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 kryptonite — killiam

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MessageSujet: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockVen 1 Sep 2017 - 11:09
Les oreilles frappées par le bruit sifflant et régulier du vent matinal, Amelia marchait d'un pas lent vers la salle de musique. C'était devenu une habitude à la frontière de l'addition tant elle aimait ces moments de calme. Et c'était effrayant à quel point elle était incapable de les assumer - tel un fumeur addict qui se cachait pour en consommer la moindre. Elle ne pouvait pas prendre le risque de voir les choses s'améliorer, en laisser la moindre éventualité. Elle devait prendre sa revanche sur cette école, sur tous ces élèves - elle devait comprendre ce qui avait fait fuir son aîné et l'éradiquer. Ce n'était pas tant pour améliorer l'école - et quelque part, elle savait que Léocade ne reviendrait pas. Elle voulait sa revanche. Si la cause résidait en ce système, elle le détruirait pour en construire un nouveau. Si la cause résidait en un problème précis, elle l'annihilerait. Si la cause avait la folie d'être une entité précise, elle la mettrait en pièces. Tout était déjà tracé - et au sein de ce ramassis de haine qu'était devenu sa vie résidaient encore quelques vestiges de sa gentillesse d'autrefois.

Comme des artéfacts poussiéreux rattachés à une mémoire enfouie, Amelia semblait maintenant étouffée derrière le masque de ses innombrables pairs - perdue au milieu de ses multiples personnalités, de ces masques modelés pour des informations sensibles. Lorsqu'elle fit ses premiers pas à l'intérieur de ce sanctuaire, elle n'avait pas tout cela en tête. La russe ne se permettrait jamais la moindre pensée négative lorsqu'elle venait jouer du piano. C'était l'une des rares choses qu'elle n'avait pas entâché - peut-être sa mère avait-elle compris sa personnalité et désirait-elle la préserver ?

Non. C'était impossible qu'elle ait compris son petit jeu.

Elle ne devait pas empiéter sur ses envies musicales au travers de telles idées négatives - elle allait bien. Quoi qu'en disent les gens, elle n'avait pas besoin d'aide, ni d'autre chose que la possibilité de passer ses doigts fins sur l'agréable clavier d'un piano. Celui-ci n'était pas des mieux entretenus mais elle pouvait s'en satisfaire, en grande partie parce qu'elle n'avait pas le choix. En conséquence, elle portait une robe simple aujourd'hui, les manches courtes dégageant ses mains jusqu'à ses avant-bras pour lui permettre de jouer sans problème. Elle n'avait pas cette tenue masculine propre à ses activités dorées - et alors qu'elle commençait le récital d'un des morceaux dont elle avait le souvenir, elle oublia la totalité de son univers. Elle oublia cette porte entrouverte qui laissait passer le son du piano, ses doutes sur son frère, sur son état actuel, la possibilité d'une interruption. Il n'y avait que la musique - et elle se sentait prête à tout pardonner pour elle.
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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockVen 1 Sep 2017 - 14:15

Kryptonite
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Tu déambules dans les couloirs, sac à dos sur l'épaule, marchant plus lentement qu'à ton habitude, profitant du silence qui parvient à tes oreilles. Presque deux semaines que tu n'étais pas allé courir, et, ce matin, lorsque tu t'étais tiré du lit, l'heure de course avait été bien plus difficile que d'habitude. A cause du rythme perdu, à cause de tout l'alcool ingurgité, à cause de toutes ces pensées qui n'arrêtaient pas d'aller et venir dans ton esprit, que tu chassais du mieux que tu pouvais, te concentrant sur la simple tâche d'avancer. Chose que tu n'arrivais pas à faire, car il semblait qu'avancer tant que tu n'aurais pas parlé à Théa était juste... impossible. Alors tu avais laissé tomber la course, étais parti prendre une douche avant d'aller fuir dans les couloirs de l'académie, avec la petite idée d'aller jouer un peu de guitare sans réveiller tes colocataires, Ezéchiel ayant dormi dans son dortoir cette nuit, et c'était bien la seule raison pour laquelle tu n'étais pas parti te recoucher directement après être rentré... et peut-être aussi l'idée qu'il fallait que tu reprennes un rythme plus normal, un rythme de cours.

Tu arrives presque devant la salle de musique quand tu entends enfin la mélodie qui s'en élève. Il te faut un léger moment pour revenir vraiment sur terre, t'étant perdu dans tes pensées. Arrivé devant la porte entrouverte, tu as un moment d'hésitation. Venir aussi tôt dans la salle de musique, ce n'était pas pour rien : c'était pour éviter les oreilles indiscrètes, les regards, les jugements, peut-être aussi. Et pourtant, tu ne bouges pas, hésitant à entrer ou non. Tu détesterais qu'on t'écoute sans se montrer, tu détesterais qu'on t'écoute sans que tu n'en donnes la permission, sans que tu ne le sache, tu as détesté ça quand Ezéchiel t'a avoué t'avoir écouté jouer sans que tu ne le saches, sans que tu ne l'y autorises. Alors tant pis, tu prends le risque de casser la bulle, tu prends le risque de pénétrer dans la pièce, parce que tu as envie de savoir qui se cache derrière cette mélodie calme, voire même triste.

Tu es ce genre de personnes qui croient qu'on en apprend plus sur la personne en écoutant la musique qu'elle écoute, qu'elle joue que sur ses actes réellement. On se dénude, quand on joue, on se dénude, quand on se laisse aller à sa musique. Et peut-être que tu la trouves belle, cette personne que tu vois de profil alors que tu t'appuies sur une table, posant silencieusement ton sac dessus. Peut-être que l'aura qu'elle dégage te plaît beaucoup. Et tu attends qu'elle finisse son morceau, tu en apprécies chaque note, chaque tonalité, chaque vibration. Et puis, au bout de quelques secondes de silence, quand les notes ne résonnent plus dans la salle de musique, tu prends alors la parole, toujours appuyé sur la table.

Tu as pensé à rejoindre le club de musique ?

Parce qu'elle est douée, et que c'est un peu une honte qu'elle ne puisse pas partager son talent et son travail avec des personnes qui l'apprécierait à sa juste valeur.

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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockVen 1 Sep 2017 - 20:33
Les battements de ton cœur semblent reprendre lorsque la musique s’arrête et la tentation d’un sourire titille ton visage - tu sends une baume t’envahir au cœur et ton corps s’animer comme si, jusque là, ton corps privé de vie réclamait ses droits. C’était comme si le temps avait retenu pour toi son souffle et la musique aérait ton esprit d’un souffle frais - l’effet inévitable de la musique au bout de tes doigts. Il y avait une inconditionnelle différence entre l’écouter et la créer par tes propres moyens et ce dernier aspect est ce qui t’avait toujours séduit. La plupart des gens avaient plaisir à créer des émotions chez les autres - dans ton cas, c’est avec ta musique que tu menais ta propre thérapie. C’est au rythme de tes doigts que tu corps semblait accroché, envoûté, surplombant ta rancœur pour raviver tes bons côtés - la fille curieuse, certes bizarre mais sans conteste agréable par moments. Tu avais toujours été à part mais ça n’avait pas toujours eu cet aspect négatif sur lequel tu te forçais maintenant à vivre.

La musique n’était pas un échappatoire mais l’expression d’une nostalgie dont tu n’arrivais pas à te débarrasser - c’était cette part que tu désirais effacer et celle sous l’emprise de laquelle ce type t’avait vu. Ce type, d’ailleurs, tu le connaissais - c’était Killiam Kenneth, quelqu’un sur qui le Ranker t’avait demandé d’enquêter dès que possible. Tu n’avais aucun élément sur lui par manque de temps, sauf quelques éléments, son identité, le nom de ses proches, notamment Théa. C’était quelque chose, mais ce n’était pas ce qui retint ton attention car sa question éveilla en toi plusieurs réflexions.

Au-delà de l’aspect personnel de sa venue, tu en comprenais plusieurs choses : il était un membre investi ou le président du club de musique. Personne ne venait à cette heure-là - et un nouveau membre n’inviterait pas quelqu’un sans consulter un autre membre au préalable. Si c’était le cas, le Ranker était malin - et il n’avait pas choisi ses cibles au hasard mais en fonction de ses goûts. Il tenait à éradiquer ses passions pour en faire une membre en or. Était-ce seulement possible ? Personne ne connaissait son goût pour la musique. Avait-il fait ses recherches ? Elle était son informatrice, pourtant ; il ne serait pas étonnant qu’il ne lui voue pas une confiance totale, mais aller jusque là ? Tu sais Amelia, mon existence est une preuve qu’il a raison d’être sur ses gardes - mais Amelia ressentit une pointe d’amertume à la pensée de s’être fait berner. Pour cette seule raison, elle mit de côté ses envies de S lorsqu’elle réfléchit à sa réponse pour Killiam. Ce gars-là n’était pas le plus connu de l’école mais comme la plupart des présidents de club, il avait une influence non-négligeable ainsi qu’une certaine réputation. Il faut dire que celle des clubs et de leur président était souvent très liée - autrefois, le club de politique était allé jusqu’à s’immiscer dans les affaires de RED.

Elle le savait car Léocade en avait fait brièvement parti. Amelia secoua la tête, lucide - penser à ça maintenant n’avait pas de sens, et puis, elle ne connaissait encore rien du club ou de leur présidence.

"Oui. J’ai surtout songé à ne pas le faire."

Elle se tourna vers lui pour lui faire face - il lui restait toujours cette politesse digne de sa grande éducation - et affronta son regard. Aujourd’hui, elle ne portait pas sa cravate dorée (comme toutes les fois où elle n’était pas en mission) alors il était possible qu’il la reconnaisse pas. C’était même plus que probable - Amelia veillait à être discrète quant à son visage, dans l’intérêt de sa récolte d’informations.
Certes, elle pouvait se relooker mais cette façon de faire ne marcherait pas éternellement. De toute façon, elle ne comptait pas jouer la carte du mystère. Pas aujourd’hui. Pas dans son état. Et certainement pas après un morceau de piano - pas au risque de sentir son ancienne vie lui filer entre les doigts. Ça n’avait pas de sens dans le cadre d’une vengeance basé sur les sentiments qui en découlaient.

"Le club de musique voudrait-il d’une S ?"

Courte pause, elle passe une main sur les pans de sa robe avant de se lever pour observer Killiam, non pas dans une volonté de défi mais par simple courtoisie. Il n’y avait pas l’appétit habituel de ses yeux ni même cette part d’instinct animal. Tu n’étais que toi Amelia, car tes pensées m’ont maintenu éveillée - ont effacé toute intention nocive. Je sais que tu en es capable.

"Je ne suis pas comme elle. Je peux être bien pire."

Ce n’était pas une menace.
C’était le constat, presque un appel à l’aide.
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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockSam 2 Sep 2017 - 23:17

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Sa réponse ne te surprend pas tant que ça. Un peu, mais pas assez pour que cela se voit sur ton visage ou que la surprise étire tes traits. Après tout, tu comprends. Toi-même tu avais hésité de nombreux mois avant d'intégrer le club de musique, et tu en étais maintenant le président plus par la force des choses que par autre chose : personne n'avait voulu prendre la présidence, et il n'était pas question que le club de musique ferme, c'était bien trop important pour toi. Alors... président plus par dépit que par envie, te voilà ici, à tenter d'intégrer des membres dans ce petit club.

Elle se tourne enfin et tu peux véritablement la voir, tu peux la détailler, rester fixé un moment sur ses pupilles rouges qui te donnent l'impression de te sonder littéralement, comme si elle pouvait voir à travers toi. C'est une sensation dérangeante qui te fait bouger légèrement, te redresser, comme pour te rassurer sur le fait que non, son regard ne te dérangeait pas. Et elle reprend la parole après un court moment et sa question te fait ouvrir la bouche, la refermer. Tu pouvais dire que ça ne dérangerait personne dans le club de musique, toutefois, ce n'était peut-être pas totalement vrai, à vrai dire, tu n'en savais strictement rien. Tu parles d'un président de club. Il fallait peut-être que tu arranges un peu ça. Tu mets dans un coin de ta tête le fait qu'il faut absolument que tu discutes un minimum avec les membres du club et que tu les connaisses assez pour pouvoir répondre à ce genre de question immédiatement, sans avoir besoin d'y réfléchir.

Et elle reprend la parole, encore, sans que tu n'aies vraiment eu le temps de lui répondre, ou de chercher une réponse dans ton esprit fatigué. Tu te figes un instant, glissant ton regard dans le sien, comme si tu pouvais déceler qui était ce elle dont elle parlait, qui était ce elle que tu étais censé connaître. La première personne qui te vient en tête est Théa, mais tu ne voyais pas en quoi elle était mauvaise, et en quoi... la jeune demoiselle devant toi dont tu ne connais pas le nom, peut être pire.

Tu te redresses enfin, quittant ton appui, une de tes mains glissant dans tes cheveux, venant frotter ta nuque dans ce tic nerveux insupportable que tu n'arrives pas à contrôler. Tu ne sais pas trop quoi lui dire, tu n'as jamais été doué avec les mots. Tu décides de laisser de côté ce elle qui t'intrigue bien plus que tu ne veux bien te l'avouer et prends la parole en t'approchant de quelques pas :

Je peux pas te promettre que tous les membres t'accueilleront à bras ouverts. Mais je pense que certains peuvent passer au-dessus de ça. T'es pas qu'une couleur de cravate.

Et dieu merci, tu ne parlerais ni à Théa ni à Laurent, ni même à Aaron si c'était le cas... La liste de tes proches en S devient peut-être un peu trop longue avec le temps.

Pourquoi tu as songé à ne pas t'inscrire ?

Parler d'un sujet sur lequel tu es à l'aise, parler de quelque chose où tu sais que tu peux exceller. Pour le moment. Et ensuite, t'intéresser à ce elle qui tourne et retourne dans ta tête.

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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockDim 3 Sep 2017 - 21:22
Comment tu te sens, Amelia ?
Tu penses être légitime au sein de cette salle ? Tu penses pouvoir caresser les touches avec le poids d'une telle culpabilité ? Me fais pas rire Amelia. Cesse de te mentir à toi-même et d'espérer le pardon - les révélations ne suffisent pas à témoigner d'une bonne foi. Je peux le faire, tu sais.
Je peux mettre fin à tous ces doutes en te faisant disparaître.

"Laisse-moi."

Elle a cette détermination Amelia, cette certitude en son esprit détraqué. Elle a ce filet de secours, cette façon de rebondir sur les moindres erreurs. Elle a ce brain de force qui se glisse au milieu de toute la fragilité de sa personne pour la rendre si immuable. Quelque part, il lui suffirait d'accepter, quelque part, elle n'aurait qu'à prononcer quelques mots, laisser son esprit voguer au rythme de la respiration d'Elly. Elle le savait Amelia, pertinemment.

Mais cette sécurité n'était qu'une illusion, la garantie d'une folie toujours plus poussée - et c'était sa seule échappée. Elle n'avait rien de bon, rien d'autre qu'Elly qu'on ne saurait faire plus fourbe. Elle n'avait nulle part où placer sa confiance, même en elle, alors pourquoi devrait-elle croire en les suppositions d'un inconnu ? Mais c'était ça la variante. Des suppositions. Il ne la berçait pas de faux discours, juste d'impressions maladroites et d'une possibilité, il parlait au nom d'une expérience dont elle avait confiance parce que, que ce "elle" ait désigné Elly ou Théa, rien n'y changeait - elle était pire que les deux.

Parce que t'avais tout faux Killiam, crois-moi.
Je le sais très bien, elle est bien pire que ça, elle n'est jamais plus que ça - la couleur dorée d'une cravate, l'éclat hypocrite d'un règne de terreur pour détourner leur regard de la vérité de son existence. T'es rien de bon Amelia, t'as plus que moi. Et si je te laisserai pas, c'est par défaut, par manque de choix - dans l'attente du meilleur des scénarios, que tu deviennes complètement moi.

"Je ne suis rien de plus. C'est tout ce que j'ai."

Elle se mord le coin des lèvres pour en éviter la flexion, forçant la douleur pour garder ce visage impassible, s'efforçant de ne pas dévoiler toutes ses cartes.
Pas maintenant. Pas ici. La tentation était grande, poussée par les circonstances et la nostalgique que la musique lui donnait - mais elle devait tenir. Pas ici. Pas maintenant. Amelia inspira une fois de plus, se répétant ce qui ressemblait maintenant à un refrain.

C'est tout ce que t'es Amelia, tu l'as admis. C'est tout ce que tu ne seras jamais.
Qu'est-ce qu'il veut de toi, Killiam ? La bonne conscience d'un membre de club ? L'envie d'une bonne action quotidienne ? Tu comprends pas Amelia. Tu comprendras jamais parce que tu seras jamais comme ça - c'est pour cette raison que je dois prendre les commandes.

"J'y ai songé pour ne pas détruire le club. Parce que j'aime la musique, tu vois. C'est l'une des rares choses que j'aime ici. Je déteste cet endroit. Je déteste les élèves, moi incluse. Et tu sais qui les déteste encore plus ? Le Ranker. Si je vous rejoins, tout ce que j'apporterai c'est la possibilité qu'il veuille détruire ce club. Vous détruire, tous. Un par un. Pour être certain que ses camarades dorés ne lui échappent pas. C'est un risque que tu es prêt à prendre ?"
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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockLun 4 Sep 2017 - 13:22

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Laisse-moi.

Et tu fronces les sourcils sous l'ordre à peine sous-entendu. Tu as cette bizarre impression qu'il ne t'est pas destiné, et pourtant, tu le prends pour toi. Parce qu'à part toi, qui peut bien la laisser, Killiam ? Vous étiez seul dans cette pièce. Et aucune idée ne te frôle encore, aucun constat, aucune hypothèse. Et c'est peut-être pour le mieux, pour le moment du moins. Elle semble réfléchir un instant, et toi, tu ne sais sur quel pied danser. Tu restes là, sans bouger, immobile et attentif à ses réactions, à ses mots, peut-être souhaites-tu la comprendre ?

Je ne suis rien de plus. C'est tout ce que j'ai.
Tu pourrais avoir le club, répliques-tu au tac au tac, sans même réfléchir un instant aux conséquences de cette petite phrase.

Tu ne sais pas ce que pourraient penser les autres, le comportement qu'ils pourraient adopter, tu ne sais pas, et tu parles pour le club, tu parles pour les personnes qui y sont, pour certains depuis plus longtemps que toi, sans avoir la moindre idée de ce qu'ils pensent tous. Depuis quand es-tu comme ça, Killiam ? A prendre les devants ? A te mettre en première ligne pour une de tes idées, une de tes envies ? Tu ne le fais jamais, tu ne l'as jamais fais. Depuis quand as-tu envie d'aider une personne que tu ne connais pas, qui ne semble pas vouloir être aidée ? Que sais-tu d'elle, Killiam, à part rien ?

Elle reprend la parole après ce qui te semble une éternité. Tu n'avais jamais été mal à l'aise dans le silence, mais ce silence là, celui qui semblait être pesant, tendu, qui te semblait tout sauf normal... non, tu n'aimais pas ce silence. Alors ça te soulage qu'elle parle, pour la forme, mais le fond te déplaît. Il te déplaît assez pour que tu inspires un peu trop profondément, pour qu'un soupir t'échappe, ni soulagé, ni ennuyé... juste, un soupir fatigué. Fatigué par tout ce qu'il se passe dans cette école, fatigué par tout ce qu'il se passe autour de toi, fatigué par cette multitude d'évènements que tu comprenais de moins en moins. Juste, fatigué.

C'est un club de musique. C'est pas un rébellion ou un truc du genre. Le Ranker peut faire ce qu'il veut, on va pas vivre dans sa peur, sinon on est bien dans la merde. Ici on joue juste de la musique, c'est tout, on se prend pas la tête, on se pose pas de questions sur qui fait quoi et pourquoi. Juste, on joue de la musique. Laisse tomber si tu veux pas, c'était une proposition.

Tu passes une main dans tes cheveux que tu emmêles, tu réfléchis quelques secondes, le regard détourné, posé sur le piano pas loin de toi. Cet instrument que tu avais toujours voulu apprendre, sans en avoir le courage et la patience toutefois. Et pourtant, tu étais plutôt patient.

Si un jour tu changes d'avis, le club sera toujours là.

Et déjà, tu es prêt à récupérer ton sac et à quitter la pièce. T'en avais un peu marre, de toutes ces conneries dans cette école.

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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockMar 5 Sep 2017 - 10:09
C’est qu’un club, c’est  facile à dire ça Killiam. C’est que de la musique, ça perd son sens quand quelque chose entre dans le jeu. C’est pas important au fond, c’est rien qu’un club, et le manque d’importance devrait couvrir les membres face aux désirs de celui qui se pense maître. Si seulement c’était si simple, si seulement ces valeurs populaires pouvaient guider l’esprit du Ranker. Elle était pas naïve Amelia, pas assez pour être certaine de comprendre, pas assez pour être capable d’anticiper ses envies. C’était l’informatrice pourtant, loin du bras droit mais bien assez proche pour comprendre la démarche - et si elle montrait des doutes, elle mettrait ses moindres désirs en danger. C’était un numéro d’équilibriste qui l’effrayait mais dont les sensations lui étaient indispensables, car les dorés étaient tous ce qu’elle a - car personne, et Killiam le montrait bien, ne pouvait comprendre ce qui se tramait. C’est jamais qu’un club, Killiam.
Et c’est bien pour ça qu’il est dangereux d’y entrer - c’est bien parce que le Ranker ne considèrera jamais la musique avec tant d’amour qu’elle qu’intégrer le club lui sera toujours impossible. C’est trop tard maintenant. Trop dangereux. Elle est bien trop impliquée pour espérer n’avoir qu’à tourner les talons. Regarde comme elle regrette, Killiam - sa décision comme cette haine qui a fini par la définir.

"Changer d’avis - parce que tu penses que je n’en ai pas envie ?"

Son ton est plus agressif. Il est plein de colère, d’agacement - et ce n’est que le symptôme du fait qu’elle s’en soucie. Elle déteste ça Amelia, les doutes sur sa passion. Elle déteste l’idée que quelqu’un puisse apprécier la musique plus qu’elle ne le fait - et elle déteste, plus que tout, l’éventualité que quelqu’un puisse l’en priver. Elle fait volte-face, se place face au piano, debout, commence à jouer. Un morceau rapide, intense, plein de colère ; ses doigts coulent sur les touches pour s’y fondre, perlent comme des gouttes de pluie avec un naturel effrayant.
Elle joue comme si c’était son dernier morceau, elle joue comme lors de son premier - elle joue avec toute la puissance qu’elle possède et cette violence en paradoxe avec la délicatesse de ses doigts affinés. Elle joue, joue, joue, jusqu’à en perdre le souffle - et elle conclut ces deux si courtes minutes avec la note la plus grave comme une fatalité - elle conclut avec un message qu’elle refuse de se voir oublier.

"Je vais venir."

Elle se redresse sans lui faire face, se laisse quelques instants pour se reprendre. La musique l’affaiblit et sans doute un peu trop. La musique la dilate dans ce tourbillon d’émotions positives qui contribue à tout sauf la définir. La musique est ce qui maintient son passé et peut-être bientôt ce qui le détruira.

"Tu n’as pas peur du Ranker, pas vrai, Killiam Kenneth ?"

Le silence tombe, pesant, la vérité de ses informations se révèle à son expression. Elle est presque trop honnête et peut-être que, quelque part, dans sa colère, son pouvoir s’est déclenché. Elle refuse de le croire Amelia.
Elle refuse de ployer sous la volonté d’une magie - plus que tout, elle refuse d’abandonner ce malheur dans lequel, par défaut ou confort malsain, elle a fini par se complaire.

"Le Ranker m’a demandé de faire des recherches sur toi. Si tu insistes pour m’intégrer malgré la situation alors j’accepte. Je lui donnerai de fausses infos."

Elle quitte sa place, vient de nouveau en face de lui pour croiser son regard. Ses yeux rougeâtres sont exemptes de leur habituelle malice - elle est emplie d’une nostalgie que, sur son visage impassible, elle refuse d’afficher. C’est sans doute rien, rien qu’un club, peut-être qu’elle en fait trop - mais elle préfère accentuer sa folie affichée que d’avoir des regrets à constater.

"Je vais te faire confiance."
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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockMar 5 Sep 2017 - 16:40

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Et elle te répond, avec cette violence, avec ce déni, avec cette envie, avec cette colère que tu ne comprends pas. Qu'elle vienne, si elle en avait envie ; qu'elle fasse parti du club, si c'est ce qu'elle désirait. Ce n'était pas bien compliqué de ton point de vue. Ce n'est qu'un club. Ce ne sont que des gens qui se réunissent pour partager la même passion, pour parler de la musique, pour en jouer. Qu'y a-t-il de mal à ça ? Qu'est-ce qui pourrait faire du mal à ce genre ? Qui pourrait ? Ce n'est qu'un club. Tu ne comprends pas, Killiam. Toi qui est dans cette école depuis des années maintenant, tu ne comprends pas pourquoi cette violence, pourquoi cette haine, pourquoi se priver de chose que l'on aime. Non, tu ne comprends pas, et peut-être que tu ne comprendras jamais, finalement, toi qui n'est ni pour ni contre, toi qui ne veut pas être un simple témoin, toi qui ne veut pas rester les bras ballants, et pourtant, qui ne veut pas vraiment entrer dans le conflit.

Elle fait volte-face, ses cheveux balayant l'air. Et Killiam, tu écoutes sa douleur, sa frustration, sa colère. Tu l'écoutes avec attention, immobile, face à cette terreur que tu ne comprends pas, face à toutes ces émotions qui te semblent paradoxales, et pourtant, pourtant... peut-être que tu comprends, au fond de toi, peut-être que tu comprends vraiment cette peur de perdre la seule chose à laquelle on tient. Cette sensation horrible que tu as eu, quand tu as eu l'impression de perdre Théa, quand elle t'a demandé de partir comme si tu n'étais rien. Ce moment, où ton cœur s'est serré quand tu as dit à Ezéchiel de partir, plus pour lui que pour toi. Cet instant où tu as appris pour Laurent, où tu l'as vu sur ce lit de la clinique, où ton cœur a raté un battement, puis deux ou trois, où ton corps s'est crispé de haine. Tu chasses ces souvenirs de ta mémoire. Laurent allait bien. Ezéchiel et toi alliez bien. Théa... c'était encore compliqué, trop sûrement, alors que tout était si simple avant. Depuis quand était-ce devenu si dur de lui parler ?

La musique s'efface, la note dure un temps, peut-être deux ou trois, s'évapore ensuite dans l'air et sa voix reprend possession du silence, toujours dos à toi, et toi, toujours à détailler ses épaules, ses cheveux tombant sur sa nuque. Il lui en fallait peu, pour changer d'avis. Elle n'attendait sûrement que ça, que quelqu'un lui dise qu'elle pouvait venir, qu'elle en avait le droit. Elle se redresse, ne se retourne pas.

Tu n’as pas peur du Ranker, pas vrai, Killiam Kenneth ?
Non.

Et pourtant tu devrais. Tu devrais en avoir peur, Killiam, parce que tu ne sais pas de quoi il est capable. Tu devrais en avoir peur parce que Théa est dirigé par lui, parce qu'elle est différente depuis son entrée chez les S. Tu devrais avoir peur de lui, Killiam, c'est lui qui dirige l'école plus que n'importe qui d'autre, finalement, c'est lui qui tire les ficelles dans l'ombre, et tu devrais être terrifié par lui. Parce que tu le sais capable de tout, et pourtant, jamais il ne fait rien. Tu devrais en avoir peur, parce qu'elle connaît ton nom, et qu'il n'y a aucune raison qu'elle le connaisse, si ce n'est lui.

Le Ranker m’a demandé de faire des recherches sur toi. Si tu insistes pour m’intégrer malgré la situation alors j’accepte. Je lui donnerai de fausses infos.

Il devrait te faire peur, Killiam. Il devrait te faire peur, parce qu'il s'intéresse à toi. Et pourtant, il n'y a aucune raison pour qu'il le fasse. Il pourrait avoir toutes les informations qu'il veut en demandant simplement à Théa. Il pourrait tout savoir sur toi, et ça t'étonne qu'il ne le sache pas déjà. Et en même temps... est-ce que Théa le savait ? Était-elle au courant ? Aurait-elle donné des informations sur toi, juste pour ses idéaux que tu ne connais pas ? Et Laurent ? Le savait-il aussi ? Aaron aurait pu balancer n'importe quelles infos sur toi, il en avait pas mal ? Pourquoi toi ? Pourquoi s'intéresser à toi ? Ton pouvoir n'est pas offensif, tu n'as aucune relation avec personne qui pourrait l'intéresser, tu n'es même pas dans une filière ou dans un club qui pourrait lui être utile ; ta seule arme est ton corps et tes années de boxes. Et même alors, il n'y avait rien qui pouvait être intéressant chez toi. Tu n'es rien, qu'un simple pion dans une immense échiquier, qui veut foutre le camp de cette école après ses études, qui joue de la musique et qui fout son poing dans la gueule des gens qui l'emmerdent un peu trop.

Elle se détourne, te fait face et vos regards se croisent. Si différent. Le sien si saturé comparé aux tiens dénué de couleur. Et elle reprend la parole et tu hausses les épaules. Ce n'est sûrement pas une bonne idée de mentir au Ranker, quelque soit la raison, même si tu t'en fous un peu ; le monde entier peut exploser, tant que les personnes que tu aimes sont heureuses et en sécurité, tu n'en as rien à carrer.

Y'a pas d'infos à donner sur moi, donc ça sert à rien de mentir. Ça te poserait plus de problèmes qu'autre chose, de toutes façons, non ?

Tu soupires, passes une main tremblante sur ta nuque que tu frottes. Finalement, ça te tord un peu l'estomac, toute cette histoire. Tu aurais dû faire demi-tour lorsque tu as entendu la musique et c'est tout. Le Ranker veut des informations sur toi. Et ça te fait peur, mais pas pour toi, non. Pour Ezéchiel, pour Théa, pour Laurent aussi. Tu es même terrifié pour eux. Tu reprends contenance, reprends après une légère réflexion :

Je t'oblige à rien. Je peux pas te promettre un sourire de tout le monde, ou même l'indifférence. Tu viens que si tu en as envie. Mais on est pas là pour se taper les uns sur les autres. On fait parti du club juste parce qu'on aime faire de la musique.

Et c'était tout, finalement. Juste parce que vous aimiez la musique.

On ne pouvait pas vous punir pour ça, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clockJeu 7 Sep 2017 - 19:40
Tu comprends pas.
Tu comprends pas.
Tu le comprends pas.
Tu comprends pas comment il est possible d'être ainsi, aussi insouciant que téméraire, défiant la plus grande force en présence sans la moindre seconde de doute. Tu comprends pas comment il se peut se tenir si fièrement, instaurer ses croyances du tac-au-tac, combattant la peur avec une colère issue de sentiments bienveillants. Tu comprends pas le fonctionnement, la volonté, la façon dont ils en sont venus à croire que ce serait la solution à tout. Tu comprends pas Amelia, parce que t'es bien trop différente, tu comprends pas parce que t'es aveuglée, persuadée d'être mieux lotie dans le mauvais.

Tu comprends pas parce que tu veux même pas essayer, parce que tu ne seras jamais que l'ombre de ces bonnes personnes - parce que l'idée que tu puisses changer ne t'a jamais semblé réaliste. Tu comprends pas parce que Killiam est bien plus fort, parce qu'il se bat sans prendre compte des autres - parce qu'il ne se repose pas sur les dorés, une réputation, une situation, une justification pour tes actions de vengeance égoïstes - et tu comprends ta propre stupidité.

Tu la comprends et l'ignores parce qu'il est trop tard pour faire marche arrière, trop tard pour te faire accepter, parce que tu as fait ce que tu craignais de faire. Tu craignais la musique, tu craignais les arrivées, tu craignais cette lucidité qui continue de se diluer. Tu craignais de t'en soucier, de te soucier de quoi que ce soit et voilà qu'il faut le premier pas, et le voilà qu'il refuse la faveur - t'accorde le bénéfice d'une bonne action. C'est donc si simple, Amelia ? Faire le bon geste pour recevoir en retour ? Elle sait pas trop, à vrai dire.

Elle est perdue - et dans ce doute, elle choisit de partir. Elle accorde un bref regard à Killiam, un hochement de tête discret pour toute politesse et déambule à l'extérieur. Elle doit fuir parce qu'elle a perdu sa confiance. Elle doit fuir parce qu'elle n'est plus méchante. Elle doit fuir parce qu'elle n'est plus elle-même maintenant qu'il a entrevu celle qu'elle était. Elle doit fuir parce qu'il a vu Elly. Parce qu'il l'a vu telle qu'elle aimerait être, telle qu'elle se haït, telle qu'elle ne peut plus se permettre de devenir.
Parce qu'il a vu ce qu'elle aimerait faire disparaître.
ft. Killiam •• Septembre
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MessageSujet: Re: kryptonite — killiam   kryptonite — killiam 1400359500-clock
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