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 Eclipse.

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MessageSujet: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockMer 15 Jan 2014 - 1:13
Eclipse.
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Il a le coeur lourd, Jim.

Soupir. Assis, bras croisés autour de ses jambes, il se tient immobile. Ses yeux sont fixés sur le papier devant lui. Il est au centre de la grande salle illusoire. La sublime salle illusoire, celle où peuvent naître les rêves. Mais il ne dessine pas. Des dizaines de feuilles jonchent le sol. Des crayons, des feutres, de l’aquarelle. Tout est là pour leur donner vie. Tout, mais pas l’envie.

Il a le coeur lourd, Jim.  

Drew est de retour. Et déja, il sent Anshu qui s’éloigne. Drew est de retour, et même les mots de Selwyn sur le LMS étaient tranchants. Il inspire. Il saisit finalement un fusain du bout des doigts, et l’émiette sur une feuille, en grattant le bout vulgairement sur le papier, pensif. Se matérialisé alors devant lui une paroi de gribouillis noir. L’Ombre. L’ombre menaçant sa lumière. Il déglutit, jette le fusain et s’essuie la main sur son vieux jean. Aujourd’hui, pas de vêtement de haute couture. Pas de soin dans le look, il porte un jean trop grand, un tee-shirt gris clair et, sur la tête, une casquette à Morgan. Il n’a fait aucun effort pour s’habiller. Il a fait l’effort de monter jusqu’ici, et c’est déja beau.

Protège Morgan.

Il frissonne, sentant la chaleur envahir ses yeux, légèrement. Drew a blessé Anshu. Il l’a fait saigner, et plus d’une fois. Anshu a parfois mis plusieurs jours à se remettre de ses blessures. Et quand Drew lui faisait du mal, c’est Jim qui pansait ses plaies. Drew est dangereux. Et les mots de Selwyn ne font que le confirmer.

Il souffle, nerveux. A cet instant même, ils sont ensemble, dans le cabanon 14. Et si ils se disputaient ? Les couteaux de cuisine, le rebord de la baignoire, tout y passe dans le scénario dramatique que s’invente Jim, par inquiétude. C’est peu probable... Drew n’est pas si dangereux que ça...

Il pose ses coudes sur ses genoux, se prend la tête dans les mains, apposant ses yeux contre ses paumes tandis que le bout de ses doigts viennent saisir quelques mèches blondes entre eux. Calme. Et Ulysse. Ulysse dans leur cabane, pour couronner le tout. Mais si ce n’était que ça. Si ce n’était que l’inquiétude que Drew et Morgan se disputent violemment. Non. Il y a la peur qu’Anshu replonge. La peur que Selwyn replonge. Elle est si... Fragile, oui. Elle l’est. Mais ce n’est pas de sa faute. N’est-il pas lui même d’une grande fragilité, à cet instant, s’inquiétant pour l’état de Morgan sans raison valable ? Il revient à sa position initiale, portant ses mains sur ses épaules, coudes sur ses genoux. Il y appose son menton, ferme les yeux. Bien avant Morgan. Bien avant qu’ils ne couchent ensemble. Si Selwyn avait voulu de lui... Si elle avait eu des sentiments pour lui au lieu de Drew, il l’aurait rendue tellement heureuse.

... Ou pas. Ashley. Ashley est là pour lui rappeler que lui-même peut être une ombre, plongeant une personne dans les ténèbres. Peut-être que si il était sorti avec Selwyn, il l’aurai quittée pour Morgan, elle aussi. Probablement, même. Car si il est persuadé d’une chose, c’est que Morgan est la personne avec qui il doit être aujourd’hui.

La porte s’ouvre. Il lève les yeux sur Selwyn.

Silence.
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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockMer 15 Jan 2014 - 23:30

Eclipse.



Son lézard revient, la tête basse. Selwyn est droite comme un i, fantôme posté devant la fenêtre, le regard toisant l’extérieur. Sérénité même. Mais celui qui la connait n’est pas dupe. Il voit ces doigts crispés qui enserrent les muscles de ses bras comme des griffes acérées. Il voit dans ce visage impénétrable la matérialisation même d’un orage estival, avec toute sa violence mais aussi la promesse salvatrice qu’apportent les gouttes qui tombent lourdement. Après la tempête vient le beau temps. Le lézard plante ses griffes dans la cuisse de la Népalaise. Avec un regard fatigué, elle le prend dans ses bras, caressant le sommet de sa tête avec sa joue. Il est temps.

Les cloches du bourg résonnent bien au-delà du pensionnat. Selwyn est déjà dehors, affrontant le froid glacial de la fin de journée. Les oiseaux, timides, ont cessé de chanter depuis quelques heures déjà. La nuit a d’ailleurs commencé de tomber, les ombres ont grandies ; elles dévorent la lumière. Elles dévorent la propre lumière de la jeune fille. L’espoir, l’amour, la tendresse, tout est aspiré, mâché, broyé. Mais le cœur bat encore, vaillant soldat. Les démons sont à la porte, ils frappent, grondent, griffent mais la belle ne se laissera plus faire. Elle se saisira des armes, elle mènera la bataille telle la plus intrépide des impératrices. Pour lui. Pour eux.

Les marches défilent sous ses yeux et chacune d’entre elles est comme un coup porté en pleine poitrine. À chaque pas, elle hésite à rebrousser chemin. Parce que Selwyn est une faible, une lâche. Elle préfère se terrer dans l’obscurité que d’exposer ses cicatrices en plein jour. Amertume. Tristesse. Puis un éclat de soleil sur une chevelure blonde. Un trait de rose flashy. Des sourires et des rires. Frisson. Encore quelques pas et elle y sera. La porte se dresse, imposante. Écrasante. Effrayante. Les gens défilent à côté d’elle et elle reste plantée devant cette porte massive. Parce qu’elle aussi a le cœur lourd. Parce que ses pulsions d’autodestruction se réveillent avec encore plus de vigueur qu’avant. Elle ne veut pas que tant de responsabilités pèsent sur les épaules de Jim. Elle relève la tête, lançant un bref regard vers le soleil déclinant à l’horizon, baignant le couloir de ses couleurs crépusculaires. Inspiration. Elle pousse la porte.

Le regard fatigué de Jim vient se poser sur elle, en toute délicatesse. Mais ce n’est pas son regard habituel. Un regard brisé, terne, livide. Son palpitant se serre, douloureusement. Son ami est assis par terre, entouré par tout un attirail d’artiste mais sa seule œuvre se résume à un gribouillis obscur. Un soupir, imperceptible. Tremblante, elle s’approche doucement. Impressionnée par l’endroit. Attristé par la pâleur du Roi de la fête. D’une douceur infinie, elle s’agenouille face à lui, récupérant la feuille noircie.

« - Laisse-moi arranger ça. »

Sa voix est calme, claire comme un après-midi d’été. Le masque est là, il épouse parfaitement la moindre forme de son visage de glace. Elle saisit un morceau de fusain entre ses doigts agiles. Frémissement. Voilà si longtemps qu’elle n’avait plus essayé de dessiner… Elle esquisse quelques trais et comme une valse lente et sirupeuse, tous ses muscles se mettent en mouvement. Ses traits se fondent dans le tourbillon des tourments de Jim. Elle sait pertinemment qui est à l’origine de son mal être. Le carbone se dépose de plus en plus précisément sur la feuille. Selwyn est dans son monde, son havre, ses yeux sombres suivent chacune des courbes qu’elle trace. Ses mouvements se font plus lents, langoureux, voluptueux. Elle se concentre sur la forme finale qu’elle veut donner à cet amas de charbon. Quelques secondes encore. L’ultime ligne.

Saisissant délicatement la feuille, elle l’approche de son visage. D’entre ses lèvres s’échappent un souffle. Un souffle qui chasse les miettes de fusain comme une pluie de cendres. Un souffle de vie. Car la silhouette esquissée ne tarde pas à apparaitre juste à côté d’eux. Sauvage. Féroce. Indomptable. Le pelage aussi sombre que le pétrole et des yeux abyssaux. La gorge serrée, Selwyn l’admire et dans ses prunelles scintille crainte et émerveillement. Elle tend sa main vers le loup qu’elle venait de faire naitre. Leurs regards se croisent, pendant un bref instant. Le cœur de la brune s’emballe. Instant intense que l’animal brise en se détournant d’elle dans le silence le plus total. Frisson. Cette créature est l’essence même de Drew et ils agissaient tous deux de la même manière. L’image de cet Homme s’était imposée alors que le fusain noircissait le papier. Son âme, elle, était incapable de mentir.

Elle se retourne vers Jim. Elle se mord la lèvre inférieure pour cacher ses tremblements. Drew est de nouveau de retour, comme à sa fête déguisée où il arborait ce masque de loup. Drew est revenu et il rode autour d’eux comme ce dessin vivant le fait à cet instant. Son visage est glacé, comme pris dans le marbre tandis qu’un orage se profile dans ses prunelles.

Selwyn aussi a le cœur lourd.

Elle s’approche de Jim, doucement. Et à chacun de ses mouvements, de nouvelles miettes de son cœur s’envolent dans cette pièce illusoire. Parce que putain, Drew l’a rejeté. Il a fait une croix sur tout ce qu’ils ont vécu. Sur leurs promesses, leurs rêves d’avenir. Non, il préférait se perdre aux côtés d’Anshu. Il l’avait préféré à elle. Peut-être que Jim a raison. Or, elle ne peut pas s’y résoudre. C’est viscéral. C’est une partie d’elle. Drew est une partie d’elle comme Jim en est une autre. Ils étaient, sont et seront.

Le blond est assis face à elle. Il la regarde et elle sent ce regard la transpercer de part en part. Elle sent tout son corps se porter vers lui, comme un morceau de ferraille est attiré par un aimant. Lui, il est là. Il s’éteint lentement mais il est là. Il est là et son cœur bat à quelques centimètres du sien. Il est là et il l’aime. Il l’aime alors qu’elle n’est qu’un boulet à trainer. Il l’aime alors qu’elle est lune et lui soleil.

Le masque se craquèle.

Dans ses yeux, un amour, brûlant comme les flammes qui se réveillent. Jim et Drew ne sont absolument pas comparables. Son affection pour eux n’est absolument pas comparable. L’un la déchire alors que l’autre l’apaise. Sa main, blanche comme la neige se pose sur sa joue, la caresse doucement. Tendresse avant qu’un sanglot ne la surprenne. Avant que ça ne la frappe en plein dans l’estomac. Avant qu’elle ne serre son ami dans ses bras sans préavis. Ses mains se glissent dans sa crinière d’or, sa tête brune se glisse dans son cou.

Elle ne pleurera pas.

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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockJeu 16 Jan 2014 - 0:53
Eclipse.
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Mon regard suit ses traits. Et, doucement, le dessin prend forme. Et à la seconde même ou je comprend ce qui se profile, mes yeux dérivent sur elle, rien qu’une seconde. Je détourne par la suite mon regard, déglutissant. La bouche contre mon bras, mes yeux au sol, je n’observe pas la suite. Elle est là, elle s’y applique. Elle y met toute sa concentration. Elle y met tout ce qu’elle peut y mettre. Rage. Je desserre les dents, me rendant compte que ma mâchoire est crispée.

Et j’attend. De côté, j’attend qu’elle ne lève les yeux de Lui. J’attend qu’elle ne cesse de penser à lui. J’attend qu’il arrête de la hanter; parce-que c’est tout ce que je peux faire. Attendre. Regrets. J’aurai dû m’occuper de Selwyn à la plage. J’aurai dû la réconforter. J’aurai dû la suivre, au lieu d’envoyer Nemesis. J’aurai dû la faire passer avant le reste.

Oui mais voila, Selwyn. Ca fait trop longtemps que j’essai. Trop longtemps que j’essaie de t’illuminer. Mais je commence à douter que cela soit possible. Mes yeux se posent sur le loup qui me fait désormais face, me dévorant de ses pupilles noires. Frissons. Tu ne veux pas être sauvée, Selwyn. Parce-que rien ne te rend plus vivante que de te jeter dans la gueule du Loup. Je fixe la bête. Sauvage. Dangereuse. Comment ne pas penser à lui. Son dessin n’a rien d’un hasard. Il obsède ses pensées. Il obsède son inspiration. Il obsède son coeur. Je cille, et baisse les yeux face au loup. Je rentre doucement ma tête dans mes épaules, apposant mon menton sur mon bras, tandis que la bête se met à rôder autour de nous. Elle est tellement réaliste, je ne me sens pas bien. Mais Selwyn, elle, le regarde avec intensité. Je concentre alors mon regard sur elle. Ce n’est pas que je le veuille. J’y suis forcé. Parce-que Selwyn m’envoûte. Parce-que pour elle, j’aurai pû m’éteindre, si cela signifiait avoir son amour. Le coeur lourd, je me contente de fixer ses prunelles, éteint. Entre tristesse et rage. Je lui en veux d’avoir dessiné ce loup. Je lui en veut de l’avoir amené ici, dans ce que je pensais être notre petit havre de paix. Mais non. Il est là. Même à cet instant, il est là, entre nous.

Contact. Elle me prend dans ses bras. Secousse. Mais je ne bouge pas. Mes doigts se crispent sur mes bras. Je reste immobile, silencieux. Impassible.

Son souffle difficile me creuse l’oreille. Ses sanglots retenus m’insupportent. Et le loup tourne, tourne autour de nous. Déchiré. Je lui en veut de me rejeter. Je lui en veut de ne pas m’écouter, de sombrer, de se détruire. Et dans le même temps, je ne peux pas lui en vouloir. Parce-que j’ai moi même sombré, ce soir là, à la plage, par amour.

Mais c’est différent. Morgan m’illumine. Morgan me rend plus fort. Morgan me fait vivre.

Mais Drew les tue. Tous. Tout ce qu’il touche se fâne. Selphie. Sarah. Selwyn. Anshu. Mais ce qui m’échappe... C’est qu’ils en redemandent tous.

Mon bras se tend, faisant fi de l’emprise de Selwyn sur mon corps. Je saisi son dessin entre mes doigts. Le loup tourne ses yeux noirs sur moi, à cet instant précis. Et mon regard dans le sien, je déchire la feuille en deux. Gémissement du loup, tandis qu’une faille lumineuse lui déchire le ventre. Je joins les deux morceaux de papiers, déchirant de nouveau. Et encore une fois. Encore. Et le loup s’évanoui dans la lumière, tandis que les morceaux de papier s’évanouissent sur le sol.

Selwyn va mal. Et hier, j’ai surpris Drew et Anshu à la cabane, alors qu’ils s’apprêtaient à se retrouver de la façon la plus intime qui soit. Il n’est pas difficile de comprendre. J’inspire, et dépose sur elle un regard impassible. Ma gorge est nouée, mais qu’importe. Je ne veux plus jouer à ce jeu. Si elle veut se jeter dans la gueule du loup, qu’elle le fasse. Mais je refuse qu’il me croque la main alors que j’essai de la sauver.

« Tu voulais me parler. Je t’écoute. »

Froid.

Ca suffit, la détresse, Selwyn. Arrête de jouer la victime, alors que tu te donnes à lui comme un morceau de chair fraiche. Ca suffit. Assume.
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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockJeu 16 Jan 2014 - 22:38

Eclipse.

Froid. Glacial. Terrifiant. C’est sans surprise qu’elle entend le bruit du papier qui se déchire, le gémissement du loup tailladé par un éclair. Elle recule et son cœur se brise. Elle baisse les yeux face à la fureur de Jim. Elle s’incline face à sa force, sa détresse, à sa haine. L’étreinte de sa gorge se renforce, la fait doucement suffoquer alors que les sanglots périssent. Drew ne détruit pas seulement ceux qui l’aiment, il entraine également dans sa chute ceux qui le déteste. Le A devant elle en est un parfait exemple.

Éclair. Elle commence doucement à prendre conscience de toute l’influence que peut avoir cet homme sur sa vie, celle des autres, celle du pensionnat. Deuil puis effervescence. Et la voix de Jim tombe. Exaspérée. À vif. Frisson. Elle serre les dents. Ses ailes déjà décharnées brûlent. Il fallait trouver un coupable. Elle avait choisi Anshu car c’est lui qui possédait Drew alors qu’elle pensait enfin pouvoir lui sortir la tête de l’eau. Mais le prince s’est pris dans ses propres filets, plongeant avec lui dans le désir avide de violence et de sang. Mais si son ténébreux avait sombré c’est parce que Sarah l’avait conduit jusqu’aux berges du Styx. Même Selphie n’a pas réussi à l’attirer de nouveau vers la lumière. Drew s’est forgé ses propres chaines, cachant lui-même les clés de sa liberté. Drew est son propre cauchemar.

Soupir. Elle l’aime. Elle l’aime de toutes ses forces mais ce n’est pas suffisant, ça ne le sera jamais assez. Il a bien grandi son gentil Drew, il s’est bien perverti et ne l’a pas invité dans sa forteresse de pierres sombres. Et aujourd’hui, elle est comme une conne devant l’entrée. Inspiration. Le cœur se serre et s’enflamme.
« - Je renonce au cœur de Drew. » Silence. Elle déglutit, lève la tête, juste assez pour croiser le chemin de ses deux orbes noisette. « Mais je ne le laisserai pas tomber de nouveau et tous les emporter dans sa chute. J’en suis la seule encore capable. »

Elle parle d’Anshu, de Sarah, de Selphie, de Némésis. Et d’elle-même. Elle ne se laissera plus surprendre par les caprices du temps. Une telle chance ainsi offerte est un miracle. Elle fera de son mieux pour le protéger jusqu’à son départ de Prismver. Elle lui fera ses adieux. La distance et l’absence effilocheront les cordes déjà usées de leur relation et ils ne seront l’un pour l’autre que deux fantômes hantant les fractures d’une âme irrégulière. Elle aimerait passer sa vie à ses côtés mais il en est autrement. L’image qu’elle se fait de cet homme ne sied plus à cette créature.

Il faut qu’elle se résonne la belle brune. Il faut qu’elle renie tous ses beaux espoirs. Il faut qu’elle regarde la réalité bien en face. Drew est aussi toxique pour moi. Le cœur se paralyse. C’est la première fois qu’une telle pensée se formule distinctement dans sa tête. Son regard se porte sur les morceaux de papiers noircis, éparpillés sur le sol. Ce n’est pas Drew qui est à ses côtés mais bien Jim. Jim a toujours été là quand quelque chose n’allait pas. Il était à l’écoute, toujours prêt à imposer dans sa tête des arcs-en-ciel et des paillettes. Et pourtant, elle replonge sans relâche dans les abysses, cherchant quelqu’un qui refusait de remonter, préférant moisir au fond d’un puits, jouissant de son pouvoir, empereur du vice.

Selwyn en est fatiguée. Mais qu’en est-il de son bouffon multicolore ? Ça doit être bien pire. Douloureux. Elle ne s’est jamais concentrée sur ce qu’il pouvait ressentir, lui, à ses côtés. Une lueur de terreur éclate dans ses prunelles.

Car si elle perd Jim en continuant de jouer avec le feu...

Il ne restera. Strictement. Rien.



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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockDim 19 Jan 2014 - 17:43
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« Je renonce au cœur de Drew. Mais je ne le laisserai pas tomber de nouveau et tous les emporter dans sa chute. J’en suis la seule encore capable. »

Le silence.  Et puis, un sourire, léger, se dessine sur mes lèvres. Mais il n’a rien d’heureux. Je souffle alorsn laisse échapper une petite exclamation de dédain, détournant les yeux. Frissons dans le dos. Je cille, soupire. Il est temps. Je repose les yeux sur elle, et me lève, enfonçant mes mains dans mes poches.

« ... C’est tout ce que tu avais à me dire ? »

Je la fixe. J’attend. J’attend, mais je ne peux pas. Je ne peux pas la laisser répondre, la laisser réfléchir. Je ne peux pas la laisser parler. Je ne peux pas intérioriser. Pas plus longtemps.

« Ca ne change rien, Selwyn. Tu veux le protéger, fais donc. Sache que, d’une, tu n’y arrivera pas. De deux, tu resteras amoureuse de lui, parce-qu’il t’obsède. Trois... Tu ne t’en sortira pas. Tu sortiras pas de cette obscurité. »

Je me tais, hoche la tête, désolé. Je sors mes mains de mes poches, écartant doucement les bras.

« J’peux plus, Selwyn. J’en ai ma claque. J’arrête. »

Et ce dernier mot qui m’est resté au travers de la gorge. Et ce dernier mot qui me l’a nouée, s’est éteint dans cette atmosphère lourde. J’hoche de nouveau la tête, me détourne d’elle en me passant la main dans les cheveux lentement. Je suis nerveux. Je suis nerveux, mais plus que tout, j’ai mal. Mal, parce-que je fais mon choix. Je fais ce choix que je repousse depuis trop longtemps. Je marche vers la sortie.

Mon navire quitte la tempête. Et je ramène la bouée à bord. Sans elle.

Elle a peur, Selwyn. Je le vois. Je le sens. Mais je ne peux plus la réconforter. Je n’y arrive plus. Je n’en ai plus l’envie. Il a réussi. Il a réussi à briser ça, aussi. Je me retourne. Les mots ont du mal à sortir. J’ai mal à la gorge. La voix tremblante. Une bouffée de chaleur au visage, concentrée dans mes yeux qui, probablement, pétillent. Mais ce n’est pas dû à l’éclat de mon aura rayonnante. Non, Selwyn. Tu sais ce que mes yeux brillants signifient. Il pleut sur le soleil. L’énorme nuage noir l’a recouvert. Et toi, Selwyn, tu vas continuer de danser sous la pluie. Mais ce sera sans moi.

« Toi et moi... C’est exactement pareil... Et tu ne t’en rend même pas compte... » Je ne sais même pas si elle m’entend, tant ma voix est basse. « Tu l’aime. Tu plonge avec lui. Tu veux l’emmener au paradis, mais son Enfer t’engloutis. » ... Mes lèvres tremblent, et je la fixe. Elles ne couleront pas.

« Je t’aimais. J’étais amoureux de toi, Selwyn. Alors j’ai plongé pour toi. J’ai voulu t’emmener au Paradis, j’ai essayé de toutes mes forces. Mais ton Enfer m’engloutis. ... Et voir que tu y plonges de nouveau à la première occasion, alors que c’est le moment ou jamais de t’en sortir... Ca me. »

Je bloque. Je déglutis. Mon poing s’est fermé violemment, et tremble.

« J’en ai marre Selwyn. Il ne veut pas de ta putain de lumière. Tu ne veux pas de la mienne. Mais je ne veux pas faire la même erreur que toi. »

J’inspire. Je la quitte des yeux, et ça me fait l’effet d’une lame plantée dans mon coeur, qui me l’arrache.

« J’arrête. »

Sortie. Je m’avance vers elle. Je ne veux pas qu’elle m’arrête. Je veux sortir de là. Je veux...  
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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockDim 19 Jan 2014 - 20:51

Eclipse.


Et le cœur, tailladé, cesse de battre. Quelqu'un, un jour, a dit que la mort n’est pas la pire chose dans la vie. En effet, le pire, c'est ce qui meure en nous quand on vit. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer. À chaque inflexion de la voix de Jim, c’est une nouvelle lame qui lui pénètre la poitrine. Autant de poison qui se déverse et paralyse tout son organisme. C’est un cauchemar, hein ? Hein, Jim, C’EST UN PUTAIN DE CAUCHEMAR ? Mais non, il est là, distant. Glacé. Blessé. « Je t’aimais. J’étais amoureux de toi, Selwyn. Alors j’ai plongé pour toi. » Frisson. Ses barrières tombent, se fracassent dans un bruit assourdissant. Et la culpabilité, encore plus acerbe, vient foutre le feu au bucher.

Tout n’est plus que chaos. Tout plonge, irrémédiablement, s’enfonce dans les profondeurs de la Terre. Dans les abysses. Angoissantes. Lugubres. Macabres. Sa lumière, elle s’en va. Elle ne veut plus que ses rayons se dardent sur sa peau de neige. Il ne veut plus l’illuminer car elle aussi pourrit de l’intérieur. Or, même celui qui avait semé la gangrène ne voulait plus d’elle. La belle se retrouve entre deux feux, entre le paradis et l’enfer, renié de l’un comme de l’autre. Selwyn, la paradoxale.

Et dans ses pensées, tout s’entrechoque. Les souvenirs du blond rayonnant et du brun ténébreux s’affrontent dans une lutte à mort. Ils se pèsent, se dressent comme des serpents, sifflent, s’insultent, se mordent, se déchirent. Elle tremble. « J’arrête. » Explosion.


« - Jim… »

Un couinement. Un cri de détresse noyé dans les sanglots. Elle porte sa main contre sa poitrine, délogeant un morceau de papier jauni qu’elle avait précieusement gardé contre sa peau. Et quand elle eut fini de le déplier, le dessin se déploya. C’était un paysage maritime. Un coucher de soleil où deux silhouettes se découpaient sur la plage. Et à travers les roulis de la mer générés par la pièce, on pouvait presque entendre leur rire s’y mêler. Or, ce dessin n’était pas des plus récents. Sa qualité est d’ailleurs médiocre, les couleurs fades et les formes floues. Il date de plusieurs années. Il date de l’époque où Selwyn a rencontré ce gars-là, qui se tient devant la porte. Il date de l’époque où Selwyn n’était qu’une gamine esseulée et sauvage, une gamine qui refusait de parler l’anglais et de se mêler aux autres. Une gamine que le mister sans préjugés avait réussi à apprivoiser. Une larme. Elle s’écrase, fait trembler les nuances du ciel.
« - J’ai pas de famille, Jim. J’ai personne qui m’attend à la sortie de ce pensionnat. Absolument personne. »

Son cœur se serre, lui arrachant encore quelques larmes. Parce qu’elle ne l’a jamais avoué à personne, ce douloureux secret. Parce que personne ne lui a jamais demandé. Parce qu’elle ne veut pas qu’on la prenne en pitié. Drew lui aurait certainement répondu que la pitié, ça ne marchait pas avec lui. Il aurait pris son cœur dans ses mains et l’aurait écrasé, broyé en mille morceaux. C’est peut-être ce que ferait le nouveau Drew. Pas l’ancien, non, pas son ami de longue date mais que reste-t-il de lui ? Rien, finalement. Il ne reste surement rien. Il faut peut-être étrangler cet espoir, Selwyn. C’est lui qui te détruit. Elle déglutit.

« - Tu es tout ce qu’il me reste Jim… »

Sa voix se brise, sa phrase se finissant dans un murmure imperceptible. Comme si ça pouvait le faire changer d’avis hein ? Elle redoute un « fallait y penser avant. » Un « j’en ai rien à foutre. » Elle contracte tous ses muscles mais ce n’est pas suffisant. Elle cède aux sanglots. Elle s’incline. Cette situation est certainement la pire de toutes ses frayeurs nocturnes. Perdre la seule personne qui l’aime. Qui l’aime sans limites, sans contraintes et qu’elle a pourtant rejeté. Elle ne vaut pas mieux que Drew Bolton. Souffrance.

« Je l’abandonnerai si ça me permet de rester avec toi. »

La sanction tombe comme la foudre sur l’arbre. Elle électrise, brûle, anéantie. Son cœur s’est mué en cendres, emportées dans la tempête. Son choix a été fait. Prématurément, ou trop tard, elle n’en sait rien. Une migraine atroce lui vrille la tête en plus de son sang qui cogne dans ses tempes.

Elle se sent déchirée. Les braises de son âme attendent le souffle de Jim pour les réanimer. Les morceaux de son âme qui appartiennent à Drew sont, quant à elles, enfermées à double tour.

Enfouies.

Au plus profond de l’océan nébuleux de son cœur.


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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockDim 19 Jan 2014 - 22:37
Promise.
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Ses pieds s’immobilisèrent. La tête basse. Le regard au sol. Les commissures de ses lèvres tremblaient, son pouce venant glisser contre son index doucement. Caresse. Sa voix était une caresse, alors qu’elle murmurait son nom. Faible. Tremblante. Etoile mourante.

Lui n’était plus capable de faire un pas de plus. Son coeur était lourd, bien trop lourd, et son corps semblait de plomb. Immobilisé, paralysé, pétrifié.

Soumis. Soumis à celle à qui il aurait pû tout donner, si seulement elle l’avait accepté. Si seulement elle lui avait ouvert ses mains. Son coeur.

« - J’ai pas de famille, Jim. J’ai personne qui m’attend à la sortie de ce pensionnat. Absolument personne. »

Les yeux du jeune homme se fermèrent, comme le tombé de rideau sur une pièce de théâtre. Il avait voulu se montrer fort. Il avait voulu tenir face à elle, se montrer de marbre, la forcer à se libérer de ses chaînes. Mais lui-même en était encore prisonnier. Son prisonnier à elle. Mais qu’est-ce qui le retenait ? Il ne cherchait plus son amour, lui avait trouvé le sien. Il avait Morgan désormais, et pour rien au monde, pas même pour Selwyn, il n’aurait voulu que les choses ne changent. Alors pourquoi ?

Les rires. Les silhouettes. Ses yeux aux éclats noisettés s’étaient posés sur eux, malgré lui. Soleil. Le but de sa vie. La raison même de son existence. Les rendre heureux. Purement et simplement. Mais là était toute la complexité de Jim. Une générosité égale à son égoïsme. Paradoxe. Personne n’est blanc, ou noir. Et si Jim paraissait être du blanc le plus pur, lui aussi, possédait ses nuances. Subtiles. Enfouies. Floutées. Mais réelles. C'étaient ces nuances, qui se mêlaient à cet instant. Partir ou rester.

«  Tu es tout ce qu’il me reste Jim… Je l’abandonnerai, si ça me permet de rester avec toi. »

A cet instant, il leva les yeux sur elle, cherchant des réponses. Elle venait pourtant de lui fournir. Mais il craignait les paroles hâtives. Le désespoir. Qu’elle lui donne ce qu’il avait envie d’entendre, retenant les chaînes, enserrant la clé dans son poing. Mais qu’importe. Il acceptait alors de se contenter de paroles hâtives, il acceptait de se nourrir de faux espoirs, jusqu’à la prochaine désillusion. Pourvu que cela signifie ne pas briser le coeur de la belle aujourd’hui. Il finit alors par acquiescer silencieusement, son regard dense, emplit de tout ces doutes, s’apesantissant sur elle.

« ... Alors je serai là. »

Et son regard fuit, se dérobant sous ses iris grisâtres, tout comme son corps se mouvait vers la sortie. Trop pesant. Trop d’espoirs brisés. Trop de rêves étouffés. Trop de peine, trop de souffrance. C’était comme quitter la chambre d’un mourant. Comme quitter la pièce où repose un être cher, sans que l’on sache comment on va le retrouver le lendemain. Sans que l’on sache si on va le retrouver le lendemain.

La porte s’ouvrit, puis se referma. L’air. La lumière. Et lentement, les pas du grand blond l’éloignèrent de la pièce. L’éloignèrent d’elle. Et l’éloignèrent de ce lien, qui ne vivait plus qu’à travers cette promesse. Cette promesse, et cette larme au coin de l'oeil brun, alors hâtivement séchée.
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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockSam 25 Jan 2014 - 15:31

Eclipse.

Un regard qui s’appesantit sur ses épaules. Il a l’air si triste. C’est de ma faute. Une nouvelle larme roule sur ses joues, oscille un bref instant sur son menton avant de s’écraser lamentablement sur le sol. Elle se souvient du soir où elle l’a embrassé. Or, ce soir-là, il n’y avait que l’image de Drew qui rodait dans son esprit. Elle n’avait pas pensé une seconde à ce que pouvait se signifier ce baiser pour Jim. Parce qu’elle l’a trouvé toujours trop éblouissant pour oser penser une seule seconde qu’il pouvait y avoir l’étincelle entre eux. Et pourtant, chacun a glissé en l’autre quelque chose qui lui était propre. Des éclats. Sombres ou irisés. De la douleur et des sourires. Un attachement irrationnel. Toi aussi, tu brises des cœurs….

Un regard. Un ultime contact. Une promesse. Une décharge électrique qui force la vie à revenir dans les veines alors qu’elle tentait de s’enfuir. Parce que les cadavres ne peuvent baigner dans sa lumière. Parce qu’elle brûle les plaies qui purulent encore. Parce qu’elle est morsure pour les âmes sales et un baume pour les cicatrices douloureuses. My medecine.

Elle baisse les yeux alors que la porte se referme. Elle a honte. Honte d’avoir été aussi aveugle. Aveugle au point de croire que le blond l’aimerait peu importe ses actions. Aveugle au point de croire qu’elle pourrait Drew et se sauver elle-même. L’âme de la brune s’est elle-même corrompue. Elle s’est elle-même enfermée dans un monde aux espoirs clos et aux illusions malsaines. C’est rassurant. C’est sécurisant. Mais c’est faux. C’est toxique. C’est destructeur.

« - Kṣamā... »

Un murmure. Une prière. Pour qu’il lui accorde son pardon. Elle ne cherchera pas à le retenir. Elle ne peut pas lui imposer sa présence alors qu’elle est brisée. Et le voile recouvrira son corps meurtri. Sous sa cape, entourée de toute son aura ténébreuse, elle pansera ses blessures comme un animal. Tapie dans l’ombre, elle se reconstruira, pièce par pièce, morceau par morceau. Elle ne sortira de sa tanière qu’une fois les miettes de son âme en charpie recousues. Avec maladresse. Avec les moyens du bord mais recollées. Elle sera la Lune. Ronde. Belle et pâle. Éclatante dans sa robe opaline.

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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clockSam 25 Jan 2014 - 18:55
{ Tes RP sont magnifiques. ♥ J'archive donc, ce fut, comme toujours, un plaisir. ♥ }
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MessageSujet: Re: Eclipse.   Eclipse. 1400359500-clock
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