre toi.

Avoir comme devoir de faire pousser une fleur à partir d'une petite graine donnée – et d'y arriver – pour avoir un A, c'était forcément dirigé sur ta personne. C'était un comble, c'était incroyable. Et évidemment que t'avais tué cet embryon floral avant même qu'il n'entre dans le stade fœtus. Tu n'avais pas pu te pousser à voir s'élever dans ton espace personnel ce que tu exécrais le plus.

Sauf que maintenant la date butoir approchait et tu te retrouvais avec un pot de terre vide qui contenait ton enfant d'adoption mort. L'idée te fit frissonner et tu secouas la tête.

Ce professeur de science avait vraiment un jargon à en faire pâlir d'horreur un croque-mort.

Et bon, enfin, voilà, maintenant si t'étais dans l'endroit de Prismver que tu évitais normalement le plus, c'était pour – bon d'accord, fallait le comprendre –, pour tricher. La place était si verdoyante et contenait en elle seule tellement de variétés de plantes différentes que tu allais forcément trouver celle que l'on t'avait confié. Généralement tu ne trempais pas dans ces affaires là, où tu avais recours à des subterfuges pour garder tes notes élevées – mais t'avais essayé, vraiment, de te dire que celle-ci n'importait pas et qu'il ne fallait pas te prendre la tête avec cette tyrannie scolaire, en vain.

Encore une fois, t'avais choisi la méthode qui te ferait le plus grincer des dents. Peut-être que la triche ce n'était pas de ton calibre ordinaire, mais sinon, c'était vraiment tout toi.

Le pot de terre méticuleusement trimballé dans un sac de sport, tu parcourus du regard les différentes couleurs qui marbraient le sol avec un certain dédain. Tes épaules hautes et le moral six pieds sous terre, tu poussas un profond soupir lorsque tu aperçus le type de fleur que tu recherchais.

De tes mains, tu creusas hâtivement autour de la plante, et bien que l'envie de l'arracher était extrêmement tentante, tu te retins pour la sortir, elle et ses racines, avant de la laisser tomber dans le pot. Tes yeux noisettes la foudroyèrent, car tu savais parfaitement que si tu voulais la garder intacte tu ne pouvais pas juste la fourrer dans le sac – elle se plierait et ses pétales finiraient par tomber, et tu ne te voyais vraiment pas devoir les ramasser et les jeter à la poubelle
((ou les brûler, mais après la bibliothèque, tu évitais tout bonnement de penser à la braise
à la chaleur
t'y retournerai pas))
après avoir fait tout cet effort pour la ramasser.

Nouveau soupir, un regard autour de toi, loin de toutes ces couleurs qui te donnaient tout bonnement la nausée, mais cet arc-en-ciel se retrouvait partout et t'agressait la rétine – c'en devint presque un challenge de trouver une teinte qui n'était pas apparentée à ces éclosions de vie. Une défaite programmée d'avance ; enfin supposément.

Quelle fut ta surprise lorsqu'en te concentrant, tu captas une forme qui n'avait pas sa place entre deux géraniums vivaces et une gentiane.

Tu bloquas tes yeux qui menaçaient de rouler d'eux-même à ta propre culture florale, et t'approchas de cet détail qui t'intriguait.Ta curiosité te tenait fermement par la manche et te guidait vers ces plants alors que la forme se distinguait. Une fois arrivé à niveau tu laissas échapper un petit
« Huh. »

Tu allais transporter deux choses, finalement.
Et ça ne serait pas cet objet qui finira dans le sac.


En rentrant dans ta cabane, tu balanças le pot sur ton bureau,
((il oscilla de gauche à droite, de droite à gauche, de gauche à droite, jusqu'à finalement se rattraper
phew))
enlevas tes chaussures et déposas – enfin – avec une délicatesse mesurée, l'objet que tu avais trouvé.

« Je n'en reviens pas... » Tu murmuras en t'asseyant à ta chaise, le regard fixe sur l'appareil photo. « Elle doit totalement criser. »

Cet appareil photo, tu l'avais déjà vu, collé à Ivy, dans ses mains, contre son torse ou alors sur son œil, pendant qu'un autre se retrouvait fermé – paupières collées alors qu'elle s'apprêtait à arrêter le temps et le rendre prisonnier d'une cage numérique.
Jamais très observateur, c'est peut-être pour ça que t'avais eu l'image d'une maman kangourou avec son petit, confortablement installé dans sa poche, lorsque t'avais vu la blonde avec.

Ça n'avait été l'histoire que de quelques fois, mais ça crevait les yeux que cet appareil était cher à son cœur – une extension de sa main qui se baladait avec elle, de quoi se sentir vide lorsqu'elle ne l'avait pas.

Fallait que tu lui rendes.
Ton regard dériva sur ton bureau.
Fallait que tu finisses ton devoir de Mathématiques.
Rectification.
Fallait que tu commences ton devoir de Mathématiques.

Bon bah ça serait un LMS alors. Prenant l'un des rares stylos fonctionnel éparpillé sur l'innommable bazar qui gouvernait ton espace de travail, tu gribouillas hâtivement un mot simple mais bref : J'ai retrouvé ton appareil dans les jardins ; il est sain et sauf, viens le chercher dans ma cabane.

Tu te levas, t'apprêtas à le confier à Curt, ton lézard qui lézardait mais qui ne lésinait jamais au travail – lorsque ce dernier avala le message. Tout rond. Tu serras la mâchoire et pris une profonde inspiration.
Ah oui. C'est vrai qu'il faisait ça.

Le cœur scindé en deux tu admiras tes mathématiques et tu admiras la possibilité que Curt boulote les cinq autres messages que tu aurais la présence d'esprit de lui confier et décida, d'un commun accord avec ta patience et ton amour pour la gente animale, que tu serais bien plus apte à gérer avec les siennes de ton lézard après t'être un peu reposé la tête.

Déblayant un peu ton bureau et jetant deux trois dossiers (que tu avais préparé pour Ivy et que la jeune fille elle-même t'avait donné) sur le lit, tu te mis au travail. Du coin de l'oeil tu pouvais apercevoir l'appareil, et ce dès que ton regard se perdait loin de ta copie, dans une tentative de réflexion plus poussée.

Et à chaque fois t'avais cette culpabilité qui te rongeait l'estomac – pour quoi, vraiment ? Parce que t'avais valorisé ton devoir de mathématiques et n'avait pas pris la peine de vérifier ne serait-ce que la cabane d'Ivy pour lui rendre un objet qui lui était cher ?

Pff. Non.
Tu vas quand même le mettre sur une étagère juste pour être sûr, question de... concentration, voilà.
Hm.
Donc, les mathématiques.
Ce n'est pas comme si tu n'allais pas lui rendre de toute façon, hein. Tu allais lui rendre.
Math.

Y'a peut-être un moment où va falloir que t'arrêtes de psychoter pour un rien. Le seul risque c'est que t'oublies – t'oubliais les choses si facilement, c'en était maladif, peut-être que tu devrais consulter ? – mais c'était juste impossible, catégoriquement hors de question que tu oublies un élément aussi important de ta soirée. Un élément aussi important dans la vie d'Ivy.

Tu poussas un soupir. Ça ne servait à rien de tergiverser, ta décision était prise et si tu restais inutilement indécis, tu n'avancerai dans aucune des deux situations. Tant que tu avais encore la tête dans des calculs, tu décidas d'achever cette tâche plus que laborieuse, tout en gardant dans un coin de ton esprit secondes et minutes.

Tu n'allais pas oublier, te répétas-tu les cinq premières minutes.
Les dix suivants, tu cessas de te dire la phrase, mais tu y gardas une pensée.
Les trente d'après ne laissèrent dans ton esprit que l'image nette et précise de l'appareil photo.
Puis l'heure passa et
bien sûr, tout s'effaça.

En finissant, un détail te démangea l'arrière du crâne et en cherchant, tu étais persuadé que tu avais oublié quelque chose sans mettre le doigt sur quoi exactement.
Tu haussas les épaules et te dit que ça allait te revenir tout seul.
Après tout, tu ne l'aurais pas oublié si ça avait été important.

Et sur cette note, tu revins à ta routine quotidienne, t'affalant sur ton lit, Curt se replaçant correctement après que tu eus perturbé sa sieste continue. T'avais le nez plongé sur des ouvrages de psychologie que tu devais rendre à la bibliothèque – mais qui maintenant occupaient un statut vacant entre ta possession et celle de l'école. Au moins tu n'aurais plus à te soucier de devoir rendre des livres perdus dans ton beau bordel, et encore moins des dates butoirs qui te pendaient au nez à chaque maudite fois.

Tu tournas une page, puis deux, te fixa quelques longues minutes sur l'article dédicacé au « Déjà-vu ». Bizarrement concentré sur le sujet, tu plissas les yeux – comme si ce banal mouvement pouvait réellement accroître la compréhension d'un sujet et étendre les capacités cérébrales – et sursautas lorsque tu entendis toquer à la porte de la cabane.

Trois secondes. Toc toc toc. Quatre secondes. Les autres pourraient y aller, certainement, peu de chances que ça soit pour toi.
TOC. TOC. TOC.
D'un coup de main résigné tu fermas le livre. « Bon bah, j'y vais. »

Tu puais la détermination à plein nez, vraiment, manquait plus que tu fasses une galipette et une petite danse et on était convaincu pour partager ton enthousiasme flagrant.
((t'es pas le seul à pouvoir faire du sarcasme))

Les pas aussi aussi traînant que joyeux, tu partis ouvrir, te préparant au froid qui allait assiéger l'endroit et à l’interaction sociale qui allait en découler.

Lorsque tu le fis cependant, toute ta réticence fondit pour laisser place à une charmante surprise. « Oh, hey Ivy. » La jeune fille, ta compétitrice d'une certaine façon et amie, se tenait devant toi, avec ses longs cheveux blonds et ses  grands yeux bleus. Une vision normale – même excitante d'ordinaire, car elle ne serait pas venue si elle n'avait pas quelque chose à te montrer. Mais y'avait autre chose, la même chose qui te démangeait l'arrière du crâne avant. Tu te décalas de la porte pour la laisser entrer, assez poli et suffisamment ancré sur terre pour ne pas la garder plus longtemps dans ce froid, mais non sans avoir l'air pensif.

« Hey » tu croisas les bras. C'était bête mais ça te torturait l'esprit. « On s'est déjà vus aujourd'hui ? »

Si c'est une nouvelle technique de drague Kelly, elle est nulle au possible. Même Jean-Marc Généreux n'oserait pas mettre au-dessus de 3 sur 10 pour cette pitoyable prestation.

©️ ASHLING DE LIBRE GRAPH'


Message Dans Re: Capture the moment (and plz don't forget) // ft. Ivy | le Sam 10 Fév 2018 - 15:09
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« don't forget »


Le froid. Le froid gagnait lentement l'île, et jour après jour, te mordait sans retenue. Une bête sauvage, qui s'amusait à te transpercer jusqu'aux os de son gel impitoyable. Le vent emmêlait tes cheveux à chacun de tes pas, chassant tous les autres humains à l'intérieur des bâtisses, pour quelques instants de chaleur. La plupart des humains, en tout cas. Tu ne craignais pas un peu de fraîcheur. Tu n'avais jamais eu peur de la pluie, du froid ou du vent. Tout au contraire, tu te laissais volontiers séduire par des promenades capables de transformer tes orteils en glaçons. Parfois, tu te disais qu'un jour tes os allaient finir par se casser net, gelés jusqu'à la moelle, mais étrangement, cette impossible idée te faisait d'avantage sourire qu'autre chose.  

Fille du froid, Ivy, à la peau couleur de neige, nez, doigts et pommettes couleur vermillon. Yeux d'un bleu glacé, paupières marbrées d'indigo et de pourpres par les veines qui se dévoilent légèrement, en transparence, cheveux et cils d'un blond lunaire. Tu es un paradoxe, ma jolie, une petite roche anodine prise dans une gangue de glace cristalline qui se mue lentement pour devenir une part toute entière de toi. Tu étais noyée dans ton grand pull à capuche anthracite, les jambes couvertes et moulées de jean bleu foncé, pieds prisonniers du cuir noir et bien assoupli par le temps d'une paire de rangers ayant autrefois été la propriété de ta sœur bien-aimée. Ton souffle noyé dans ton écharpe Slytherin, mains fourrées dans des gants assortis bien que martyrisés pour devenir mitaines, tu laissas tes pas te guider autour des bâtiments.  

Regard affuté qui balaya le paysage autour de toi. Il n'était pas encore 17h, à peine 16h, et après les cours, tu n'avais fait que jeter ton sac au pied de ton lit avant de t'engouffrer à l'extérieur. Un léger brouillard commençait alors à tomber sur l'île, et tu savais qu'il rendrait la tâche difficile aux les couleurs chatoyantes du coucher de soleil pour qu'elles puissent pointer le bout de leur nez derrière les nuages lorsque leur heure viendrait. Si malgré tout elles y arrivaient, tu prendrais quelques photos du ciel pour t'imbiber de la chaleur de leurs teintes, ton sac habituel bien fiché sur ton épaule, mais... Bon, c'est pour ça que tu étais là pas vrai ? Tu avais laissé ton lézard à l'intérieur en raison du froid de l'île, et maintenant que tu voyais ton souffle se dessiner en buée devant ta bouche, le nez sorti de ton écharpe, tu te dis que tu avais bien fait de ne pas céder à ses petites supplications de lézard curieux. Un soupir t'échappa, alors que tu fermas les yeux.  

Il y avait très peu d'élèves, encore moins que quelques minutes auparavant. Dans cette soudaine accalmie, tes yeux s'attardèrent sur les détails, au fil de tes pas las et cependant... étrangement rapides. Tu semblais chercher quelque chose du regard, oui, comme une maman qui aurait perdu son petit de vue. Tes pas s'accélèrent, en direction du jardin, alors que tes ongles se referment de façon rageuse sur le papier dans ta main. Tu quittes le paysage des yeux, un instant, juste un instant, comme si tu avais peur qu'il ne tombe en un tas de petits morceaux, dans un fracas de verre assourdissant. Pour déchiffrer l'image. Oui, tu fais les 100 pas autour de cette statue, mais impossible de t'y tromper : Ton précieux appareil photo n'est pas ici.  

Il avait suffi d'une seconde, d'une minute d'inattention pour que ton bien te soit arraché. Tu avais passé le reste de ta journée complètement paniquée, à le chercher absolument partout, à fouiller chaque petit recoin de ta chambre, même - ô sacrilège ! - à ranger cette dernière pour tenter de le trouver. Mais nulle part, il n'était nulle part. Tu étais même partie pour faire un tour du pensionnat et le chercher au passage, mais en vain. Dépitée, tu t'étais donc rendue en ville pour te changer un peu les idées avec de la peinture, de l'aquarelle, n'importe quel article d'art qui pourrait te faire passer plus facilement ses jours sans ton cher et tendre. Alors à ton retour, lorsque tes yeux ont remarqué le mot sur ton bureau, tu as filé sans perdre une seconde de plus : Oui, tu ne t'accorderais pas ce luxe cette fois.  

Mais voilà que tu dois te rendre à l'évidence. Ces sales pestes ont dérobé ton appareil photo, et il n'est pas là où elles prétendent l'avoir laissé. L'espace d'un instant, tu as pensé à un jeu de piste stupide et donc cherché un autre mot, mais tu n'as rien trouvé d'autre que la pierre froide, un vide terrible et un vent cinglant.  La mort dans l'âme, c'est extrêmement déçue que tu avais alors tourné les talons. Impossible de savoir si quelqu'un avait pris ton précieux appareil, et si oui qui, ou si il n'avait simplement jamais été là et que ces saletés de jumelles t'avaient menti depuis le début pour te donner un faux-espoir. Un instant tu te demandas si tu retrouverais un jour ton appareil adoré, mais tu préférais autant ne pas y penser du tout : le contraire te ferait trop mal.
 
Addiction. Mot en neuf lettres, qui décrivait parfaitement ce que l'absence de ton bien soulevait. Quelle ironie. Toi, qui t'étais déjà plainte de ne pas comprendre comment l'on pouvait s'enticher de quelque chose au point de ne plus pouvoir s'en passer, qui abaissait chaque crise de manque que l'on avait porté à la lumière de ton regard de jugement au même niveau qu'une idiotie purement sentimentale, toi qui pensait être bien au-dessus de tout ça, te voilà désormais comme une junkie. C'est dans ce genre de situations que tu étais heureuse d'avoir un minimum de connexion internet et un amour des livres, pour essayer de trouver un moyen de supporter ce manque. Bon, évidemment, tu avais filé à la librairie, mais, bizarrement, aucun livre ne portait le titre "Survivre à une crise de manque pour junkie de la photographie" alors ce n'était pas très concluant. En revanche, aller là-bas a suffit à te changer un peu les idées.

Qui aurait pu croire qu'en faisant cela, tu trouverais un autre livre qui absorberait complètement ton attention et t'aiderait à oublier un peu ton bien-aimé appareil ? Ben, pas mal de personnes à vrai dire, tu n'es pas très reconnue pour ton sens de la concentration, beaucoup moins que pour ta curiosité dévorante. Il s'agissait d'un livre très spécial, qui ne semblait pas sortir d'un forcément gros tirage, et tu pensas pour toi-même que peu de personnes avaient dû le consulter. Après tout, même s'il semblait avoir au moins une dizaine d'années, il avait toujours l'odeur de papier et d'encre qu'ont ces livres fraîchement achetés à la librairie. Cet ouvrage portait sur la faune et la flore de l'île, et te passionna immédiatement. En quelques secondes, des centaines de bourgeons d'idées te passèrent en tête, et tu décidas alors de t'arrêter sur l'une d'entre elle. Et si tu suivais ce guide sur la flore locale pour faire un herbier ?

Quelques dizaines de minutes plus tard, impatiente, tu commenças. Tu avais acheté le dit-livre avant de passer dans une autre boutique pour obtenir un petit classeur souple, des feuilles à dessin, récupéré du fil, du ruban adhésif et ton critérium préféré, avant de te lancer pour une balade en forêt. Et malgré l'hiver approchant, tu te surpris à trouver une bonne quantité des plantes indiquées dans le livre avec une facilité déconcertantes. C'était amusant. Pour chaque plante, tu prenais le temps de prélever un spécimen, d'en faire un croquis et d'inscrire des notes à leur sujet, tirées du guide ainsi que de tes propres observations. Au fil de tes balades, il t'arrivait de croiser, au détour d'un chemin, quelques petits animaux et l'envie te prit de noter également toutes les petites créatures qui constituaient la faune locale dans ton carnet, qui ne ressemblait plus vraiment à un herbier. Tu fis de ton mieux, pour les dessiner, eux et leurs empreintes de pattes, et noter ce qui te venait en tête à leur sujet en plus des informations du guide.

Lorsque tu eues assez constitué de fiches pour ne plus avoir de papier sur lequel dessiner, tu observas ton oeuvre. Le résultat était plaisant, et tu étais fière de toi. Regardez comme je suis douée, pensas-tu, et je ne pense même plus à mon appareil photo en plus. Ah, oui, ton appareil photo. C'est vrai que la section sur la faune serait plus agréable s'il y avait également des photos des animaux et de leurs empreintes. Mais... mais... D'un coup, tout le blues que tu avais accumulé et stocké malgré toi refit surface. Ton appareil adoré n'était plus avec toi... Il te fallait trouver un nouveau moyen de te remonter le moral, pas vrai ? Quelque chose. N'importe quoi. Encore assise devant la dernière plante que tu avais notée, au coeur de cette forêt hivernale, tu déglutis. Les pensées se bouleversaient frénétiquement en toi, et lorsque que tu pris une grande inspiration, tu te levas. Kelly. Tu vas montrer ton travail à Kelly. Oui, Kelly aura probablement une idée ou quelque chose pour te remonter le moral. Fourrant tes affaires dans ton sac fétiche, tu filas en direction de sa cabane.

Cabane 1... 2... 3... 4... 5... 6... 6. Tu ne pouvais pas oublier quelque chose d'aussi facile à retenir que le numéro de sa cabane après tout, pas vrai ? Tu étais souvent venue ici. Ce rituel particulier était réflecteur d'une routine qui te rassuras quelque peu. Ta main se souleva, serrée en poing, toucha doucement le bois du battant, et lentement, vint le frapper. Si souvent tu avais toqué à cette porte, avec l'excitation fébrile qui te remplissait toujours lorsque tu avais quelque chose de formidable à partager. Aujourd'hui ne faisait pas exception, et même, ton excitation était doublée d'une couche de frénésie. Tu avais hâte que l'on te donne de quoi te changer les idées. Terriblement hâte. De longues secondes s'écoulèrent, pendant lesquelles, brûlant d'impatience, tu réitéras ton geste, ce geste si familier. Bon, il se dépêche ? Et la porte s'écarta, dévoilant l'habituelle silhouette "terriblement enjouée" de cette personne que tu étais venue voir aujourd'hui.

▬ Yo, Kellogg's.

Tu ne t'arrêteras jamais de donner des surnoms stupides à tout le monde, hein ? Voilà un beau point en commun que tu as avec ton compagnon à écailles. Réfutant un instant la ressemblance, par pure fierté, tu écoutas ce que ton ami avait à te dire, et fronça un peu les sourcils. Quelques pas, pendant que tu pensais. Il avait encore dû lire quelque chose quelque part. Tu atteins rapidement sa chambre et trouvas ta réponse en repérant un ouvrage sur son lit. Lit, sur lequel tu t'affalas d'ailleurs sans demander aucun type d'autorisation, laissant tes rangers à son pied. Levant le bouquin au-dessus de ta tête, l'examinant du regard, tu haussas les épaules avant de laisser un soupir glisser de tes lèvres, et répondis en laissant ton regard se balader mécaniquement sur les murs de la chambre

▬ Pas aujourd'hui nope. J'ai été pas mal occupée... Tu vois qui sont Hide & Seek ?
Les sales gamines en S là. Elles ont volé mon...


Appareil photo. Tiens, Kelly avait un appareil photo maintenant. Il était sur l'une des étagères. En plus, c'était le même modèle que le tien. Tu lanças tes jambes en l'air pour te donner de l'élan et sauter sur tes deux pieds au sol, laissant le livre sur les draps avec mollesse. D'un couple de pas rapides, tu t'approchas de l'objet pour le saisir, et effleura doucement ses contours. Tiens, c'est rigolo, il a la même éraflure que le tien, sur le coin en haut à gauche. Et le protège-écran maladroitement découpé dessine la même petite bulle d'air sur la vitre... On dirait exactement ton appareil. On dirait... attend. Mais... c'est ton appareil !

▬ K-Kelly ? T'as trouvé ça où ? Je rêve je- Comment t'as pu ne pas me le dire tout de suite ? J'étais super inquiète, j'ai même été faire un herbier pour me changer le moral et... ah ouais c'est pour ça que j'étais venue. Pour te le montrer. Hm, ça tombe bien, tu vas pouvoir me raconter où tu as trouvé l'amour de ma vie. J'ai tout mon temps.

Mollement, tu fis quelques pas pour lui donner le fruit de ton travail de quelques heures, lequel avait perdu bien des points d'intérêt à tes yeux maintenant que ton appareil adoré était de retour entre tes mains. Tu l'allumas mécaniquement pour vérifier que son contenu était intact, mais toutes les photos avaient disparu, à l'exception de quelques clichés relativement mal pris, probablement par les deux saletés de petites voleuses. Bon... Tant pis... Au moins, tu avais récupéré ton bien.
 
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