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douce agonie // na hee







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 douce agonie // na hee

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Message Dans douce agonie // na hee | le Lun 6 Aoû 2018 - 1:39
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douce agonie // Na Hee
L'euphorie se mélangea à l'impatience lorsque le son courut délicatement jusqu'à mes oreilles. Depuis là-bas, la musique semblait se répandre aussi loin que possible, et je me surpris à faire l'éloge de l'architecte de cette école pour cette unique raison. Au nom de mes propres désirs, ma fierté s'effaçait pour laisser place au plaisir pur et simple. Désirs, maîtres de toute mon existence. Désirs, à la racine de chaque décision, chaque pensée, chaque parcelle de mon corps - et il se dirigeait de lui-même vers la source de cette mélodie dont il connaissait les parfaites courbes.

Je connaissais ce jeu, mieux que quiconque. Pour l'avoir écouté, apprécié tant de fois, il ne me suffisait que de quelques notes pour reconnaitre l'auteur de ce jeu. Chaque personne avait son style, son doigté, une façon bien personnelle d'aborder chaque morceau. De tous, c'était elle ma préférée. Il faut dire qu'elle était la seule avec qui je discutais piano en toute sincérité.

De tous, elle parvenait à hisser cette affection hors de ce masque impassible. J'étais habituée à demeurer au-delà de tout amour, détachée de cette humanité détestée, oubliée au profit d'une liberté d'esprit si importante que je ne pouvais m'en passer. Je la connaissais ; et je ne pensais qu'à elle, tandis que je brisais la distance qui nous séparait. Elle, son jeu, toute son identité.
J'aimais ce qu'elle m'évoquait, les frissons de la découverte, d'une humanité aussi incomprise qu'admirée. Elle était aussi torturée par les doutes que belle dans les certitudes qu'elle se découvrait. Elle était une œuvre d'art dont j'admirais les moindres angles ; et lorsque j'entrais dans la salle pour la trouver assise au piano, je ne pus que me jeter sur elle.

« Na Heeeeeeeee~ »

Mes bras enroulés derrière ses épaules, je profitais de ce bref instant où l'univers disparaissait au profit de nos deux personnes. Juste elle, et mon plaisir personnel. L'humanité me dégoûtait à l'occasion, mais j'aimais quelques rares personnes dont elle faisait parti. Tout en elle me fascinait, et il me fallut de longs instants avant d'accepter de la libérer de cette étreinte.

« Tu m'as manqué. J'ai rêvé de toi tout à l'heure. Tu mourrais après une loooooongue agonie ! C'était super. Dommage que je sois morte aussi. Je ne me souviens pas du reste, par contre. Tu joues quoi ? »




Dernière édition par Amelia E. Remington le Lun 6 Aoû 2018 - 20:13, édité 1 fois
Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Lun 6 Aoû 2018 - 17:54
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douce agonie

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Il était des soirées où le monde devenait étouffant, où les sourires étaient trop forcés, pesaient un peu plus sur son coeur que d'habitude. Dès la fin de sa session d'études que Na Hee s'imposait malgré les vacances pour rester parmi les meilleurs, elle avait décidé de rejoindre la salle de musique pour se changer les idées, profiter des derniers rayons de soleil et se conforter dans l'idée que la musique pouvait apaiser ses troubles, qu'espérer un lendemain sans soucis n'était pas en vain.

Les gens lui demandaient souvent ce qu'elle voyait en la pratique du piano. La raison pour laquelle elle semblait s'y perdre et ne s'en lassait jamais. Dix ans maintenant qu'elle en pratiquait, et Na Hee trouvait toujours du réconfort quand elle faisait pression sur les touches pour en émettre un son distinct. Vieil ami dont les courbes lui étaient si familières, il était son unique constante dans l'équation qu'était sa vie, un amant dont elle connaissait tous les secrets et dont elle maîtrisait toutes les actions. Cette sensation de contrôle était grisante - comme si tout d'un coup la coréenne reprenait les rênes de sa vie -, tout comme l'était de savoir que le son du piano se suffisait à lui-même, confortant Na Hee dans son indépendance.
Quand bien même elle s'évertuait à transmettre ces raisons aux gens pour expliquer la nécessité qu'était de jouer de cet instrument, rares étaient ceux qui la comprenaient ou qui en faisaient l'effort.


Trop concentrée dans son jeu, Na Hee fut surprise d'entendre son prénom faire écho dans la salle avant qu'une paire de bras ne vinrent encercler ses épaules. Elle reconnut cependant les mèches roses qui s'invitèrent dans sa périphérie et le fort accent russe qui avait prolongé les dernières syllables de son nom. En reconnaissant Amelia, certains auraient fuis de peur ou de dégoût, mais la coréenne souria, loin d'être dérangée par son intrusion. Même classe, même taille, c'était avant tout leur amour pour le piano qui les avaient rapproché. Au fil des conversations, et ce malgré les rumeurs que Na Hee avait entendu sur Amelia, elle ne put que l'apprécier, ne serait-ce que parce que la russe comprenait son obsession pour le piano mieux que personne. Na Hee se complaisait dans la conscience qu'elle était l'une des rares à recevoir son affection, appréciait d'autant plus de ne voir aucune peur dans ses yeux quand elle lui apprit pour son don.

La coréenne ne fut ainsi pas surprise de l'entendre conter son rêve, évoquer la mort en prenant plaisir à insister sur la lente agonie. Loin d'être mal à l'aise, un doux sourire naquit sur ses lèvres.

« Oh vraiment ? », souffla-t-elle. « J'espère que je ne mourrais pas aux mains de non-mages, ma dignité en serait quelque peu blessée. »

Etre avec Amelia, c'était autant un confort que la sensation de danser sur pointe au bord d'un précipice. Et ô combien Na Hee trouvait cela enivrant. Elle était consciente que la rosée voyait en elle toutes ses faiblesses et ses troubles, et s'en délectait. Dans cette relation, la coréenne était à nue : elle n'avait plus rien à cacher, et c'était autant troublant que libérateur.

« Je m'essayais à quelque chose de plus contemporain. Oecumene Sleeps de Kai Engel. » Elle se poussa quelque peu avant d'attirer Amelia à ses côtés, la faisant s'asseoir sur la banquette avant de poursuivre. « Tu es venue ici pour jouer ? Je serais plus qu'heureuse de partager ce vieux piano avec toi. »
Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Lun 6 Aoû 2018 - 20:20
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L'étreinte sembla durer une éternité, et mes mains serrèrent le frêle corps de la demoiselle avec une force étrange. Dans cette éclosion de sentiments mystérieux, l'égoïsme semblait maître de tout - le désir de possession, piétinant les normes sans considération, dessinant le tableau de notre relation idéale. L'émotion brûlait avec une ferveur nouvelle, écrasant les moindres parts d'une personnalité aussi libre que détachée et serrait mon cœur de ce sentiment nouveau. Ma volonté était sincère - elle se traçait silencieusement au travers de mes actes, coupant court aux actions impassibles imposées par ma haine des autres humains. C'est un regard morne qui se promenait sur l'ensemble d'une planète unicolore, fade de cet intérêt si profond qui remontait au début de mon existence. C'est un regard mort, pétillant parfois de cette curiosité étrange que certains éveillaient en moi.

Alors, ce narcissisme s'effaçait au profit d'une envie de découverte sans bornes, le regard cruel, animal, décortiquant chaque millimètre d'une entité nouvelle. Alors, je me laissais aller, embrassant sans honte l'intérêt de ces humains uniques, imprévisibles, me berçant dans le doux son d'une souffrance sans fin. Quelque part, il n'était pas inexact de dire qu'elle ressemblait à d'autres mais mon esprit refusait cette éventualité devant la perfection qu'elle m'évoquait.

Une douleur si fraiche, vibrante d'intérêt ; une passion similaire, reflétant à chaque note l'expression d'une âme écorchée. Elle baignait dans une douce agonie qui s'étendait au quotidien et que mes rêves traduisaient. Mon regard se délectait du spectacle à l'aube de chaque jour, jusqu'à laisser son être brûler à la lueur du crépuscule. Na Hee, une perfection d'art vivant, se dressant au-delà de quelques corps morts sur lesquels mes yeux pouvaient parfois s'arrêter. Na Hee, comme la pièce maîtresse d'une galerie morbide dans laquelle plus rien ne comptait - et elle semblait fière de cette image si sombre, dansant au milieu d'une pluie de larmes et des cris de plaisir de mon cœur égaré.

« Je n'aime pas ça, mais d'accord, je vais jouer. Écoute celui-là, je l'ai travaillé en pensant à toi ! »

Un bref soupir marqua le point de départ de mon propre silence, comme un respect silencieux envers la musique. Les yeux portés vers un horizon inexistant, mes doigts glissèrent sur le piano pour en caresser les touches avec une délicatesse que je ne me connaissais nulle part ailleurs.
La Campanella de Franz Liszt, un morceau connu, un peu sous-estimé à mon propre regard. L'agressivité tue des notes enchaînées, évoquant la complexité de nos rapports - et à mesure que je me laissais porter par la musique, ma tête se déposa sur son épaule pour marquer la dédication de ce morceau à son égard, comme l'aveu silencieux d'un attachement unique.

« J'aimerais tellement que ce rêve se réalise... mais je serai si triste de te perdre. Tu es trop belle comme ça. »

Ce n'était ni amour, ni amitié, je ne voulais pas y croire ; et au fond de moi, son visage reflétait une envie de possession dont le sens m'échappait encore.
Dans cette douleur infernale, vicieuse, submergeant les moindres espoirs d'un quotidien voué à disparaître.
Oh, si seulement je pouvais sauvegarder cet instant pour me délecter de cette agonie permanente - au point de m'y laisser disparaître.


Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Mar 7 Aoû 2018 - 18:44
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Na Hee savait ô combien la musique était intime pour Amelia. Ainsi il était rare qu'elle réussisse à l'entendre excepté lorsqu'elle se faufillait la nuit dans l'enceinte du bâtiment et la surprenait ici, en train de jouer, baignée par la lumière du clair de lune. Sa demande pouvait donc paraître inutile, vouée au déclin, mais pour elle c'était comme tester la température de l'eau, effleurer les limites d'une relation que la coréenne ne savait pas décrire, n'avait jamais réussi à catégoriser. Et peut-être était-ce pour le mieux qu'elle ne sache pas quelle étiquette lui accorder, car ici apparaissaient ses peurs de ne pas savoir ce qui arriverait si ce flou se dissipait. Peut-être était-elle un peu lâche après tout.

Surprise elle fut donc lorsque la rosée accepta sa requête, avant qu'un autre sentiment ne vienne la submerger à la mention que ce morceau lui était spécialement dédicacé. Elle ne saurait le reconnaître - il fallait croire que son vocabulaire de sentiments était devenu bien pauvre après cinq années passées entre ses murs -, mais la douleur qui surgit n'en fut pas moindre. Vague de plaisir aux accents dévastateurs, elle l'étouffa, emporta tout sur son passage et ne la laissa qu'avec une certitude : si elle venait, un jour, à perdre cette sensation, la mort serait le cadeau le plus doux qu'on pourrait lui offrir. Aux côtés d'Amelia, Na Hee avait l'impression d'être importante, d'exister de manière étrange ; comme si elle n'était rien de plus qu'une boule de nerfs qui criait sa douleur à l'aurore, et que pas même ses sourires ni le côté sombre de sa personnalité pouvaient empêcher Amelia d'en prendre conscience. Peut-être était-ce pour cette raison que la coréenne acceptait sans broncher le côté malsain de leur relation, accueillait ses étreintes avec autant d'enthousiasme alors qu'elles étaient faites avec trop de force pour son ossature si frêle, comme si la rosée cherchait à laisser sur sa peau une trace de son passage dans sa vie.

Na Hee connaissait ce morceau, car il était encore reconnu aujourd'hui comme l'un des plus difficiles à interpréter. Cela dit elle ne fut pas étonnée qu'Amelia sache aussi bien le jouer : elle avait toujours pressenti que ses doigts cachaient un génie, un talent que peu pouvaient se vanter de posséder. La manière dont elle avait de jouer lui était d'ailleurs si propre que la coréenne pouvait facilement le reconnaître : si elles abordaient toutes deux le piano avec délicatesse, la rosée semblait plus efficace à la tâche, plus précise tandis que Na Hee mêlait toujours sa douleur à sa douceur.

« C'était magnifique. Comme si la main gauche cherchait à dominer celle de droite, et que cette dernière se débattait. Cette description semble cependant trop simpliste pour décrire un tel morceau, ne penses-tu pas ? » , confessa-t-elle le regard trouble. « J'avais en tout cas raison de croire que t'entendre jouer de loin ne faisait pas totalement justice à ton jeu. »

Ces compliments sincères ne furent cependant pas assez pour effacer ses troubles. Ce morceau semblait dépeindre à la perfection les dynamiques de leur relation si compliquée, et Na Hee n'était pas sûre d'aimer comment cette pièce se finissait : le jeu de la main droite perdait dans le final tout sa singularité pour suivre par la suite la mélodie de la main gauche comme si elle admettait sa défaite. Etait-ce sa destinée à elle aussi ?

« La mort paraît tellement plus charmante quand c'est toi qui la conte Amelia. Cela dit, sache que je compte encore arpenter ce monde durant quelques années. Je ne voudrais pas te priver de la beauté de ma douleur, et nos conversations me manqueraient de trop dans l'au-delà pour que j'y trouve du repos. »

Esquisse charmante de ses lippes, Na Hee était plus que consciente qu'elle venait de soumettre son âme à une lente agonie.

Ô quelle belle pièce de collection elle faisait.
Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Mer 8 Aoû 2018 - 0:57
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Le silence qui entourait les notes d'un morceau de musique avait quelque chose de légendaire, comme si chaque parcelle de l'univers, chaque être, chaque atome tendait l'oreille pour profiter de la musique qui dansait hors de mes doigts.
Le piano était ainsi fait ; prophète des sons les plus doux, appréciables, faisant vibrer chaque instant de ces frissons indescriptibles. La musique, passerelles entre deux âmes, deux êtres, deux reflets. La passion guidait nos cœurs jusqu'à en écraser toute logique, tout instinct - et même le désir de vivre semblait dérisoire à côté du désir si simple de profiter de ce moment.

Juste elle et moi, juste un piano et nous deux ; juste la musique et le reste de cet univers sans intérêt.
Le silence qui suivait les notes d'un morceau de musique avait ce goût mielleux, plus profond - bien meilleur que le précédent. Celui-ci, il ne durait qu'un instant ; et pour un musicien, il valait mieux que tout l'or du monde. Ce silence, qui précédait les applaudissements. Ce silence, de satisfaction, de surprise, et au regard de Na Hee, les moindres gestes de la performance exprimaient quelque chose.

Tandis qu'elle parlait, mon regard se dressait vers son visage si passionné et expressif, me chuchotant la réponse ultime à mon dilemme intérieur. Elle ne pouvait pas mourir maintenant. Pas comme ça, pas ici, pas entre ces murs qui nous isolaient du temps et d'un monde qui tombait en ruines ; pas sur une île loin du monde alors que celui de la musique valait l'attention de l'existence entière.

Juste un instant, celui d'un morceau ; juste une seconde, le temps de quelques mots - et les compliments m'arrachèrent un hochement de tête confiant, mon regard ne se détachant pas du sien. Redressée, lui faisant face, ses paroles ne me parurent jamais plus vrai qu'en cet instant de partage, à l'apogée de notre compréhension mutuelle.

« Oui. Tu dois continuer de vivre. »

Un apogée qui ne serait jamais surpassé ; un apogée découlant de nos passions, de quelques rencontres nocturnes durant lesquels nos mains s'exprimaient davantage que nous ne le faisons par les mots. Un silence dominant, forgé de doutes et de questions non-posées. Mes mains glissèrent à nouveau sur les touches, commençant une mélodie lente et régulière pour l'inviter à me rejoindre dans l'exécution d'un morceau improvisé.

« J'apprécie l'influence que Jack exerce sur toi. Il est doué avec les gens. Ce n'est pas mon cas. Je préfère l'approche directe. »

Une pause, le temps de laisser le piano s'exprimer, ma respiration se calmer au rythme des notes jouées. Un cocon d'univers, une dimension toute nouvelle où plus rien n'existait ; plus rien d'autre qu'une douleur figée dans le délice des instants passés.

« Pourquoi tu détestes autant les non-mages ? »


Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Mer 8 Aoû 2018 - 21:46
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Six mots. Un regard dans lequel elle se perdit, y chercha la véracité de ces propos. Mais Amelia ne mentait pas ; jamais elle n'avait maquillé ses dires pour faire d'une vérité une illusion, car elle prenait plaisir à heurter les gens de ses mots, se nourrissait de leur douleur comme Na Hee s'abreuvait de leur vitalité. Ainsi la coréenne ne put que retenir son émotion face à une telle déclaration, un aveu d'une relation si spéciale à son cœur ; c'était la première fois que la russe lui parlait de vivre, comme si seul son double dans les songes de cette dernière avait la permission de s'éteindre, de quitter ce monde pour son plaisir. Un hochement de tête fut sa seule réponse, une promesse solennelle qu'elle continuerait de vivre jusqu'à ce que sa présence ne soit plus nécessaire, appréciée. Et si son corps ne traduisait en rien son émotion, ses iris mordorés devaient certainement refléter bien plus qu'elle ne voudrait. Car en leur fond se côtoyaient le calme et la tempête d'une mer emplie d'émotions qu'elle ne savait pas décrire, n'arrivait pas à dissocier les unes des autres pour faire la lumière sur ce qu'elle ressentait.

Et ses réflexions furent ponctuées par le silence qui suivit la fin du jeu de la rosée, silence qu'elle expérimenta comme un flottement, comme si le temps s'était arrêté quelques secondes pour lui permettre de s'imprégner de ce moment et ne jamais l'oublier, avant qu'il ne reprenne sa course au bout des doigts d'Amelia lorsque ces derniers reprirent leur délicate ascension sur le clavier. Les mains de la coréenne retrouvèrent eux aussi leur place sur les touches de ce piano, seul témoin de leur lien, de cette affection si particulière qu'elles partageaient. Cette mélodie n'avait rien de familière. Pourtant la manière dont leurs mains avaient de se mouvoir, d'effleurer le clavier avec délicatesse pour créer une harmonie si douce entre la précision de la russe et la douceur de Na Hee, reflétaient une compréhension mutuelle qui dépassait les mots, telle une résonnance entre deux âmes, deux êtres qui n'avaient, à première vue, aucune alchimie.

« Jack possède des qualités d'orateur que j'aurais à tort de nier. Il voit en tout cas en moi quelque chose que je n'aurais jamais réussi à accepter sans son aide. C'est libérateur. », confia-t-elle dans un soupir, ne voulant souiller de sa voix le son envoûtant de leur mélodie. Avant de continuer, elle jeta un coup d'œil à sa gauche et admira la manière dont les derniers rayons de soleil qui perçaient encore la cime des arbres rougissaient les mèches de la russe. « Tout dépend de la perspective adoptée. Jack déguise parfois la vérité, ce n'est pas ton cas. A mes yeux, tes mots résonnent bien plus en moi. »

Elle ne serait pas aussi émue si ce n'était pas vrai, ni aussi tourmentée. Elle devait à Jack ce qu'elle était désormais, ce qu'elle pouvait faire sans se perdre, sans dériver, portée par les vagues de culpabilité qui avait été son fidèle compagnon durant toutes ces années. Jack parlait à son cerveau, mais les griffes de l'influence d'Amelia plongeaient bien plus loin dans son enveloppe charnelle pour qu'elle ne puisse l'ignorer.

« Car ils ont pris ce que j'avais de plus chère à mon cœur : mes rêves, ma sécurité, ma santé mentale. Ils clament leur humanité en nous mettant à disposition des militaires, mais leurs armes seront pointées vers nous qu'importe les crimes qu'ils auront commis. Ils font de nous des animaux, nous poussent dans nos retranchements et s'attendent à recevoir notre gratitude pour nous laisser vivre. S'ils apprenaient pour mon don, que je peux aussi facilement voler ce qu'ils ont de si précieux, je ne sortirais jamais d'ici indemne. »

Ses mains ne s'étaient jamais arrêtées de parcourir le clavier. La musique apaisait la rage qui bouillait en elle à la simple pensée de ce qu'elle deviendrait entre leurs mains : un autre numéro, une menace. Mais c'était surtout la peur qui amenait sa haine. Car son anxiété souillait tout sur son passage ; dans son esprit le futur n'existait plus - il n'était plus peuplé de danse, de musique, de rires -, mais il était remplacé par l'inquiétude d'un jour sans lendemain.

« Parfois je m'imagine en train de leur enlever leur liberté, leur raison d'être juste pour me nourrir de leur panique. Et je ne sais pas ce que ce désir fait de moi Amelia. », avoua-t--elle dans un murmure, les yeux perdus dans le vague, les mains crispées sur les touches.
Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Jeu 9 Aoû 2018 - 0:38
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douce agonie // Na Hee
Je voyais la différence, à présent, ce jeu du regard qui me rendait si différent de mon parrain et de tous ces gens que j'avais pu croiser. Je voyais ce qui nous séparait, cette colère qui me rendait si étanches aux faux sourires de Sven. Jack était un maître de scène qui s'acharnait à modeler chaque détail de sa pièce ; je n'étais qu'un personnage un peu trop clairvoyant, sortant de son propre rôle jusqu'à mener d'en briser mon propre univers.
Là était la différence, dans ces objectifs opposés entre la domination et le plaisir d'observer le chaos.

La volonté de chercher mes réponses n'allaient pas à l'encontre de sa recherche du pouvoir, mais un jour, ces nuages chargés de doute dévoreraient le ciel-même, satisfait de dominer cette même Terre.
Chaque jour m'emplissait davantage de la certitude d'une supériorité de force, d'un désir autrement plus profond que personne ne partageait.
Chaque instant, dans la douleur du scepticisme qui me faisait tant apprécier cette vie, et mes rêves se brisaient au regard de nos différences.

Nul ne pouvait atteindre cette plénitude si singulière, et c'est ce qui rendait ma folie d'autant plus unique. La mienne ne se contentait pas de répéter la même chose en espérant l'impossible - elle cherchait à le réaliser, en outrepassant les limites de ce que je pouvais découvrir.

Tes mots résonnent bien plus en moi. Et ça sonne comme un aveu, une faiblesse, alors que ce devrait marquer le début d'un lien plus fort, reflétant cette confiance aveugle. Je le comprends, Na Hee, parce que cette affection se dessine en moi, comme si tu étais l'entité qui attendait de satisfaire ma gourmandise démesurée.
Tu es belle, unique, et mes désirs de mort ne sont que des mots dans le vent, une façon de compenser ce que je ne veux jamais voir puisque je suis certain de ne jamais pouvoir te remplacer.

Alors, tu parles, et la vérité glace mes entrailles d'un plaisir si impur que mon sourire me semble presque faux.
Alors, tes raisons se dessinent, cette peur rationnelle, et je me sens exister. Nos jeux coordonnent, le mien ralentit. Tes sentiments décollent et je me retire, me lève, et sur un geste simple, agile, me hisse sur le haut du piano où je m'allonge, observant ton reflet inversé.

« Joue pour moi. Seulement pour moi. Il n'y a que moi qui peut comprendre parfaitement tes désirs. Je ne te permettrai jamais de t'en détourner. »

Les vengeurs sont les mêmes, au fond. Les plus faibles laissent le temps couler jusqu'à en oublier leurs raisons ; les plus forts se battent, avec cette peur d'oublier leur colère. Elle était de ceux-là, et je pouvais le voir.

Elle portait un ressenti capable de surpasser sa douce nature que ses mains traduisaient et c'est ce qui nous rendait similaires et à la fois opposées. Une jolie fleur, transformée par l'expérience d'une vie ; et la plus incertaine d'entre tous, figée dans cette vision d'un monde d'horreur et d'incertitudes.
Peux-tu comprendre, Na Hee, les raisons de ta propre colère ? Peux-tu voir à quel point tu changes, comment s'assombrit le futur d'une vengeance refoulée ?

« Il n'y a rien que tu ne saches pas à ton sujet. Tu deviendras ce que tu choisis d'être. La haine n'est qu'une sensation passagère et immature, tes vrais désirs sont enfouis en toi, bien plus profondément. Et c'est ce qui te rendra unique au monde. »


Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Ven 10 Aoû 2018 - 16:07
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Na Hee sortit de sa transe, de ses pensées souillées par la rage et la peur, quand Amelia se leva de la banquette. A nouveau la peur l'emprit, paralysa son corps l'empêchant de dire quoi que soit, de tendre la main vers elle pour l'arrêter. Comme une enfant perdue, ses yeux trahirent son inquiétude d'avoir dit plus qu'il n'aurait fallu, d'avoir fait fuir la seule personne qui voyaient en elle ce que personne n'avait encore réussi à percevoir - cette noirceur qui avait toujours été là, enfouie sous des kilos de douceur, de sourires, d'amour -, et qui continuait de l'étreindre, de lui servir sur un plateau d'argent ce qu'elle désirait le plus : l'honnêteté. Depuis quand Amelia était-elle devenue si importante, comme une drogue, un poison dont Na Hee se délectait en oubliant les conséquences ?

Ce fut donc soulagée qu'elle la vit s'allonger sur le piano, encore plus quand la rosée lui demanda de continuer de jouer seulement pour son bon plaisir - comme si ce moment avait autant d'importance à ses yeux qui ne l'était à ceux de la coréenne, confortant son idée que toute cette relation, toute cette affection n'était pas qu'une illusion créée par son cœur, que la solitude croissante avait mal mené ces derniers temps, et que ce qu'elles partageaient était bien tangible. Alors Na Hee joua sans jamais s'arrêter, sans penser à une mélodie en particulier, laissant ses doigts s'exprimer sur les touches de ce piano, car elle avait toujours mieux communiqué à travers la musique. Sans avoir besoin de réfléchir, de savoir si ces paroles allaient heurter ou non les sentiments du destinataire, la musique amenait une liberté d'expression que la coréenne n'avait jamais vraiment su apprécier avant ce moment là, comme si entre deux notes, deux croches, deux trilles Na Hee couchait ses pensées, sa douleur, ses rêves, tout ce qui la rendait unique. Et peut-être venait-elle juste de s'en rendre compte car Amelia était à ses côtés, l'obligeait à faire face à ses sentiments tout en étant la seule à pouvoir les comprendre.

Elle n'avait jamais aussi bien joué. Ne s'était jamais autant perdue dans la réflexion de son visage dans la surface polie de l'instrument. Si elle n'y voyait auparavant que la perfection des traits de ses parents, ses sourires, sa douceur, aujourd'hui il s'y reflétait quelque chose de plus laid mais de tout aussi important, singulier : la noirceur de son âme. Et étrangement elle embrassa cette partie d'elle-même, sa douleur, ses blessures, car cela faisait partie d'elle et qu'elle s'était promise de ne jamais reculer devant la vérité de ce qu'elle était réellement.

« Je veux vivre. », fut la seule phrase qui passa la barrière de ses lèvres. Elle avait pourtant au bout des lippes des tas de questions, de doutes. Mais c'était une première certitude, un premier souhait.

Elle voulait beaucoup de choses, Na Hee. Désirait danser, jouer, et plus que tout aimer dans un monde qui ne la jugerait pas pour ce qu'elle était capable de faire. Mais elle n'était pas naïve pour autant.

« Et je veux dominer à ma propre manière. » La haine n'était pas partie, mais peut-être arrivera-t-elle à la transformer petit à petit en quelque chose de plus concret ; un plan, un avenir. Si l'illégalité et la violence n'étaient pas sa tasse de thé, la coréenne pouvait les faire l'aimer pour mieux réduire leur espoir en cendres.

Elle leva les yeux de son reflet, enfin, avant de porter son regard sur la silhouette d'Amelia qui l'observait d'en haut. Elle n'avait pas peur d'elle - son anxiété ne se révélait qu'avec les autres, comme si la russe avait un effet calmant sur elle.

« Tu es comme un mirroir Amelia. Tu montres aux gens ce qu'il y a de plus enfoui en eux, et parfois ce reflet est un peu plus laid qu'ils ne l'avaient imaginé. » Et rares étaient ceux qui appréciaient la vérité.
Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Sam 11 Aoû 2018 - 15:58
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douce agonie // Na Hee
Lorsque l'on est conscient de tout, le monde devient monocorde. Si je suis tellement différente des autres, ce n'est pas de ma faute. C'est aussi de la leur. J'ai compris très tôt le pont qui me séparait de l'humanité simple, ma réflexion permanente qui différait de leur quotidien paisible et vide de sens.
Chacun se satisfait d'un jour sans penser au suivant ; chacun vit une vie millimétrée dans un système imposé, parce que le fait d'imaginer les choses autrement n'est pas même envisageable.

Lorsque l'on est conscient de tout, les bêtises immatures de chaque jour semble se diluer dans une recherche interminable et immense dont le terme n'est autre que la mort.

Chaque humain vit environ cent ans.
Beaucoup y voient une vie remplie et suffisante, peut-être trop longue sur la fin - d'autres, au contraire, la trouvent beaucoup trop longue d'emblée. Le suicide est un gâchis, mais au moins, il a le mérite de cesser de vous faire réfléchir. Je ne suis pas assez défaitiste pour cesser le combat avant de l'avoir remporté, ne serait-ce qu'en partie. Je suis trop curieuse pour arrêter de chercher, trop gourmande pour partager ces réponses avec quelqu'un d'autre que moi.

Seraient-elles elles les mêmes, de toute façon ?
J'en doute ; et de la manière dont je vois ce monde, chacun peut trouver sa réponse à sa façon pour nager dans le bonheur d'une plénitude finalement atteinte.
Le monde est ainsi. Complexe, interminable et différente pour chacun. Le monde est un éventail de couleurs changeantes et son terme ne s'aperçoit que lorsqu'on a enfin réussi à se comprendre.

Suis-je donc si différente, pour chercher une réponse si loin dans mon existence ? Tout semble si simple, au regard des autres.
Tu es un miroir, Amelia.
Et pourtant, mon reflet m'échappe, chaque jour qui suit le précédent. Mon reflet n'apparaît qu'au coin de mon regard sans jamais vouloir se montrer, comme la malédiction de ma propre conscience. Suis-je donc condamnée à montrer aux gens leur nature sans pouvoir découvrir la mienne ?

Na Hee a peut-être raison - et quelque part, je commence à penser qu'elle est la dominante, ici, bien qu'elle soit également indécise. Elle pourrait se délecter, elle aussi, car mes réflexions intensives ne cachent jamais qu'un scepticisme sans égal.
J'admire sa souffrance, mais elle est également la mienne.
Je la trouve si belle, mais elle me ressemble tant - ou serait-ce la raison de ce surplus d'affection ? Je me le demande, comme je questionne chaque action. Comme chaque atome de cet univers, le doute est au cœur de mes pensées frivoles.

« Et tu es accro à ce reflet. Je peux le sentir. N'est-ce pas ? »

Je tends ma main au-delà du piano pour attraper une mèche de ses cheveux tout en l'observant. Je suis consciente de ce pouvoir, de cette attraction que j'exerce. Si Jack a une influence indéniable sur Na Hee, mon attraction s'exerce au-delà de ses réflexions et de ses décisions.
Elle s'étend au-delà, plus profondément, et c'est ainsi, au travers de ces regards sombres et de ces sourires d'amusement que je pourrais noircir son âme.
En ai-je vraiment envie ? Quelque part, je cherche encore la réponse. Je cherche comment peindre le tableau de son cœur aux milles visages, et au milieu de ce brouillard d'un bonheur si étendu, la réponse semble disparaître.

« Si tu veux dominer, il va falloir dominer tes propres doutes. Ton reflet. Tu comprends ? Il va falloir me dominer. J'attendrai ce jour avec impatience. »

Alors, je laisse mon corps rouler jusqu'au bord du piano et tombe par terre sans chercher à combattre cette gravité agaçante. Le choc me brûle légèrement le dos, mais je refuse de me priver de cette douleur passagère. Au diable, les doutes, l'envie, toute les réflexions. Le corps allongé sur le sol, je soupirais d'aise, comblée de cette discussion, comme toujours.

« J'aimerais tant essayer de mourir, si tu savais. »


Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Mer 15 Aoû 2018 - 11:23
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douce agonie

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Ô combien Na Hee aimait ce reflet. Comme la dernière pièce d'un puzzle, voir la noirceur de son cœur au fond des yeux d'Amelia la faisait se sentir entière, comme si elle n'était plus ce pot de porcelaine qu'on maniait avec méfiance de peur que sa chute ne blesse le porteur, ni cette princesse qu'on admirait de près et qu'on poignardait dans le dos ; elle existait simplement en tant que Na Hee dans toute la splendeur de ses angoisses et de ses désirs de domination. Et peut-être était-ce pour cette raison que la compagnie de la russe lui était si chère ; aucune des facettes de son esprit ne lui étaient inconnus, seule lectrice avide des émotions qui la détruisaient petit à petit. Du coin de l'œil, la coréenne suivit le mouvement de ses cheveux dans la main pâle de la rosée, observa le chatoiement de sa blondeur à la lumière de la lune et se surprit à ne pas reculer face au toucher. Dans son pays natal, le blond de sa chevelure avait toujours été plus qu'une simple couleur ; comme une marque de sa différence, pour laquelle elle avait reçu plus d'attention qu'elle ne l'aurait aimé étant plus jeune, la confortant dans l'idée que la solitude était autant désirable que la compagnie, que l'hypocrisie était le fléau de toutes relations.

« J'aime ce reflet plus que tout. Mais ce n'est pas parce que tu es un miroir Amelia, que tu reflètes la nature des gens, que je ne te vois pas toi, sans tous les artifices de ton existence. », soupira-t-elle. « Si je n'avais vu que ma noirceur au fond de tes yeux, j'aurais fui comme tous les autres. Si tu n'avais fait que dresser le portrait de mon existence, je n'aurais pu que haïr cette pâle copie de moi-même. Je ne sais pas encore très bien ce que tu es, mais le peu que j'aperçois m'attire tout autant que mon simple reflet. »

Amelia n'était pas qu'un simple objet que Na Hee maniait selon ses désirs. Elle n'avait de toute façon jamais perçu quelqu'un autrement que comme un être humain, n'avait jamais jugé une personne sur sa réputation au contraire de nombres de ses pairs. Fine observatrice elle ne catégorisait les gens qu'après les avoir étudié du haut de son étage. Et cette curiosité, elle la retrouvait chez la russe, autre ressemblance qui la poussait à laisser cette dernière l'utiliser à son bon vouloir.

Il va falloir me dominer. Sur son visage, la surprise se mélangea à l'ombre du dilemme qui la secouait. Jack lui avait toujours répété que laisser son cœur de côté était requis si elle voulait un jour dominer, et elle n'avait jamais eu de problèmes à s'exécuter dans ce sens jusqu'à présent. Mais avec Amelia tout était plus compliqué. Sans étiquette leur relation relevait du mystère, tandis que les sentiments qui en résultaient étaient tout aussi troubles. Dominer Amelia c'était perdre le peu qui lui semblait encore important au sein de ces murs, c'était le risque de perdre de vue ce qu'elle était, de ne plus rien ressentir, de plonger dans une mer vide de sens et de s'y noyer. Et peut-être Na Hee donnait à la rosée plus d'importance que son cœur ne lui accordait, mais ses griffes s'étaient enfoncées trop loin dans son squelette, dans son esprit que la jeune fille n'était plus sûre de savoir naviguer dans les flots instables qu'étaient sa vie si elles venaient à lui être retirées.

La coréenne ne savait plus quoi lui dire, et la peur revînt, vielle amie qui avait élu domicile au fond de son cœur, face à l'idée qu'avouer sa faiblesse à haute voix ne la rende que plus réelle. Ainsi elle observa la chute d'Amelia paniquée, et le bruit de son corps rencontrant le sol la fit frissonner.

Elle se leva, ses doigts enfonçant par mégarde deux touches du clavier, laissant échapper un son dissonant que ses tympans accueillirent comme une menace. Se libérant de la banquette, elle enjamba les quelques mètres qui la séparaient de la rosée et s'accroupit à ses côtés.

« Ça va ? », fut tout ce qui passa la barrière de ses lippes. La russe avait toujours été un joker, ses actions aussi imprévisibles les unes des autres. Ainsi le soupir d'aise de cette dernière conforta la coréenne dans la conscience que cette chute était délibérée.

« Mais il y a quelque chose de plus important que tu cherches à accomplir avant de mourir, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu cherches vraiment Amelia ? »
Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Jeu 16 Aoû 2018 - 16:05
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Quelque chose de plus important, n'est-ce pas ? Si seulement je savais. Si seulement mes doutes n'étaient pas que ces éclairs hachées qui zèbrent le ciel de ma conscience noire d'encre, si seulement la nuit ne régnait pas au sein de mon esprit égaré. Si je pouvais savoir, me comprendre ; si ma vie n'était pas qu'une recherche de compréhension mais celle de l'accomplissement d'un but que je connaitrais. Si c'était possible, si cette réalité changeait ; si tout était différent des moindres jours bercés par ce questionnement sans répit. Je ne connais pas la paix, Na Hee. Je ne connais pas la plénitude, la certitude, les vérités que le monde cachent aux yeux des plus naïfs.

Je ne suis qu'un nouveau né, une âme en pleine croissance, et j'ai beau m'estimer bien plus lucide que la majorité des humains, je sais que je ne vaux rien en comparaison avec d'autres. Je ne suis qu'une borgne dans un royaume d'aveugles et je n'ai encore jamais croisé un humain qui n'ait ses deux yeux ouverts. Je suis prisonnière du doute, de l'existence, d'un univers trop étroit pour une réflexion si différente.

Est-ce que ça va ? Ça ne va jamais, et en même temps, je me contente de la maigre compensation d'un quotidien hypocrite. Est-ce que ça va, peut-être un peu, parfois jamais - et mon esprit se noie dans une colère que l'ignorance stimule.
Parfois ça va, parfois je refuse de bien aller, de me figer dans une réponse dont je ne pourrai jamais me satisfaire. Parfois oui, parfois non, et la mort me semble si belle lorsqu'elle accepte de laisser disparaître tous ces sentiments complexes et me faire danser au bout d'un chemin tortueux. La mort est unique, ultime, et je ne peux qu'imaginer la beauté de cet instant alors que je l'énonce, tout comme j'en perds le goût à la seconde où elle me ramène à la réalité.

Un rire amusé, une envie de meurtre trop immature pour que je ne la refoule à l'instant suivant, parce qu'elle ne mérite pas ça et que je suis habitué à la simplicité des humains qui m'entourent.

« Oui. Tu as raison. Je dois vivre le point culminant de mon existence et trouver la raison de celle-ci. Je dois comprendre ce monde, son créateur, et tout ce qui se trouve derrière l'univers. C'est impossible, c'est pour cela que j'aime tant cette idée. »

Je me redresse, ignorant les restes d'une douleur sans intérêt et lui fais face. Elle s'est accroupie, inquiète, et ce visage laisse transpirer tant de sentiments que j'ai envie de le dévorer ici.
Je m'approche pour déposer un baiser sur ses lèvres et me recule avec un sourire de satisfaction sur le visage, comme une marque déposée.

« Tu es à moi. Il n'y a rien d'autre que mes propres désirs ici. N'espère pas le contraire une seule seconde, tu perdrais ton précieux temps. Si quelqu'un te détourne de ta douleur, je le ferai disparaître. Si tu cherches à aimer quelqu'un un peu trop fort, il subira le même sort. Tu ne sortiras pas de cette souffrance. Pas sans m'avoir surpassé. Tu comprends ? »

Je me relève sans un regard supplémentaire et m'étire, laissant mes longs cheveux roses flotter dans mon dos. J'aurai sûrement un bleu après un geste pareil, mais le jeu en valait la chandelle. Mon corps siffle, brûle d'une excitation rarement connu jusque là.
Mon corps veut du danger, de la découverte, et mon esprit résonne, entre en écho avec ce désir. Le monde, dehors, m'attend, et j'ai passé bien trop de temps à contempler un seul visage alors que l'univers me défie à chaque instant qui passe.

« Je vais voler dans les cuisines. Au fait, Na Hee, j'ai entendu dire que le mois d'Août serait mouvementé pour nos amis oiseaux. Je serai curieuse de savoir ce que tu comptes faire à propos de tout ça. »

Comme un écho, comme un reflet.
Comme la note finale d'un morceau, d'une mélodie répétée.
Au terme d'une respiration, je me laisse disparaître, emportée par le vent de ma propre curiosité.


Message Dans Re: douce agonie // na hee | le Lun 20 Aoû 2018 - 23:09
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douce agonie

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A l'entente du rire d'Amelia, elle se recroquevilla instinctivement sur elle-même, les lèvres tordues en une moue. Elle n'avait jamais aimé le son, avait toujours pensé qu'il était dangereux, marque d'un ennui ou d'un soudain changement d'émotions chez elle, qu'il ne servait qu'à dissimuler d'autres pensées plus sombres. La réponse qui suivit ne lui parut ainsi que plus vide de sens, comme une phrase qu'elle répétait pour s'en convaincre, comme un masque pour cacher la réalité d'un esprit qui n'avait émie que des doutes depuis le début, incapable de se convaincre qu'il existait une autre certitude que celle d'être en vie à porté de main. Et peut-être était-ce pour cette raison que Na Hee n'avait jamais réussi à la comprendre parfaitement et à voir ce qu'il y avait vraiment au fond d'elle, alors qu'elle-même ne le savait pas. Là se profilaient leurs différences ; car même dans ses pires moments de doute, durant lesquels le moindre sourire, la moindre attention constituait une attache dans un monde qui s'effritait de plus en plus autour d'elle, la coréenne n'avait remis en question son existence. Elle était parmi ses pairs qu'elle le veuille ou non, et si le début de sa vie n'était pas une décision qu'elle était en mesure de changer elle ne voyait pas l'intérêt de douter la légitimité de sa place. Ainsi ses seuls doutes portaient sur son avenir et non sur ce qu'elle était au moment présent.

Chercher l'impossible lui semblait être une perte de temps, un but qui comblait maigrement l'absence d'un autre. Na Hee voulait voir les possibilités, sortir de cette prison plus forte, plus belle pour mieux les charmer, les écraser. Elle avait toujours trouvé que la peur était un instrument de domination bien dérisoire ; car si elle paralysait, l'espoir d'y survivre ne s'éteignait jamais vraiment jusqu'à faire naître le désir d'une révolution. A ses yeux l'amour était un poison bien plus létale. Il s'infiltrait dans les veines discrètement, et il était souvent trop tard quand les gens prenaient conscience de sa présence, ravageant ce qu'il y avait de plus important sur son passage. Et qui d'autre qu'elle pour en parler, alors que son cœur se noyait dans les sentiments qu'Amelia faisait surgir ?

Les lèvres de la rosée sur les siennes la brulèrent, lui arrachèrent le peu de raison qui lui restait. Il n'y avait pas d'amour au bout de ses lippes, rien qu'une satisfaction animale de l'avoir marqué comme sienne qui se lisait sur son sourire. Et elle voulait lui hurler qu'elle la détestait, mais qui était-elle pour mentir quand elle était si accrochée à l'affection que la rosée lui portait ? Et le poison dont elle se délectait depuis des mois acheva son œuvre macabre, lui prit le peu qui lui restait ; son indépendance.

Tu es à moi. Na Hee n'était plus qu'une propriété, avait perdu le peu de liberté qu'elle avait réussi à conserver après les évènements. Il n'y a rien d'autre que mes propres désirs ici. « Je sais. » D'Amelia il ne fallait rien attendre et elle en était plus que consciente. Mais son cœur l'avait toujours plus ou moins trahi ; et si elle ne voulait pas croire que ce qu'elle ressentait était de l'amour, il y avait déjà trop d'affection en elle pour que ce ne soit qu'une simple amitié. Et bien que les menaces l'entravaient,  elle ne se débattait pas. Jamais elle n'avait pensé aimer ou être aimé par quelqu'un d'autre que sa famille. Pour cela il aurait fallu regretter son don, en être révulsé, s'en excuser. Aimer était un désir qu'elle avait enfoui un peu plus profondément au fond de son cœur, à force qu'on ne lui reproche ce qu'elle était.

« S'il n'y a que ça qui te fait plaisir Amelia, je te surpasserai. » Sa voix ne trembla pas, malgré le tumuble d'émotions qui la secouait. C'était une promesse faite à elle-même, car dépérir ici entre leurs mains n'étaient pas une solution envisageable à ses yeux. ô qu'elle était naïve de penser qu'anesthésier son cœur était si facile.

Et sur des informations, Amelia s'en alla et Na Hee sombra un peu plus dans la noirceur de son âme.
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