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But I can't keep my feelings in disguise (solo)







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 But I can't keep my feelings in disguise (solo)

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Message Dans But I can't keep my feelings in disguise (solo) | le Jeu 6 Sep 2018 - 23:03
Supremacy and true power
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But I can't keep my feelings in disguise
Tu as reconnu le papier de l’ambassade à la seconde où tes yeux se sont posés sur l’enveloppe que t’as transmis la secrétaire. Tu recevais rarement du courrier de l’extérieur, et encore plus rarement de ton père, et au fond Matthew, tu savais que ça ne présageais rien de bon. Depuis quelques années, toute interaction avec ton paternel était de mauvais augures à vrai dire. T’as gardé le papier dans la poche intérieur de ta veste toute la matinée, te demandant si tu devrais l’ouvrir maintenant ou attendre d’être confortablement rentré au bungalow pour digérer la nouvelle. L'appréhension monte, et te surprend de plus en plus fréquemment la main à proximité de la missive. Tentation de plus en plus pressante, tu fini par craquer peu avant le déjeuner. Si c'est si terrible que ça, tu n'as pas envie de laisser ta colère exploser devant Madeline.

Tu déchires le côté de l'enveloppe avec une précision remarquable, tracé net de tes ongles à un demi centimètre de la lettre qu'elle contient. Extrais-en lentement la missive, jeune homme, parce qu'au fond, tu n'as pas envie de lire ce message. Et pendant que tes yeux s'attardent sur le logo de l'ambassade, tu te dis que ça sent de plus en plus mauvais, cette histoire. Le souvenir de l'an dernier, où Stephen t'avait convoqué si formellement à son bureau à Wilhelmstraße te revient en mémoire. Oh, tu souris, Matthew, parce que tu sais ce qu'il t'attend à présent. Tu n'as besoin que de quelques secondes, que d'une lecture diagonale pour confirmer ton intuition. Il veut que tu restes, comme il t'a obliger à revenir sur l'île aux sorcières.  

Les détails qu'il apporte ne font qu'accélérer la pulsion de haine qui se répand dans tes veines. Les muscles de ton visage sont pourtant déjà si crispés, du plissement de tes paupières à ce sourire dur que tu arbore quand tu serres les dents. Ton pouls s’accélère, et qu’importe à quel point tu tentes te maîtriser ta respiration pour calmer le battement de ton cœur, tu sens que tout va plus vite. Tu vois rouge, Matthew, et pourtant, tu repli si soigneusement le document, mais ton envie profonde est de déchirer cet amas de conneries. La famille avant tout, alors t'es obligé d'accepter. Pourtant, si c'était bien quelque chose de propre aux Adler comme on le disait si souvent chez toi, peut-être que tes aspirations n'auraient pas été à nouveau aussi simplement sacrifiées. Ou peut-être es-tu le seul à prendre ça au sérieux dans cette course à l'influence qui court dans votre sang.

Pas d'Harvard cette année, ni l'an prochain d'ailleurs. Encore deux ans à rester bosser pour une administration que tu détestes pour chacune de ses valeurs, pour chacune de ses idées. Pour une vieille peau de vache qui croit comprendre les besoins d'une communauté comme la vôtre. Pour un idiot de mage qui ne fera rien pour vous donner les droits que vous méritez. Qui se laisse marcher sur les pieds par les militaires qui patrouillent, mais jamais quand on vous attaque. Traqueur à temps plein à partir du 1er août. On te laisse même pas le choix de prendre une place en tant qu'assistant professeur. Serre les dents Matthew, aussi fort que tu serres les poings sous la table.

A peine as-tu passé la porte du bungalow que tu desserres ta cravate d'un geste vif et précis. Trop chaud, trop énervé. Tu l'envoie valser plus loin sur le canapé, regardant d'un œil hautain l'écusson de Staunton brodé sur le bas du tissu. Ta langue passe agressivement sous ton palet, alors que tu te demandes pour la première fois si tu ne vas pas envoyer valser les valeurs familiales. Tapes du pied, discrètement sur le rebord de la table basse, mains croisées sur ton torse, enfoncé dans le sofa de la salle commune. Tu visualise très bien comment tout cela a pu se produire chez toi, et tu sais que ta mère était probablement opposée à ce projet : elle l'était déjà quand il s'agissait de te renvoyer à Prismver la première fois. Mais la voix autoritaire de Stephen aurait fini par faire taire l'avocate qui n'aura jamais pu plaidoyer en ta faveur. De toute façon, les dés étaient probablement déjà joués avant même que l'ambassadeur ne consulte sa femme à ce propos.

Tu soupires, Matthew, autant par déception qu'à cause de la température insupportable qu'il fait dans le dortoir. Plus que quelques jours ici, de toute façon, puisque tes vingt-deux ans n'allaient plus tarder à arriver. Il ne te restait plus qu'à annoncer la nouvelle à Madeline. C'est le bon côté des choses, au moins. Vous ne serez pas séparés de suite… N'est-ce pas?

***

Le lendemain, habillé d'une simple chemise bordeaux et d'un pantalon noir, tu te rends au bâtiment administratif pour formaliser "ta" demande. Accoudé contre le bureau de la secrétaire, tu lui expliques rapidement que t'aimerais rester un petit moment sur l'île après tes études, qu'on t'avais dit que les traqueurs, ça manquait cruellement et que t'aimerai le formulaire pour postuler en fin de compte. Mercedes te regarde avec un air peu convaincu, puis te fait glisser un papier avant de t'indiquer silencieusement un coin du bâtiment où aller le remplir sans la déranger plus longtemps.

Tu t'exécutes sans un mot, remplissant sans grand intérêt le document d'une écriture soignée. Prénoms, nom, nationalité, date de naissance, poste désiré, tu noircis quelques cases sur ton parcours à Prismver et un encadré sur tes motivations. Une seconde, tu lèves les sourcils avant de rédiger quelques phrases hypocrites (ou presque). Tu décris ton expérience chez les PUMA, les élèves que t'as rapatriés au cours de l'année et ce que ça t'a fait réaliser. Mettre les mages en sécurité, aider à reconstruire la crédibilité de l’île, sa communauté. Tu baratine au fil des lignes, inventant ou déformant tes idées pour s’accorder avec un dialogue qui saurait danser avec celui de Staunton. Restes flou, de toute façon, tu sais très bien que cette candidature n’est rien de plus que tu vent. Juste pour faire bonne figure. En coulisse, tout est déjà arrangé.

Tu relis rapidement tes informations avant de passer aux termes du contrat qui en suivent. Tu te penches minutieusement sur chaque caractère, assimile chaque phrase et t’assures de bien comprendre son sens, ses obligations (et comment les contourner). Entre rémunération, horaires, conditions de déplacement et clause de non-concurrence (vraiment ? concurrence envers qui ?) une petite ligne te chiffonne. « Les relations élèves/membres du personnel sont prohibées. Cependant les relations entre élèves de 21 ans et plus et membres du personnel sont tolérées. » Sourire de marbre, tu te laisses tomber sur le dossier de la chaise et tire tes cheveux en arrière avec un long soupire. Ca ne peut jamais être simple, hein ?

- Je vais prendre ça avec moi, faut que j’étudie le contrat avant de signer.

Elle s’en fou, Mercedes. Elle t’accorde un hochement de tête, sans un regard, et tu sors du secrétariat d’un pas pressé. Le train au départ part aujourd’hui à onze heures trente. Tu sors la montre à gousset de ta poche. Ses aiguilles indiques dix heures trente-sept. A quarante, tu es au bungalow pour préparer tes affaires. Tu sors ton habituel bagage de sous ton lit, y dépose trois chemises et un costume en plus de ton nécessaire de voyage habituel. « Comment on vit encore dans une ville où il y a plus de cinq chaînes de fast food et qu’un train tous les trois jours ? ». Tu grondes intérieurement et à ce moment, au plus profond de toi, il te semble que tout soit contre toi. Du pliage de ta chemise au zip de la valise qui ne ferme pas, et tu ne parles même pas du vrai problème du jour : qu’est ce que tu vas faire avec Madeline ? Vous aviez fêté son vingtième anniversaire il y a quelques mois, le vingt-sept février. Ce qui voulait dire que pour les sept mois à venir, vous ne pourriez pas vous fréquenter. C’était presque autant de temps que depuis que vous vous êtes mis ensemble. Hors de question. Cette fois, tu ne te laisseras pas marcher sur les pieds. Tu pars pour Berlin en discuter avec ton père.

Tu passes brièvement l’encadrement de la porte de la chambre de ta rouquine de colocataire, t’accoudant casuellement sur son mur. Ton visage transpire l’aigreur que tu ressens envers… beaucoup trop de monde, disons-le.

- Madeline, je dois partir à Berlin trois jours. Le train est dans…, tu consultes rapidement ta montre, trente-cinq minutes, j’ai pas vraiment le temps de t’expliquer, mais c’est urgent.

Tu débites ton explication un peu trop vite, avec un ton un peu trop informel. Et qu’importe si tu t’approches d’elle pour poser une dernière fois tes lèvres sur les siennes, la canadienne à l’air vexée.

- Hmf, ok. Qu’importe. C’est pas mon anniversaire que tu rates, hein.

Tu ne sais quoi répliquer. Ça t’était complètement sorti de la tête. On était déjà jeudi 12, tu ne rentrerais que le lendemain de ton anniversaire. A voir sa mine fâchée, elle avait dû prévoir quelque chose. Tu te laisses aller à un regard attendri, Matthew, avec le sourire niais qui va avec. Tu poses tes doigts sur le bord de sa joue pour la réconforter. Tu voudrais pas partir fâché.

- Je suis désolé, j’aurai aimé le passer avec toi aussi. Je t’expliquerai tout ça en rentrant. Mais espère que ça se passe bien, parce que si ce n’est pas le cas, on aura d’autres soucis que de savoir si on passe mon anniversaire ensemble ou pas.

Tu t’éloignes lentement, laissant finalement ton inquiétude prendre le dessus sur ton ressentiment. T’as vraiment pas envie de la perdre.

- Bon, je dois vraiment filer. A dimanche. Je t’aime.


***

Tu arrives à la maison familiale à Berlin 17h50. Tu as passé tout le trajet (de la gare à l’aéroport, puis entre Londres à Berlin puis finalement de l’aéroport au 23 Ebereschenallee) à te dire que ce début juillet a vraiment été épuisant. Entre ton passage à Toronto et les évènements de ces deux derniers jours, ta seule envie est de t’étendre sur le lit de la chambre d’ami et de dormir.

Ta mère ne s’attendait visiblement pas à te voir ici. Quand sa silhouette fine apparait dans les escaliers de l’entrée, elle s’est précipitée dans ta direction d’un air inquiet.

- Matthew, was ist los?

Tu n’avais pas l’habitude de l’entendre parler allemand. Kristel et toi conversiez généralement dans la langue de Shakespeare. Depuis le temps, elle avait dû suffisamment se faire à sa vie Berlinoise pour ne plus penser à parler l'anglais chez elle. Malgré la fatigue, tu prends néanmoins le temps de lui répondre dans la même langue.

- Rien, ne t'inquiètes pas, assures-tu pour la mettre à l'aise. Papa est là? Il faut que je lui parle.
- C'est à propos de ce qu'il t'a demandé, n'est-ce pas? Je lui avais dit qu'il aurait au moins dû te consulter avant, mais tu connais ton père, hein? Il aime prendre les décisions seul.

Un maigre soupire s'échappe de tes lèvres alors que tu déposes ta valise dans l'entrée avant de suivre ta mère au salon. Tu te défais de ta veste dans un geste las, détache le bouton du haut de ta chemise et finalement, te laisser tomber sur le canapé.

- Ne me dis pas qu'il est en voyage d'affaire, lâches-tu passablement agacé par le manque de réponse.
- Non, mais il ne rentrera probablement pas ce soir. Une affaire avec la côte ouest américaine, on est en plein dans leur fuseau horaire.  Vous en parlerez demain. Tu restes jusqu'à quand?
- Le prochain train retour est dimanche après-midi à Londres. Donc en fin de matinée.

Le restes de la soirée s'est poursuivi en discussions superficielles, alternant de l'allemand à l'anglais, évitant avec prudence le chinois que Kristel détestait tant prononcer. Des derniers procès de ta mère, les récents investissements familiaux, les nouveautés politiques, vous discutiez presque comme deux étrangers le feraient à un dîner mondain, jusqu'à ce que ça parle voyage et que tu mentionne ton passage à Toronto. Trop fatigué par la journée pour réfléchir, tu t'engages dans un sujet que tu as réservé pour plus tard.

- La mission s'est plutôt bien passée, mais c'est après que ça s'est… Enfin oublie.

Elle te regarde avec un regard inquisiteur, et tu sais déjà qu'elle prépare son interrogatoire. Rien n'échappe à l'œil de l'avocate, et à voir le sourire qui s'esquisse sur son visage, tu te demandes si finalement, tout cet enchainement de blabla sans intérêt n'avait pas pour seul objectif de te faire te trahir sur la raison de ta venue et autre sujet plus sensible. Tu plisses les paupières, ses iris irradient d'un éclat de fierté. Tu avais raison.

- Ok, très bien. Economise ta salive. Vu que c'était à Toronto, j'en ai profité pour faire un détour chez les parents de ma petite-amie.
- Madeline ? Vous êtes toujours ensemble, hein ? Interroge-t-elle d'un air espiègle.
- Oui.
- C'est plutôt inhabituel, remarque l'anglaise avec un rire cristallin. C'est ça que tu voulais me cacher ?
- Non, mais plutôt que fait que ça s'est pas super bien passé. Son père pouvait lire dans les pensées, je te laisse imaginer la scène, résumes-tu d'un air penaud.

A priori, l'idée de voir son fils se faire ridiculiser la fait bien rire, et la brune s'en donne à cœur joie.

- Tu nous la présenteras un de ces jours ?
- Je pourrais, si elle avait le droit de sortir de l'île. Et en même temps, peut-être que je pourrais pas, vu que le job que Stephen m'oblige à prendre fait que nous devrons cesser de nous fréquenter pour les sept prochains mois.

L'hilarité disparait tout à coup de son visage. Vous vous observez tous les deux, dans le plus grand des silences, mine interdite. Lentement, elle repose sa tisane sur la table basse et s'approche de toi pour te prendre dans ses bras. Pas un bruit dans le salon, mais ce moment vaut tous les mots. Vous restez ainsi un moment, pendant lequel tu profites de ce si rare moment de compassion maternel.

***


Six heures trente. Les rideaux s’ouvrent sur la silhouette déterminée de Kristel, main sur les hanches, dos bien droit, tête haute et surtout, débordante d’énergie.
- Très bien mon fils, tu dois me dire une chose. Tu l’aimes, cette fille ?
Tu t’assois dans un mouvement paresseux, cheveux en bataille, frottant tes yeux d’une main, tâtonnant à la recherche de tes lunettes de l’autre.
- Tu peux pas rentrer dans ma chambre sans frapper comme ça maman. J’ai plus dix ans, râles-tu en consultant ton téléphone, en plus t’as vu l’heure ?
- Si on veut faire quelque chose, il va falloir se mettre d’accord avant que ton père arrive, et il nous reste un peu moins de deux heures. Alors tu peux retourner te coucher si tu veux, mais ne viens pas me tenir pour responsable de votre séparation. Maintenant es-tu disposé à répondre à mes questions ?
Tu détournes le regard, tentant d’assimiler les informations qu’elle te donne seulement quelques secondes après ton réveil et fini par agiter la tête d’avant en arrière.
- Ok, bien. Qu’est ce que tu veux savoir ?
- Commence par t’habiller.
Costume marine en place, chemise violette, cravate foncée, tu es prêt à rejoindre ta mère qui t’attends au rez-de-chaussée, jambes croisées sur une chaise de la salle à manger. Elle est bien élégante pour une heure si matinale et à la regarder de plus près, son maquillage inhabituellement marqué trahit une nuit trop courte.
- Alors, ton idée de génie ? Ca doit être un sacré plan pour y avoir passé la nuit.
- Ce n’est pas très poli de faire remarquer à une dame son manque de sommeil. Tu as perdu tes manières, Matthew. Je croyais t’avoir mieux éduqué que ça.
- On a le temps pour les complaintes maintenant ?
- Bon ok, assieds-toi jeune impatient.
Tu t’exécutes sagement, prenant place autours de la table en bois massif, bien adossé sur ta chaise, mains jointe sur tes cuisses. Ca fait pas vingt minutes que t’as ouvert les yeux, et tu sens déjà que ça va encore être une de ces journées qui promet. Pas encore sept heures et le temps était déjà lourd. On annonçait des orages et des températures qui frôlaient les trente degrés dans l’après-midi.
- Je te repose donc ma question, reprend alors l’anglaise en glissant un café dans ta direction. Madeline, tu l’aimes ? Dans le sens, c’est vraiment sérieux ?
- Je ne sortirais pas avec elle si ce n’était pas le cas, réponds-tu au tac au tac.
- Tu sais, les jeunes de nos jours…
- Laisse-moi reformuler. Je ne m’embêterais pas à sortir avec elle si ce n’était pas le cas.
- … Petit dévergondé. Mais bien. Dans ce cas-là, tu n’as qu’à la demander en mariage.
Cette première gorgée de café n’arrivera jamais jusqu’à ton estomac, Matthew, mais au vu de la façon dont tu t’étouffes à cette remarque, tu t’en serais probablement douté. Estime-toi déjà heureux de ne pas avoir tâché ton accoutrement. Entre deux rire, Kristel te passe une serviette pour t’essuyer, mais à peine ton souffle revenu à la normale, tu t’indignes.
- Tu te moques de moi, c’est ça ton idée de génie ?
- Allons, tu sais à quel point les fiançailles sont facile à faire céder, n’est-ce pas ? Tu t’es très bien débrouillé avec les Winchester.  
- C’était une autre histoire. Kennedy est… Enfin qu’importe, ça n’arrange en rien le problème.
- Bien sûr que si mon poussin. Tu l’as peut-être oublié, mais ta mère est un as de la négociation. Il ne s’agit pas de connaître les règles, mais de savoir pourquoi elles ont été établies pour conclure. Alors dis-moi, Matthew. Pourquoi, à ton avis, les membres du personnel n’ont-ils pas le droit d’avoir de relations avec des élèves de moins de vingt-et-un an ?
- Pour éviter le favoritisme… Quoi que ça ne s’appliquerai qu’aux apprentis profs et certains postes types surveillants, et qu’ils ne peuvent pas empêcher les amitiés qui restent après la fin des études d’influer.
Tu émets tes hypothèses et les arguments qui vont dans le sens inverse à voix haute, comme te l’avait déjà appris ta mère. Ça aide à se convaincre des idées des deux partis, à leur donner une dimension plus réelle sans aprioris et à trouver les points faibles dans ses théories. Mais l’avocate ne te laisses pas plus de temps.
- Le scandale, Matthew. Une fois sur deux, la réponse, c’est le scandale. Ca ne présente pas très bien, un employé qui enchaine les conquêtes chez les élèves dont on te confit la garde. Imagine-toi la réaction des parents. Quel que soit son âge, même s’il est majeur, ton enfant restera toujours ton enfant. Et plus particulièrement dans le cas de Prismver où vous venez des quatre coins du monde avec des âges de majorité variable. A vingt et un ans, il n’y a plus de problème. En cas d’écart de conduite, ils peuvent s’appuyer sur le règlement. Et ça rassurera l’ensemble de famille.
Tu hoches la tête, acquiesçant à ses explications. Maintenant qu’elle le dit, c’est vrai que c’est assez évident et tu te sens assez idiot de ne pas y avoir songé avant.
- Maintenant, imagines-toi que ce même membre du personnel ait des relations intimes avec son épouse, majeure dans son pays d’origine comme dans sa terre d’accueil, et dont la nature de l’engagement ne permet plus le doute quant à son consentement. Personne ne s’en inquiètera.  
- Et t’a passé ta nuit là-dessus ?
- Bien sûr que non. Tu m’as prise pour une débutante ? Ce qui m’a pris la nuit, c’est les recherches pour convaincre ton père que la raison de ta venue était de lui annoncer ton intention de te fiancer à cette Madeline. Et pour raffiner mes sélections, il va falloir que tu m’en dises un peu plus sur elle. Je n’avais pas organisé un mariage depuis 1997.

***

Quand la porte de l’entrée claqua vers neuf heures, tu discutais avec Kristel qui semblait bien trop excitée et emballée pour quelqu’un qui « prétend » apprendre une bonne nouvelle. De ton côté, tu faisais de ton mieux pour avoir l’air heureux et porteur de bonne nouvelle, bien qu’en toute honnêteté, le simple fait d’apercevoir le profile de ton paternel dans l’entrée suffisait à te donner la chair de poule. Qu’importe à quel point tu appréciais ta mère et souhait le meilleur pour Timothy, cet homme était l’une des raisons pour laquelle tu appréciais tant l’idéologie de ton groupe de piaf : voilà ce qu’il se passait quand un non-mage prenait les décisions à la place des monomageias.
Tout sourire, Matthew, tu t’approches de l’anglais avec toutes les manières qu’il faut. Il est surpris, cela va sans dire, mais probablement moins que ce que le serait un père qui voit son fils censé être en pensionnat se pointer en milieu de semaine non-annoncé.
- Matthew, quelle charmante surprise.
Tu réponds en marquant un peu plus l’arcure de tes lèvres, qui révèles un peu plus la crispation sur ton visage. Délit ta gorge liée, parles, jeune homme. Tu peux faire passer ton amertume pour l’anxiété qui précède une annonce si formelle un temps, mais ça ne durera pas.
- J’espère que celle que je suis venu annoncer te charmera tout autant.
Tu introduis ta déclaration sans plus de détour, laissant à peine le temps à l’ambassadeur de se défaire de son manteau. Il te regarde avec un air sévère, celui que tu prendrais pour du défi s’il ne s’agissait pas de lui. Il croit tout savoir, le vieux, tout prévoir. Mais pas cette fois. Derrière toi, Kristel ne peut contenir ton impatience. Elle trépigne, le visage rayonnant de bonheur.
- On dirait que tu as déjà dévoilé tes intentions à ta mère, remarque le quinquagénaire.
- Tu connais maman, réponds-tu d’un air entendu avant que vous n’hochiez tous les deux la tête en cœur.
Le silence s’installe alors entre vous. Tu joues un peu avec ses nerfs, tu mets le tout en scène. Tu joues avec lui, sans aucune honte. Il y a toujours eu cette rivalité entre vous, à qui sera l’homme de la maison. Timothy était le seul à rester de marbre à ces combats de coqs. Aujourd’hui, c’est toi qui a tous les leviers en mains, mais n’en abuses pas, petit blond. Tu dois caresser ton adversaire dans le sens du poil aujourd’hui. Tu le laisses prendre place dans le fauteuil du salon.
- Alors ? Cette nouvelle ?
- J’aimerai ton approbation pour demander ma petite amie en fiançailles, finis-tu par annoncer après une longue inspiration.
Levé de sourcil surpris, il détourne le regard en direction de Kristel qui souri pleine d’entrain. Elle tapote ses mains les unes contre les autres, yeux brillants, attendant la réaction de son époux comme le messie. Retour vers toi, Stephen te jauge avec sérieux.
- Ce n’est pas un peu prématuré ? conclut l’homme d’un ton froid.
- Je l’aurai toujours fréquenté neuf mois de plus avant de m’engager que la précédente, rétorques-tu un peu sèchement.
- Les Wincherster étaient un bon parti.
- Je peux te transmettre son pédigrée par courrier.
- Tu aurais pu venir avec.
- Tu aurais pu accepter sans faire ton cinéma. On sait tous les deux que tu vas accepter.
L’ambiance est tendue. Yeux dans les yeux, lui assit, toi adossé au mur, aucun de vous deux n’a l’intention de laisser la main à l’autre. Les bras croisés, tu donnes pourtant l’impression de ne donner aucune espère d’importance à cette bagarre enfantine. Un brin hautin, comme d’habitude, tu sais que tu as gagné d’avance.
- Ne me prend pas pour un idiot. Tu sais déjà de quelle famille elle vient, probablement depuis le moment où je vous ai parlé d’elle à tous les deux. Tu ne peux pas t’empêcher de vérifier que mes fréquentations correspondent à tes standards, tu as toujours fait ça. Et du sais parfaitement que les Davis sont, au bas mot, aussi présentables que la famille de Kennedy.
- Ils ne sont pas anglais.
- Elle n’est pas lesbienne.
Les réponses filent comme des coups de poings. Aucun de vous deux ne se laisse le temps de réfléchir, vous enchainez les arguments et tu fini inévitablement par trahir une information que tu n’avais pas l’intention de révéler. Cela dit, ça fait l’affaire. Le silence s’en suit.  Ta mère t’observe quelques secondes, soucieuse jusqu’à ce que l’ambassadeur finisse par céder.

***

Le moins qu’on puisse dire, c’est que tu ne t’attendais pas à retourner à Toronto de sitôt. Seulement deux semaines après la catastrophe de ta présentation, retourner sonner à la porte du manoir te mettait, au bas mot, assez mal à l’aise. Heureusement, cette fois-ci, Oliver ne serait pas là pour t’accueillir, reportant la discussion à plus tard. Tu aurais au moins le temps de sonder son épouse avant de te jeter à l’eau.
La démarche te semble bien compliquée, mais vu vos familles respectives, ne pas demander l’approbation de son père serait sûrement vu comme un affront. Dans le fond, t’étais plutôt inquiet par le fait de passer ton temps en dehors de l’île, mais au vu du travail qui t’attendait, ce n’était que le début. Les voyages n’allaient pas tarder à prendre l’essentiel de ton temps, pourtant, celui qui t’amenait de l’aéroport à la résidence Davis t’apparaît comme l’un des plus long. Dans ta tête, tu visionnes plusieurs manières d’aborder le sujet, mais elles te semblent toutes tout aussi impromptues. Comment on est censé faire ça au juste ? Regard égaré sur les passants à l’extérieur, tu réalise tout à coup que tu pourrais vérifier sur ton smartphone et profiter de la 4G. Les habitudes de l’île ont la vie dure. Puis, honnêtement, t’as un peu honte de faire ce genre de recherche. La navigation privée est faite pour ça, non ? Quoi qu’il en soit, les résultats ne sont pas très concluants, où tout du moins ne t’apprennent pas grand-chose que tu ne saches déjà. L’introduction n’aurait pas lieux d’être, au vu du pouvoir du chef de famille.
Alors une fois sur place, t’es pas particulièrement rassuré. Tu passes le grand portail et on t’escorte jusqu’à la véranda où Emily t’attends. Elle semble plutôt détendue, un livre à la main, un thé dans l’autre et quand elle pose finalement les yeux sur toi, c’est un sourire chaleureux qui se dessine sur ses lèvres. Un bon point.
- Matthew, vous voilà.
Elle se lève, et tout dans sa manière de se déplacer semble être fait avec grâce et délicatesse.  Pas de doute sur l’origine de l’élégance de Madeline. Tu baisses légèrement la tête en signe de salutation, accompagné d’un « Madame » plutôt discret.
- Je dois reconnaître que vous avez bien du courage de revenir ici après ce qu’il s’est passé la dernière fois. Oliver m’a raconté votre début d’après-midi. Il n’a pas été tendre avec vous.
- Ahah, j’aurai préféré que cette scène ait été passée sous silence…
- Ne dites pas ça, c’est lui qui a dépassé les bornes. Vous n’auriez pas pu deviner. Mais dites-moi plutôt, qu’est ce qui nous vaut votre visite ? Une traque ? C’est gentil de venir nous voir, vous êtes un bon garçon.
- On m’a éduqué en m’inculquant que la famille venait avant tout.
Elle sourit. Pas toi. Tu humidifie tes lèvres, vain réflexe qui accompagne les moments stressant de ta vie, cherchant tes mots là où la silhouette de Mme. Davis n’était pas.
- Mais je ne suis pas venu pour une traque, à vrai dire.
Cette fois, c’est un autre aspect de la surprise qui déforme ses traits. Emily semble confuse, interrogatrice même. Son expression suffit à confirmer qu’elle attend que tu reprennes la parole. Une longue inspiration pour trouver un peu de courage, et tu te lances.
- J’aimerai… En fait je suis venu parce que… Enfin, ce que je veux dire c’est que Madeline est quelqu’un de formidable. Elle est tout simplement … irremplaçable à mes yeux, vous savez ? Qu’importe ce que votre mari a pu vous raconter sur ce qu’il s’est passé la dernière fois, j’aime sincèrement votre fille. Son intelligence, sa force de caractère, son espièglerie et même son côté terriblement mal honnête quand elle a décidé de ne pas admettre quelque chose.
Respire, Matthew. T’as beau dire ça avec un sourire épanoui, on sent que tu paniques. Mains dans les poches de ton pantalon, regard fuyant, probablement ne t’attendais-tu pas à devoir t’expliquer debout au milieu de la véranda avec si peu d’introduction.
- Pour tout vous dire, je vais intégrer le personnel de Prismver à compter du mois prochain en tant que traqueur. Et en tant que tel, je ne pourrais pas entretenir de relation avec une élève. Sauf que je refuse de céder ce que nous avons avec Madeline, pas plus que je ne peux refuser ce poste. C’est, c’est pour ça que je voulais… vous demander à vous et votre époux si… si vous accepteriez que nous nous fiancions.
Tu l’as fait. Tu l’as dit, Matthew. Tu peux laisser ce long soupire de soulagement sortir de tes lèvres discrètement maintenant, et tenter un regard vers ton interlocutrice. Elle est probablement bien plus déconcertée que ce à quoi tu t’attendais, et tu n’es pas sûr que ça soit une bonne chose. Laissez-donc place à l’interrogatoire à présent…

***

Oliver rentre plus tôt que ce que tu l’aurais pensé. Probablement que ta présence l’aura poussé à écourter son travail, trop impatient de faire la pique qu’il a prévu pour toi.
- Vous avez déjà pris mes deux enfants M. Adler, n’allez pas croire que cette fois je vous laisserai prendre ma femme.
Tu parles d’une introduction qui ne va pas rendre le sujet facilement abordable. Mais aura suffi au télépathe de voir vos visages pincés à cette preuve assez accablante de la finesse de son humour pour se poser des questions. Il plisse les yeux, active son don, mais n’entends qu’un « ne pense pas, ne pense pas, ne pense pas » s’émaner de vos cerveaux complices. Ca n’aide pas à rendre la situation moins suspicieuse. Mais la blague est trop tentante. Je ne prendrais peut-être pas votre femme, mais je prendrais bien votre fille pour épouse, à vrai dire. Est-ce la pire demande ? Peut-être. Mais les réponses hasardeuses dans ce genre sont ta spécialité.
- Ah, je déteste les gens qui réfléchissent avant de parler, ils gâchent tout le plaisir.
- … Désolé… j’imagine ?
Oliver prend place dans le fauteuil du salon, jambes croisées et regard perçant. Tu as bien raison de te sentir jugé, Matthew, parce qu’Oliver, derrière sa façade de glace, ne manque pas de chercher ne serait-ce que par quoi commencer.
- J’avais mieux présenté ça a votre femme.
- Peut-être préfèreriez-vous reprendre de façon plus appropriée alors. Asseyez-vous donc.
- Je vous remercie de m’en donner l’occasion.
C’est terriblement plus compliqué à amorcer maintenant, même bien installé sur le sofa. Accoudé sur tes cuises, tu te frottes les mains pour réunir ton courage.
- OK, je conçois que ça paraisse assez soudain. Ca l’est. Le fait est que jusqu’à il y a quelques semaines, j’étais censé quitter Prismver pour la rentrée. Mais ma famille a besoin que je reste en tant que Traqueur, et donc intégrer le personnel de l’école. Et vous vous doutez probablement que les relations personnel-élèves ne sont pas très bien vues. Je ne peux pas vraiment me permettre de risquer le scandale pour rien, surtout que tout ce qui est lié à Prismver est fortement polémique à l’extérieur. Sauf que je n’ai absolument pas l’intention de leur céder ça, ni pour les Prismver, ni pour mon père. Alors si je dois briser les attentes de ma famille pour Madeline, je le ferai, mais j’aimerai commencer par explorer toutes les options qui s’offrent à moi avant ça.
Pause dramatique. C’est pas le but, mais c’est comme ça que ça se ressent. La langue contre ta canine, yeux fixés sur le carrelage, tu attends une réaction qui ne vient pas, où tout du moins que tu ne te donnes pas l’occasion de lire sur le visage du canadien.
- Je sais à quel point ça peut paraître égoïste, mais sachez que même si la raison n’est pas des plus romantique, je reste conscient de ce que cela signifie. Ca ne fait peut-être qu’un an, mais notre relation est sérieuse. Je n’ai pas pour autant l’intention de la presser dans quelque chose qu’elle regrettera. Nous sommes tous les deux encore jeunes, un … mariage anticipé n’est préférable pour aucun de nous deux. Madeline est une femme indépendante, avec son caractère, vous le savez. Elle prendra sa propre décision le moment venu, mais je n’oserai rien lui proposer sans votre aval.
Reprend ton souffle, t’as dit beaucoup trop de chose d’une traite, sans vraiment réfléchir, sans mesurer tes propos. Tu stresses beaucoup trop, pauvre petit. C’est compréhensible, cela dit. Je n’aurais pas été très sereine à ta place non plus.
- Elle n’en a toujours fait qu’à sa tête de toute façon.
Tu lèves enfin la tête, surpris que ton speech ait prit si vite. Trop surpris pour cacher ta stupeur, tu observes le quinquagénaire les yeux comme des billes, retenant un « vraiment ? » idiot – même s’il l’a déjà entendu dans tes songes.
- Mais.
Retiens ton souffle, lèvres pincées, muscles serrés. Il semblerait qu’Oliver aime se jouer de toi. Il profite de voir ton visage déformé par l’attente, fait durer le suspens aussi longtemps qu’il le peut, mais ne peut retenir le sourire en coin qui dénote de son amusement.
- Si jamais vous lui faites du mal, je m'assurerais personnellement que vous ne soyez plus jamais heureux.  
A ton tour de voir ses lèvres s’arquer, de façon un peu plus tendue peut-être. Léger acquiescement incontrôlé, tu as du mal à croire ce que tu viens d’accomplir. Avec la redescente d’adrénaline qui suit sa déclaration, tu réalise finalement à quel point tu as l’estomac serré et les muscles tendus. Tu pourrais précisément localiser chacun des nerfs de ton dos. Alors tu profites de t’être levé pour passer ta main sur ton épaule et en masser la partie la plus marquée par les émotions. N’oublie tout de même pas de serrer la main de ton futur beau-père, tout de même.
- Je n’en avais pas l’intention.

***

Une fois la fête d’anniversaire de Joy passée, il ne te restait que peu de temps pour tout préparer. Mais avant tout, tu devais remplir tes obligations. Signer ton contrat, mais surtout exposer clairement la situation à l’administration. Il aurait été dommage que toute cette petite manigance ait été faite en vain. Mais comme Kristel l’avait prévu, exposé de la sorte personne ne sembla trouver quoi que ça soit à y redire. C’est donc le sourire aux lèvres que tu as pu mettre Joy dans la confidence. Tu aurais sûrement besoin de son aide de toute façon et honnêtement, t’étais à peu près persuadé qu’elle t’aurait reproché tout le reste de ta vie si elle l’avait appri par une autre bouche que la tienne.
Tout au long de la semaine, tu n’as tout de même pas pu t’empêcher de laisser quelques indices tomber entre deux préparatifs. Tu te plaisais dans l’ironie dramatique de ces échanges qui semblaient pourtant anodins, mais qui à tes yeux, avaient une toute autre utilité. Du genre t’assurer qu’elle n’allait pas refuser une fois que tu serais à genoux à ses pieds. Parce que qu’importe ta confiance apparente, Matthew, tu ne peux t’empêcher de redouter que tout ne se passe pas comme tu l’as prévu. Très exactement comme tu l’as prévu.  

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BY MITZI
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