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behind blue eyes Δ emma.




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 behind blue eyes Δ emma.

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Message Dans behind blue eyes Δ emma. | le Dim 8 Fév 2015 - 15:03
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behind blue eyes •• emma
Ca lui arrive rarement, d'avoir envie de jouer. De gratter les cordes d'une guitare quelconque, de laisser ses doigts glisser dessus. Mais cette fois, elle en avait presque besoin, comme un moyen de se détendre sans vraiment importuner qui que ce soit. Elle a patienté toute la journée, la musique résonnant dans son esprit, dans ses écouteurs et parfois simplement dans ses phalanges. Elle battait la mesure sur sa table de ses doigts fins de pianiste.

Et maintenant que les cours sont terminés, elle est figée devant la porte de la salle de musique, réfléchissant à la probabilité de rencontrer quelqu'un dedans. Ses lèvres s'assèchent brusquement, en contradiction avec la douche glaciale qu'elle a l'impression de s'être pris. Et le nuage se forme lentement au-dessus de sa tête, le stress s'empare rapidement de son esprit. Elle tremble mais sa main s'enroule autour de la poignée, la fait doucement tourner et s'engouffre dans la pièce en refermant la porte aussi rapidement qu'elle l'avait faite coulisser.

Un soupir s'échappe d'entre ses lippes, elle s'autorise quelques instants pour que son rythme cardiaque se calme, et laisse son sac tomber en même temps que sa panique exagérée. « Vypadnout. » Elle le souffle à toute allure, sa langue maternelle reprenant le dessus contre son gré. Et un flot de paroles rassurantes en tchèque plus tard, elle est assise sur l'un des sièges avec une guitare sur les genoux. La lumière est toujours éteinte, ça lui donne l'impression que personne ne la verra.

Et elle accorde doucement l'instrument, chaque note lui semblant une bonne dizaine de fois plus forte qu'elle n'aurait du l'être. Peut-être est-ce sa peur d'être surprise qui l'enserre, qui brouille ses sens ; mais elle a l'impression d'entendre des pas toutes les secondes. Toujours un peu tendue, elle finit par arrêter l'échauffement et joue plus sérieusement. Ses yeux se ferment, son corps entier se tend. Elle joue Hotel California, plus par nostalgie qu'autre chose.

Sa maîtrise de la musique n'est pas des plus perfectionnées, mine de rien. Et quand elle achève la musique après quelques fausses notes, elle s'écrase sur le sol dans un coin, prend son carnet et écrit, sans vraiment prendre conscience de ce qu'elle trace sur le papier. Elle a toujours était comme ça Casey, à se poser quelque part et à lire, écrire. A écouter des morceaux ou à en jouer, à dessiner. C'est une artiste dans l'âme, elle n'arrive simplement pas à s'imposer suffisamment pour poursuivre dans cette voie.

Quelque chose est brisé en elle. Quelque chose est parti en même temps que la mémoire de Primrose, quelque chose qui lui manque terriblement et qu'elle n'aura peut-être jamais. L'amour d'une sœur ? La complicité d'une véritable moitié ? Non, c'est plus tordu que ça, beaucoup moins simple. Et elle écrit, elle reprend l'instrument et s'installe face au mur, où elle plante la partition d'une chanson de One Ok Rock.

Elle recommence à jouer, fredonnant les paroles d'une voix mal assurée. Elle est heureuse d'être seule, mais au fond, une petite partie d'elle-même souhaiterait se faire surprendre, recevoir d'éventuels compliments. Elle soupire mais ne s'arrête pas, se relevant pour changer d'instrument. Casey n'est pas une musicienne professionnelle, mais elle a touché à beaucoup de choses. Elle a fait ses années de solfège, elle a appris à chanter plus ou moins juste et à jouer de quelques instruments : guitare, piano, violon, contrebasse...
Elle n'aime juste pas se vanter, malgré ce morceau de son esprit en quête de compliments.

Elle a peur, Casey. Peur d'oser faire ne serait-ce qu'un écart de ses vieilles habitudes. Peur de sa démarche en public, peur de ses grimaces lorsqu'elle bâille. Peur de sa façon de s'habiller.
Peur d'être jugée.

Et c'est cette peur qui la bloque en permanence, qui l'empêche de se faire des amis, de s'imposer dans sa classe. C'est cette peur qui fait d'elle une gamine incapable d'évoluer réellement, de grandir normalement. Elle est handicapée par ses propres frayeurs et le pire dans tout ça, c'est qu'elle en a parfaitement conscience. Elle n'arrive simplement pas à changer ça, elle se dit qu'en se faisant remarquer elle aura plus mal qu'autre chose. Les moqueries l'effraient plus que tout, les commentaires acerbes lui donnent envie de s'enterrer.

Mais dans cet amas de trouille complète, il y a ces moments qu'elle passe seule, à s'épanouir. Ces moments qu'elle garde au creux de sa mémoire, qu'elle ne partage que rarement. Ces moments où elle repense à tous ceux qui lui ont volé une partie de son cœur, où elle se fait du mal toute seule. Et aujourd'hui en fait partie.

La pluie s'abat doucement dans la pièce, elle couvre ses papiers avec son minuscule parapluie et ferme les yeux, laissant le gros nuage gris se déverser sur elle.
Casey, elle est habituée à se faire tremper, même sous l'abri d'un toit.



Message Dans Re: behind blue eyes Δ emma. | le Lun 9 Fév 2015 - 13:45
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La journée a semblé interminable, surtout lorsqu’on ne met les pieds en classe que deux fois. Drew donnait ses premiers cours, Emma préparait les suivants en salle de professeurs et s’est rendue à quelques réunions du personnel. Elle n’aime pas les mardis à cause de cela. Parce qu’elle ne peut pas être autant qu’elle le souhaite au milieu des mélodies et notes de musique -même fausses- qui composent son oxygène. De plus, le ciel a été grisonnant peu importe le nombre d’heures qui défilaient. Pas de miel d’aube ou de soleil en fleurs aujourd’hui. Mais pas de pluie pour autant, alors qu’elle avait les habits et accessoires pour -une habitude. À croire que même le toit de l’univers était en pause. Elle pourrait attendre de rentrer chez elle ou de rejoindre le studio d’enregistrement, mais l’envie est bien trop présente. C’est même plus que cela, c’est une nécessité qui démange le sang sous sa peau. Alors le jeune femme arrive posément vers sa salle préférée dans tout le pensionnat. Et ce qu’elle entend à travers la porte d’où ne filtre aucune lumière la stoppe. Et elle écoute. Reconnaît le premier morceau. Puis s’impatiente presque avant d’entendre la suite.

Emma s’interroge, elle n’est pas sûre de reconnaître cette musicalité fragile. Elle passe en revue dans sa mémoire les sons qu’elle associe aux gens. Mais lorsque le ricochet de la pluie sur le sol vient à ses oreilles, son image devient plus nette. C’est elle. L’enfant qu’elle était. La jeune fille qui se cache aujourd’hui et qui lui ressemble. Emma ouvre alors son parapluie, puis fait coulisser la porte délicatement. Elle pénètre la cachette qu’elle avait elle-même étant adolescente, mais qui ne lui appartient plus tant que ça. Elle n’allume pas la lumière et referme derrière elle. Elle s’avance simplement dans le dos de Casey et déposer son parapluie comme la C l’a fait pour protéger ses écrits. Un sourire alors que l’eau continue encore un peu de tomber sur ses épaules.

- Bonjour Casey. Dans l’obscurité, le regard clair d’Emma s’accapare de la couleur de la pluie. Est-ce que ça t’embête de partager ton abri avec moi ? J’aimerais rester. Et t’écouter un peu plus. C’est si rare.

Un nouveau sourire ourle ses lèvres. Plus que tendre, il s’agit même un peu de nostalgie. Lind se reconnaît un peu dans cette fille qui reste dans son monde à observer les autres. Emma s’est ouverte avec le temps, au contact des autres. Peut-être que sa curiosité l’a sauvée après tout. Mais en arrivant à Prismver, elle restait souvent très seule. À jouer de ses instruments -à l’époque trop grands pour elle. À noircir des pages de carnets, des tonnes de feuilles libres et volantes. Elle regardait les autres danser sur une partition qui n’était pas la sienne. Jusqu’à ce qu’elle décide d’imposer la sienne. Ou plutôt toutes les siennes. À s’exprimer tranquillement, mais haut et fort.

- Ne t’arrête pas pour moi. Mais j’ai envie de me sentir privilégiée quelques minutes supplémentaires., dit-elle doucement en s’asseyant dans l’eau, le dos contre le mur.

D’une main, elle dégagea ses cheveux ruisselants qui gênaient son regard rivé sur les nuages s'amoncelant à dehors. Puis elle ferma les yeux.

Comme pour elle aussi, disparaître finement du paysage. Et se fondre dans la musique qu’on lui offrirait peut-être.


#e0230f | t joly tu c

thanks melissa

Message Dans Re: behind blue eyes Δ emma. | le Ven 13 Fév 2015 - 23:16
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behind blue eyes •• emma
Elle ne s'attendait pas à ce que quelqu'un ne s'aperçoive de sa présence. A vrai dire, elle n'en a simplement pas l'habitude, jouant ordinairement assez doucement pour que sa musique se noie dans les bruits ambiants – ou les groupes d'élèves qui parlent entre eux. Mais cette fois, elle est tellement absorbée par ses notes qu'elle n'entend même pas la porte s'ouvrir. Tellement absorbée que la voix de la professeur lui arrache un sursaut, la déstabilisant un court instant.

« Bonjour Casey. Est-ce que ça t'embête de partager ton abri avec moi ? J'aimerais rester. Et t'écouter un peu plus. C'est si rare.

Aussitôt, ses mains tremblent. Elle ne s'arrête que quelques instants, mais la tension s'abat sur ses épaules avec la force d'une tempête. La pluie s'intensifie, elle en perd peu à peu le contrôle. Ca a toujours été comme ça avec Casey. Elle a beau tenter de se rassurer, les battements effrénés de son palpitant ne peuvent être maîtrisés, et son pouvoir fonctionne en harmonie avec ces derniers. Un coup de langue nerveux sur les lèvres, et elle se racle la gorge, s'y reprenant à deux fois avant de réussir à s'exprimer correctement.

« Bonjour Mademoiselle Lind.. Vous pouvez rester, bien sûr. Mais vous avez des élèves plus.. hum, doués que moi. »

Pas un regard, le dos légèrement courbé et les yeux baissés vers le sol – son langage corporel si typique, qui exprime sa parfaite soumission. Elle est comme ça Casey, elle accorde une grande importance aux signes physiques. Tant et si bien qu'elle a finit par adopter un comportement très faible, par éviter de s'imposer. Elle regarde presque jamais dans les yeux Casey, ça lui fait trop peur. Elle voudrait pas provoquer, elle voudrait pas avoir l'air arrogante. Alors elle regarde toujours plus bas, elle jette pas un coup d'oeil vers la personne à qui elle parle ; ce qui rend la conversation assez difficile, surtout en public.

Pourtant elle se redresse, elle emporte le parapluie et les partitions et s'installe timidement devant le piano. Un peu maladroitement, elle sort celle de Mad World et la pose devant elle, toujours à l'abri de la pluie qui tombe de plus en plus fort. Cette salle est probablement celle qui a le plus souffert des humeurs volatiles de la demoiselle, allant d'une espèce de bonheur factice au désespoir le plus complet, en passant par la sensation de trahison. En quelques semaines à peine, elle avait eu le temps de faire tomber de l'eau sous toutes les formes, et de faire rayonner la pièce d'un soleil éphémère. La présence de Mrs Lind n'arrange en rien son état, malgré ses efforts pour calmer le minuscule orage qui se prépare. Bravo Casey, non contente d'être d'une maladresse effarante, il faut qu'en plus de ça tu trempes littéralement tout ce qui se trouve dans la salle de cours d'une professeur actuellement derrière toi.

« Ne t'arrête pas pour moi. Mais j'ai envie de me sentir privilégiée quelques minutes supplémentaires. »

Ses phalanges tremblent, quand elle les pose sur les touches du piano. Ses cheveux humides rejetés en arrière, elle inspire profondément et commence à jouer le plus fluidement possible, cet instrument restant son préféré – avec des doigts comme les siens, il est presque plus facile à manier qu'un stylo. Emportée dans son élan, elle s'oblige à oublier la présence de la professeur et se concentre sur ses notes, sans pour autant lâcher cet état d'esprit détendu. Le temps se calme peu à peu, sans qu'une fine bruine ne disparaisse complètement. Soulagée par ses efforts, elle relâche totalement la tension qui bandait ses muscles et se tourne enfin vers la brune, sortant machinalement une serviette de son sac.

« On s'habitue, à force.. Pardon. L'ombre d'un sourire gêné prend forme sur ses lèvres mais disparaît instantanément, alors qu'elle se retourne pour ranger ses affaires. Vous auriez dû garder votre parapluie. »

Un geste vague en direction de l'objet susnommé, et elle utilise elle-même une petite serviette pour essuyer ses cheveux et les protéger du froid. Rester sous la pluie en quasi-permanence permet de développer une certaine immunité contre les rhumes, mais on n'est pas infaillible, et la perspective de renifler et tousser des heures durant n'intéresse pas des masses la jeune C. Jeune C qui glisse de son siège pour s'asseoir devant la fenêtre – où les nuages n'ont pas disparus, lui offrant un réconfort peut-être un peu déplacé. Elle chuchote presque, la pièce toujours plongée dans la semi-obscurité.

« Je n'aime pas le soleil. Il nous offre la perspective d'une belle journée, mais se contente de réchauffer notre corps, rien de plus. »

Dans tous les cas, on peut rester glacé de l'intérieur. C'est comme ça qu'elle se sent, elle. Frigide, comme incapable d'exprimer le flot continu d'émotions qui fait bondir son cœur dans sa poitrine. Mais elle, ce qui la handicape, c'est l'idée de devoir parler devant un public – même si ce public n'est composé que d'une personne, c'est suffisant pour bloquer ses cordes vocales.

Yeux fermés, elle prend son courage à deux mains et lâche d'une voix relativement plus puissante. « J'aimerais vous entendre jouer, aussi. Et.. chanter, pourquoi pas ? »

Rire timide retenu entre ses dents, elle replie les jambes contre son corps encore mouillé et s'emmitoufle dans sa couverture de fortune, lançant un regard furtif en direction de Mrs Lind. Si la conversation se concentre sur cette dernière, tout se passera bien pour Casey.



Message Dans Re: behind blue eyes Δ emma. | le Dim 15 Fév 2015 - 19:42
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-  Bonjour Mademoiselle Lind.. Vous pouvez rester, bien sûr. Mais vous avez des élèves plus.. hum, doués que moi.
Un sourire se dessina doucement sur les lèvres de l’apprentie professeur qui ne dit rien alors qu’elle pourrait. Elle pourrait ajouter que le talent compte évidemment, mais certainement autant que l’émotion qui traverse les mélodies propres à chacun.

Puis l’interprétation de Casey commence. Emma referme à nouveau les yeux. Elle sent les touches du piano s’enfoncer sous ses doigts, le bois vibrer devant elle, elle est comme hantée alors que ce n’est pas elle qui joue. Mais c’est souvent comme ça pour les musiciens. Ils possèdent une mémoire corporelle incroyable à force de répéter et répéter. Et ce ne sont plus seulement les notes et les variations qu’ils retiennent, mais c’est aussi l’effet que leur présence, chacun de leur geste, de leur mouvement provoque sur l’instrument. C’est une sorte de possession ; les musiciens sont les êtres les plus hantés, les plus habités. C’est ce qui leur permet aussi de jouer parfois les yeux fermés, sans partition. C’est lorsqu’ils parviennent à s’en détacher que la musique parvient enfin à corrompre leurs muscles et leurs âmes. C’est fichu à partir de là. Et Emma se souvient de quand c’est arrivé pour elle. Le moment était si triste et elle ne s’en est pas rendue compte tout de suite, ça lui a même pris un peu plus d’un an avant de réaliser ce changement qui s’opéra lorsqu’elle joua pour l’oraison funèbre de sa mère. Mais aujourd’hui, elle sait sourire à propos de cela. Et lorsque les dernières notes de Mad World résonnent dans l’air rafraîchi par la C, c’est une étrange nostalgie qui étreint son coeur et sa voix. Il lui faut quelques secondes de pause en plus pour revenir dans cette réalité.

- On s'habitue, à force.. Pardon. Vous auriez dû garder votre parapluie.
- J’aime la pluie, ne t’en fais pas.

Une réponse simple alors qu’elle s’essuyait le visage, le cou et tout ce qu’elle pouvait, tout en se souvenant de cet après-midi avec Etienne. Mais la présence de Casey laissait bien trop de place aux souvenirs à son goût et elle préféra revenir sur le sujet, constatant qu’en revanche les instruments de bois et de cuivre ne devraient pas apprécier l’humidité autant qu’elles. À vrai dire c’est un de leur ennemi tout comme les grosses chaleurs. Mais elle ne dit rien pour ne pas faire culpabiliser son élève déjà mal à l’aise. L’entretien des instruments ne lui revenait pas. Emma et Drew s’en chargeraient bientôt.

- Je n'aime pas le soleil. Il nous offre la perspective d'une belle journée, mais se contente de réchauffer notre corps, rien de plus.
- C’est peut-être déjà cela, tu ne crois pas ? Après tout, il est si loin de nous...

Le regard clair de la Suédoise s’envola vers le ciel ou plutôt l'astre solaire à travers la vitre, juste pour une seconde, puis elle lui expliqua sa paradoxe. Habituée au froid et à la pluie depuis toujours, Emma adore justement profiter de ces rares et simples rayons de soleil transperçants. Toutefois, elle ne survivrait pas à une canicule, la fraîcheur de l’hémisphère nord lui convenant finalement parfaitement.

- J'aimerais vous entendre jouer, aussi. Et.. chanter, pourquoi pas ?

Plutôt surprise de la demande, Emma cligna des yeux en dévisageant un instant la jeune fille puis se rendit compte que c’était plutôt normal en réalité. Au delà des questions et des conseils qu’on pouvait lui demander à longueur de journée, ce qu’on attendait surtout d’elle, c’est qu’elle joue. Et chante.

- D’accord. … Allons-y., dit-elle en inspirant comme pour se donner du courage tandis que son buste s’était détourné vers les instruments. Je dois avouer quelque chose… Cela fait très longtemps que je n’ai pas vraiment chanter. Surtout pas une chanson en entier.

En déambulant dans la salle, entre chaque instrument sur lequel elle laissa une main glisser, Emma paraissait calme alors que c’était tout l’inverse qui se jouait dans sa cage thoracique. La dernière fois qu’elle a chanté fut aussi la fois où deux étrangers, deux soi-disant fans, l’ont suivie jusque chez elle après le concert et briser son intimité, la bulle de confiance et de sécurité au sein de laquelle son manager lui avait assuré qu’elle était. Elle a arrêté sa carrière à cause de cet incident dont elle porte le stigmate à l’intérieur de son poignet gauche. Mais à cet instant, elle s’efforçait de trouver une chanson avec laquelle elle serait à l’aise. Donc pas une des siennes. Elle réinterprétera. Ce sera déjà plus simple.

- Cela ne sera donc certainement pas très bon. J’espère que tu ne m’en voudras pas.

Son regard et son esprit jetèrent leur dévolu sur le piano. Emma revint donc à la case départ, là où Casey s’était assise quelques fines minutes plus tôt. Mais juste avant de s’installer, elle s’immobilisa et riva son attention sur la jeune fille.

- Mais si tu réussis à braver tes angoisses, il est peut-être temps que je fasse de même.

Des mots sincères et un sourire sans prétention. Il s’agit même d’une marque de confiance. Jouer c’est déjà autoriser les autres à écouter un bout de soit. Chanter, c’est se livrer un peu plus ouvertement. Les gens y perçoivent ce à quoi ils sont le plus sensible à un instant donné de leur vie. Chaque interprétation est unique, mais chaque écoute l’est aussi. Découvrez une chanson à votre adolescence et réécoutez-la cinq ans plus tard, les sonorités vous toucheront différemment. Un autre effet se produira en vous. C’est ça la magie que l’on appelle musique.

Emma s’installa soigneusement devant les touches zébrées. Elle ramena ses longs cheveux sur une seule et même épaule dans un geste préparatoire coutumier. Elle chauffe sa voix, détend ses doigts, c’est son entraînement. Comme pour les sportifs, il s’agit aussi de muscles qui travaillent et dont il faut prendre soin. Et une fois prête, elle s’élança sur cet air bien connu.

Ce jour-là, c’était comme se jeter à l’eau pour la toute première fois.

#e0230f | BLBLBL

thanks melissa

Message Dans Re: behind blue eyes Δ emma. | le Lun 23 Fév 2015 - 10:33
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behind blue eyes •• emma
« C’est peut-être déjà cela, tu ne crois pas ? Après tout, il est si loin de nous… »

Elle ne répond rien, l’écoutant juste. Elle qui, paradoxalement, préfère la chaleur au froid, elle déteste le soleil pour la simple et bonne raison qu’il ne la comble pas suffisamment. Elle ressentira toujours les frissons glacés des gouttes de pluie sur sa peau, comme si le bonheur et le beau temps était un luxe qu’elle ne pouvait s’offrir. Et ça la frustre, d’être incapable de maîtriser plus fermement ses propres émotions, comme si elles seules pouvaient la contrôler, l’entraîner dans leur folie. Elle n’aime pas être quelqu’un d’humain, Casey. Elle voudrait tant être plus forte que ça, plus solide. Moins émotive, plus froide encore que la glace elle-même.
Ne plus rien ressentir, juste quelques instants. Fermer son esprit trop faible, son coeur trop fragile.
Oublier.

Elle le sent, que sa requête est surprenante - voire déplacée. Elle s’apprête à se reprendre, à ouvrir la bouche pour rattraper son erreur. Et la culpabilité glisse en elle, la foudroie avec l’efficacité et la précision d’un serpent. Lèvre inférieure dévorée par ses propres crocs, elle lui lance un regard penaud en la voyant acceptée, persuadée d’être en train de la forcer. Elle ne connaît pas réellement Emma, malgré l’espèce de complicité particulière qui s’est tissée entre elles. Et la mettre mal à l’aise n’était pas l’intention de Casey.

« Cela ne sera donc certainement pas très bon. J’espère que tu ne m’en voudras pas. »

Un sourire apparaît furtivement sur les lèvres de l’élève. Elle la comprend bien, l’impression d’être rouillée, incapable de chanter ne serait-ce que justement. Mais elle balaie les doutes de l’apprentie en une expression confiante, intimement convaincue que son chant sera des plus impressionnants. Les derniers mots d’Emma manquent de lui arracher un chuintement étranglé, qu’elle ravale précipitamment.
Elle qui, pourtant, essaye de se persuader qu’il ne faut pas trop attendre des autres, elle place inconsciemment une partie de ses espoirs fortuits en elle, comme si la demoiselle pouvait l’aider. Est-ce que tu la ressens, cette empathie complète ? Casey ne s’avancera pas à dire qu’elle comprend Emma, mais au moins qu’elle tente de se mettre à sa place, même sans avoir conscience de son histoire, de ses peurs. La curiosité pique son esprit, sans qu’elle n’en laisse rien paraître. Ne t’aventure pas dans la vie privée des autres, petite fille.

Et elle s’appuie contre le mur en écoutant enfin le chant, fermant les yeux au bout de quelques instants. La musique glisse dans ses tympans, mais semble aussi toucher directement son âme, avec la douceur d’une caresse, et l’intensité d’un baiser. Oui, elle se sent presque embrassée par son art. Le vent se soulève progressivement, à peine assez puissant pour simplement effleurer la peau des deux brunes.

Bercée par sa voix, elle se laisse couler le long du mur, ses doigts mimant les notes sans qu’elle en ait réellement conscience. Plus qu’écouter, elle s’imprègne de l’air, le sourire revenant discrètement étirer ses lippes. Elle ne dit rien, même lorsqu’elle sent les derniers accords venir. Non, elle laisse sa carcasse vibrer, son ressenti s’exprimer autant à travers les frissons qui la parcourt que le temps qui se calme, jusqu’à ce que son don semble même se désactiver. Elle garde les paupières closes, mais l’esprit ouvert. Elle écoute les ultimes vibrations, se cale sur la respiration d’Emma.

Elle oublie. Elle oublie d’être timide, de se protéger derrière une barrière de silence, de se renfermer sur elle-même. Et quand son regard se libère de nouveau, quand elle jette ce coup d’oeil surexcité sur la brune, elle ne sent pas que sa fine carapace a fondue. Elle laisse un rire éblouissant filtrer entre ses lèvres, et s’autorise même à l’applaudir. Ses yeux gris brillent presque, son visage devient plus doux.

« Vous vous sous-estimez bien trop, Mademoiselle. »

Même sa voix semble dénuée de tout tremblement, balbutiement. Elle est fichue, Casey. Elle a oublié qui elle était, elle s’est déjà trop ouverte. Et elle se redresse, glisse jusqu’au piano qu’elle caresse du bout des doigts. La musique est quelque chose d’impressionnant, qui a une influence presque terrifiante - et surtout, différente - sur chaque être vivant. « C’était très beau. »

Derrière son regard d’acier se cache la curiosité qu’elle a voulu enfouir, l’espèce de bonheur qu’elle ne ressent que très rarement. Peut-être est-ce simplement de la sérénité, peut-être que ça s’en ira rapidement. Elle n’en sait rien, n’en a pas conscience. Et elle récupère ses affaires, le temps de les fourrer au fond de son sac.

« Vous avez commencé la musique à quel âge ? »

Elle chantonne presque, emportée dans son élan. Et quand, enfin, elle s’en rend compte, il est trop tard. Elle s’arrête brusquement et se retourne d’un bloc vers Emma, sans pour autant la regarder. « Enfin, ça ne me regarde peut-être pas. »



Message Dans Re: behind blue eyes Δ emma. | le Dim 15 Mar 2015 - 17:51
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Transe.
Des milliards de frissons sont venues picoter sa peau, exciter sa sensibilité déjà exacerbée. Puis les vibrations. Mon dieu, les vibrations... À travers les touches du piano, Emma arrive a sentir les minuscules marteaux frapper les cordes dans la caisse de résonance. Et ses cordes vocales... Elles aussi elles vibrent. Une onde harmonique et harmonieuse se diffuse, irradie presque d'elle. Elle s'échauffe. Ça y est, la Suédoise le sent. Elle revit en chantant. Peu importe la blessure qui a bloquée ses mots et sa voix de s'élever, elle aurait dû se forcer, laisser la fenêtre ouverte. Accès direct à ses émotions. Ça a ce petit quelque chose de libérateur. Fabuleuse sensation. Ça fait du bien. Comme cette brise douce qui chahuté leurs cheveux. Tendre et aussi chaud que les premiers rayons d'un soleil de printemps. Dieu que c'est bon de s'exprimer ainsi. Un baume à l'âme qu'il ne faudrait jamais bloquer.

Les mains claquent dans son dos. Elle avait oublié qu'elle avait la chance d'avoir une audience. Et comme bien souvent dans ce cocon artistique, créateur, émotionnel, à fleur de peau : Emma rougit sous le compliment. Elle laisse la peau de ses joues crémeuses rosirent lentement pour quelques secondes suspendues. Air and space.

- Merci.

‎Un mot simple qui veut dire beaucoup. Lui aussi on le sous-estime souvent.

-  Vous avez commencé la musique à quel âge ? Enfin, ça ne me regarde peut-être pas.

Son buste se tourne vers Casey et se stoppe dans son élan à la réplique suivante de son élève.
Emma referme ses lèvres et ses yeux un instant. Un sourire file.

- Ce n'est pas un secret que je dois garder. Ne t'en fais pas. J'aime de moins en moins toutes ces conventions, ces limites professeurs/élèves.

On ne dira pas de qui vient cette influence.

- Je ne suis pas si vieille que ça..., reprit-elle à voix basse sur un ton presque boudeur.

Femme-enfant.

- J'ai commencé très tôt. Ma mère et mon père pratiquaient eux-même. Elle inspire en se redressant, puis se décale sur le banc pour inviter la C à se poser à ses côtés. J'ai fait une formation classique jusqu'à mes 13 ans. En violon. Puis en arrivant ici, j'ai découvert d'autres instruments, la composition et l'écriture. Elle marque une pause. Je jouais aussi du piano et écrivais plein de petits textes qui avaient peu de sens à l'époque. ‎Mais à Prism’, j'ai appris la guitare et le violoncelle. Et j'ai travaillé ma prose. Elle sourit. J'étais un peu dans ma bulle, perchée dans mes arts. Je faisais facilement abstraction de ce qui m'entourait. ... Elle lève les yeux derrière le visage de la jeune fille à qui elle confie sa petite histoire. En fait, je le fais encore. Elle en rit. C'est un peu égoïste quand j'y pense. De ne faire attention qu'à ce qui  m'intéresse... Une lueur coupable transperce soudain dans ses iris. Ce qui se résumait à l’époque en quelques mots : musique, peinture, littérature, garçons.

La jeune femme revient vers Casey. Et dans son regard bleu ciel, on peut y lire que c'est aussi cette faculté qui lui permet de ne pas voir les rumeurs qui peuvent l\'abîmer comme du vieux papier. ‎Ou encore de se protéger des émotions virulentes et blessés de ces élèves qui entretiennent ou subissent la guerre des classes. Emma a appris à se préserver de ce qu'il faut. Mais pour cela il faut du temps, de l'expérience et encore maintenant, rien ne garantit que ses défenses ne seront pas percées d'une façon ou d'une autre. Elle sait juste accepter ce qui lui arrive. Elle ne renie ou ne rejette rien. Permettant une guérison plus saine et rapide quand cela est nécessaire.

- Sinon... ensuite j'ai rencontré les bonnes personnes et j'ai appris sur le tas, grâce à ces rencontres. C'est comme ça que j’ai pu poursuivre dans cette voie et qu’aujourd'hui je peux ouvrir mon studio d'enregistrement, ‎continuer à composer pour d'autres même si je fais un break dans ma carrière.

Soudain ses yeux s'écarquillent. Casey n'a pas posé plus de questions mais elle a continué à raconter sa vie. Comme une petite vieille mamie. Une excuse s'échappe de sa bouche, suivi d'un râclement de gorge. Elle souffle en réajustant le grand sautoir qui se balance devant sa poitrine.

- Et toi ? Quand as-tu commencé à jouer ? Quel instrument préfères-tu ?

Emma précise que même si elle se met facilement derrière le piano, le violon reste son instrument favori. Avec une mention spéciale pour le violoncelle et la profondeur si singulière qui s’en dégage. Les mains de l’apprentie viennent naturellement effleurer les touches étalées devant elles. Des notes par-ci, par-là se font entendre. Sans but précis, sans prétention aucune alors qu’elle laisse Casey se livrer comme elle l’entend. S’ouvrir, échanger, partager. Ce qu’elle veut et comme elle veut.

- Est-ce que tu serais intéressée par un quatre main un de ces quatre ? Juste toi et moi.

Ou maintenant.


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