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 gautier ✖ it's time to move your ass boy

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MessageSujet: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockMar 8 Avr 2014 - 2:09


it's time to move your ass boy #  feat. Gautier


« J'y avais réfléchi. J'y avais réfléchi, la soirée d'avant, et peut-être même depuis que ça avait commencé. J'y avais réfléchi avant que le sommeil ne prenne le dessus et ne me guide jusqu'au pays des rêves.

Gautier.
J'ai beau ne pas en avoir l'air, il m'arrive de remarquer certains détails, certains changements. Des changements au niveau de son caractère, de ses habitudes. Ce type qui a toujours l'air enjoué et de bonne humeur avait maintenant dans son regard un air pensif, un air pré-occupé, qui ne le lâchait pas. À la place de sortir, il reste scotché devant ses écrans. Il l'a toujours fait, cependant, je trouve que ça en devenait bien plus fréquent qu'à l'habitude.

Alors je me suis posée des questions - ce que je fais rarement.
Je me suis tout d'abord demandé ce qui pouvait le mettre dans cet état, mais ne connaissant pas sa vie privée -et ne faisant pas vraiment gaffe à ce qui se passe dans ce pensionnat-, j'ai rapidement passé à autre chose. M'y attarder plus longtemps ne me servirait à rien - à moins que je sois la cause du problème ? Non, je ne pense pas. Il nous arrive de nous prendre la tête, mais ce n'est jamais bien grave. Ça se règle en l'espace de quelques secondes, et je ne pourrais jamais me convaincre qu'une chose aussi minime puisse le mettre dans un tel état.

Ensuite, je me suis dit qu'aller le lui demander directement serait déjà un grand pas.
Cependant, je pense que ça ne l'aiderait en aucun cas à se sentir mieux. Ça ne servirait qu'à apaiser ma curiosité - ce que je ne cherche pas à faire. Je cherche plutôt à apaiser mon inquiétude, et le sortir de cette phase, plutôt sombre à mon goût, plus qu'autre chose.

Puis, je me suis dit qu'à la place d'essayer de trouver une quelconque solution à ses problèmes -peut-être même inexistants-, tenter de le soulager pourrait déjà être bien, non ? Parce que s'il y avait une chose dont j'étais sûre, c'était bien qu'un truc n'allait pas du tout.
Se changer les idées ; ça aide toujours... enfin je crois. J'en suis finalement venue à la conclusion qu'il faudrait le faire sortir un peu. J'ai pensé à l'emmener loin de cette île, loin de ce qui le met dans cet état. Mais lui proposer de partir, comme ça, en vacances, ça ferait un peu bizarre, je trouve. Même si je pense, personnellement, que ça pourrait lui faire un bien fou. Par contre, il y a aussi que l'argent ne tombe pas du ciel, et que je ne suis pas millionnaire, malheureusement.

La rue Sud, donc.
Il paraît qu'il y a des objets assez surprenants, dans certaines boutiques, là-bas. Ça pourrait peut-être lui plaire. Il est évident que ce n'est pas ce qu'il y a de plus palpitant, mais je n'ai pas pu faire mieux.

Et voilà pourquoi, à cet instant, je me trouvais debout à coté de son lit, terminant de fermer le dernier bouton de ma chemise, pour le réveiller, chuchotant.

- Hééé ! je glissais lentement le revers de ma main le long de sa joue, que je trouvais particulièrement douce, d'ailleurs, avant de lui déposer un baiser sur le front. Je suis désolée de te déranger dans ton sommeil... un sourire se dessinait sur mes lèvres. ...mais que diriez-vous, mon cher, de me suivre, en cette belle journée, afin d'aller découvrir ce qui se trouve sur les étagères des fameuses boutiques se situant sur la Galerie Marchande ? ~

C'était déjà le printemps et on pouvait ressentir, lorsqu'on était proche de la fenêtre, les rayons de soleil qui venaient se déposer contre notre peau pour nous y infliger une chaleur qui nous avait manqué à tous, cet hiver. Je me disais donc que le temps qu'il faisait était idéal pour aller se remplir les poumons d'air frais.

Je m’asseyait sur son lit pour enfiler mes souliers, attendant par la même occasion une réponse de sa part. Une fois que j'eus terminé, je détournais le regard vers lui, l'air embarrassé, jouant avec mes pouces.

J'espérais que le fait de l'avoir réveillé ne l'ait pas trop dérangé. »

HRP. : BLABLA

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Dernière édition par Alessia A. Summers le Jeu 10 Avr 2014 - 4:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockMer 9 Avr 2014 - 0:05


It's time to move your ass boy

Le calvaire durait depuis maintenant plusieurs jours. Enfermé dans ma chambre, séquestré dans mon propre monde loin de l'extérieur, plus rien ne semblait aller. La lumière du soleil me semblait si loin, maintenant que ces journées dans mon cabanon s'enchaînaient. Le noir, les ténèbres, tout avait l'air de s'écrouler. La sociabilité, mes liens, mon quotidien, mon amour, mes passions. Même le basket ne semblait plus avoir de goût - la pire période à n'en pas douter. Le temps passé se résumait à dormir ou à des jeux vidéos ce qui, à en croire mes résultats, n'avait pas de réelle différence.

Le premier jour, j'avais rattrapé une bonne partie de mon sommeil manquant, mais, progressivement, inlassablement, ces temps passés à dormir diminuaient. Peu à peu, l'insomnie semblait gagner du terrain, la fatigue m'accablait à nouveau et l'ennui, reptile, s'étendait peu à peu, profitant de ce cruel manque de motivation. La cause en était la même : le conflit de la plage qui, de jour en jour, avait découlé sur mon quotidien. D'abord, l'altercation dans la salle des A qui, après un conflit musclé avec Prudence, avait tourné en une véritable bagarre avec Anshu cette fois.

Ridicule ?
Oui. Ça l'avait été. Je n'aurai su agir de la même façon aujourd'hui mais quand bien même, je ne me sentais pas mal pour autant. Bien au contraire, c'était un sentiment d'accomplissement, comme lorsque vous terminez enfin un jeu vidéo pour la première fois - ou finissez enfin l'intégrale du Seigneur des Anneaux avec dix ans de retard sur une personne lambda. Enfin se rebeller, frapper sur quelqu'un, extérioriser toute ma rage, me sentir libre, autonome - peut-être un peu trop. C'était une liberté volée, violente, une liberté dont je profitais et que je n'aurai jamais dû connaître.

Et maintenant, elle était terminée. Comme le double tranchant d'une trop belle situation, je restais cloîtré, les cheveux ébouriffés, le visage mutilé par des cernes bien marquées et un début de barbe. Même les habits, eux, ne tenaient pas le coup - généralement froissés ou portés à l'envers ; en plus de ne pas être accordés. Le masque glissait lentement, me confrontant à nouveau à cette dure réalité que je fuyais depuis déjà bien trop longtemps - en ce sens, rien ne me paraissait plus délivrant qu'une nuit de sommeil. Une nuit qui, cette fois-là, ne dura qu'une heure et demie, raccourcie par les soins d'Alessia. J'avais cligné des yeux, trop comateux pour être sensible à son sourire, m'étais contenté de réfléchir à la proposition comme si elle venait d'un militaire dénué de toute émotion.

Du shopping.
Dire non était une solution plus que raisonnable.


J'avais pourtant hoché la tête en toute imbécillité - une douche rapide et j'étais parti suivre Alessia vers la partie Sud de la ville. Un endroit particulier ? Pas vraiment, puisqu'elle mit un certain temps avant de trouver une boutique convenable, après quoi on ne mit pas plus de quelques minutes à sortir. C'était d'une inutilité sans faille, mais je m'efforçais de supporter ce qui ressemblait peu à peu à un calvaire.
Passer d'un endroit à un autre, errer dans le quartier sans but précis, rechercher inlassablement quelque chose qu'on risque de ne jamais trouver, berçant les autres dans un ennui particulièrement remarquable. La fatigue me rattrapait et avec, venait une inévitable irritation. Je mettais bien plus d'efforts à garder les yeux ouverts et éviter les murs qu'à m'intéresser à la situation actuelle - qui, dans tous les cas, n'aurait sûrement pas piqué davantage de mon intérêt.

« J'aurai dû rester à la maison » lâchais-je nonchalamment.

C'était vrai.
Personne n'aurait su démentir cette cruelle vérité. Lorsqu'un animal sauvage est blessé, il n'y a qu'une solution. Celle de l'achever pour de bon.
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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockJeu 10 Avr 2014 - 4:33


it's time to move your ass boy # feat. Gautier


« Je savais qu'il le dirait à un moment où à un autre. Je la sentais venir, celle-là.

J'aurai dû rester à la maison.

- Ha ! Ce n'est surtout pas ce que tu fais à tous les jours "rester à la maison" !

Un rire, à la fois ironique & énervé, s'échappa de mes lèvres.
Ça me tue, Gautier. Ça me tue, ça me torture de l'intérieur, de te voir comme ça.
Qu'es-tu donc devenu ?
Il fut un temps où un simple sourire de ta part me donnait envie de rire; maintenant il suffit que tu m'adresses un regard pour qu'une boule se forme dans ma gorge, que mon coeur se crispe, que je sente des larmes s'apprêter à couler le long de mes joues.

Certains trouveront que j'exagère, d'autres que je suis bien trop sensible.
Mais est-ce que vous le savez ? Est-ce que vous savez ce que c'est que de côtoyer celui que l'on aime, à tous les jours; de sentir qu'il souffre, qu'il souffre en silence; de ne pas pouvoir distinguer ses sourires sincères de ses sourires tristes; de se sentir dans l'incapacité de pouvoir l'aider, l'aider à retrouver sa bonne humeur, ses rires ? Est-ce que vous savez ce que c'est que d'espérer à chaque instant qu'un miracle se produise, et qu'il fasse en sorte que ce malheur cesse de s'abattre sur lui ?

Car plus ça va, et plus je sens que le tout empire.
Je m'efforce de me convaincre que ce n'est que passager, qu'il déprime et que ça va passer. Mais quelque chose en moi m'empêche d'y croire, quelque chose en moi m'empêche de m'accrocher à cet espoir, quelque chose en moi me demande de ne pas rester là, à le regarder se renfermer. Je le sens se dégrader, se dégrader moralement. Je le sens s'effacer, petit à petit.
Mais qu'est-ce qui te fait ça, Gautier ?
Et il y a ces fois où je me demande pourquoi est-ce qu'il ne me raconte rien. Je suis là, mais je me sens tellement inutile. Tout ce que je réussis à faire, c'est de me lamenter à la moindre petite chose, au moindre petit soucis. Puis je me compare à lui, lui qui encaisse et se tais. Mais ce n'est pas bien, ça. Ce n'est pas bien pour toi, Gautier.

Parfois, j'aimerais bien être comme ces gens, dont leur seule et unique présence suffit pour vous réconforter. Ces gens qui savent trouver les mots pour vous redonner votre joie de vivre. Parce que moi, c'est un peu tout le contraire. Je ne sais pas quoi faire, quoi dire, comment agir. Je n'y arrive pas; je n'arrive pas à répandre cette chaleur ou redonner confiance, comme ils le font si bien.

Le problème, c'est que Gautier fait partie de ces gens.
Et à cet instant, j'aurais tellement voulu qu'on puisse échanger de rôle.

Avec mon menton, je désignais la vitrine du magasin fermé, juste en arrière de lui. Ma main gauche vînt se poser sur son épaule droite, une fois qu'il se fut retourné.

- J'aimerais que tu te regarde, un moment, dans ce reflet.

Suite à plusieurs instants de silences, je soupire.

- Il est passé où, l'idiot heureux que j'ai connu ?

Ma main glisse le long de son bras pour lui prendre la sienne. »

HRP. : BLABLA

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockMar 15 Avr 2014 - 20:29


It's time to move your ass boy

Mal aise. La phrase était sortie toute seule, soudainement, sans écarts. Inattendue, impulsive, mais sincère. Bien que prônant souvent la franchise, prendre des gants n'était pas une mauvaise chose dans certaines situations - celle-ci en faisait parti. Pourtant, même si j'étais conscient de tout ça, les regrets n'étaient pas au rendez-vous. Dans un sens, et ce, même de cette façon, la vérité devait sortir : en l'heure actuelle, sortir ne faisait pas parti de mes priorités. C'était, au contraire, tout ce que je ne voulais pas faire.
Rester terré au fond de mon cabanon à broyer du noir me convenait très bien - ça avait beau être la pire chose à faire, je me portais très bien comme ça.

Regard pour Alessia et une réponse cinglante fila presque aussitôt - elle fit mouche à nouveau. C'est vrai, elle avait raison, comme souvent à mon sujet d'ailleurs. Ce n'est pas pour rien qu'elle avait improvisé cette thérapie à l'extérieur - ça semblait être, de son point de vue, la meilleure des solutions. C'était en partie vraie : si j'étais resté scotché à mon écran comme c'était le cas depuis un petit moment, la discussion n'aurait sans doute pas lieu d'être. Parce que, à l'heure actuelle, nous semblions bien partis pour un débat au sujet de ma santé mentale.
Ridicule. Je me portais très bien.

« Je ne vois pas en quoi c'est un mal. »

Ton léger, regard perplexe, la parfaite imitation de l'adolescent bien portant. En temps normal, ça aurait pu passer, mais ce n'est pas elle qui allait tomber dans le panneau. Ils étaient sans doute une poignée, à pouvoir déchiffrer le vrai du faux - Ashley ou Jim en auraient été capable, et Alessia mieux que personne. D'un autre côté, le moindre faux sourire de sa part n'aurait pas échappé à mon regard. Pour le coup, c'était une bataille à jeux ouverts, et même si ça m'aurait fait sourire en temps normal, là, c'était plutôt un facteur gênant de la discussion.

- J'aimerais que tu te regarde, un moment, dans ce reflet.
C'est malheureusement ce que je fais depuis deux minutes.

Sauf que cette fois, il n'y avait pas de grimaces humoristiques comme à chaque fois que je passais près d'une vitre. Cette fois, remplacé par un regard pétillant de mauvaise humeur, des iris brouillés par le dégoût de moi-même, la peur d'une Bête Noire s'éveillant lentement, indiscutablement. Silence, contemplant ce propre reflet sans en tirer la moindre réflexion, étouffé par la peur et la colère. Je détourne finalement mes yeux, viens les poser dans les siens - incompréhensifs, surpris, jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole. L'idiot heureux... ça semble si loin. Je reste immobile, songeant, presque envieux de cette innocence perdue.

Et tout éclate.

« Je pense qu'au fond tu ne me connais pas... pas plus que je ne me connais moi-même. Il faut avoir côtoyé le Mal pour finalement découvrir toutes les facettes de sa personne. Je suis peut-être idiot, mais plus tellement heureux. Je  ne suis pas un type si bien que ça. »

Je m'approche, l'observant sans fléchir, et viens la placer en face du reflet. Un reflet qui, de nos points de vus respectifs, semblaient si différents.

« C'est la face visible de l'iceberg. J'ai éclaté une chaise sur le crâne d'une gamine de 14 ans et je suis allé frapper un A dans les serres par vengeance... à la base. Parce qu'au fond, frapper, dans les deux cas, ça semblait presque plaisant... Silence, écartant ma main de la sienne. C'est ma Bête Noire. J'ai l'air ridicule en comparaison de l'idée du copain parfait.  Où est l'idiot heureux ? Je crois que dans un sens, il n'a jamais vraiment existé... »

N'y tenant plus, je détournais le regard alors que, dans un dernier regard, un sourire satisfait semblait presque naître sur les lèvres de ce reflet menteur.

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockJeu 17 Avr 2014 - 0:19


it's time to move your ass boy #  feat. Gautier


« Franchement, je n'arrivais plus à porter mon regard ailleurs que sur son reflet, que sur ce visage plus qu'épuisé ainsi que ces cernes qui commençaient à se faire de plus en plus apparents. Des détails qui en disaient bien plus long que ce que l'on pourrait croire. Des détails qui révélaient des nuits difficiles, des nuits passées à réfléchir, des nuits où le sommeil était quelque chose de bien compliqué à trouver. Soudainement, je me sentais culpabiliser; culpabiliser de l'avoir réveillé, de l'avoir empêché de dormir plus longtemps. C'était peut-être ce dont il avait de besoin, du sommeil. C'était peut-être ce qui l'empêchait de sortir - trop fatigué pour pouvoir marcher, garder les yeux ouverts, rester alerte.

Ou en fait, peut-être que ce ne sont que des hypothèses que j'émets cherchant à me rassurer. Cherchant à me convaincre qu'il n'ait pas de problèmes sur le dos.
Des hypothèses qui furent bien rapidement infirmées.

Nos regards se mélangeaient pendant que j'écoutais attentivement ce qu'il avait à me dire. Des paroles qui venaient à l'encontre de ce que j'avais toujours pensé de lui. Une manière de penser qui ne lui ressemblait tout simplement pas à mon avis. Un récit qui, pour moi, n'avait ni queue ni tête. Parce que je ne l'aurait jamais cru capable de faire une chose pareil. Je ne l'aurais jamais cru capable d'éprouver du plaisir à blesser, à faire couler du sang. J'ai toujours cru, à l'inverse, que c'était le genre de mec qui n'oserait jamais lever le poing sur qui que ce soit, et qui à la simple vue d'une personne blessée, accourrait afin de pouvoir l'aider.  

Il relâchait ma main.
Choquée par ce qu'il me racontait, je n'arrivais plus à continuer de l'écouter. Je ne voulais plus continuer de l'écouter.

- Tais-toi.

Je recule; un, deux, trois pas, puis je vais m'asseoir sur le bord du trottoir. Encore une fois, un silence, cette fois brisé par le sifflement du vent parmi les branches d'arbres, prenait part dans notre discussion. Un air pensif était collé à mon visage, constitué d'un regard vide & des yeux rivés sur une pierre à quelques centimètres de moi. Pourtant, vous savez, je ne réfléchissais pas du tout. En fait, je ne savais pas quoi faire ni comment réagir ou même quoi penser face à ce qu'il venait de m'avouer. C'était bien la dernière chose à laquelle je m'attendais - surtout de sa part. À un point où je commençais à me demander si ce n'était qu'un poisson d'avril en retard. Mais, finalement, j'ai réussis à me résoudre au fait que ce n'était pas son genre de blagues.
Je m'exclame enfin.

- Tu parles comme s'il y avait un démon en toi. Réveilles mec; tu n'es qu'un être humain.

Mes coudes se déposent contre mes cuisses, portant par la suite mes mains contre mon visage.

- Et puis put*in, Gautier, c'est en persistant à te donner un côté sombre que tu finiras par devenir un connard, comme ce Tony d'merde par exemple.

Je soupire, déjà très énervée. Je suis du genre à prendre les nerfs assez rapidement, il ne m'en faut pas beaucoup. Je commençais à bouillir de l'intérieur, je sentais une chaleur insupportable m'envelopper, petit à petit. J'espérais qu'il ne dise pas un truc de travers & qu'il garde son calme, contrairement à moi, pour qui contrôler ses pulsions peut être une tâche plus difficile qu'elle n'y paraît. Je l'espérais de tout mon coeur - parce que je savais bien qu'un seul mot de trop serait en mesure de faire exploser le volcan que je contiens en moi. Un volcan qui fait généralement éruption bien vite.

- Prendre plaisir à faire mal ? T'es sérieux là ? Donc, si je comprends bien, tu comptes aller cogner sur le pensionnat entier ou... ? J'imagine qu'il ne te faudra pas grand chose pour aller péter la gueule d'une troisième personne, hein ! Parce que t'es très bien parti pour ça, et surtout, pour te mettre une bonne dizaine de pensionnaires à dos, si ce n'est pas plus ! Tu es ridicule, oui. Tu es complètement ridicule.

Mes yeux se ferment, mes battements de coeur s'accélèrent et je soupire une nouvelle fois.
Pourvu que tu ne penses pas réellement tout ce que tu viens de me raconter, Gautier.
Ce n'est pas toi. »

HRP. : BLABLA

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockJeu 17 Avr 2014 - 14:07


It's time to move your ass boy

Le récit, raconté avec sincérité, dépit et honte, le récit de ma propre vie ; mes quelques instants de colère face à Prudence, mués peu à peu en une seconde entité. L'éveil d'un second côté, de ma noirceur qui était bien réelle. J'avais honte, honte de devoir montrer un nouveau visage à toutes ces personnes, de m'offrir à la lumière une nouvelle fois après m'être si profondément enfoncé dans les ténèbres. En permanence, je sentais comme une boule au fond de mon ventre, comme un mal-être interminable qui me rattrapait et me rappelait quel genre de personnes j'étais - que je n'étais au final, pas à ma place ici.

Malaise. Traîtrise. Honte.
Et pourtant, ce n'était que le début - car la suprématie de ce passager noir ne s'en limiterait pas à ces quelques violences. Comme une maladie qui vous ronge à petits feux, ces ténèbres enfouies gagnaient peu à peu sur moi. Elles se nourrissaient de ces doutes, de cette honte, de cette colère ou de cette violence - elle se nourrissait de tout le mal de mon propre monde, et aujourd'hui, je ne voyais plus que ça. Ma vision optimiste était calquée par un filtre rouge, un filtre de pessimisme et de haine - la recherche continuelle de l'obscurité.

Ces derniers temps, elle n'avait pas été très difficile. Le lendemain, j'avais simplement cherché Heath et Joach pour leur raconter cette mésaventure, et je m'étais bien vite réfugié dans ce qui semblait aujourd'hui être un logis plus que confortable. Les ténèbres, la solitude - un monde éloigné de tous ; deux semaines enfermés, loin de tout, laissant mon corps se cicatriser peu à peu. Récupérer non seulement de ces coups, de cette mauvaise altercation avec Anshu mais également de mon propre revirement. Qu'en diraient les gens ? Le président du Club des Sports est un gars violent qui est parti à l'encontre d'un prinec égyptien. Franchement, sortir m'avait peut-être fait un bien fou physiquement, mais c'était loin d'être la même chose dans ma tête - constatant, avec dépit, le regard dégoûté d'autrui posé sur moi.

Mais ça m'était égal. Si je pouvais passer pour un monstre aux yeux de six milliards de personnes sans en éprouver un remords, décevoir Alessia pouvait en revanche se montrer très blessant.
C'était logique - mais en l'heure actuelle, ce ressenti semblait mis de côté. La Bête semblait me souffler à l'oreille mes véritables sentiments ; à la manière d'Anshu, me sussurer mes propres vérités. C'était moi qui me montrait déçu - déçu de constater qu'elle refusait de faire face, de regarder mon véritable visage et le juger pour ce qu'il était vraiment. Non, c'était l'inverse - elle voulait s'en tenir à sa première impression. J'avais toujours voulu faire la part des choses, séparer mes deux entités, mais c'était un mensonge. Mon propre égoïsme, ma propre lâcheté pouvait se montrer dangereuse - et après deux semaines de réflexion, voir la lumière du soleil m'avait convaincu. Je devais me montrer sous mon véritable aspect, tel que j'étais vraiment - et ce, quelle que soit la personne.

« C'est vrai, il y a un démon au fond de moi. Un passager noir qui attend la moindre occasion pour se manifester. C'est une vérité que l'on peut effacer. »

Le visage sérieux, le regard planté dans le sien - tous les éléments de la sincérité sont là, alors ne me fais pas défaut. Regarde-moi comme je le suis vraiment, et accepte-moi, car tu pourrais bien devenir le dernier rampart avant une chute interminable dans le gouffre de l'obscurité. Elle reste pourtant sur sa position, mais elle n'a pas tort, même si le nom de Tony m'arrache une grimace - ce serait tellement plus facile d'oublier tout ça. Je pourrai mettre de côté cette histoire et demander à Neil un nettoyage de mémoire mais ce serait de la lâcheté - un mensonge, pur et simple, que je ne veux pas renouveler.

« Tu as regardé autour quand on est sortis ? Tous ces gens qui nous regardaient. Je vis ça depuis que je suis arrivé ici. Avant, c'était des moqueries et de la pitié, maintenant c'est du dégoût et de l'animosité. C'est pas une dizaine de pensionnaires que j'ai à dos, maintenant, c'est presque tout le pensionnat. »

Regard vers les alentours - croisant celui de quelques élèves, présents dans la ville comme à l'école. C'est une vérité incontestable, une preuve indéniable des faits. Anshu, lui, doit se délecter de la situation, et la Bête, au fond, jubiler d'être enfin dévoilée au monde entier.

« C'est vrai... il ne me faudra pas grand chose. Et je suis peut-être ridicule, mais je n'ai plus envie de mentir. Je suis un des membres principaux d'Entropy, j'ai participé à la démolition de la salle des A, éclaté l'escalier du 4ème étage de mon propre main et envoyé leur délégué à l'infirmerie. Sans compter qu'après, je me suis battu avec un membre de la classe pour quelque chose qu'il n'a pas commit. C'est la vérité et elle est indéniable - les gens changent. »

Je m'avance pour la regarder à nouveau, cherchant le contact visuel.

« Aujourd'hui je veux arrêter de mentir ou de prétendre être quelqu'un que je ne suis pas. Ce que je t'ai dit, je l'ai vraiment fait et je n'ai menti dans aucun de mes mots. Pense ce que tu veux après ça, mais regarde au moins une fois la réalité. »

Des mots autant difficiles à prononcer qu'à entendre, mais emplis de réalisme ; face auxquels, la Bête jubilait.

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockVen 18 Avr 2014 - 2:11


it's time to move your ass boy #  feat. Gautier


«  C'est vrai, il y a un démon au fond de moi.
Tu délires.

Tu as regardé autour quand on est sortis ?
J'étais bien trop pré-occupée à te regarder toi.

C'est la vérité et elle est indéniable - les gens changent.
Tu as raison.

Sauf que je n'ai rien contre le fait que tu changes, Gautier. C'est ce que tu ne comprends pas. Ce qui me perturbe, c'est le fait que tu changes mais en mal; que tu deviennes peu à peu l'un de ces êtres sans coeur, qui ne cherchent qu'à blesser, qui ne cherchent qu'à détruire sans remords les gens qui les entourent. Ce qui me perturbe, c'est le fait que tu aies changé d'un coup, en passant d'une extrême à une autre; que tu aies passé du garçon comique, énergique, à... à une merde totale.

Et je me sens mal d'avoir à penser ça.
Mais c'est malheureusement le cas.

Je déglutis.
Il me déprimait, il me décevait, il me dégoûtait. Je voulais le croire, mais -et j'espère que vous comprendrez- je n'y arrivais pas. J'avais l'impression que tout ça n'était que de la pure comédie faite dans un but précis. J'espérais que toute cette histoire, que cette journée, que ces dernières semaines ne soient qu'un mauvais rêve. J'espérais que l'on vienne me réveiller. J'espérais que l'on me dise que rien de tout ça ne ce soit réellement passé.

- Tu... tu me fais peur... tellement peur, Gautier.

Ma voix tremble, mes dents grincent, mes mains se crispent et s'agrippent à mes cheveux.
En fait, je n'osais même plus parler, je n'osais plus le regarder.  Désormais, à chaque fois que nos regards se croisaient, je sentais un frisson me parcourir le dos, me glacer le sang. Même son regard n'était plus le même. Autrefois, il était chaleureux. Maintenant, il était vide - sans aucune douceur.

En fin de compte, peut-être que c'est vrai, peut-être qu'il a raison, peut-être qu'il est réellement devenu tel qu'il le prétend. Sauf qu'il mentionne avoir toujours été comme ça, l'avoir toujours caché. Donc, est-ce qu'on peut m'expliquer pourquoi est-ce que je ne ressentais pas la même chose, les jours précédents, lorsque nous avions un contacte - indirecte ou pas ? C'était un espoir. Un dernier espoir que je me faisais.

Je ne pouvais m'empêcher de douter, de me poser des questions.

- Je... je n'y arrive pas. Je veux bien te croire mais je n'y arrive pas... Mets-toi à ma place.

Je mordais la lèvre si fort que je sentais que, bientôt, du sang allait en couler.
Je fermais les yeux si fort que je sentais les muscles de mon visage se fatiguer.
Je serrais mes cheveux si fort que je sentais que la peau sur ma tête allait bientôt s'arracher.

- C'est comme un tourbillon, comme une tornade, tu sais. Une fois que tu y es complètement entraîné, tu n'en ressors plus. Alors je t'en prie... je t'en prie, ne sombre pas. Évite ces pensées négatives... je t'en supplie. Ou du moins... tu veux bien... essayer ?

Je secoue la tête, les sourcils froncés.

- Je ne dis pas ça pour moi. Je ne veux pas que tu te fasses du tord... est-ce que tu comprends ? J'ai peur, oui... mais pas de toi. J'ai peur pour toi.

S'il y avait bien une personne à qui il nuirait le plus, c'était bien lui. À force de se laisser aller, en laissant librement cette Bête Noire dont il parle croître en lui, guider ses actions, ses pensées ; elle va le démolir sans même qu'il ne s'en rende compte.

Ne sombres pas...
...Ne sombres pas.
Je t'aime tellement. »

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockVen 18 Avr 2014 - 10:05


It's time to move your ass boy

Durant cet instant, pour la première fois, je regrettais d'avoir croisé son regard. L'espace d'un moment quand, au milieu de ses iris, j'avais vu ce dégoût qui embuait le regard des personnes qui me regardait. Pendant une seconde, la Bête avait rangé dans cette normalité l'amour lui-même. Pendant une seconde, peut-être, mais dans la sienne, définitivement. C'est comme ça que je la voyais - piétinant tout sentiment, crachant sur ma vie avec le sourire, détruisant mon univers comme elle l'aurait fait avec celui d'une autre. Cruelle Bête, impitoyable passager - elle écrase tout ce qui l'aurait gêné pour assurer sa suprématie sur mon être.

Pourquoi moi ?
Je me l'étais demandé mille fois. Mille fois que je me regardais avec dégoût et, au fond, je comprenais cette manière de pensées - je comprenais ce dégoût que l'on portait sur moi. Cette peur instinctive qui les poussait tous à m'éviter, à me regarder comme un véritable monstre. À me mettre sur le dos le poids de cette violence que nous possédions tous. Comportement égoïste, instinct de survie - mais Pourtant, Jim l'avait fait. Jim m'avait accepté malgré ça - et ça n'avait pas été le seul, pas le seul à regarder la réalité et m'accepter pour ce que j'étais. Ashley l'avait fait, elle aussi - tout était resté pareil, pour nous, elle aussi avait regardé au travers de ce monstre.

Tu... tu me fais peur... tellement peur, Gautier.

Et la vérité se dévoile enfin, explose à mes oreilles - cette sincérité jusque là absente se montre enfin. Cette honnêteté que, pourtant, je n'arrive pas à pardonner. Lui fair peur - conneries. D'autres l'ont fait, d'autres n'ont pas cessé de sourire. Ils ont cru - cru que je pouvais rester le même, que je ne serai pas cette chose-là en leur compagnie ; pas la moindre larme, voix qui tremble, ou le simple chagrin. Anshu avait compté pour Ashley, mais elle n'en m'avait pas tenu rigueur. C'était peut-être elle, la pire dans l'histoire, mais notre relation n'avait changé en rien - bien au contraire, cette amitié semblait avoir effacé cette mauvaise passe. Alors, pourquoi l'amour ne pouvait-il pas en faire autant ?

Je... je n'y arrive pas. Je veux bien te croire mais je n'y arrive pas... Mets-toi à ma place.

Mais je n'y arrive pas non plus - je ne peux pas me mettre à ta place. Je crispe les dents et, au lieu d'en ressentir la moindre compassion, c'est la colère qui me prend à la gorge. La colère que le passager entretient, comme la fumée d'une cigarette qui vous pollue les poumons pour les pourrir peu à peu. Parce que moi, quelques minutes plus tôt, j'avais cru en elle - cru en nos sentiments respectifs et j'avais dit toute la vérité pour voir ce qu'elle allait en faire. J'avais tout dit et ça avait suffit à mettre à mal notre relation. Je serrais le poing, agacé, incapable d'accepter une telle facilité - en parlant, j'étais résolu à mettre un terme à tout ça, mais c'est la Bête qui semblait gagner du terrain. C'est elle qui, à nouveau, semblait tenir le beau rôle.

C'est comme un tourbillon, comme une tornade, tu sais. Une fois que tu y es complètement entraîné, tu n'en ressors plus.

Et à nouveau, mes dents se serrent. Le désespoir, un instant, puis je reprends contenance. Une tornade, c'est tout ce que je suis ? Un vrai tourbillon qui a tout écarté dans son sillage - et qui maintenant, va l'écarter ? Prière, supplications, mais c'est inutile - je recule d'un pas, extirpe lentement. Ne sors pas maintenant. Je regarde les alentours, les rues presque vides. La vérité, encore, la vérité en pleine figure. Mes mains viennent se déposer sur mon visage, crispé, masquant mon expression - dissimulant cette ultime lutte intérieure. Et mon pied, chargé de toute cette colère, vient frapper sur la poubelle à proximité pour l'envoyer sur le mur en face. Violence. Impulsivité. Encore une fois.

Rien n'a changé en deux semaines.
Je croyais pouvoir enchaîner la Bête, mais c'était une erreur.

« Tu sais, j'y ai cru pendant un moment... que tu allais pouvoir comprendre. Jim l'avait fait... et il n'était pas le seul. Je pensais que tu pourrais faire pareil. Je pensais qu'on s'aimait assez pour ça. »

Et mes mains glissent doucement le lent de mon visage - le masque coule, délicatement, laissant entrevoir, un instant, la Bête. La haine, la distance, la froideur - le sérieux de son visage, bien vite dissipé par cette colère triste. Je lève ma tête, souris bêtement - tente d'écarter toute trace de chagrin, me refusant à laisser entrevoir la moindre émotion. Je veux bien essayer... Je l'ai déjà fait. Et j'ai déjà sombré, qui plus est. Au fond, c'était idiot de penser ça - et cette fois, je baisse le regard, lui offrant un visage d'une neutralité presque effarante, une neutralité honteuse.

« C'est déjà fait tu sais, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. J'ai tout donné. J'ai tout fait pour l'éviter mais j'ai fini par comprendre que c'était une part de moi. Je ne peux plus changer et si tu n'es pas capable d'accepter ça alors... très bien. Tu n'auras plus à le faire. »

Je me détournais, sans un regard, partant dans la direction opposée. Rapide, fermée à toute intervention, je disparus rapidement de son champ de vision pour m'enfoncer au plus profond de la ville. Disparaître rapidement, loin de tout regard - disparaître du monde. Loin, pour aller déverser ma rage quelque part.

Elle n'avait pas pu vivre avec la vérité de ce que j'étais.
J'étais au moins persuadé de ça, maintenant : personne ne le pourrait.

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockVen 18 Avr 2014 - 19:46


it's time to move your ass boy #  feat. Gautier


«  Bouleversement. Choc.
À la vue de ce nouveau visage, je sentais mon coeur faire un bond. Ce n'était définitivement pas celui que j'avais côtoyé les instants précédent. C'était pire encore.

Là, c'était de la vraie peur.
Son timbre de voix avait changé, ce regard, ce coup dans cette poubelle; tout avait soudainement changé. J'avais l'impression qu'on venait de m'enfoncer un couteau dans le dos. Mon estomac se tordait, mes poumons se tordaient, mon coeur se tordait. J'aurais préféré qu'on m'achève, que l'on me tue, plutôt que de le voir penser une chose pareil de moi. Plutôt que de le voir croire que j'avais honte de lui, que je ne l'acceptais pas.

Car, vous savez, ce n'est pas le cas.
Gautier, c'est celui en qui j'ai le plus confiance, celui à qui je tiens sans-doute le plus, et bien plus que tout ça, celui que j'aime. Qu'il devienne je-ne-sais quoi, j'en ai rien à foutre. Ce n'était pas le problème. Je n'arrivais juste pas à le croire. Il avait changé, certes, mais d'un coup. Il se montrait sous son vrai jour, mais d'un coup.

Il s'en va. J'entends ses pas s'éloigner.
Il avait tout compris de travers.
C'est alors qu'un cris, un cris de rage s'échappe. Un cris qui pourrait se faire entendre à des kilomètres et des kilomètres à la ronde.

Et c'est ainsi que je cours le rejoindre, que je cours le retenir, en pleurs.
Je m'agrippe à lui, aussi fort que je le peux. Je le serre, aussi fort que je le peux. J'essaye de le retenir, comme je peux, et je cris, je cris jusqu'à m'en déchirer les cordes vocales. Je cris jusqu'à n'en plus avoir de souffle.

- ÉVIDEMMENT QUE L'ON S'AIME ASSEZ POUR ÇA, P*TAIN DE MERDE !

Je ne le relâchais pas, l'étreinte ne cessait de se resserrer.  

- JE T'AIMERAIS TOUJOURS ET TEL QUE TU ES ! TU ENTENDS ? JE N'AVAIS PAS COMPRIS TOUT À L'HEURE, JE N'AVAIS PAS COMPRIS QUE TU... QUE TU...

Que tu ne te prenais pas pour quelqu'un d'autre, et que tu ne faisais que te dévoiler.
Cette phrase, j'avais dû la répéter au moins des centaines, et des centaines de fois.
Je l'aimerais toujours, et ce ne sont pas des mots en l'air.

Je sens soudainement mes forces m'abandonner.
Et je tombe. Je tombe, je m'effondre, je m'écrase pitoyablement à genoux. Respiration saccadée, des battements de coeur qui allaient à des milliers de kilomètres à la seconde. Car je regrettais; mais il était probablement trop tard. S'il m'inspirait du dégoût tout à l'heure, c'était parce que je croyais qu'il voulait, contre son gré, devenir ce qu'il n'était pas. Je croyais qu'il voulait devenir ainsi, qu'il voulait laisser de côté sa lumière et appeler les ténèbres. Je n'avais pas encore capté qu'il l'avait toujours été, qu'il avait toujours été comme ça.

- Je t'accepte comme tu es, Gautier...  Je... JE T'ACCEPTE COMME TU ES, ET JE N'AI JAMAIS HÉSITÉ SUR CE POINT, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS ! TU ES MON AMOUR, JE NE TE REFUSERAIS JAMAIS, SOUS AUCUN DE TES ANGLES ! ET SI TOI TU M'AIMES, ALORS TU VAS ME CROIRE ! ALORS TU VAS ME CROIRE... Alors tu vas me croire... Alors... alors tu vas me... tu vas me croire... n'est-ce pas ?

J'avais l'impression que tout était perdu d'avance.
J'ai voulu croire en ses mots, mais j'y suis parvenue un peu trop tard. C'était simplement dur à avaler, c'était un changement trop radical, un changement trop brusque.

On aurait cru que je me contredisais, mais je n'étais que totalement perdue. C'est maintenant que tout se clarifiait.
Reprends-toi, je t'en supplie. Je sais que tu en es capable. »

HRP. : BLABLA

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MessageSujet: Re: gautier ✖ it's time to move your ass boy   gautier ✖ it's time to move your ass boy 1400359500-clockVen 18 Avr 2014 - 21:50


It's time to move your ass boy



Le passager se montre à nouveau, persistant, implacable, irréprochable vis-à-vis de son propre rôle. Toujours présent, sans faillir, toujours mauvais, sans écarts. Il reste fidèle à son poste, fixé vers son objectif, égal à lui-même. Il reste là pour me pourrir la vie, à l'affût de la moindre opportunitée, de la moindre faiblesse. Colère soudaine, le visage aussitôt transformé et le tempérament chauffé à bloc. Calme envolée, contrôle disparu, l'âme brisée, les éclats de mon propre reflet déjà balayés par cette rage soudaine. Cette fois, heureusement, c'est un objet qui en fait les frais, cette fois, il n'y a eu aucun dégât. Pourtant, je ne peux que constater avec dégoût le résultat de ma propre faiblesse - l'aversion à l'égart de mon inutilité.

Départ précipité. Des pas rapides, fuyants, une lâcheté sans égale. Fuir ces liens, fuir cet amour, fuir ces mensonges - fuir cette vie. Fermé à toute intervention, loin de tout sentiment. Elle me rattrape et, inconsciemment, j'accélère le pas, décidé. Je tourne, tenté de courir - mais elle le fait déjà, elle me rattrape pour venir m'enlacer. Chaleur, l'espace d'un instant, savourant ce bonheur presque retrouvé. Je sens son étreinte se resserrer, tenté de me laisser aller un instant - mais je ne peux me le permettre. Je reste fermé, immobile, me contentant d'écouter son coeur battre, concentré sur ma propre respiration. Je reste stoïque, sans failles, à l'écart.

À cet instant, tout me revient.
Notre rencontre - nos moments partagés, cette longue escale jusqu'aux jardins, mon cri ridicule depuis le toit. Innocence perdue, joie de vivre maintenant mutilée par toutes ces confrontations, existence usée par toutes ces batailles. J'y pense et, n'y tenant plus, me laisse aller, juste quelques instants, m'éloigner de ce climat de cette vie. Me tenir loin de ma Bête, loin de toute la haine qu'elle a engendré, de cette réputation. C'est là que tout semble clair - que sa lumière apparaît enfin, comme le dernier rampart avant le gouffre, le filet de sauvetage qui me sauvera de cette chute libre. Cet amour qui, pourtant bafoué par cette peur et ce dégoût, n'en demeure pas moins lumineux. Cette lumière que je dois protéger - mais je sais maintenant, car tout me semble clair. Je sais que je ne peux pas être les deux à la fois, briller et couler dans le même temps.

Je ne suis pas Jim, ni Ashley, je suis bien plus fragile qu'eux, au fond. Ces coups de colère qui m'avaient donné cette solidité, au final, n'avaient été qu'un tremplin direct vers l'obscurité. Depuis le début, je n'avais jamais su m'affirmer, briller comme ils l'avaient fait. Je m'étais toujours reposé sur d'autres, toujours appitoyé sur ma propre personne. Encore aujourd'hui - et je ne pouvais me le permettre si ça devenait dangereux. Dangereux pour les autres.

Je me redressais, m'éloignais légèrement et glissais un doigt sous son oeil, y effaçant une larme. Souffrance. Indéniablement- et ça n'allait pas s'améliorer. J'observais quelques instants ma paume, mon attention saisie par un morceau de tissu bleu présent sous mon ongle. Je posais une main sur son épaule pour la faire pivoter légèrement, constatant les traces de mes propres erreurs, de cet instant de faiblesse. Le tissu, déchiré à cinq endroits, avec cinq plaies présentes - et sur mes ongles, sa propre hémoglobine. Sauvagerie incontrôlée, incontrôlable.

J'inspirais lentement, profondément, et me reculais presque instinctivement.

« ...Je te crois. Menteur. Tu vois encore son doute en tête. Ecoute-le, ce passager, il est de ton côté. C'est bien pour ça que je ne peux pas. Je ne peux pas être les deux à la fois... et je refuse de faire couler quelqu'un avec moi. Que je ne peux plus... être avec toi. »

Implacable. Mon visage est sévère, impassible, mais de l'intérieur, mes convictions se brisent. Mon avenir semble s'envoler, je profite de mes derniers instants de lucidité. Je profite de ce qu'il me reste de Raison pour m'employer à faire le bien, peu importe ce que ça incombe. Après tous, ces sentiments étaient réels - et je ne peux laisser cette haine les écraser peu à peu. Elle a déjà suffisamment détruit de part de moi-même, elle ne le fera pas davantage. Je refuse de le permettre. Quitte à couler plus vite, je le ferai seul.

« ...Je vais récupérer mes affaires dans ma chambre en rentrant. Je suis désolé. »

Et avec ça, s'échappaient les derniers restes de mon humanité.

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