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Un aparté - Pelote




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 Un aparté - Pelote

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Message Dans Un aparté - Pelote | le Ven 23 Sep 2016 - 19:01
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Tout est parti d’une petite blague envoyée par message à Leann. « Tu fais quoi ce weekend ? On pourrait se voir… Rien de bien fou, je ne vais pas te brusquer en te proposant d’aller à Londres, mais un pique-nique en forêt pourrait être un bon début ? » Je voulais juste glisser l’idée sur la table et la ressortir plus tard, mais, à ma grande surprise, elle a aussitôt cédé.
Moi qui voulais l’emmener loin de l’île et de ses problèmes le temps d’un weekend, je n’avais pas loupé mon coup… Quel coup… C’était de l’improvisation plus ou moins totale… Impossible de joindre mon père tant qu’on est sur l’île… Normalement, depuis que ma mère est partie, le weekend il ne reste pas à la maison.
Elle avait accepté en début d’après-midi, et je lui ai dit que si elle se préparait vite on pourrait dîner chez moi… Ok, pose-toi deux secondes Pierce, et calcule ton coup.

Départ à 18h15, heure d’affluence, forcément avec qu’un train tous les deux jours… Nous pourrons nous glisser dans la foule sans aucun soucis, il faudra compter 3h de train pour arriver à Londres, puis vingt minutes de métro pour aller de King’s Cross St. Pancras à Gloucester Road sur la Rayners Lane… On devrait être installé vers 21h… Si les placards sont vides…. Il y a plein de beaux restaurants à côté. Je verrai bien Leann manger un kebab ceci dit…

Bien. Maintenant que j’ai les grandes lignes de mon plan, je peux faire mon sac tranquillement. Je pris mon sac à bandouille en cuir, j’y glissais mon bloc-notes, un stylo, le chargeur de mon téléphone, des écouteurs, un livre. J’ai des vêtements chauds sur place, et il fera frais. On est en avril après tout et ils ont prévu de la pluie.
J’enfilais un tshirt à manches longues noir, j’avais déjà un jean bleu marine, je prendrai mon duffle-coat, ça devrait faire l’affaire. Sans oublier le petit bijou que j'ai pu me procurer discrètement, celui qui nous permettra de passer un weekend tranquille...

Tout est prêt ! Je n’ai plus qu’à aller à la ga… il n’est que 16h… Le train est dans deux heures… Et Leann aide Colton à préparer son examen… Je soupire longuement et bruyamment car impatient. C’est suffisamment rare pour que je le relève. Mes devoirs étaient faits, la question ne se posait pas.
Et moi voilà comme un con en train de faire les cents pas dans ma chambre ne sachant quoi faire pour passer le temps. Je pris mon violon et je me mis à jouer la Danse Macabre de Camille St-Saëns, j’adore ce morceau mais au bout de 3 minutes je fus pris d’un dégoût intense pour la musique, bon pas le violon, je le range. Le ménage ? Tout était rangé… Les jeu-vidéos ne m’ont jamais autant dégoûté… C’est insupportable, j’étais incapable de tenir en place mais je n’avais envie de ne rien faire à part de rentrer chez moi, à Londres.
Je craque et je pars me balader en ville ça me fera patienter, je défile dans la ville à toute vitesse, traversant la grande place, le port, le quartier des arts, de la gastronomie et les autres. Je finis même par m’échouer à la ferme… Je regarde mon téléphone… Bon si je vais à la gare maintenant, en marchant à un rythme normal, je devrais en avoir pour dix minutes d’attente…

Aussitôt dit aussitôt fait, j’arrivai à la gare à 18h, je fais la queue pour acheter deux billets de trains, je m’en vais les composter avant d'attendre Leann devant le quai.






Dernière édition par Joshua W. Pierce le Dim 25 Sep 2016 - 23:17, édité 1 fois
Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Ven 23 Sep 2016 - 23:38
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Un aparté ─ PiercyQu'est-ce que j'avais encore fait ? La conversation était pourtant parti de tout ce qu'il y avait de plus normal et puis d'un coup je m'étais retrouvée à accepter un week-end à Londres chez Piercy. Le temps de réaliser il s'était déjà déconnecté, et je me retrouvais à tourner ridiculement sur ma chaise de bureau,  les mains sur le visage et la tête bourdonnant de question existentielles. Qu'est-ce que je prends pour m'habiller? Chaussures de marche ou quelque chose de plus joli? Est-ce que je ramène quelque chose pour ses parents pour les remercier de nous laisser venir le week-end? Joshua avait beau avoir dit qu'ils ne seraient pas là, ça se faisait quand même, non? Sauf s'il avait proposé ça sur un coup de tête et ne leur en avait pas parlé? Ca paraissait improbable. Dans le doute… Au pire, je laisserais ça dans ma valise. Ca ne réglait pas le problème de ce que j'allais concrètement prendre avec moi, d'ailleurs.

- Kei, BBC.

J'interrompais les petites piques de mon ami imaginaire auxquelles j'avais complètement arrêté de prêter attention en lui commandant de me trouver la météo du week-end à la capitale. Pluie probable, mais température plutôt douce. Pas surprenant pour cette période de l'année. Je préparais donc quelques tenues plus ou moins légères pouvant être agrémentées de cardigans et d'un imperméable. Je m'équipais également de quelques cahier de cours pour pouvoir relire tranquillement mes notes pendant ces vacances improvisée… Si Kei se décidait à se taire un jour. Depuis que j'avais accepté l'invitation il n'avait littéralement pas fermé la bouche, me mitraillant de questions douteuses et toujours plus embarrassantes.  

- Et donc? Sous-vêtements sexy ou grand-mère?  Parce que quoi que ça soit l'un ou l'autre, ça sera significatif tu sais? Surtout quand on te propose un week-end. Week-end ça implique nuit tu sais? Hahaha il est plus entreprenant que ce que je le croyais!

Je faisais mine d'ignorer ses millions de remarques mais au fond de moi, j'étais vraiment, vraiment très gênée. Je ne rêvais que d'une chose, qu'il se taise et que je puisse retourner à mes préparatifs en paix. Ou pseudo-paix, maintenant qu'il m'avait mis toutes ces idées en tête. J'avais essayé de faire comprendre à Tolkien que si je recevais un message de la part d'Alwine, et d'Alwine uniquement, il faudrait qu'il lui fasse passer un message que j'avais laissé sur la table lui expliquant la situation.

La suite de l'après-midi, je la passais avec Colton. Sans me perdre en détail, je lui avait dit que je ne pourrais pas venir l'aider ce week-end, mais que je lui avait préparer tout le travail à l'avance pour qu'il ne perde pas de temps. Il m'avait répondu avec un sourire amusé avant de replonger sa tête dans ses fiches. Je me doutais qu'il avait une petite idée de ce que j'avais prévu pour les deux prochains jours, et que de toute façon, il aurait pu utiliser son don pour savoir ce qu'il voulait, mais je préférais me complaire dans l'idée qu'il n'en savait pas plus que les autres. Ca avait au moins l'avantage de ne pas me mettre trop mal à l'aise.  

Prête pour le départ, je m'étais tout de même laissé le temps de cuisiner quelques biscuits à ramener chez les Pierce, juste au cas où. Une fois que tout fût correctement empaqueté, j'attendais de ne plus rien entendre dans le couloir pour sortir la valise de ma chambre. J'aurais du mal à justifier un petit départ à l'improviste à Londres en solitaire. Je n'étais pas partie de Prismver depuis que j'y était arrivée, il n'y avait donc aucune chance que l'idée me prenne tout à coup de faire une petite virée en solitaire et Piercy et moi s'étions bien mis d'accord sur le fait de ne parler de notre relation à personne, ou presque. Mais j'avais encore presque une heure d'avance, et ce malgré les doutes existentiels qui s'étaient immiscées dans mes pensées.

- T'as quand même pris une jupe courte et un pyjama short. Meuf si c'est pas de la provoc je sais pas ce que c'est. Tu fais ce que tu veux hein. Mais je voulais juste que tu t'en rappelles. C'est encore le moment de prendre un vrai truc. J'ai pas trop envie d'être témoin de moments gênants.  

Pourtant, des moments gênant, j'en vivais en continue depuis le début de la journée. La situation était à la limite du gérable. Plus j'y pensais, plus je me disais que j'allais devoir me concentrer sur le fait de faire taire Kei plus que de profiter d'un premier week-end avec mon copain où nous n'aurions enfin pas à nous cacher ou a psychoter sur l'éventuel présence de x ou y pensionnaire dans les alentours.  

A 18h00, je partais pour la gare où le A m'attendais déjà, les billets de train en main. Je scrutais les environs, à la recherche de visages familier avant de rejoindre le brun. Tout ce qu'il y avait à remarquer, c'était la présence accrue de traqueurs et très peu d'étudiants faisaient partie de la foule. Depuis la révélation des pouvoirs à l'extérieur, c'est devenu beaucoup moins fréquent de sortir de l'île.

-  H-h-hey.

Un autre moment gênant pour la collection du jour. Je ne savais pas où poser mon regard après toutes les piques de mon ami imaginaire qui ne cessais de rire, quelques mètres derrière moi. Mes doigts se perdaient dans mes mèches de cheveux détachées, un signe de plus de mon malaise.

- Tu as déjà pris les tickets… hm… Je peux te rembourser hein. Je viens déjà chez toi alors…


Je me doutais que ça serait peine perdue, mais je ne pouvais pas juste me dire que je n'avais pas proposé.

- Merci…  



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Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Dim 25 Sep 2016 - 1:19
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Leann arriva, bien qu’elle soit timide, discrète et peu sûre d’elle, elle se démarquait toujours des foules, un vecteur singulier qui refusait de suivre le mouvement. Je souriais pudiquement à sa vue, l’observant en train de s’approcher avec une maladresse et une incertitude dont elle seule a le secret.
Elle me salue, fuyant mon regard, pas besoin de me dire un mot de plus pour comprendre ce qui clochait. Mais je ne dis rien. Elle vit les billets entre mes mains et me proposa de me rembourser, je pouffe de rire. « Rembour…quoi déjà ? Pff, vous les bleus, toujours à inventer des mots. Aller viens Pelote. » Je pris le sac de Leann pour le porter et je lui montre du doigt le wagon qui allait être le nôtre.

Je me dirige vers la porte du wagon, et j’ouvre la porte laissant passer ma copine devant. « J’ai réussi à avoir un wagon rien que pour nous. »
Je m’enfonce dans le wagon tout en observant les numéros des sièges et des cabines. « Dix-huit, c’est ici, entrons. » j’appuyais sur la poignet de la porte et je l’ouvris. Je posais le sac de Leann et le miens sur la banquette du sens inverse de la circulation. Je retirais mon duffle-coat que je pliais délicatement avant de le poser à côté de nos affaires, je tirais le rideau de la porte de la cabine pour nous donner un peu d’intimité. Puis je me posais au milieu de la banquette, laissant la place à côté de la fenêtre pour Leann. « Aller installe-toi. » lui dis-je tendrement en tapotant la place sur ma droite à côté de la vitre. « Tu es aussi mal à l’aise à cause de Kei hein ? Il t’a monté la tête toute la journée avec des conneries ? »

Je soupirais longuement. « Rien à voir mais je t’ai pris un petit cadeau, ferme les yeux. » j’attendis qu’elle s’exécute. Et je sortis discrètement de ma poche la fameuse amulette que j’accrochais rapidement autour de son cou. « Tu peux ouvrir les yeux. » voilà, ça ira mieux maintenant. Je me sentais mieux, l’avoir sur moi était source de stress.

Le train démarra. « On en a pour trois heures de voyage. » je m’installais confortablement dans la banquette en cuir, croisant les bras avant de bailler longuement la main devant ma bouche. « Désolé, je n’ai pas très bien dormi cette nuit. » Nous allons avoir le droit à un beau coucher de soleil sur la mer, nous étions du bon côté. Je posais ma tête sur le bras de Leann. « Ça va toi ? Avec tout ce qui se passe en ce moment sur l’île… » je baille de nouveau. « Et pas trop stressée de retourner dans le monde des mortels ? Tu n’y es pas allée depuis ton arrivée sur l’île non ? » dis-je d’une voix faible, la fatigue me gagnant mais refusant de m’endormir je faisais la conversation du mieux que je pouvais. « Ça te fera le plus grand bien tu verras. » je me redresse pour lui dérober un doux baiser sur la joue avant de reposer ma tête sur son bras.  




Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Dim 25 Sep 2016 - 15:41
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Un aparté ─ PiercyJe suivais spontanément le pas de Piercy qui nous amenait vers l'un des derniers wagon du train qu'il m'annonçait être complètement vide. C'était un peu les vacances avec trois heures d'avance. Je souriais bêtement, savourant l'idée que d'ici quelques minutes, nous pourrions enfin agir normalement, sans avoir à se soucier de si quelqu'un pourrait nous voir. Une fois entrée, je constatais qu'il n'y avait en effet personne, à part nous deux… ce qui n'empêchait pas le brun de chercher notre exacte place à bord. Je ne fis aucune réflexion et me contentais de m'installer où il me l'indiquait, côté vitre. Vu la disposition de nos affaires, ça ne laissais aucune place pour Kei qui nous fixait agacé depuis l'autre côté de la cabine.  Il pouvait bien penser ce qu'il voulait, rien ne m'empêcherait de profiter de ce week-end. Peut-être pas autant que ce que tu l'aurais fait sans lui, mais en tout cas, je me promettais de ne surtout pas laisser à mon ami imaginaire le plaisir de me voir ruminer pendant toutes nos vacances. Pourtant, tout aussi déterminée que j'étais à passer un bon moment, mon malaise avait dû se retrouver sur un coin de mon visage car Joshua avait, encore une fois, compris que quelque chose clochait.

- Tu es aussi mal à l’aise à cause de Kei hein ? Il t’a monté la tête toute la journée avec des conneries ? 
- Disons qu'il a été assez insistant.

C'était l'euphémisme du mois, mais tu ne voulais en aucun cas inquiéter l'anglais. Si votre petite virée à Londres pouvait être un peu entachée par la présence de Kei pour toi, elle n'avait aucune raison de ne pas être parfaite pour Joshua. Ce n'était en rien de sa faute si mon don était rabat joie. Mais il soupirait tout de même à ma réponse. Je n'avais jamais été très douée pour lui cacher des choses de toute façon, même si le but n'était que de le rassurer.

- Rien à voir mais je t'ai pris un petit cadeau. Fermes les yeux.

Je le regardais surprise, je m'attendant en aucun cas à ce genre d'attention. Mes joues se mirent spontanément à rougir tandis que je m'exécutais avec un remerciement à peine audible. Je sentais ses doigts se frayer un chemin dans mes mèches, effleurant ma nuque une seconde avant de m'autoriser à rouvrir les yeux. Autours de mon cou, à côté de son cadeau d'anniversaire, un drôle de pendentif que j'observais d'un air curieux… avant qu'un drôle de souvenir me revienne en tête. Un visage que je n'arrivais pas à associer avec un nom, mais qui me semblait pourtant familier. Quadragénaire, cheveux châtain foncé, un air bienveillant sur le visage. Il me tend une petite boîte que mes mains d'enfant ouvrent avec entrain.  C'est un annulateur. Tu en es certaine. La dernière fois que ce genre de vision t'es arrivée, c'était au bal de Noël, et ça ne t'es littéralement jamais arrivé en sa présence. Pourtant, je reste muette. Je fais comme si je ne m'étais rendue compte de rien. Si Piercy avait voulu me le dire, il aurait très bien pu le faire. Il préférait m'indiquer la durée de trajet, avant de bailler longuement.

- Tu peux te reposer contre moi si tu veux

Sans se faire prier, il posa sa tête contre mon bras. J'adorais la sensation de ses cheveux contre ma peau, ou tout simplement le fait de le sentir contre moi, sa chaleur se propager. C'était tout ce qu'il y avait de plus relaxant. Je me laissais bercer par la cadence du train et les mots de Joshua.

- Ca ne changes pas grand-chose, je suis juste un peu agacée de voir que Mme. Stauton est encore une fois un peu trop du genre à rabaisser les moins bon. Ce n'est pourtant pas son intérêt. Si j'étais elle, je ferais en sorte que tout le monde puisse apprendre à maîtriser son pouvoir dans les meilleurs condition si elle espère pouvoir faire sortir des étudiants de Prismver sans danger de perte de contrôle à l'extérieur. Surtout vu le nombre de touristes qui se baladent en ce moment. Enfin, ce n'est que mon avis.

J'évitais néanmoins depuis un petit bout de temps de parler de ce que je pensais de la vice-directrice. Je n'avais aucunement l'intention de me retrouver en E pour mauvaise conduite.

- Et pas trop stressée de retourner dans le monde des mortels ? Tu n’y es pas allée depuis ton arrivée sur l’île non ? 

Je me contentais d'acquiescer. Sept ans depuis que j'avais pris ce train pour la dernière fois. Au moins dix ans depuis ma dernière visite à Londres. A l'époque, les smartphones qu'on croisait en ville se comptaient sur les doigts d'une main. Les crop top étaient loin d'être à la mode, pour le bien de tous. Et de toute façon j'étais bien trop jeune pour me préoccuper de ce genre de choses. Mon père venait de partir, on avait été voir ma tante… entre temps, j'avais eu le temps de devenir une adulte, et je revenais avec quelqu'un. Wow. La moi de cette époque n'aurais jamais cru que ça se serait passé comme ça. Que quelqu'un comme Piercy aurait pu s'intéresse à elle. Qu'elle aurait pu aller passer un week-end chez la personne qu'elle aimait. A vrai dire, même la moi d'aujourd'hui avait du mal à y croire.

- Tu es là, alors ça devrait aller.

Je callais mon visage contre la vitre et regardais le paysage défiler. Le soleil n'allait pas tarder à se coucher et c'était juste la plus parfaite des situation possible. Le calme absolu. Je fermais les yeux ce qui me paraissais être une seconde, apaisée par le mouvement régulier du train et la présence du brun à mes côtés, ses mots rassurants… mais quand j'ouvris à nouveau les yeux, le ciel s'était teinté d'un violet tirant de plus en plus vers le bleu profond de la nuit. Je sursautais, surprise de la vitesse à laquelle j'avais bien u m'endormir. Je passais maladroitement ma main sur ma bouche avant de me tourner vers mon camarade.

- D-désoléee… Aah… je n'arrives pas à croire que je me suis endormie… Moi qui voulais passer du temps avec toi…


Une voix préenregistrée ne tarda pas à nous annoncer que nous approchions de notre destination. Londres. Le début de deux jours chez les Pierce. Je mourrais d'impatience et d'appréhension à la fois. J'allais pouvoir découvrir où il avait grandi, l'endroit où il rentrait pour les vacances peut-être même trouver des photos de lui enfant. Et on allait pouvoir sortir sans stress, passer tout ce temps ensemble, enfin juste tous les deux, sans Kei. C'était presque trop beau pour être vrai. Ca ne pouvait pas se passer aussi bien.   Il allait forcément avoir un imprévu. Comment un week-end pourrait-il être si parfait autrement?



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Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Dim 25 Sep 2016 - 20:00
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Leann répondit à mes questions, elle me parlait de son désaccord quant aux méthodes pédagogiques de Mme Stauton. « Le professeur Parker donne des cours de soutien et des cours particuliers aux plus timides… Heureusement que tous les profs ne sont pas comme Wargrave ou Stauton… » je soupire avant de bailler de nouveau.
Sa réponse à ma deuxième question me soutira un grand sourire. Je ne dis pas un moment, je me contentais de sourire bêtement avant de sombrer, bercé par le train et le battement du cœur de Pelote.

Puis un bruit étouffé, une porte qui s’ouvre, me réveilla, je me levais doucement pour ne pas réveiller Leann. Je regarde mon téléphone, je n’avais dormis qu’une demi-heure, c’était toujours ça. Je tire le rideau de la porte cabine, un contrôleur. J’ouvre, sans un bruit, la porte de la cabine et je vais à sa rencontre. Je sors les billets de train et je les lui montre, je lui explique en chuchotant que Leann dormait, il jete un œil à la cabine, c’est bon, il me remercia, je fis de même et il continua son inspection. Je retournais dans notre cabine, je m’étirais longuement puis j’attrapais mon manteau et je couvris Pelote, il faisait frais dans le train. Je refermais toujours sans un bruit la porte de notre cabine et je m’assis à côté de Leann après avoir attrapé un livre dans mon sac.

Le Soleil venait de se coucher, pas un mot, je lisais sans être concentré, je regardais de temps à autre mon téléphone, puis le paysage. Une fois en Angleterre le message que j’ai programmé s’enverra à mon père. « Bonsoir, je rentre pour le weekend avec Leann. J’ai mes clefs, dis-moi si je dois te préparer un dîner ou si tu n’es pas seul, on ira à l’hôtel. A plus tard. »

Perdu dans mes pensées, je fixais la fenêtre, pensant à tout et n’importe quoi, ma mère, ce qu’elle faisait depuis son départ, est-ce qu’elle faisait des expériences sur des gens comme papa, mon oncle et moi ? Nous déteste-t-elle ? Je ne sais pas… Mon père… Apparemment, on a enfin trouvé une explication à ses résultats hors-normes, et ils veulent le promouvoir au MI-6 ou une connerie du style de ce que j’ai pu déduire de sa lettre codée, m’annonçant par la même occasion le départ de ma mère. J’en saurais plus ce weekend j’imagine…

Une vibration venant de ma poche m’extirpa de mes pensées. « Je pars en weekend demain matin, on passera la soirée tous les trois, je prépare à manger vous arrivez à quelle heure ? » je souris et je répondis aussitôt « 21h15 à la gare, 21h43 à la maison. Hâte de te voir. » je connaissais le chemin par cœur, je savais combien de temps il fallait pour rejoindre le métro, les temps de retard, et puis le temps pour marcher de la station à chez moi.
Mon père me répondit par un simple emoji qui fait un clin d’œil. Nous étions presque arrivés. Et Leann se réveilla un peu perdue. « Ce n'est rien tu seras en forme pour ce soir va. » je lui souris avant de ranger mon livre dans mon sac. « On arrive dans cinq minutes. »

Je laissais le temps à Leann de se réveiller. Cinq minutes plus tard le train s’arrêta. J’enfilais mon manteau puis mon sac et je pris celui de Leann. « Ça ne te gêne pas de prendre le métro ? C’est direct d’ici, on en a pour 20 minutes. »
J’ouvris la porte de la cabine, puis la porte du wagon et je descendis du train, il faisait bien plus frais que sur l’île. Je me retourne vers Pelote « Reste près de moi. » lui dis-je avec le sourire.
Et je nous dirigeais vers le métro, je sortis de ma poche un ticket de métro que je tendis à Leann. « J’en ai toujours en réserve si jamais je perdais ma carte de transport. » et je sortis ma Oyster Card.
Je passais les portiques et j’attendis que Leann fasse de même, puis je me contentais de puis les panneaux Rayners Lane. J’observais les pieds, hanches et épaules des gens déterminant leurs trajectoires et je me faufilais dans la foule de sorte à ne toucher personne, mais au bout de 30 secondes je me rappelais que je n’étais pas seul. Chassez le naturel et il revient au galop. Je m’arrêtais et je me retournais pour chercher Leann du regard. Une fois trouvée j’attendis qu’elle me rattrape en lui faisant signe de la main pour lui montrer ma position. « Désolé, je vais ralentir… » je lui tends mon bras pour qu’elle l’attrape. Et je marchais d’un rythme plus calme vers notre quai.

Le métro arriva aussitôt, et par chance nous avons pu trouver une place assise. Le métro était vide dans cette direction, je pouvais enfin souffler un coup. Durant le trajet j’observais Leann. « Ça va ? Pas trop perdue ? » demandais-je aussi inquiet que bienveillant.
Les vingt minutes de trajet s’écoulèrent relativement vite. A la sortie de la station Gloucester Road, on se retrouve face à un Starbucks Coffee coincé entre un Burger King et un KFC. Je nous dirigeai sur la gauche, on passe devant Waitrose en face duquel on peut trouver une boulangerie et une pâtisserie, rien de bien surprenant, nous sommes dans Kensigton, un quartier réputé comme riche et bourgeois…

Une fois sur la Cromwell Road, je me dirigeais vers le Stanhope Gardens, plusieurs petites rues étaient perpendiculaire à la route, elles abritaient des maisons d’apparences petites et compressées, mais bien plus grandes qu’elles ne semblent l’être une fois à l’intérieur. Nous y étions, une sorte d’arche portant panneau où on pouvait lire “Stanhope Mews East. SW.7“, je me tourne vers Leann. « C’est ici. » je ne passais pas sous l’arche, mais j’ouvris la petite porte de la barrière noire qui était à gauche de l’arche. Une jolie maison blanche de deux étages avec de grandes fenêtres, éclairée peu importe l’heure de la journée.

Je frappai deux coups sec à la porte et mon père ouvrit. Je tenais mon teint pâle de ma mère, tout comme la couleur de mes yeux, mais le reste venait de mon père, il faisait à peu près ma taille, une barbe d’une semaine, une chemise blanche aux manches retroussées. « Entrez ! Il fait froid dehors. » Je fis signe à Leann d’entrer avant moi. Puis ce fut mon tour, je posais mon sac au sol, puis celui de Leann.
Et je pris mon père dans mes bras, longuement avec une certaine force, un grand sourire aux lèvres. « Papa c’est Leann… Leann voici mon père, Ethan Pierce. » j’étais plus qu’embarrassé mais je prenais sur moi du mieux que je pouvais.
« Enchanté Leann, content de pouvoir enfin mettre un visage sur ton nom. » … je retirais mon manteau et je le posais sur le porte-manteau à l’entrée et j’invitais Leann à en faire de même. « Je reviens je vais monter nos sacs. »

J’ôtai mes chaussures et je montais au deuxième étage, j’ouvris la porte de droite qui donnait sur ma chambre, un lit king size, une table de chevet, une bibliothèque imposante, des étagères fixées au mur contenant des livres, un bureau simple et modeste, je travaillais dans le bureau de la maison en général. Je posais les sacs sur mon lit. Et je jetais un œil sur ma table de chevet, j’allumais la lumière, c’était une photo de Selina et moi… je pliais le support du cadre et je rangeais le cadre en haut de ma bibliothèque après être monté sur mon fauteuil pour attendre le sommet du meuble.
Bon ça c’est fait, je retournais au rez de chaussée, et je retrouvais mon père et Leann dans la salle à manger. Repas servis, ils n’attendaient plus que moi…




Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Dim 25 Sep 2016 - 22:32
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Un aparté ─ PiercyLe train perdait lentement de la vitesse jusqu'à définitivement s'arrêter en gare. Rien que depuis la fenêtre, on devinait l'agitation de la station, ces centaines d'anglais fourmillant sur les voies, s'engouffrant dans les souterrains, téléphone dans une main, sacoche dans l'autre. Dans un geste méthodique, Piercy attrapa son manteau, me tandis le miens, et pendant que j'enfilais mon habit, attrapait nos bagages.

- Ça ne te gêne pas de prendre le métro ? C’est direct d’ici, on en a pour 20 minutes.
- Je te suis, répondis-je avec un sourire.

Je ne pouvais pas vraiment y redire grand-chose de toute façon. C'était lui qui connaissais le chemin et dans la mesure où il ne me laisserait pas porter ma valise, je n'allais pas en plus lui imposer de faire une heure de marche pour éviter la foule.  Nous descendions du wagon l'un après l'autre, rejoignant l'agglutinement de badaud de la gare. Ca faisait une éternité que je ne m'étais pas retrouvé dans une telle foule, et ça ne réveillais pas que de bon souvenirs. Un peu comme cette fois où je m'étais perdue en France… Enfin, peut-être. J'avais l'idée principale, un début de quelque chose qui refaisais surface, mais je n'arrivais pas à me rappeler des détails, comme à chaque fois que j'avais ces flash en l'absence de mon ami imaginaire. Entre jeunes partant en soirée et salary men pressé de regagner leurs foyers, nous trouvions notre chemin vers l'entrée de la station de métro, où Piercy me confia son ticket de secours. Toujours aussi prévoyant.  

Mais une fois les portiques passés, la concentration de personne au mètre carré semblait avoir encore augmenté. Après sept années sur une petite île peu fréquentée, je ne pouvais à peine imagier qu'il était possible de réunir tant de gens au même endroit. Tu avançais prudemment dans la foule, essayant d'au moins suivre le brun du regard. Mais Dans un mouvement complètement synchronisé avec celui des londoniens, le violet arrivait à danser au travers de la foule, évitant chaque coup d'épaule ou enfant surgissant d'entre les jambes de ses parents comme si de rien était, tandis que je prenais de plus en plus de retard sur son pas. La présence des gens devenait de plus en plus étouffante, comme un raz-de-marée qui semblait essayer de m'emporter. J'essayais de me frayer un chemin entre les habitués de la ligne, suivant comme je le pouvais les quelques mèches de cheveux de mon copain que j'arrivais encore à entre-apercevoir. Je serais bien embêter si je le perdais de vue… Pas de téléphone, pas la moindre idée de son numéro ni même de l'adresse où nous nous rendions. Mais à quelques pas, Joshua avait fini par s'arrêter, me faisant des signes de main pour m'indiquer sa direction avant de marmonnait ce que je devinais être une excuse dans le brouhaha de l'heure de pointe une fois que je l'eu rejoint. Il me tendis son bras auquel je m'accrochais volontiers. Ce n''étais peut-être qu'une impression, mais il me semblait que le reste du chemin était un peu mois bondé. La rame de métro était, quand a elle, incroyablement calme. Nous arrivions même à trouver deux places assises côte à côté.

- Ca va? Pas trop perdue?
- Si on oublie le monde, ça va. Il doit y avoir la population entière de Prismver au mètre carré ici. C'est incroyable.

Ca faisait un peu campagnarde qui découvre la ville, mais ça m'impressionnait vraiment. Ca et… les regards de la dame assise à côté de moi à la mention de l'île. Elle avait levé un sourcil, fait glissé ses prunelles noisette en ma direction avant de ranger son smartphone dans sa poche, attraper la main de sa fille et se diriger vers l'autre bout du wagon. J'avais presque oublié cette histoire avec l'extérieur… Piercy me sorti de mes pensées noires en effleurant mes doigts, m'indiquant que nous descendions au prochain arrêt. Le quartier semblait être assez chic et rempli d'enseigne dont j'avais presque oublié l'existence. Après un petit tour dans les rues de la zone, l'anglais posa ses mains sur un portail noir.

- C'est ici.

Une maison blanche sur deux étages, dont les larges fenêtres étaient… allumées? Je jetais un regard inquiet au brun qui ne semblait pas surpris pour le moins du monde. Pourtant il avait bien dit que ses parents seraient absents, non? Je m'en souvenais très bien. Il avait commencé à me taquiner, me disant qu'il aurait pensé que j'aurai refusé l'invitation à cause de ses parents, avant de me dire qu'il plaisantait. Je revoyais même la phrase s'afficher à l'écran. "Je te taquine, mon père ne sera pas là du weekend et ma mère étant partie... on sera tranquille." J'avais trouvé ça plutôt chanceux que ses deux parents partent visiblement séparément la même semaine. Leurs plan auraient-ils changés? Oh mon Dieu. Je n'étais complètement pas prête psychologiquement à rencontrer sa famille. Ca faisait quoi, quatre mois qu'on était ensemble? C'était pas tant que ça, si? A vrai dire j'en avais aucune idée. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question, et j'avais à peu près huit secondes pour me la poser, y répondre et trouver un moyen de gérer cette surprise. Je n'avais pas passé la première étape que l'anglais avait déjà frappé à la porte. Des bruits de pas enjoués se firent entendre à la seconde même depuis l'intérieur. OK. Quatre mois, c'est pas mal quand même. Ca fait quoi? Sachant que février compte pour vingt-sept jours, mais qu'on s'est mis ensemble sept jours avant le début de l'année, et qu'on est le quinze avril, ça fait… ça fait cent-onze jours. Enfin ça fera cent-onze vers onze heures ce soir. Oh mon Dieu pourquoi je perds du temps à compter ça? Cliquetis de porte, Joshua pose tendrement sa main sur mon épaule pour m'inviter à passer devant lui. Heureusement que j'ai fait les biscuits. Du coup je commence comment? "Bonjour, Leann De Laine, enchantée." Non. Non, déjà parce qu'il est tard donc la moindre des choses restartait déjà de commencer par Bonsoir.  Bonsoir c'est bien. Mais est-ce que je devrais développer un peu plus? "La petite amie de Joshua". Il devait s'en douter, non? Enfin. Peut-être. Oui. Si. Piercy avait précisé que son père avait joué une grande part dans le fait qu'il réalise ses sentiments. Et ça éviterait un moment gênant. OK. Donc on reste là-dessus? "Bonsoir, Leann De Laine. Enchanté". C'est bien. Sobre. Discret. Comme il faut. La porte s'ouvre, la silhouette de Mr. Pierce se dessine sur le porche.

- Entrez ! Il fait froid dehors.

C'était incroyable comment les deux hommes pouvaient se ressembler. Je restais une seconde à observer l'enquêteur qui me semblait être une simple projection de Joshua d'ici quelques années. Ils avaient ces même bouclettes brunes un peu désordonnées, ces prunelles bleu perse un peu froides et ce visage anguleux qui leur allaient à ravir. Ces les doigts de Piercy qui me firent passer le pas de la porte, qui ne tarda pas à se fermer derrière nous. Je restais plantée là, à détailler l'entrée, incapable de répéter la simple phrase que j'avais préparé. C'est finalement Joshua qui fit les présentations, auxquelles je me contentais de répondre un "Enchantée" à peine audible.  J'étais tétanisée. Mes yeux se posaient un peu partout, évitant minutieusement le regard des deux hommes. Quelque chose clochait. Suivant les instructions du A après son accolade avec son père, j'accrochais mon imperméable près du siens, à la recherche du détail qui semblait me troubler sans que je n'arrive à mettre la main dessus.

- Je reviens, je vais monter nos sacs.

Je tournais brutalement la tête vers le brun, lui lançant le détresse numéro cinq "Ne me laisse pas seule avec lui s'il te plait" qu'il ne semblait ne pas avoir remarqué le moins du monde. Je le regardais disparaître dans les escaliers avant de finalement me décider à poser mes yeux sur le maître de maison. Toujours pas de trace de Mrs. Pierce. Finalement, elle était peut-être la seule à être partie. Le fait est qu'il fallait tout de même faire la conversation, pour au moins avoir l'air de quelqu'un d'un minimum civilisé. Ma voix avait du mal à articuler proprement. C'était vraiment super gênant. Les yeux plantés sur mes chaussures, je tentais de lancer la conversation, tout en agitant maladroitement mes doigts à cause de la nervosité.

- Ravie de vous rencontrer… Et … merci pour … avoir aidé… Joshua… cet hiver.
- Détends-toi, je ne vais pas te faire passer un interrogatoire ou je ne sais quoi. Tu n'es pas en garde à vue, prends une profonde inspiration, et expire longuement.
- Oui … désolée…

Piercy, dépêche-toi. Je ne vais pas tenir comme ça bien longtemps. Mon rythme cardiaque atteignait presque la même vitesse que le matin après le bal de Noël, quand je m'étais réveillée contre mon petit ami pour la première fois, Kei assit à l'autre bout du lit avec un sourire qui laissait présager ce qu'il allait me faire endurer pour tout le reste de la journée.

- Merci de quoi? Je n'ai fait que mon devoir, et ....  tu l'as bien aidé aussi d'après ce que j'ai pu comprendre.
- P-p-pas vrai-vraiment… Enfin pas t-t-t-tant que ça…

Il me fit un clin d'œil avant de se diriger vers ce qui semblait être la salle à manger. Fort heureusement, il passait la porte le premier et ratait mon visage rouge pivoine. Je passais mes mains sur mes joues, fermais les yeux et pris une profonde inspiration que je relâchais nerveusement. Il me fallait au moins ça avant d'aller le rejoindre. Tu parles d'une angoisse. Se retrouver face à face à table avec son … beau-père? (oh mon Dieu). Je cherchais immédiatement un moyen de m'éclipser, ne serait-ce que quelques secondes.  

- Je peux vous aider à amener quelque chose?
- Oui, je t'en prie, approuva le quinquagénaire. Le plat est dans le four, le reste sur le feu.  

Je disparu aussi tôt dans la cuisine, cherchant deux sous-plats que je trouvais sur le plan de travail, les amenais discrètement à table et retournais chercher le plat. Rien qu'en ouvrant la porte du four, une délicieuse odeur de viande se rependit dans toute la pièce. Traditionnels steak and kidney pies. Ca faisait une éternité que je n'en avais pas mangé. A l'aide d'une spatule que je dégotais dans un tiroir, je disposais les feuilletés dans une assiette et transvasais les spaghetti qui étaient restée à réchauffer de la poêle à un saladier. Un plat dans chaque main, j'amenais les plats sur la table pile pour le retour du jeune homme.  Enfin.

- Monsieur est servi, annonçais-je avec le sourire.



I speak in #cc99cc.
Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Mer 28 Sep 2016 - 7:53
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La voix grave de mon père résonnait depuis le rez-de-chaussée, je ne pouvais entendre que des bribes de phrases incompréhensibles. Une odeur de nourriture émanait depuis la salle à manger. « Monsieur est servi.  » déclarait Leann, ce qui eut pour effet de me stopper net.
J’avais complétement buggé sur le coup, une image qui semblait presque surréaliste : Pelote dans la maison où j’ai grandis, devant une table bien remplie qui m’annonçait qu’il était temps de manger. Jamais je n’aurais pensé pu voir cette image. « Hm… merci.  » dis-je timidement, tout en étant froid sans le vouloir.

Mon père revint de la cuisine et s’assit face à Leann, elle était tellement nerveuse, je n’avais pas besoin du don de mon père pour le voir… Un simple humain pouvait le voir… Je me lève et je commence à servir tout le monde. Je pris un couteau plat que je maniais avec aisance, il me fit office de spatule, je servais les tartes, d’abord à Leann puis à mon père, concentré dans ce que je faisais. « Tu as de la chance Leann, pour en avoir mangé une centaine différente, mon père fait l’une des meilleures Steak & Kidney Pie.  » dis-je avec une pointe de fierté quasi-inaudible que mon père avait forcément entendu.
Puis le tour des spaghettis que je maniais avec ma fourchette et ma cuillère, je les déposais en forme de nid d’oiseau dans les assiettes. Mon père lâcha un petit rire. « … Quoique tu fasses il faut toujours que ce soit carré. C’est aussi impressionnant qu’agaçant… Tiens, il faut que je te raconte Leann, alors qu’il n’avait que 8 ans, j’avais les mains prises et il fallait absolument qu’il me note quelque chose de toute urgence sur le premier papier qui traînait et…  » je me laisse tomber sur ma chaise, fixant le sol sur ma droite… « Papa non…  » il rit et m’ignore. « la feuille que je lui ai dit de prendre était recouverte de ratures, à peine il eût fini de recopier ce que je lui ai dicté, il a déchiré en huit la feuille et il l’a jeté à la poubelle. » je fis un facepalm « Il n’a même pas eu le temps d’attraper une autre feuille que je l’ai envoyé dans sa chambre avec une fessée et je lui ai confisqué tous ses instruments de musique. » je virais au rouge, c’était tellement gênant, je me souvenais de ce moment, il a été tellement en colère, je n’ai jamais compris pourquoi… Je voulais juste lui donner le meilleur… « Et le soir même, scotché sous la télécommande, j’ai retrouvé une feuille pliée en deux avec la fameuse liste de 47 mots dictés en moins d’une minute et demie… Je pense que c’est là qu’avec ta mère on a eu la confirmation d’une infime partie de tes capacités… »
Je soupire et relève la tête vers mon père. « N’en parle pas comme si tu étais fier, tu ne m’as pas parlé pendant trois mois, et je n’ai pas pu faire de musique pendant six mois, « par principe » pour m’apprendre qu’il y a l’art et la manière de faire… à la place maman en a profité pour me matraquer de cours de sciences niveau lycée alors que je n’étais qu’en 3ème année du cours primaire… Donc bon… ça va refroidir, mangez, bon appétit.  » je changeais de sujet, je ne voulais pas que Leann subisse tout ça.

Sans attendre, je commençai à manger. C’était aussi bon que dans mes souvenirs. A peine sa bouchée avalée mon père renchérit. « Mais tu es reconnaissant de tout ce qu’on t’a appris hein ? J’ai utilisé et usé mon don pour t’apprendre tant de choses que tu utilises au quotidien, tu as presque les mêmes capacités que moi sans même en avoir le don ! Ce n’est pas donné à tout le monde ! » il s’était enflammé… Je me souviens de tous ces jeux, où il m’apprenait à mentir, lire les mensonges, les gens et leurs pensées, analyse une situation, une scène, comment exploiter les indices, le moindre détail et toute l’histoire qu’il détenait… Le nombre de fois où d’un coup, dans un lieu publique, il me faisait fermer les yeux et me demandait des informations sur les détails dans la pièce, comme le nombre de personne avec des lunettes, les différentes couleurs, sans même me prévenir, je devais me remémorer et fouiller dans des images mentales, y chercher de détails dont je n’avais aucune idée de leurs existence… Et j’en passe…
Je ne pouvais pas nier le fait que mon père était très fier de moi, sa plus grande réussite qu’il dit… Alors qu’il mène une carrière professionnelle incroyable… Sa carrière… Faudrait qu’on en parle…

Un silence s’était installé à table, mon père scannait Leann… Il refait ce truc… « Tu dois te demander quel est ce don, n’est-ce pas Leann ?  » elle n’avait pas besoin de répondre, il connaissait la réponse… « Joshua tu lui montres ?  » il n’avait pas besoin de me le dire, je l’avais vu venir, pendant qu’il lisait Leann, j’ai discrètement pris mon couteau que j’ai caché sous la table dans ma main droite, accoudé sur la table avec mon bras gauche, je regarde mon père intrigué, me concentrant pour ne pas penser à mes mouvements, et d’un coup sec du poignet je lance le couteau qui traverse la table en direction de mon père, mais le couteau a à peine eu le temps de sortir de la table que mon père l’attrapa par le bout des doigts par le manche…

Mon père regarde Leann «Analyse vectorielle, lecture des schémas, que ce soit une personne, une liste de fait, une foule, mon environnement, j’observe, et j’analyse pour anticiper, je peux deviner ce que tu vas faire avant même que tu n’y penses, ou quand tu mens, tu as peur etc… »
Et sur un ton blasé je complétais mon père « De ce fait il peut optimiser le moindre de ses mouvements, et devenir super agile, une sorte d’hyperkinésie… ‘fin bref… il est d’un tout autre niveau…  »
Je n’étais pas jaloux, juste gêné par cette … extraversion ? « C’est pour ça que tu peux trouver Joshua froid et impassible la plupart du temps. Il a très vite appris à ne rien laisser paraître par pudeur et que je ne le lise pas ! Ce n’est pas de ma faute, je ne peux pas mettre ce don en pause… J’analyse absolument tout…Mais je n’y prête pas attention. » il tentait de rassurer Leann mais il mentait, on le savait tous les deux… Mais pour éviter de faire paniquer Leann, je ne dis rien, et je me contentais de manger.

« Et du coup Leann, dis-moi en plus sur toi, enfin seulement si tu le désires bien entendu, tu viens de quel pays ? Dans mes souvenirs il y avait des étudiants du monde entier à Prismver, très peu de gens venant de l’Asie, mais sinon on y voyait de tout. » d’un côté, heureusement qu’il fait la conversation, je n’étais vraiment pas doué pour ça… « Et tu étudies quoi là-bas ? Désolé si c’est indiscret, c’est de la simple curiosité ! » il était toujours aussi charismatique et chaleureux, il dégageait une sorte de magnétique qui attire la sympathie et le sourire.
Après une énième bouchée il demanda à Leann à voix basse en se penchant vers elle « Et est-ce que Joshua est aussi bon élève qu’il le prétend ?  »

J’observais ma petite amie et mon père discuter, et sans réaliser le repas pris fin plus naturellement qu’il ne démarra. Je me levais pour débarrasser la table et une fois en route vers la cuisine, mon père s’adressa à Leann de nouveau… « Quand Joshua préparera sa chambre je te montrerai des photos de quand il était petit.  » Sans aucune pression… Faites comme si je n’étais pas là…

Je fis mine de ne pas avoir entendu quand je revins finir de débarrasser la table. Ce n’était pas aussi stressant avec Selina… Bon en même temps on était beaucoup plus jeune et elle venait parce qu’elle n’avait nulle part où aller, présenté sous cette forme ça passait beaucoup mieux… Du coup… elle connaissait assez bien mes parents et elle était plus ou moins une amie de la famille… C’était une amie au début…
Mais là… Ce soir avec Pelote… tout est si sérieux… Tant de pression… « Au fait Will ! La petite voisine, Barbra m’a encore demandé de tes nouvelles ! » … Tu aurais pu me le dire plus discrètement plutôt que de me le hurler depuis la salle à manger alors que je suis dans la cuisine. « Ah ok. » dis-je sobrement « Et sinon, vous voulez un dessert ? » demandai-je sur un ton calme, car en réalité on pouvait être entendu d’une pièce à l’autre sans hurler.
« J’ai failli oublier, elle m’a donné du crumble aux pommes, sa mère en avait trop fait, c’est là qu’elle a cherché après toi. C’est dans le frigo, ramène le plat et des petites assiettes ! » je m’exécutais sans un mot.

Je revins dans le salon avec trois petites assiettes et des petites fourchettes, et je servis à tout le monde du crumble. « Elle devient quoi Barbra ?  » demandai-je à mon père avant de m’asseoir pour manger. « Je n’en sais rien, je crois qu’elle prépare le concours du barreau pour l’année prochaine, tu n’as qu’à passer la voir vite fait demain, tu sais où elle habite, ça leur fera tous plaisir. » je soupirais à l’idée d’aller voir des gens que je n’ai pas vu depuis très longtemps… « D’accord…  » me père ria légèrement « Ne fait pas cette tête, ils t’adorent et tu les as beaucoup aidé dans le passé, tu vas juste les voir prendre des nouvelles et repartir rien de bien méchant c’est ce que font les ge…  » je le coupais « gens normaux ? » je soupire agacé avant de me reprendre, cette réaction était totalement injustifiée… Je m’en voulais aussitôt, le remord se lisait sur mon visage pour une fois…  « Désolé, c’était gratuit… C’est la fatigue du trajet, je suis à cran.  » c’était surtout le stress lié à la présence de Leann… Je m’empressais de finir mon dessert, j’attendis que tout le monde finit avant de tout débarrasser. « Je reviens, je vais préparer ma chambre…  »

Je montais précipitamment à l’étage, je changeais, draps, housse de couette et taie d’oreiller en moins de deux minutes, j’en profitais pour retire ma chemise et enfiler le premier tshirt qui me passait sous la main. Et je descendais dans le salon de nouveau.

Une lumière tamisée y régnait, mon père avait coupé la lumière du plafond pour allumer les trois lampes posées sur les étagères et bibliothèques qui remplissaient le salon. Il était assis avec Leann sur le canapé, elle semblait captivée par… merde… Il a vraiment sorti les photos de mon enfance !
Mon père releva la tête, il avait une bière à côté de lui. « Tu peux aller en prendre une dans le frigo si tu veux…  » je me dirige vers la cuisine avant qu’il n’ajoute « Oh tu as mis le tshirt du Glastonbury de 2010 quand S… » je me retournais pour couper mon père, calmement, en m’apprêtant à faire les gros yeux mais sans les faire, un geste que seul lui pouvait décerner. « Ouais. Je l’ai mis. » pour un auditeur externe ça voulait dire “ouais c’est bon, on s’en fout, c’est ça que j’ai mis et alors ?“ alors qu’en vérité ça voulait dire “non non non ce n’est pas le tshirt que j’ai acheté au plus grand festival Anglais de musique et non ce n’est pas Selina qui m’y a traîné de force malgré ma phobie des foules, et on n’y a pas campé pendant toute la durée du festival et c’est encore plus faux quand tu dis qu’on était ensemble à cette époque non plus ! Pfff arrête papa je ne vois pas de quoi tu parles ! Quoi comment ça je panique ?! CE N’EST PAS MOI QUI HURLE !! D’AILLEURS QUI EST-CE QUI HURLE HEIN ?! AH C’EST moi…“

Je pris une bière dans le frigo et je me laissais tomber dans le sofa à côté du canapé, à côté de Leann plus précisément, regardant d’un air désintéressé, pour mieux cacher ma gêne, les photos.





Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Mer 28 Sep 2016 - 23:13
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Un aparté ─ Piercy- Tu as de la chance Leann, pour en avoir mangé une centaine différente, mon père fait l’une des meilleures Steak & Kidney Pie.
 Je souris, regardant le brun remplir les assiettes avec tout le perfectionnisme dont il savait faire preuve.  Son père semblait tout aussi fasciné, l'observant avec un regard bienveillant avant de rire, animé par un souvenir qui semblait terriblement embarrasser Piercy. Il ponctuait chaque phrase de son père par un soupire, un détournement de regard ou u léger rougissement. C'était si inhabituel. L'histoire, quant à elle, ne m'étonnais pas le moins du monde. J'imaginais très bien un mini-Joshua se débarrasser d'une feuille pas assez parfaite à ses yeux. A vrai dire, même aujourd'hui, il me semblait que ça serait toujours quelque chose qu'il serait susceptible de faire. A vrai dire, vu la manière dont il semblait toujours vouloir se justifier en réponse à ce petit aparté, j'avais même l'impression qu'il n'était toujours pas convaincu par la punition que je devais reconnaître plutôt sévère.
C'était agréable de pouvoir assister à ce genre de scène familiale. Combien d'année cela faisait-il depuis mon dernier dîner en famille ? Après le départ de papa peut-être. Ma mère avait dû se donner à fond pour combler son absence et nos repas ensemble étaient devenu carrément anecdotique. Avant, donc, mais mes souvenirs de Philippe De Laine étaient toujours aussi flou. Il y avait bien cette fois où il m'était tombé dessus quand j'avais dessiné sur les copies de ses élèves… oh. J'attrapais nerveusement l'amulette, jetant un coup d'œil vers le A qui avait déjà commencé à manger. Ca faisait déjà deux fois que j'avais de ses flash en quelques heures seulement. Y avait-il tant de choses qui ne se retrouvaient que dans la mémoire de Kei ?
Perdue dans mes pensées, j'avais complètement fait abstraction de ce qu'il s'était passé autours de moi depuis que nous avions commencé à manger. C'est la question de M. Pierce qui me fit remettre les pieds sur terre de façon assez abrupte.

- Tu dois te demander quel est ce don, n'est-ce pas, Leann ?
- T-tout à fait.

Je déduis rapidement qu'il s'agissait de celui du père de Joshua, mais je n'avais absolument pas suivi le contexte dans lequel la question avait été posée. Les Pierces semblaient déterminés à me faire une petite démonstration. J'observais les deux hommes avec attention, prêtant attention au moindre détail. Joshua avait poussé son assiette de quelques centimètres, s'était accoudé sur la table et fixait son père avec un regard pesant. L'autre, quant à lui, semblait décontracté, les mains posés autours de son assiette, attendant vraisemblablement que quelque chose se passe. Et tout à coup, sorti de nulle part, un couteau phasa à travers le meuble, droit sur l'enquêteur qui avait déjà levé sa main et interrompu l'arme dans sa course. Il était tout bonnement impossible de réagir si vite. Encore toute crispée à l'idée de voir Ethan se faire transpercer en plein visage dès notre première rencontre, j'essayais de déterminer quel genre de pouvoir pouvaient avoir ce genre d'effet. Arrêter le temps ? C'était une bonne option. Sa main semblait s'être téléportée, mais peut-être était-ce seulement lié à ma vision de la scène. Lui avait peut-être vu toute la scène au ralentit, pris le temps de voir la trajectoire du couteau et avait alors tout naturellement attrapé le projectile. Ou vision à travers les objets, ce qui aurait expliqué que Piercy ait choisi d'envoyer le couteau sous la table et pas au-dessus. Ce n'était pas très loin du pouvoir de son fils : voir à travers les choses, passer dans les murs. Il y avait un facteur génétique dans les pouvoirs qu'avaient les monomageia.
Si mes pistes n'étaient pas insensées, les deux hommes m'expliquèrent d'une seule voix qu'elles n'étaient pas les bonnes. Il s'agissait tout simplement d'un don dont je n'avais jamais entendu parler avant, analyse vectorielle. Tout mouvement, part de son environnement, état d'une personne ou d'une chose, il le ressentait, et découlant de ça, une agilité et des réflexes comme on n'en verrait jamais chez un être humain normal. L'angoisse. C'était carrément impossible de pouvoir cacher un quelconque sentiment ou impression. Il avait matière à se moquer de mon état de stress.

- C’est pour ça que tu peux trouver Joshua froid et impassible la plupart du temps. Il a très vite appris à ne rien laisser paraître par pudeur et que je ne le lise pas ! Ce n’est pas de ma faute, je ne peux pas mettre ce don en pause… J’analyse absolument tout…Mais je n’y prête pas attention.

- Ça fait partie de son charme.

Ça ne servait à rien de mentir et en tout honnête, je trouvais vraiment ça plutôt attirant. Une certaine forme de maîtrise totale de lui-même, même si je savais parfaitement que malgré ce masque d'impassibilité pouvait se cacher bien plus.
Nous avions à peu près tous avalé la moitié de nos assiettes, sauf peut-être le père de Joshua qui avait passé plus de temps à faire la conversation qu'à manger. Il me questionnait sur divers aspects généraux. Je prenais toujours un petit temps de réflexion avant de lui répondre, me rendant compte par moment de petits détails qui ne m'étaient amenés par l'absence de Kei et des souvenirs que cela semblait réactiver, même pour les questions les plus basique. D'une certaine façon, je me sentais un peu jugée.

- Et du coup Leann, dis m’en plus sur toi, enfin seulement si tu le désires bien entendu, tu viens de quel pays ? Dans mes souvenirs il y avait des étudiants du monde entier à Prismver, très peu de gens venant de l’Asie, mais sinon on y voyait de tout.
- Je suis d'Oxford. Mais mon père était français… et enseignant de Sciences Politiques à l'Université.
- Et tu étudies quoi là-bas ? Désolé si c’est indiscret, c’est de la simple curiosité !  
- Il n'y a pas de problèmes. Je poserais au moins deux fois plus de questions dans votre situation, plaisantais-je. Je suis en filière médecine, en classe B. Mon classement me place chez les violets, mais j'ai préféré changer de classe. Il y a beaucoup de conflits chez les violets.
- Est-ce que Joshua est aussi bon élève qu'il le prétends.
- Et probablement meilleur. Il est deuxième de tout le pensionnat, toutes classes confondues. Mais il en connaît sur plus de sujet qu'Hadès à mon avis.  

La conversation avait duré jusqu'à la fin du repas. Joshua s'était empressé de débarrasser. J'aurai aimé le rejoindre dans sa tâche et profiter des quelques minutes que cela aurait pu nous accorder en tête à tête pour lui toucher deux mots, mais son père m'avait subtilement retenu en me proposant de regarder quelques vieux albums photos quand Piercy monterait. Je ne pouvais pas refuser une telle proposition, même si je me sentais un peu coupable de ne pas pouvoir l'aider à faire le lit.  

- Au fait, Will ! La petite voisine Barbara m'a encore demandé de tes nouvelles.

C'était la première fois que j'entendais quelqu'un l'appeler par son deuxième prénom, mis à part peut-être Alexis quand il l'a surnommait Willow. Joshua semblait plutôt in intéressé par la nouvelle, semblant vraisemblablement ne prendre ne compte que le fait qu'elle ait ramené un gâteau qu'il ramenait à table.

- Et elle devient quoi Barbara ?
- Je n’en sais rien, je crois qu’elle prépare le concours du barreau pour l’année prochaine, tu n’as qu’à passer la voir vite fait demain, tu sais où elle habite, ça leur fera tous plaisir.
- D'accord…
- Ne fait pas cette tête, ils t’adorent et tu les as beaucoup aidés dans le passé, tu vas juste les voir prendre des nouvelles et repartir rien de bien méchant c’est ce que font les ge…  
- Les gens normaux, c'est ça ?
Il y avait une certaine agressivité dans la manière donc il avait répondu que je n'avais entendu qu'une fois dans sa bouche, quand nous nous étions revu au clocher après sa sortie de la classe S. Je pouvais comprendre son énervement, c’était déjà quelque chose qu'il prenne des nouvelles de quelqu'un, même s'il n'y avait pas matière à réagir autant pour si peu.  Il s'excusa immédiatement, mais la fin du repas se passa dans le plus grand des silences.
Le repas terminé, M. Pierce me gratifia d'un sourire au départ de son fils, se leva, passa par le frigo prendre une bière et sorti d'un tiroir un gros album photo poussiéreux.

- On ne prend pas énormément de photos, donc tu trouveras tout là-dedans.

Je le rejoins dans le canapé où il s'était installé et le remerciais, toujours un peu nerveuse. Les premières pages étaient les plus intéressantes, illustrant un Joshua que je n'avais jamais vu. Il avait toujours eu l'air sérieux. Ce trait semblait lui venir de sa mère, dont l'air presque grave sur les quelques photos où elle apparaissait s'était transmis sur le visage du A. Qu'importe les photos, elle n'affichait rarement plus qu'un début de rictus. Son absence ce soir me rassurait un peu. Elle avait l'air relativement dure et j'aurais plus que probablement redouté son regard et eu peur qu'elle me juge. A ma grande surprise, il y avait encore tout un tas de photo suivant l'entrée de mon petit ami à Prismver. Cinq ou six par an, la plupart sans ses parents, mais pas seul pour autant. Une fois pour chaque vacance au mois, le visage de Celina se glissait dans un coin de photo. Je ne savais pas qu'elle était venue ici elle aussi. C'était censé après tout, ils étaient sortis ensemble. Mais je ne me souvenais pas que leur relation avait duré si longtemps. Non, la brune était forcément venue avant et très probablement après. Il n'y avait que quelques clichés sur lesquels les deux adolescents étaient particulièrement proches.  Inconsciemment, je m'étais attardée sur cette page, ce qui avait fait rire Ethan.

- C'est pas du tout de la jalousie… Ne me jugez pas.

Il y en avait peut-être un soupçon, mais je pensais être honnête en lui disant ceci. Piercy était très discret sur ses relations, et c'était peut-être le plus d'informations que j'aurais sur son ex-petite amie et le relations. Un instant après, j'entendis les pas du concerné dans les escaliers. Je me hâtais de poser le livre sur la table, suivant la trajectoire du brun jusqu'à la cuisine. Ethan me donna un coup de coude pour attirer mon attention, m'adressa un clin d'œil discret et héla le nouvel arrivant dans la pièce.

- Oh tu as mis le t-shirt du Glastonbury de 2010 quand S…
- Ouais… c’est ça, je l’ai mis.

Je jaugeais l'enquêteur, ne sachant pas trop comment réagir. Essayait-il juste de m'embêter ou s'amusait-il à titiller son fils ? Si son don lui permettait de déduire d'un grand nombre d'informations visuelles l'état d'esprit de ses interlocuteurs, il trouvait peut-être ça amusant de voir à quel point ce genre de remarque l'énervait ou si cela le mettait mal à l'aise. Mais c'était un peu malsain comme comportement, non ?
Joshua avait attrapé une bouteille de bière au frais avant de venir s'installer sur le sofa à son tour. Je sentais un peu d'anxiété dans sa manière de se déplacer. Oubliant un instant les capacités de notre hôte, j'essayais de glisser discrètement ma main contre celle du A. Je n'osais pas faire plus en présence de quelqu'un d'autre.

- Tu n'as presque pas changé, plaisantais-je en le voyant regarder avec insistance l'album photo.

Je récupérais le cahier, passant rapidement les images le représentant en compagnie de son ex petite amie. S'il ne voulait pas aborder le sujet, je n'allais pas l'y forcer. De toute façon, je n'avais jamais particulièrement apprécié la demoiselle, bien que je n'ayant jamais fait de remarque quand j'avais eu l'occasion de la côtoyer, qui était pour moi l'archétype de la A un peu égoïste, superficielle et très manipulatrice.  Je ne lui avais pourtant que rarement adressé la parole, mais tout, de son aura à sa manière de se déplacer te faisait associer l'anglaise à une sorte de mélange entre Isalynn et June. Peut-être quand même pas June… Contrairement à l'ancienne D, la camarade de classe de Joshua pouvait au moins se vanter d'avoir quelque chose entre les deux oreilles.
Je pointais quelques photos, demandant de quand elles dataient ou l'endroit où elle avait été prise pour faire un petit peu la conversation. Bien que je n’attendisse que de pouvoir me retrouver seule à seule avec mon petit-ami, je n'allais pas me l'accaparer tout le week-end. Il voyait suffisamment peu souvent sa famille pour pas que je le priver des moments qu'il pouvait passer avec. Son père en profitait généralement pour ajouter quelques petites anecdotes ou glisser des commentaires parfois embarrassant et nous passions finalement une bonne partie de la soirée à discuter autour de la table basse. Mais la fatigue ne tardait pas à me gagner. Un bâillement m'échappa qui attira le regard de Joshua. Il avait beau avoir prétexté la fatigue du voyage comme raison à son énervement un peu plus tôt dans la soirée, personne n'était dupe et je savais pertinemment qu'en mon absence, il aurait continué à profiter de son père bien plus tard. Je lui lançais un regard du type « Non, ne t’occupes pas de moi ». Je tentais de relancer la conversation avant qu’il ne propose quoi que ça soit.

- Tu as été au Glastonbury ? Ça m’étonne de toi, ça doit être bondé ce genre de festival, non ?
- I Il n'y serait probablement pas allé sans un petit coup de pouce, qui a le chic de le tirer hors de sa zone de confort, souligna Ethan.
- Oh ? Vraiment ? Heureusement qu’il y a des gens comme elle pour le pousser à aller un peu de l’avant.

Un petit brin d’amertume s’était involontairement glissé dans ma voix. Ça n’avait probablement pas dû échapper au quinquagénaire. Finalement, c’était peut-être mes réactions avec lesquelles il allait s’amuser. Ce n’était pas juste. En même temps, j’avais toutes les raisons de réagir un peu à chaud. On m’avait annoncé un week-end sans personne, et voilà que je me retrouvais à dîner avec mon éventuel beau-père que je ne m’attendais même pas à rencontrer, après que mon pouvoir ait été annulé sans me le demander, découvrais que Selina, qu’il m’avait presque toujours décrit comme une simple amie était venue à plusieurs reprise, et pour couronner le tout, il ne trouvait rien de mieux à mettre que le t-shirt de leur dernière petite virée en amoureux ! Il fallait que je me calme. Mes pensées allaient fatalement s’entendre dans ma pulsation cardiaque.
- Haha c’est aussi à cause de gens comme ça qu’on se retrouve à planifier un week-end en Ecosse un peu à l’improviste.
- Vous partez ? m’étonnais-je.
- Oui, tôt demain matin. Je ne devrais pas tarder si je veux avoir mon avion d’ailleurs. Si vous voulez bien m’excuser, je vais donc vous laisser entre jeunes.
L’homme se leva, nous gratifia d’un sourire avant de rejoindre sa chambre. Je restais silencieuse quelques secondes, m’assurant d’entendre la porte se fermer avant de prendre la parole.

- Ton père à l’air de quelqu’un de sympathique. Ça m’a fait plaisir de le rencontrer. Même si je ne m’y attendais pas du tout. Et j’ai découvert une tout autre facette de Selina. Elle est vraisemblablement beaucoup plus gentille que ce qu’elle en a l’air.

Je me levais à mon tour, passant quelques mèches de mes cheveux derrière mon oreille droite. Oui, j’étais encore un peu énervée. Je faisais toujours ça quand j’étais énervée. Kei m’aurai probablement fait la remarque.

- D’ailleurs, il dure combien de temps ce charme ? Je doute que ça tienne tout le week-end, si ? J’adorerais rester en tête à tête avec toi tout ce temps, mais ça me parait difficile.

C’était la manière subtile de lui dire que j’avais remarqué pour le talisman, mais n’osais pas en parler avant. En même temps, comment aurais-je pu ? « Oh, votre pouvoir c’est de lire à peu près tout ce que peuvent ressentir les gens ? Ca me rappelle au fait, combien de temps est-ce que je vais pouvoir passer sans mon ami imaginaire cette fois ? » Je soupirais avant de m’avancer vers les marches.

- Enfin, qu’importe le temps que ça dure, ça sera toujours ça de gagné. Je vais aller me doucher de suite, comme ça on pourra profiter d’une soirée juste tous les deux.

Je grimpais les escaliers, trouvant rapidement la porte de la chambre de Joshua. J’y récupérais ce dont j’avais besoin et me hâtais de me laver, profitant de ce petit moment de solitude pour me vider de mes mauvaises pensées. Au moment de me rhabiller, je me rendais compte que mon pyjama était finalement drôlement plus court que dans mes souvenirs. Ça faisait un petit moment que je ne l’avais pas porté mais avait décidé de l’embarquer après l’avoir retrouvé dans sac à main, probablement oublié là depuis que j’avais emménagé dans un bungalow pour la première fois. J’aurais peut-être dû écouter Kei et prendre « un vrai truc » comme il le disait. Je sortais de la salle de bain toute penaude, me cachant du mieux que je le pouvais derrière mon linge, jusqu’à retourner à la chambre où je le rangeais dans ma valise.
Embarrassant. J’avais l’impression que je n’étais jamais aussi dénudé que quand je me retrouvais à dormir avec le A. Si je n’avais aucune part de responsabilité la première fois (je n’allais tout de même pas dormir avec ma robe de bal), j’étais la seule fautive pour cette fois-ci. Assise sur le bord du lit, j’évitais le regard de Joshua.

- Tu aurais quand même pu prévenir que le plan avait changé n’empêche. Je ne m’y attendais pas. J’ai frôlé l’arrêt cardiaque. Ton père a dû me trouver ridicule. Surtout comparé à Selina… Heureusement que Kei n’est pas là, il se serait moqué de moi absolument toute la soirée…  



I speak in #cc99cc.
Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Dim 2 Oct 2016 - 3:09
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Bien que mal à l’aise, Leann semblait apprécier ce repas, peut-être l’aspect familial et chaleureux qu’elle n’a pas connu depuis bien trop longtemps…
Elle semblait perdue dans ses pensées pendant que mon père s’enflammait en me parlant de tout ce qu’il m’avait appris. Il l’avait remarqué mais fit mine de rien pour ne pas la mettre plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà.
Puis elle me surprit, je manquais de m’étouffer quand elle répondit, sans aucune pression, à mon père : « Ça fait partie de son charme. » … je bois d’énormes gorgées de mon verre d’eau et je continue mon repas mine de rien.

Quant à la suite du repas, on la connait déjà. Je venais de m’affaler dans le canapé, je décapsule ma bière à la main avant de ranger la capsule dans ma poche en attendant de la jeter. Leann approcha discrètement sa main vers la mienne, n’osant l’attraper, en retour, du dos de mon index, je lui caressai le revers de la main en lui lançant un regard.
Mon père prit un malin plaisir à remettre en contexte chacune des photos de mon enfance, toutes représentaient la même chose, un enfant calme, discret, et peu souriant. Leann bailla, je l’interrogeai du regard, voulait-elle aller se coucher ? Elle me fit signe que non…

Elle relança même la conversation, me demandant ce que je foutais au Glastonbury Festival, mon père prit la liberté de répondre à ma place… « Oh ? Vraiment ? Heureusement qu’il y a des gens comme elle pour le pousser à aller un peu de l’avant. » Comme elle ? … Oh… je suis tellement dans la merde… On pouvait entendre dans la voix de Leann de la rancœur, le regard que me lança mon père me le confirma… Je suis tellement dans la merde…
Mon père tenta de noyer le poisson avec des conneries, il prétexta un voyage en Écosse au petit matin pour aller se coucher… J’irai lui parler avant d’aller dormir.

La porte de la chambre se fit entendre. Leann se tourna vers moi, elle semblait agacée. Elle me fit ses impressions sur mon père. En me faisant notifier subtilement qu’elle n’avait pas apprécié la surprise. Et puis… elle attaqua sur Selina, mais je n’arrivais pas à savoir si elle était sincère ou sarcastique ou si elle essayait d’être rationnelle et qu’elle tentait de ne pas être en colère…
Elle se leva et replaça des mèches derrière ses oreilles… Signe de colère, avec le temps je l’avais compris. Ce n’était pas qu’une histoire de confort.
Elle me questionna sur l’amulette, je m’attendais à des attaques sur le fait de lui avoir coupé son don à son insu comme au bal… Mais non… C’était beaucoup mignon que ça…
« … Normalement si… Mais j’en ai acheté une deuxième au cas où… » dis-je en fixant mes pieds, culpabilisant sans savoir dire précisément pourquoi… Là tout de suite j’avais l’impression d’être la pire personne au monde, je me sentais assez mal et anxieux…
Elle soupira avant d’aller vers les escaliers, puis elle ajouta que peu importe la durée, c’était toujours ça de gagné… « La salle de bain est au dernier étage, mon père a la sienne au premier… Tout au fond du couloir, et la deuxième porte à droit c’est ma chambre. J’y ai posé nos affaires sur mon lit. » lui dis-je toujours en fixant le sol.

Me voilà seul… je finissais ma bière en regardant l’album, toujours ouvert sur les photos de l’été où Selina était venue à Londres. Je souris en repensant à cette époque, elle était ce qu’on pouvait imaginer d’un ami magique dans les films pour enfants. Elle apparaissait la nuit assise sur mon lit comme par magie, et m’embarquait dans ses aventures, des choses que je n’aurais jamais osées ou imaginé faire seul. Je la revois me tendre sa main et me tirer vers elle…
Je ris discrètement avant de me relever et de fermer l’album photo. Je le rangeais. « Tu m’as causé bien des soucis toi. » dis-je à l’album… Je pris la bière de mon père et je sortis les jeter dans la poubelle en verre devant la maison, j’y étais allé pieds nus et en tshirt, dur retour à la réalité, le climat n’avait rien à voir avec l’ambiance tamisée et chaleureuse du salon. Une passante me dévisagea longuement, je faisais mine de ne pas l’avoir vu. Les contacts visuels me mettant mal à l’aise quand je ne les initiais pas. Et je retournais dans la maison, prenant soin de verrouiller la porte, je lançai le lave-vaisselle, et coupai toutes les lumières.

Je m’arrêtais au premier étage, et je frappais fermement sur la porte de mon père. Le bruit de l’eau venant de ma salle de bain m’offrait la possibilité de parler ouvertement avec mon père, et je n’allais pas me faire prier. Il ouvrit la porte. « Depuis quand le MI-6 offre des voyages en Écosse ? » mon père sourit. « Après la Grande Révélation, ils t’ont approché hein ? » mon père ferma les yeux longuement avant de me répondre « Ils le savaient depuis un moment, ils étaient au courant, mais après la Révélation, ils m’ont approché en effet, pensant que je serais plus enclin à accepter maintenant que je n’avais plus à me cacher. Mon ration d’enquêtes résolues étant parfait… Ils ont enquêté sur moi il y a plusieurs années. Donc forcément… Et ils savent pour toi aussi… Si tu suis ma voie ils t’approcheront pour que tu bosses pour eux, que ce soit en tant qu’analyse, scientifique ou sur le terrain… Ils ont de grands espoirs pour toi. »
Je me stoppais net. Je n’avais toujours pas fait mon choix… Entre la science ou la justice... Le plus grand dilemme de ma vie, mon père ou ma mère… La panique commençait à m’envahir, j’étais déjà anxieux, ça n’aidait pas vraiment. « Hé détends-toi Will, tu as tout le temps. Sache que ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres. » il posa sa main sur mon épaule, je me dégageai tout aussitôt.
« Ce n’est pas pour ça que je me fais du soucis ! Je serais bien plus efficace que toi sur le terrain, voilà ce qui me tracasse. » mon père haussa un sourcil, me défiant de le lui prouver.
Je pris une profonde inspiration, il m’attrapa par le col, je glissai entre ses doigts, comme par magie, puis sans attendra il choppa le vase sur la commode et me frappa dans les côtés avec, je n’eus pas le temps d’esquiver pleinement le vase, je me pris le premier choc, le vase se brisa contre mes côtes, mais les bouts de verres ne firent que me traverser. Mon père en profita pour se glisser dans un de mes angles morts en ayant simplement observé mon regard.
Un frisson me parcouru la nuque et je devins aussitôt invisible, je me retourne et je lui passe au travers, avant de lui coller un coup dans le creux poplité le mettant sur le sol à genoux, je pose ma main gauche sur sa tête, et pointe mon index droit sur sa carotide. « Si c’était un couteau tu serais mort. Tu as besoin de voir pour établir tes schémas afin de prédire et d’anticiper. »

C’était ma manière de lui dire que j’étais mort de trouille pour lui. Et il l’avait bien évidemment compris, mon schéma, il le connaissait par cœur. Il se releva, souriant plus que jamais... Il ne voulait que me tester comme il l’a toujours fait, voir où j’en étais, et quelles étaient mes capacités… Tout n’est qu’un jeu pour lui… Il n’en donne pas l’impression mais je sais qu’il saisit la gravité et les risques de cette proposition… Mais … il semble tout prendre à la légère… c’est tellement frustrant putain ! Je bouillonnais, ruminant ma colère, quand il coupa court à mes pensées noires.
« Eh bah ça alors, quand mon frère me disait qu’il pensait pouvoir devenir invisible je me moquais de lui, mais tu y es parvenu… Faut que je l’appelle pour le lui dire que sa théorie marche haha ! Tu tiens combien de temps ? » je détournais le regard, je savais que c’était plus qu’un test.
Il s’était plus ou moins laissé faire pour me permettre d’exprimer ma frustration et ma peur… Il faisait sombre, mais il pouvait voir que je venais de réaliser que je m’étais complètement laissé emporter et j’en rougissais. « Trois secondes pour le moment. » répondis-je brièvement il reposa sa main sur mon épaule et cette fois-ci je ne me débattais pas. « Du coup ce weekend tu vas t’entraîner, passer des tests ? Tu as accepté ? »
« Ouais tout ça dans l’ordre. Et non je ne sais pas encore… Un meilleur salaire, pas mal d’avantages, des bonnes vacances… C’est tentant non ? Et puis ta mère ne donnant plus de nouvelle depuis que… Pourquoi pas, ça pourrait me faire du bien, et puis je me fais vieux, autant partir à la retraire sur une fin explosive. » il me souriait, je le pris longuement dans mes bras, le serrant fort. « Fais attention à toi s’il te plaît. ». Il me souris avant de poser sa main sur ma tête et de secouer mes cheveux comme il l’a toujours fait quand j’étais petit. « Ne t’inquiète pas pour moi. Ça m’a fait plaisir de te revoir. Fais de beaux rêves Will. » je m’apprêtais à monter au deuxième étage. « A moi aussi papa… Bonne nuit. » Il avait déjà fait son choix... Et je montais les marches, à ma grande surprise, je sentis les larmes me monter aux yeux, j’avais prendre de profondes inspirations mais impossible de les chasser. Putain aller, merde reprends-toi bordel !
Rien n’y fait, je me gifle les deux joues avec vigueur, je me concentre sur mon souffle mais non, ça continue de monter.

J’ouvris la porte de ma chambre sans un mot, Leann était assise sur le bord de mon lit, elle me tournait le dos. Si je parlais tout de suite elle allait le remarquer, je l’écoutais sans un mot. L’observant sans un bruit. Son pyjama était drôlement court, venant d’elle c’était surprenant, mais je ne m’attardais pas sur ce détail plus longtemps, j’avais un essaim de pensées noires qui attaquaient mon esprit à tour de rôle ne lui laissant aucun répit.
Il fallait que je lui dise quelque chose pour la rassurer, alors que mon problème aux yeux ne faisait qu’empirer. Je pris, en silence, une profonde inspiration, et en prenant la voix la plus clair possible je répondis à ma petite amie. « Je ne le savais pas avant d’avoir du réseau. » jusqu’ici tout va bien, une voix légèrement enrhumée, rien de bien méchant, je soufflais en silence et je repris sur moi « Et puis si je te l’avais dit tu aurais paniqué tout au long du trajet pour rien… C’est comme arracher un sparadrap, mieux vaut un gros coup sec hein… » Obligé de renifler… Je m’exécute, tant pis si j’étais pris la main dans le sac.
Toujours debout, face au lit, parlant au dos de Leann. « Et … pfff, il ne t’a pas trouvé ridicule, c’est normal de ne pas être à l’aise dans ces situations, on y est tous passé, tu te prends trop la tête. Il t’adore. » dis-je en pouffant de rire, les yeux complètement noyées sous les larmes que j’empêchais de tomber depuis plusieurs minutes.

J’ai toujours eu cette fâcheuse tendance à voir trop loin, ça a toujours été comme ça, avec Selina, à peine je l’ai embrassé pour la première fois, que j’imaginais déjà la fin, et ce qu’il allait en découler. Pareil pour ces rencontres éphémères en été, toujours à brider mes relations car je calculais toujours tout, dont la fin. Cette obsession oppressante et paralysante de la fin des choses. Je voyais mon père déjà mort. Tout simplement.

Et puis merde, je me laissais allé, plus de retenu, la voix tremblante, les larmes tombantes je finissais de répondre à Leann. « Et puis… haha… si tu p…enses que mes p…parents ont adoré Selina mais… haha…ha… tu n’as pas idée à quel point tu trompes… » j’essayais de parler tout en riant tout en pleurant c’était une espèce de fouillis relativement compréhensible… je m’avançais vers Leann en marchant à quatre pattes sur mon lit. « Ma mère l’a détesté, et elle la déteste encore aujourd’hui… haha, si tu avais vu sa tête la première fois… C’était beau à voir ! Le repas a été d’une froideur… Magnifique ! » je m’assieds à côté d’elle. « Tu n’as rien à voir avec elle. Vous êtes tellement différentes que la comparaison n’est pas possible. Si ce sont tous ces souvenirs qui te gênent bah… » je retirai mon tshirt que je jetai en boule sur mon bureau à l’autre bout de ma chambre. Une douleur se fit ressentir sur mes côtes, sûrement le vase qui s’y est brisé… J’allais avoir un bel hématome demain… « C’est tout aussi simple que ça. » j’essuyais mes larmes avec le revers de mes mains. « Après tout… » je me blottis contre elle. « C’est avec toi que je suis aujourd’hui. »

Je m’échappe des bras de Leann « Je reviens, je vais rincer mon visage… » j’allais dans la salle de bain en traversant le mur. Je n’avais jamais utilisé mes capacités chez moi, ça faisait bizarre, mais j’ai toujours voulu le faire. Sans allumer la lumière je fis couler l’eau que je versais sur mon visage, puis je m’essuyais le visage. Je ne voulais pas voir mon reflet dans la glace, alors je restai dans le noir. Je revins dans ma chambre. « Ton pyjama est drôle petit… J’imagine que tu ne l’as pas mis depuis longtemps et que tu as vu en cette escapade une occasion de le remettre… J’ai des choses plus larges si tu es trop mal à l’aise dedans. Dans mon armoire, tu trouveras tout ce qu’il te faut, sers-toi si tu veux. » lui dis-je calmement, j’avais enfin réussi à me reprendre. J’allumais la lumière de la chambre, tant pis si elle voyait mes joues meurtris par mes mauvais traitement ou mon torse endoloris ainsi que mes yeux rouges d’irritation.

J’échangeais mon jean pour un jogging polaire noir, et je rangeais soigneusement mon tshirt du Glastonbury dans mon armoire, je ne l’avouerai pas à Leann mais j’y tenais au fond.
« On se planque sous la couette et on fait des plans pour demain ? » lui proposai-je avec le sourire. Je pris nos sacs que je posais contre le mur, sous la fenêtre, qui donnait sur la ruelle résidentielle de Stanhope Mews East. J’éteignis la lumière.
Puis je tirai un grand coup sur la grande couverture pour la lever, avant de m’y glisser, et je la laissais retomber sur nous. « Alors ? Qu’as-tu envie de faire demain Pelote ? »




Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Lun 3 Oct 2016 - 23:05
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[quote="Leann De Laine"]
Un aparté ─ Piercy - Je ne savais pas avant d'avoir du réseau.

Je levais les yeux au ciel. Nous aurions largement eu le temps d'en discuter sur le chemin du métro, ou carrément dans la rame, ou même entre la station de Glouster's Road a chez lui. L'excuse était plutôt mauvaise, et à la drôle intonation de sa voix je pouvais deviner qu'il en avait pleinement conscience. Il tenta d'enchaîner avec autre chose. Une nouvelle idée : c'était voulu, finalement. Pour ne pas me faire paniquer. Il avait raison sur ce point. J'aurai complètement paniqué, mais je n'aimais pas pour autant la cachoterie. Au final, j'avais probablement autant stressé que ce que ça aurait été le cas s'il m'avait informé, mais dans un espace de temps bien plus réduit.

- Et … pfff, il ne t’a pas trouvé ridicule, c’est normal de ne pas être à l’aise dans ces situations, on y est tous passé, tu te prends trop la tête. Il t’adore. 
- Je me demandes bien comment. J'ai à peine réussi à enchaîner deux phrases sans bégayer de toute la soirée.

Je tournais la tête dans sa direction, lui lançant un regard traduisant tout mon scepticisme quant à sa tentative de me rassurer. Je ne m'attendais en aucun cas à trouver le A les yeux rougis par les larmes, tentant de mimer un sourire. C'était encore pire que la rencontre surprise avec son père. En une fraction de seconde, je suis passé d'un niveau de stress moyen à la pire panique que je n'ai eu l'occasion de ressentir depuis bien longtemps. Qu'est-ce qu'il venait de se passer? J'avais fait quelque chose de mal? Dit quelque chose de travers? C'était ma faute? Oh mon dieu, je n'aurais jamais dû faire de remarque sur Selina. Ce n'était pas le moment de faire ce genre de remarque. Je n'avais juste pas pu m'empêcher. Le t-shirt, les photos… J'aurais pourtant dû m'en douter quand il a coupé court à la réflexion de son père. Ou peut-être que ça n'avait rien à voir. Peut-être que j'avais été un peu trop sèche avant de monter. J'étais un peu agacée pour le médaillon et même si j'avais essayé d'être la plus discrète possible à ce propos, ma réaction l'avait peut-être déçu. Et pourquoi se mettre à pleurer maintenant? Peut-être que finalement son père ne m'aimait vraiment pas. Peut-être que ce n'était pas moi qu'il essayait de rassurer mais lui. Mon Dieu, j'étais en train de devenir complètement paranoïaque.

- P-piercy?
-  Et puis… haha… si tu p…enses que mes p…parents ont adoré Selina mais… haha…ha… tu n’as pas idée à quel point tu trompes…  Ma mère l’a détesté, et elle la déteste encore aujourd’hui… haha, si tu avais vu sa tête la première fois… C’était beau à voir ! Le repas a été d’une froideur… Magnifique !

Il s'était laissé tomber sur le lit avant de s'approcher à quatre pattes, semblant incapable de se débarrasser de ce rictus nerveux sur son visage. Rien de toute cela n'avait de sens. L'explication la plus probable aurait encore été que je me sois endormie dans le train n'ai fait que rêver ce qui soit arrivé depuis. Joshua s'assit à côté de moi. Je passais mes doigts sur ses joues humides avec un regard d'incompréhension, essayant tant bien que mal de sécher ses larmes.

- Piercy? Ça ne va pas?  Q-qu'est-ce qu'il y a?
- Tu n’as rien à voir avec elle. Vous êtes tellement différentes que la comparaison n’est pas possible. Si ce sont tous ces souvenirs qui te gênent bah… c'est tout aussi simple que ça.


En un mouvement, l'anglais se débarrassa de son t-shirt qu'il envoya violement sur son bureau. Je piquais un phare, détournant immédiatement la tête, mes prunelles fixant le mur avec un intérêt tout particulier.

- Oh mon.. N-n-ne te déshabille pas comme ça! C-c-c'est bizarre.

Je ne pouvais pourtant pas m'empêcher de jeter de petits coups d'œil dans sa direction. C'était vraiment super étrange. OK, je l'avais déjà vu torse-nu, mais le contexte était complètement différent. Je n'étais pas chez lui, pas sur son lit, pas en pyjama, et c'était pour une blessure. Est-ce qu'on n'était réellement devenu si proche? Ne sois pas idiote, bien sûre que oui. C'est le principe d'être en couple, non?

- Après tout, c'est avec toi que je suis aujourd'hui.

J'avais déjà presque oublié cette histoire de Selina à vrai dire. Je devais admettre être un peu perturbée par la présence qu'elle semblait toujours avoir dans cette maison, mais je ne craignais pas de la voir revenir de sitôt essayer de reconquérir son ex-petit-ami. Je n'avais pas la moindre idée. J'espérais sincèrement qu'il ne pense pas que je sois ce genre de copine parano qui ne supportait pas son ancienne copine, juste par principe. Je sentais la tête du brun s'appuyer contre mon épaule, tandis que le jeune homme commençait enfin à se calmer. Je n'osais pas trop lui en demander plus sur ce qu'il s'était passé pendant mon absence, connaissant son aversion pour les moments un peu trop sentimentaux, mais je devais bien admettre être curieuse.

- Ca va aller, je suis avec toi, ok? Je me fou de Selina et de n'importe qu'elle autre fille. Je suis désolée si j'ai eu l'air fâchée ou si je t'ai inquiété…

Ce n'était peut-être que partiellement vrai, à vrai dire. J'avais beau avoir une entière confiance en Piercy, je ne pouvais pas être sûre de vraiment me foutre de toutes les autres filles. Par principe. On ne sait jamais de qui il peut s'agir. Qui sait, après tout? Une vieille amie d'enfance ayant toujours eu un crush peut toujours sortir de nulle part. Improbable, mais pas impossible.

J'aurais pu rester comme ça tout le reste de la soirée, ma main jouant avec ses mèches ébènes, glissant occasionnellement mes doigts jusqu'à sa nuque, profitant du contact de sa peau contre la mienne, mais il ne tarda pas à se lever, prétextant un rapide passage par la salle de bain.  

Je me laissais tomber en arrière à la seconde où Piercy était passé à travers la mur. J'avais beau essayer d'avoir l'air calme, j'étais tout de même toujours aussi gênée par la situation… mais pas que. La vérité, c'était que j'avais apprécié tout cela. Pas de le voir pleurer pour le plaisir, évidement, mais qu'il se sente suffisamment à l'aise pour s'autoriser à se laisser aller de la sorte face à moi. Je me souvenais de ses mots au bal. " Il nous faudra un peu de temps pour qu’on soit réellement nous-même, que l’on arrive à faire tomber toutes nos barrières, et que l’on montre nos vrai visage". Il fallait croire qu'il avait réussi à les faire tomber avant moi. Je ne pouvais pas m'empêcher de rester dans une certaine forme de retenue en sa présence. J'avais conscience du fait que ça soit ridicule, mais j'avais une certaine appréhension à l'idée de me dévoiler ainsi.

Je ne tardais pas à sortir de mes pensées, quand Joshua fit à nouveau entrée dans la pièce, allumant la lumière dans la foulée. Je me relevais brusquement, les joues légèrement rosées. J'aurais préféré qu'il ne me voit jamais étalée de tout mon long sur son matelas de la sorte.

- Ton pyjama est drôlement petit… J’imagine que tu ne l’as pas mis depuis longtemps et que tu as vu en cette escapade une occasion de le remettre… J’ai des choses plus larges si tu es trop mal à l’aise dedans. Dans mon armoire, tu trouveras tout ce qu’il te faut, sers-toi si tu veux.
- … Devant toi, ça devrait aller… Ca ne serait pas la première fois que je portes des trucs trop court devant toi.

J'avais beau faire de mon mieux pour garder mon sang-froid, ça n'avait pas empêché mes joues de prendre d'une teinte plus rouge. Je n'avais pourtant aucune raison d'être gênée. Il avait vu pire, entre sa chemise et le t-shirt TARDIS du bal. Gardes ton calme. En passant devant moi pour gagner son armoire, je remarquais une longue trace rosée sur son torse (oui, j'ai regardé, ne me jugez pas) qui avait tout du bleu en devenir.  Entre ça, ses joues marquées et ses yeux irrités, on aurait presque pu croire qu'il s'était battu. Comment est-ce que ça aurait bien pu arriver? Je n'étais parti que quelques minutes pourtant. Et avec son intangibilité, il était complètement impossible que ça soit un simple accident. Mais quoi d'autre?  

- Piercy! Qu-qu'est ce qu'il s'est passé?

Il se contentait de filler me rejoindre dans le lit, proposant que nous discutions du programme du lendemain sous la couette. Je me contentais de faire un signe de tête de haut en bas avant de me glisser à mon tours sous ses draps et d'en profiter pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Je ne pouvais néanmoins pas m'empêcher de m'inquiéter tandis que je me faufilais dans ses bras.

- Hm…. Pourquoi pas St James' Park ? On avait l'habitude d'y aller avec ma tante quand on descendait sur Londres avec maman…

Je parlais rarement de ma mère de manière générale. C'était un peu un tabou, mais je voulais vraiment essayer de pouvoir parler de tout avec le brun. Le sujet ne me plaisait pas particulièrement, mais c'était peut-être encore le meilleur moyen de me forcer à faire tomber un peu les murs qui m'entouraient.  

- Le train était pas trop cher et c'était qu'une petite heure de trajet, du coup on y allait souvent. Puis c'était un peu la seule personne de la famille qu'on voyait alors … j'aimerais bien y retourner juste pour la nostalgie… Si ça ne te dérange pas.

Je n'avais pas beaucoup de souvenir des trajets, mais j'étais à peu près sûre que le parc dont je parlais était bien plus au sud. Et je ne voulais dans tous les cas éviter de le faire marcher trop longtemps avec sa blessure. Je le connaissais trop bien : Joshua, faisait comme si de rien était, mais le simple fait qu'il ait été touché par … quoi que ça soit qui lui ait fait cette marque était un signe que l'impact avait dû être violent et douloureux.

- Mais avant toute chose… Il va falloir s'occuper de ça.

Je passais ma main sous le drap et la fit glisser sur sa blessure. C'était étrange d'initier ce genre de contact. Je n'étais généralement pas le genre de personne à aller toucher ses abdos comme ça. Aller, reste calme. C'est rien. Tu as bien le droit au pire, non? Alors arrêtes de rougir. C'est ridicule. Je faisais glisser la couverture afin de révéler la large marque.

- Comment tu t'es fait ça? Et ne me mens pas, je sais que ce n'est pas un accident.

Sans bouger mes doigts, je plantais mon regard dans celui du A, lui laissant comprendre que je ne lui laissais aucune option. Dans un mouvement lent, je m'approchais de son visage. Nous étions déjà incroyablement proche, c'était presque gênant.

- Ca m'inquiètes vraiment. Tu ne peux pas ne pas me parler de ce genre de chose, ok? Je suis là pour toi, alors quel que soit le problème il faut que tu me le dise. Tu passeras à mon bungalow quand on rentrera.

Ce n'était pas le jour où j'étais la mieux équiper pour le soigner. Je n'avais pris que le strict minimum dans ma trousse à remèdes.  Il n'y avait rien que je puisse faire de plus qu'un peu de crème vu la situation, alors je me contentais de baisser les yeux et me laisser glisser sur le torse de Piercy. Ma tête contre son épaule, je passais ma jambe contre la sienne. Le polaire qu'il portait était agréable au toucher, et ça réchauffais un peu mes jambes un poil trop dénudées pour la saison. Ou étais-ce une excuse pour venir me blottir un peu plus contre lui? Il y avait probablement un peu de ça dans le fond, même si je refusais de l'admettre. Mais la sensation de sa peau contre la mienne, sa proximité…  c'était tellement agréable. J'avais l'impression que ça faisait une éternité depuis la dernière fois où nous avions pu réellement profiter d'un tel moment.


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Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Mer 5 Oct 2016 - 16:27
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Son visage changea du tout au tout quand elle se retourna vers moi. Sur le moment je n’y prêtai pas attention, et puis… Même si je m’y étais attardé, je ne pense pas que j’aurais compris pourquoi. Elle virait à la panique c’était évident, mais j’étais trop bien préoccupé pour en prendre compte.
Elle n’avait de cesse de m’interroger pendant que je parlais, je n’y prêtais pas attention, trop occupé à résorber ses doutes.

Elle piqua un phare quand j’ôtai mon t-shirt, on n’était plus à ça prêt. Mais elle semblait trouver ça bizarre… « Ça va aller, je suis avec toi, ok ? Je me fous de Selina et de n’importe quelle autre fille. Je suis désolée si j’ai eu l’air gâchée ou si je t’ai inquiété… » sans la regarder, d’une voix basse je lui répondis « Ce n’est rien… » même si je savais que c’était faux, il y a toujours la célèbre rengaine que tout le monde a tendance à ressortir… Celle du genre “Je te fais une confiance aveugle, mais les autres non…“, ça n’a jamais vraiment eu de sens à mes yeux…

Après être revenu de la salle de bain, je savais que je n’aurais pas dû allumer la lumière, et que je n’allais pas y réchapper, mais bon… « Piercy ! Qu-qu’est-ce qu’il s’est passé ? » je tournais la tête, évitant son regard et ses joues écarlates. « … ça ? » dis-je la voix encore affectée par mes larmes « Rien… Je suis tombé dans les escaliers. » ajoutai-je avant de renifler. Après avoir éteins la lumière, je me glissai dans mon lit.

Leann étant à ma droite tout comme mes ecchymoses, je m’allongeai sur le dos. Elle se glissa à mes côtés et en profita pour me dérober un baiser avant de se glisser entre mes bras. Et elle répondit à ma question, St. James Park ? … C’est plutôt rare qu’elle me parle de son enfance… « Oh pourquoi pas, si ça peut te faire plaisir, et puis… J’aimerais bien en apprendre un peu plus sur toi. » lui dis-je en souriant avant de grimacer car elle venait de s’appuyer sur mes côtes. J’avais envie d’en connaître plus sur elle, mais je devais être patient et ne surtout pas la brusquer, elle prendra le temps qu’il faudra, mais je sais qu’un jour il n’y aura plus de barrière entre nous… Paradoxalement, c’était à moi d’initier cette démolition… Je pense en avoir fait suffisamment pour ce soir…

Elle m’expliquait pourquoi elle allait dans ce parc, je l’écoutais attentivement. « Pourquoi ça me dérangerait ? C’est tout l’inverse Pelote. » lui dis-je avec le sourire, avant de déposer un doux baiser sur son front.
Je pensais avoir noyé le poisson, mais non… Elle revint à l’attaque… « Mais avant toute chosse… Il va falloir s’occuper de ça. »  
… Je me retins de sursauter au contact de ses doigts, froids, je me mis à frissonner, venant d’elle c’était surprenant, mais pas désagréable pour autant. Elle rougissait, c’était marrant. Leann poussa la couverture jusqu’à dévoiler mon torse, et plus précisément la fameuse marque.
« Comment… Grmpf… » je soupirais, détournais le regard, bien qu’elle rougissait, c’était moi le plus embarrasser, comment lui expliquer ce qu’il s’était passé pendant qu’elle se douchait… La chute dans l’escalier n’était, évidemment, pas passé. Je n’y arrivais pas… Comment le lui dire ? … Tout à l’heure je n’y arrivais pas à le cacher mais là… C’est tout l’inverse…

Toujours aucun mot venant de moi… « Ça m’inquiète vraiment. Tu ne peux pas ne pas me parler de ce genre de chose, ok ? Je suis là pour toi, alors quel que soit le problème il faut que tu me le dises. Tu passeras à mon bungalow quand on rentrera. » je m’apprêtais à répondre quelque chose mais je me ravisais… Je ne savais même pas si j’avais le droit d’en parler… Comment faire ?
« Dis Pelote… tu réagirais comment si je te disais que je songe accepter un métier … dangereux… Du genre… Travailler pour les services secrets britanniques… ? » je soupirais… une révélation à demi-mot, en restant flou sur l’exactitude de mes propos, est-ce que ça concerne mon père, moi ? … Aucune idée à vrai dire… « Avec mon père… » je détournais toujours le regard. « Quand il s’apprêtait à aller en mission pour un long moment, on avait cette sorte de tradition un peu bizarre… Une sorte de petite bagarre… Un peu pour voir si j’étais suffisamment fort pour le terrasser… Ou autrement dit…. Voir si j’étais capable de me débrouiller sans lui si jamais il…. Enfin tu vois quoi… Et vu qu’il part demain… » je ressentis un violent pincement au cœur, je m’arrêtais donc là dans mes explications… j’avais fait de mon mieux… ce n’est seulement qu’une fois que j’eus finis de parler que je réalisai que mon rythme cardiaque s’était emballé.

Pelote se blottit contre moi, posant sa tête contre mon épaule, plaquant une de ses jambes contre la mienne, je l’enlaçai d’un bras, la tirant vers moi, ignorant la douleur, la sensation de l’avoir contre moi m’apportait bien plus de bien-être que de douleur. « Je … » je pris une profonde inspiration avant de me faire violence. « Je t’aime. » et je déposais un long baiser sur sa tête. « Genre… vraiment vraiment fort. » … j’en ajoutai car j’avais peur du potentiel long silence qui pouvait suivre.
Ce que j’ai partagé avec elle ce soir, jamais je ne m’en serais cru capable… Je ne sais pas si elle en avait conscience… Peut-être… J’aurais sûrement la réponse un jour.

« Demain, on risque de beaucoup marcher, on devrait pas trop tarder à s’endormir… » on pouvait m’entendre sourire, j’avais une voix douce et rassurante. « Pelote… ?»
Je tournais la tête vers elle, pour la première fois je cherchais le contact visuel, nous étions faiblement éclairé par les lumières froides des lampadaires de la ruelle. « Je suis heureux d’être avec toi. »

Il était temps de s’endormir.



Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Jeu 6 Oct 2016 - 22:11
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Un aparté ─ PiercyLes mains de Joshua se posèrent sur mon épaule, me tirant un peu plus contre lui. Il n'avait rien contre l'idée d'aller à St James' Park, heureux d'en apprendre un petit peu plus sur moi. Je n'étais pas sûre que la visite permette de lui apprendre quoi que ça soit de plus, mais son enthousiasme m'allait droit au cœur.

Ça ne m'empêchait pas pour autant de faire la moue face à son silence quant à sa blessure. Il semblait totalement retissant à l'idée de m'expliquer comment il s'était fait cette blessure. Avec son pouvoir, pensait-il vraiment que j'allais gober son excuses? Je n'étais pas prête de le lâcher. S'il croyait qu'il allait pouvoir aller se coucher sans m'avoir tout avoué, il se mettait le doigt dans l'œil. Je ne l'avais que rarement vu blessé et la plus part du temps, ce n'était pas bon signe. De mémoire, la première fois, c'était quand il avait arrêté la table fantôme de la salle abandonnée, la seconde quand il s'était méchamment engloutit la main dans le mur de sa chambre après la fête de Lance. Je craignais quelque chose d'assez similaire à la deuxième option, bien que la localisation de l'ecchymose soit peu propice à cela.

-  Dis Pelote… tu réagirais comment si je te disais que je songe accepter un métier … dangereux… Du genre… Travailler pour les services secrets britanniques… ? 
 
Je le regardais, confuse. Etais-ce une manière de détourner le sujet de la conversation? Il devait probablement un rapport, même s'il ne me semblait pas forcément évident à première vue. Il y avait peut-être quelque part où il souhaitait m'amener dans cette question. Peut-être un sens caché. Ou étais-ce simplement ce que cela semblait vouloir dire? Qu'il comptait travailler pour les services secrets et me demandait ce que j'en pensais? L'idée qu'il voit notre relation comme quelque chose d'assez sérieux pour qu'il me demande un avis sur ce genre de sujet me fit échapper un sourire. Je ne pouvais pas vraiment lui refuser une réponse.
 
- J'imagine que je serais inquiète. Un peu. C'est normal de s'inquiéter pour les gens qu'on aime, non? Qu'importe à quel point on a confiance en eux et en leurs capacités, qu'importe à quel point ils sont compétant, on imagine toujours le pire parce que ce sont les personnes qu'on a le plus peur de perdre au final. Parce que même quand on dramatise le plus possible, on pense juste à un monde sans eux. Mais je ne t'empêcherais pas pour autant. Personne ne doit te dicter ce que tu dois ou ne doit pas faire, parce que ce sont tes choix, tes envies, ton futur. Tu dois juste te contenter de faire ce qu'il te plait, et je serais heureuse pour toi que tu puisse le faire si c'est ce que tu veux, qu'importe à quel point ça peut m'inquiéter.

Je n'étais pas sûre qu'il attende réellement ce type de réponse. J'étais peut-être allé un peu trop loin. Les mots étaient sortis de ma bouche malgré moi. Le regard planté dans les draps, je n'osais plus le regarder droit dans les yeux. C'était un peu gênant de dévoiler ses pensées comme ça. Je sentais ses poumons se gonfler d'air pendant qu'il soupirait et son cœur s'accélérer dans sa poitrine. J'avais peur d'un peu trop pousser le bouchon en lui demandant toutes ces explications, surtout après ce qu'il s'était déjà passé ce soir, mais je m'inquiétais bien trop pour pouvoir passer l'éponge.

- Avec mon père, quand il s’apprêtait à aller en mission pour un long moment, on avait cette sorte de tradition un peu bizarre… Une sorte de petite bagarre… Un peu pour voir si j’étais suffisamment fort pour le terrasser… Ou autrement dit…. Voir si j’étais capable de me débrouiller sans lui si jamais il…. Enfin tu vois quoi… Et vu qu’il part demain…

Je jaugeais le jeune homme qui semblait réellement inquiété par la situation. Avait-il constamment ce genre d'appréhension? Lui qui semblait pourtant toujours si détaché, c'était une surprise. Sa fréquence cardiaque ne pouvait pas mentir. Sans un mot, je passais mes bras autours de lui, l'enliassant du mouvement le plus rassurant que je le puis. Ca faisait aussi parti du job de le rassurer dans ce genre de moment. Caressant sa peau du bout de ma main droite, je laissais le silence s'installer un moment avant de reprendre la parole.

- C'est normal de s'inquiéter, mais tu n'as pas besoin de faire tout ça. Ton père à l'air d'être très compétant, et je suis sûre que tu seras tout aussi fantastique que lui. Et quoi qu'il arrive, même le jour où tu devrais te débrouiller sans lui, tu ne sauras pas seul…. Je serais avec toi…

C'était une sacrée projection dans le futur. Je n'aurais peut-être pas dû dire ça, c'est le genre de truc qui peut faire un peu flipper, non? Je jetais un coup d'œil dans sa direction, une moue peu rassurée sur le visage. Au fond de moi, j'aurai vraiment aimé ravaler mes paroles.

- … Si tu veux de moi du moins…

Je venais me replacer à ses côtés, sans vraiment trop savoir où me mettre, mais c'était sans compter sur Joshua qui m'attrapa par l'épaule pour me serrer contre lui. Je ne m'attendais pourtant pas à ses déclarations.

- Je … Je t'aime… genre vraiment… vraiment fort.

Moment de silence. Il avait beau avoir ponctué sa phrase autant que possible pour me laisser le temps d'assimiler l'information. C'était tellement rare qu'il dise ce genre de chose, je n'étais tout simplement pas prête. Mais passé la surprise, je posais ma tête contre son épaule, vérifiant minutieusement que je ne touchais pas son bleu. Je n'étais pas aussi paniquée que le jour du bal à m'endormir à ses côtés, au contraire. Je cherchais le contact, osais même poser mes mains contre lui.

- Moi aussi.

Nous profitions ainsi quelques minutes de silence les uns dans les bras de l'autre. Ca faisait du bien de pouvoir rester comme ça, sans craindre les réflexions de Kei, croiser un colocataire entrant par surprise ou une téléportation sauvage de Selina.

-  Demain, on risque de beaucoup marcher, on devrait pas trop tarder à s’endormir…

J'acquiesçais, un grand sourire sur les lèvres. La simple idée d'imaginer la journée de demain me réjouissait plus que jamais. Je n'avais pour l'instant pas eu l'occasion de voir beaucoup du pays. Ca faisait si longtemps que mes yeux n'avaient pas vu autre chose que les petites bâtisses de Prismver. Les grands immeubles victoriens m'avaient tellement manqués. Pourtant, il semblait que tout le reste ait tellement changé… Les gens se baladaient tous accrochés à leur téléphones portables, écouteurs dans les oreilles. La longueur des short avait l'air d'avoir considérablement diminué et les adolescentes ressemblaient de plus en plus tôt à des adultes.

- Pelote? Je suis heureux d'être avec toi.
- … Tu es adorable… Je ne pouvais pas être plus heureuses avec quelqu'un d'autre.

Je fermais les yeux, me laissant bercer par le battement de son cœur dans sa poitrine et ne tardais pas à m'endormir.

Je me réveillais naturellement aux alentours de cinq heures. J'avais beau être plutôt matinale, je ne me réveillais pourtant jamais avant six heures. Très probablement du stress. J'entendais le père de Joshua se préparer avant son départ. Une petite dizaine de minutes plus tard, je distinguais le bruit de la porte claquer, me hissais discrètement hors du lit et gagnais la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Piercy avait tendance à se lever tôt, même le week-end. Je fouillais dans les placard à la recherche de quoi faire un vrai petit déjeuné traditionnel quand la porte s'ouvrit à nouveau. Ethan s'était discrètement glissé dans le salon et me héla en remarquant ma présence.

- Leann ! Déjà debout? Je suis passé vous chercher un petit quelque chose pour ce week-end. Je vous laisse ça sur le guéridon.
- Oh, merci beaucoup! Fis-je en enlevant les œufs du feu.
- Bon, je vais y aller! Je vous laisse. Profitez bien.
- Bon voyage.

Il partit au pas de course après un rire amusé. Je terminais ma préparation avant d'aller voir de quoi il s'agissait. C'était de loin le moment le plus embarrassant de toute ma vie. Je m'attendais tellement à voir, je ne sais pas moi, un petit sachet rempli de fruits ou de légumes, une baguette de pain bien française pour alimenter le cliché sur mes origines comme le faisait fréquemment Joshua ou sa carte Oyster. Pas à des… des… pas des préservatifs! Oh mon Dieu. C'était vraiment super gênant. Les joues cramoisies, je passais mes mains sur mon visage, comme si le fait de ne pas les voir les rendraient un peu moins réels. Est-ce qu'il s'imaginait vraiment qu'on était allé aussi loin? C'était l'impression qu'on donnait? Est-ce que ça aurai dû être le cas? Est-ce qu'on est censé faire ce genre de chose avant cent-onze jours de relation? Après? Si ça se trouve, c'était juste prévu ça pour plus tard… Non, il avait bien mentionné "pour ce week-end". Alors étais-ce moi qui étais bizarre à ne toujours pas avoir fait ce genre de chose? Je n'avais aucun moyen

En attendant, je n'avais toujours pas idée de quoi faire. Les prendre et les mettre autre part? Ça ne changerait pas le problème. Je n'allais pas les amener à Piercy, ou les mettre dans la chambre. En même temps, est-ce que je pouvais vraiment laisser ça à la portée de vue de tous dans l'entrée? Il suffisait que qui que ça soit entre et la situation deviendrait rapidement à la limite du soutenable, surtout dans le contexte. Qui que ça soit qui puisse passer le pas de cette porte, ça serait notre première rencontre et je n'avais pas vraiment envie d'être vue comme ce genre de fille.

A l'étage, je commençais à entendre quelques pas. Joshua était en train de se réveiller. Ce n'était finalement pas la pire solution. Je regagnais la cuisine presque calmement, en profitant pour faire réchauffer les œufs, le bacon et les toasts pour qu'ils restent chaud. Il fallait absolument que j'ai l'air de de ne pas avoir quitté la pièce.

- Piercy, bonjour ~

J'essayais de paraître tout aussi naturelle que possible. La tête dans la casserole, c'était toujours plus facile. La cuisine, c'est comme les câlins, juste un bon moyen de cacher son visage.

- Tu tombes à pic, ton père viens de partir. Il m'a dit avoir laissé quelque chose dans l'entrée. J'imagine que c'est pour toi.


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Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Sam 8 Oct 2016 - 4:43
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Dans le fond je ne savais pas quel genre de réponse j’attendais. Je ne sais même pas si j’attendais une réponse en particulier. Mais, la sienne, dépassait toutes mes espérances…
Et en plus sans le réaliser sur le moment, elle venait de se projeter dans le futur, un futur relativement lointain. Ce qui m’extirpa un sourire. Et c’est ainsi que je m’endormis, blottit contre elle, le sourire aux lèvres.
Malheureusement mon sommeil ne fut pas aussi paisible. Toujours les mêmes cauchemars durant mes premières nuits à chaque fois que je rentrais à la maison…  Coincé dans une dimension parallèle à la nôtre, intangible, invisible et inaudibles aux yeux de tous. Un rêve désagréable qui laisse un goût amer au réveil

Sept heures, réveil brutal, j’ai dormi plus longtemps que d’habitude… Je regarde à ma droite, Leann n’était pas là…. Hmm… Normal elle n’est pas chez elle… On se sent moins à l’aise et on a le sommeil bien plus léger. J’espère que je ne l’ai pas empêchée de dormir…
Je sortis du lit, direction la salle de bain, tout mon côté droit était endoloris. Je compris pourquoi une fois face au miroir. Ce qui ressemblait à une marque rougeâtre sans importance a, en une nuit, viré au bleu violacé. Je peinais à bouger entièrement mon bras droit. Je soupirais longuement, puis je pris une douche froide pour me sortir pleinement de ma torpeur.  
J’enfilais un sous-vêtement, en grimaçant, mais ça, ça allait, le pantalon, un peu plus compliqué, mais je m’en sortis aussi… Par conte le t-shirt impossible de lever le bras droit pour bien l’enfiler, je lâchais l’affaire et pris mon haut blanc sous le coude en descendant les escaliers, une odeur de bacon se faisait sentir de plus en plus. Elle devait avoir cuisiné… Chaque marche descendue lançait une douleur aigüe manquant de me couper le souffle. Ce putain de vase était foutrement épais, il n’y est pas allé de main morte ce vieux con.

Leann semblait étrangement guillerette, comme un poil trop excitée, ça s’entendait dans sa voix, un peu plus aigüe que d’habitude. « Salut Leann… bien dormie ? Je t’ai réveillé ? » j’ai eu une nuit agitée, mais je ne savais pas si j’avais bougé dans mon sommeil… Elle me tournait toujours le dos, elle n’avait pas vu mon torse, le calme avant la tempête… Pourquoi elle me tournait le dos avec autant d’insistance ? C’était curieux… Normalement elle se serait tournée vers moi toute souriante. Mais là… C’est comme hier, quand elle m’a accueilli à table avec sa phrase qui m’avait fait bloquer.
« Tu tombes à pic, ton père vient de partir. Il m’a dit avoir laissé quelque chose dans l’entrée. J’imagine que c’est pour toi. »
Oh… Curieux… Mais je ne relevais pas sur le moment, trop intrigué par le dos de Leann. « … Leann ça va ? Tu sembles… nerveuse ? » je m’approche d’elle, ma démarche était … étrange ? Je marchais en essayant de maintenir mon torse statique, me tenant bien droit tout en prenant soin de respirer en faisant bouger le moins possible ma cage thoracique. «  On verra pour le paquet plus tard… » je pose ma main sur son épaule, je souffle sous la douleur « D…dis… Pelote…. Tu pe…peux m’aider à enfiler mon t-shirt… J’ai comme un petit problème… » lui dis-je en fixant mon torse recouvert d’ecchymoses.

Je glissais douloureusement mon bras droit dans la manche, et j’attendis que Leann m’aide à mettre mon t-shirt. « Merci… » je fixais le sol, embarrassé et agacé d’avoir besoin d’aide pour une tâche aussi triviale…
« Ça sent drôlement bon… » je tentais de noyer le poisson. « Je vais installer le reste, tu en as déjà fait. » Je pris un grand plateau, sur lequel je posais des couverts, deux verres, deux assiettes, je sortis du frigo une bouteille de jus d’orange que je déposais sur le plateau. Je servis dans les assiettes ce que Leann avait fini de préparer, puis d’un bras, je pris le plateau que je plaquai contre mon abdomen, et je me dirigeais vers le salon.
Je posais le plateau sur la table basse face au canapé, et je fouillais dans un placard pour en sortir un grand plaid que je passais sur mes épaules avant de me laisser tomber dans le canapé. « Tu me rejoins Pelote ? » je tire du pied la table basse, et je tapote à côté de moi faisant signe à Leann de me rejoindre sous l’immense plaid. Je nous servis un verre de jus.
J’attrapais la télécommande et j’allumais la télévision puis je baissais le volume de la télévision. Je tendis la télécommande à Leann. « Tiens amuse-toi, ça doit faire longtemps non ? » lui dis-je avec un air amusé.
Je repliais mes genoux contre mon torse et je commençais à manger, en tenant mes couverts du bout des doigts. « C’est très bon… Merci. » ma voix était calme, et faible, je devais être encore un peu dans les nuages, je n’avais pas l’impression d’avoir dormi...

Il commençait à pleuvoir, la pluie frappait contre les murs et les fenêtres, elle se faisait bien entendre, une douce mélodie. Une fois le petit déjeuner finit, je me blottis contre Leann, somnolant à moitié dans ses bras, j’essayais de récupérer un peu de force pour pouvoir tenir mes paroles et l’emmener au parc. « Ne t’inquiète pas, la pluie ne va pas durer, c’est toujours comme ça. » bien qu’à moitié endormi j’essayais de la rassurer. Puis, le silence, je sombre.

J’ouvre les yeux, un peu perdu. Toujours dans le canapé, l’horloge indiquait neuf heures, j’ai dormi une bonne heure et demie… c’est toujours ça de pris. « Désolé… je me suis assoupi… »
Je me relève, j’avais encore plus mal qu’avant au torse mais je faisais comme si de rien n’était. « Ah oui, le paquet de mon père… Je reviens Pelote. » Je me dirigeais vers l’entrée pour aller examiner le fameux colis…

Ok… Ce n’était absolument pas ce à quoi je m’attendais… bien que je n’ai pas d’attente particulière… là… il a dépassé toutes mes espérances… je soupirais longuement avant de prendre ma tête entre mes mains… « Sérieusement… ? » C’est sûrement pour ça que Leann n’osait pas me regarder dans la cuisine… Elle a dû voir la boîte de préservatif… Je soupire de nouveau. « Je reviens, je vais jeter ça à la poubelle… »
J’enfilais mes chaussures, et je sortis devant la maison pour jeter ça dans la grande poubelle. Quand une voix m’interpella… « J…Joshua ?! C’est bien toi ?! Jojoooooooo !!! » … Barbara… merde.
Je me retourne, vers la provenance des cris et là… je n’eus pas le temps de la voir venir, elle se jeta sur moi pour m’enlacer… Putain qu’est-ce que ça fait mal… je serre les dents, la boîte de capotes toujours dans la main droite… Je l’avais oublié, j’avais d’autres chats à fouetter.
Grande, blonde, très coquette, bien habillée, le genre de fille à être mal perçue de la gente féminine, car considérée comme trop parfaite. On peut dire que je suis la personne qui est resté en contact avec elle le plus longtemps... Enfin si on peut appeler les moyens de communication de l'île des « moyens de garder contact ».

«Héé... Salut Barbara… Comment ça va ? Je comptais passer vous voir, toi et ta famille pour prendre des nouvelles, je suis là pour le weekend… » son visage s’illumina quand je lui dévoilais mon intention de venir, puis son regard s’attarda sur ma main… Je crois qu’il y a quelque chose qui m’échappe… Pourquoi cet étrange sourire ?
« Euh … Barb ? ça va ? » pas un mot, elle virait au rouge… On dirait Leann… « O…ou…i ! C’est juste… que… Tu n’étais pas aussi entreprenant que dans mes souvenirs… hahaha ! » Ce rire aigu, je le connais, pourquoi? Pour… Quoi ? Mais de quoi elle pa… oh… oh merde. Elle pointait du menton la boîte que je tenais dans ma main. « Quoi ? … ça ?! Non ! C’est une blague douteuse de mon père, je m’apprêtais à jeter ça dans la poubelle, regarde. » et je me débarrassais enfin de cette maudite boîte.
Ma voisine semblait déçue. « Apparemment tu vas passer le concours du barreau ? Je te souhaite bon courage, ce sera pas facile mais tu vas y arriver, je ne me fais pas de soucis pour toi. » elle me souriait « Venant de toi, ce n’est pas rien. Merci Joshua ! Je suis désolé je dois filer, j’ai rendez-vous devant le musée. Passe dans la soirée si tu peux ! Mes parents seront ravis de te voir ! Salut ! » elle m’enlaça de nouveau dans ses bras, je pris sur moi pour ne pas phaser et m’enfuir, je restais stoïque, les bras le long de mon corps. « … J’essaierais… Salut… »

J’étais en t-shirt, dehors, un matin, sous la pluie, en avril pour jeter une boîte de capote à la poubelle… Encore une journée ordinaire chez les Pierce… La porte de la maison était restée ouverte, je la poussais pour entrer et je vis Leann qui m’attendait derrière la porte… Ai-je fais une bêtise ?
Je frissonnais sous le froid, mon t-shirt me collait à la peau, je fermais la porte et ôtai mes chaussures. « … euh… c’était la fameuse Barbara dont parlait mon père hier… elle avait l’air contente de me revoir… » … je ne pense pas que c’était la meilleure chose à dire… Je pensais que je venais de vivre un moment relativement désagréable avec ma voisine, que je connais depuis le jardin d'enfant, mais étrangement mon instinct me hurlait que j'allais vivre pire.

La journée venait de commencer et je savais que je n’étais pas au bout de mes peines.





Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Mer 12 Oct 2016 - 0:09
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Un aparté ─ Piercy Je restais silence, attendant patiemment que cette histoire se règle presque d'elle-même. Mais contrairement à ce que j'aurais pu imaginer, je n'avais pas réussi à suffisamment attirer la curiosité du brun pour qu'il commence par se charger du paquet. Il avait préféré s'approcher de moi, allait jusqu'à poser sa main sur mon épaule avant de me souffler quelques mots, visiblement en pleine souffrance.

- D…dis… Pelote…. Tu pe…peux m’aider à enfiler mon t-shirt… J’ai comme un petit problème…

Je me retournais enfin, sachant parfaitement que mon inquiétude couvrirait ma gêne de l'avoir mené droit au traquenard. La trace rose sur son torse s'était transformée en une longue marque violacée pendant la nuit. Les petites disputes d'avant départ étaient peut-être une habitude, mais y mettre autant de force était-il réellement nécessaire? On était venu en week-end, s'il lui fallait les deux jours pour se remettre de sa blessure, ce n'était pas franchement rentable. Quand finissaient-ils leur petits combats de coqs?

- Mon Dieu, ne compte pas sur moi pour te laisser avec ça toute la journée. Ne bouges pas.

Je remontais en vitesse jusqu'à la chambre où je sortais mon habituelle sacoche à médicaments de mon sac. Il me restait un fond de crème, celui que j'avais déjà utilisé l'hiver précédent quand il s'était blessé dans la salle abandonnée. Il y avait de quoi faire deux à trois applications à tout casser. C'est toujours quand on en a besoin qu'on a pas son matériel… Je profitais d'être à l'étage pour récupérer mon téléphone et mes lunettes avant de redescendre. De retour dans la cuisine, j'ouvrais la boîte de mon remède et l'appliquais timidement sur ses bleus. Je n'étais peut-être pas aussi rouge que la fois précédente, mais je restais tout de même mal à l'aise. Les doigts contre sa blessures, j'essayais de garder mes prunelles encrées dans les siennes, sans détourner les yeux. Il faudrait bien que je finisse par m'y habituer un jour. Si je n'étais même pas capable de faire ça… le jour où on serait censé utiliser ce qu'il y avait sur la table n'arriverait pas de sitôt. Rien que d'y penser, je craquais et coupais le contact visuel.

- Et n'essaie même pas de dire que tu vas t'en occuper. La dernière fois, tu as juste caché le pot dans un coin.

Je me hâtais de refermer le tout et l'aidais à enfiler son t-shirt. Je profitais de notre proximité pour déposer un baiser sur ses lèvres. Il me remerciais, avant de trouver un moyen de changer de sujet. Tel que je le connaissais, il n'aimait probablement l'idée d'avoir dû demander de l'aide.

- Je vais installer le reste, tu en as déjà fait.
- Non, tu es blessé, laisse-moi m'en occu-

Mais il ne m'avait même pas laissé le temps de terminer ma phrase pour attraper toutes les assiettes et les entasser sur un plateau. Il passait la table de la cuisine d'un pas déterminé, puis celle du salon. Est-ce qu'il allait s'occuper du prétendu "cadeau" de son père de suite? Comment réagir. Il fallait que j'ai au moins l'air surprise. Il était certain que je resterais tout aussi gênée que la première fois, ce sentiment pourrait éventuellement suffire à faire passer ma bonne foi. Paniquée, je n'avais pas vu Piercy s'installer sur le sofa.

- Tu me rejoins, Pelote?

J'acquiesçais, récupérais mon téléphone sur le plan de travail et me hâtais de rejoindre mon petit ami dans le salon. J'étais étonnée de le voir s'installer sur le canapé pour manger. A vrai dire, je m'étais presque complètement habituée à toutes ses petites maniaqueries, à tel point que l'idée même de gringonner hors de table ne m'avais même pas traversé l'esprit. Mais quand l'occasion se présentais, je n'allais pas rechigner. Je venais m'installer un peu plus loin, pour ne pas prendre le risque de toucher les ecchymoses du brun, ni de renverser accidentellement sa nourriture. Il semblait déjà suffisamment peiner à trouver une position pour manger sans souffrir pour ne pas que je vienne m'ajouter comme une contrainte supplémentaire à son confort.

La télévision tournait en arrière-plan, et Piercy m'avait tendu la télécommande, me proposant de m'amuser à zapper comme je le sentais. A vrai dire, la télé ne m'avait pas vraiment manqué. J'étais beaucoup trop empathique pour ne pas être complètement déprimée par les informations et à l'exception de quelques séries de la BBC, la plus part des programmes m'agaçaient. Par contre, j'aurai à peu près tout fait pour me connecter à Internet. Cela faisait des années que je n'avais pas consulté la moindre page web. Ca avait dû bien évoluer depuis 2009. Je me souvenais vaguement de quelques sites de vidéo, avoir fait des playlist sur Dailymotion, discuté sur quelques forums de littérature, à une époque où je songeais encore à devenir auteur ou journaliste. Je me rappelais également l'une de mes dernières recherche sur Wikipédia, juste avant l'arrivée du traqueur, alors que je doutais encore de la réalité de Kei, qui m'aidait pourtant lui-même à dresser la liste des possibles pathologies dont il pourrait être le symptôme. Je me contentais donc d'écouter les informations d'une oreille en avalant mon petit-déjeuner. Joshua avait lui-aussi terminé assez rapidement et je me dépêchais de débarrasser notre vaisselle. Sur le chemin du retour, je cherchais le modem qui me permettrait d'accéder au web. J'entrais la clef à rallonge qui se trouvait au dos de la box et, ô miracle, le logo de Google s'était affiché sur mon écran.

De retour sur le canapé, je me contenter d'écouter le bruit de la pluie s'abattant contre les vitres, profitant de la tête de Joshua bien calée contre mon épaule. Mais en quelques minutes seulement, il s'était endormi. Il fallait dire que le son des goûte contre les vitres était plutôt propice à une petite sieste improvisée, et l'air de rien, il avait de quoi être fatigué. C'était l'occasion pour moi de faire quelques petites recherches sur la toile. Je ne savais pas vraiment par où commencer… Mais une fois la première page visitée, je me retrouvais à vagabonder de site en site pendant plusieurs heures, passant pas les inévitables vidéos de chats et autres memes alors que tout avait pourtant commencé par des recherches pour le cours de biologie.

- Désolé… Je me suis endormi…

Sortant de son sommeil, Piercy ouvrait doucement les yeux avant de se redresser, encore un peu embrumé par sa sieste. Cela faisait déjà près d'une heure et demi… J'en avais presque oublié cette histoire de boîte douteuse.

- Ah oui, le paquet de mon père… Je reviens Pelote. 
- Ok…
- Sérieusement? … Je vais jeter ça à la poubelle…
- Hm… Qu'est-ce que c'est ?

Je me levais, faussement intriguée, par la situation. C'était encore plus embarrassant dans ses mains. A vrai dire, posées sur la table, j'arrivais presque à m'imaginer que c'était encore un paquet que Ezio avait laissé trainer, mon colocataire était plutôt du genre à revendiquer publiquement ses relations et se vanter de ses coups d'un soir. Mais c'était plutôt différent dans cette situation. Beaucoup plus… personnel.

- Est-ce que c'est des … ?

Je ne terminais pas ma phrase, jouant sur l'embarras que j'aurais dû avoir si j'avais découvert le contenu du paquet sur le moment. Les joues rosées, je le suivais de loin. Ainsi, quand il ouvrit la porte, j'avais une vue totale sur la rue, bien qu'assez éloignée du seuil pour être vue. J'assistais donc à la scène assez embarrassante où cette que je cru comprendre être la fameuse Barbara, futur avocate, se jeter dans les bras de mon petit-ami en le hélant par un surnom ridicule. Jochou quoi. J'aurai pu me contenter de plaindre intérieurement le brun de devoir supporter une telle agression dès le réveil si elle n'avait pas commencé à faire des réflexions que j'estimais un peu déplacée.

- O…ou…i ! C’est juste… que… Tu n’étais pas aussi entreprenant que dans mes souvenirs… hahaha ! 

Désolée Barbara, mais ce n'est pas parce que tu as un joli petit minois et une belle paire de seins que tout le monde ne pense qu'à te sauter. J'étais moi-même choquée d'avoir ce genre de pensée, mais pour qui se prenait-elle? Sérieusement? «Coucou, ça va? T'as l'air partant, ça te dit, on baise?» Je n'ai pas pu me retenir, j'ai passé l'encadrement de la porte, rejoint Piercy juste avant qu'il ne jette la boîte à la poubelle et l'interceptais au dernier moment.

- En effet, il n'a aucune raison de l'être avec toi… Barbara, c'est ça? Mais ce n'est pas forcément le cas de tout le monde donc juste au cas où… Au fait, Leann, sa petite amie. Enchantée.

Ca s'était passé vite. Beaucoup trop vite. J'avais pas réfléchi, agis sous le coup de l'émotion. C'était la première fois que je me laissais guider par la jalousie à ce point. Ce n'était pourtant pas dans mes habitudes. Même les passages de Delphia dans la chambre de Piercy à pas d'heure ne m'énervaient pas à ce point. Je ne réalisais que peu à peu la situation. Déjà, j'étais en pyjama, plutôt court, pieds-nu. Devant une inconnue. A qui je venais de faire une critique plutôt directe. Avant de récupérer une boîte de préservatif à la limite de passer à la poubelle. Alors que j'avais bien insisté sur le fait que j'étais la petit amie de notre hôte.

La. Plus. Grosse. Honte. De. Ma. Vie. Non parce que non seulement il allait me falloir des jours pour m'en remettre et des mois pour oublier ce moment gênant, mais en plus j'étais à peu près sûre que Joshua allait en rajouter une couche.

- Enfin, bonne chance pour ton examen. Ce n'est pas une branche aisée, mais ça à l'air de bien t'aller.

Et je ne parlais même pas des clichés sur les élèves en Droit. A vrai dire, j'essayais juste de me rattraper avec un commentaire sympathique, mais j'avais l'impression de m'enfoncer encore un peu plus à mesure que les mots sortaient de ma bouche.

- C'était un plaisir de mettre un visage sur ce nom en tout cas. Bonne journée.

Je filais à l'intérieur, ultra mal-à-l'aise. Maintenant, c'était juste moi et cette boîte de préservatifs, dans le salon. Mais qu'est-ce que je vais faire de ça maintenant? J'avais sérieusement intérêt à aller les planquer quelque part avant que Piercy ne revienne. Je montais à l'étage, trouvant de plus en plus de raisons de m'inquiéter des conséquence de mon acte stupide. Le moment où Kei allait tomber dessus, entre autre. Ou si l'un de mes colocataire voyait ça par hasard dans ma chambre. Colton passait souvent pour réviser, mais il ne serait probablement pas le pire. Chrissy par contre… Elle ne manquerait pas de faire beaucoup… beaucoup de bruit. Et Ethan dans tout ça? C'était pas un peu le meilleur moyen d'être jugé si la boîte disparaissait à son retour? La terrible erreur. Je planquais le tout dans ma valise, dans une pochette toujours vide, à un endroit que je n'aurais tout simplement pas besoin de vider par la suite. Ca pourrait rester là un moment. Un long moment. Un très long moment.

Je redescendis d'un pas timide, les yeux ancrés au sol. Il allait probablement être en colère. Forcément, il serait en colère. Ca ne se faisait tout simplement pas.

- Je suis désolée…. Avouais-je avant même qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche. Ca n'excuse en rien mon comportement mais… je … je ne sais pas ce qu'il m'a pris, ok?

Je frottais mes doigts les uns contre les autres, n'osais pas poser mon regard sur lui, craignais ses moindre mot ou geste.

- Il n'y a pas de sens caché particulier, de je-ne-sais-quoi que tu puisses penser que c'est… J'ai juste été … je ne sais pas… JE NE SAIS PAS.

Je tournais sur mes talons, restais dos à mon petit-ami un moment. Le simple fait de lui faire face était devenu gênant. A vrai dire, rien que le fait d'exister était carrément devenu gênant. Si je n'avais pas eu d'amulette autours du coup, j'aurai peut-être pu muter spontanément pour passer du don d'ami imaginaire à invisibilité. Peut-être qu'en l'espérant assez fort…?


I speak in #cc99cc.
Message Dans Re: Un aparté - Pelote | le Jeu 20 Oct 2016 - 14:00
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Le bruit de la porte n’envisageait rien de bon… En effet… Leann attrapa la boîte de préservatif avant que je ne puisse la jeter à la poubelle. « En effet, il n’a aucune raison de l’être avec toi… Barbara, c’est ça ? Mais ce n’est pas forcément le cas de tout le monde donc juste au cas où, Leann, sa petite amie. Enchantée. »
… … Les yeux écarquillés je fixe à tour de rôle les deux femmes, tentant de comprendre avec difficulté ce qui se passait. Quoi mais est-ce bien Leann qui est en face de moi ? Je ne savais pas quoi dire… Je ne pouvais même pas rebondir sur des présentations ironiques, elle avait pris le soin de les faire à ma place…
Je vécu le silence le plus gênant et le plus long de ma vie… La créatrice de ce moment embarrassant, s’en chargea de le briser en souhaitant bonne chance à Barbara et en lui souhaitant la bonne journée, elle fila dans la maison et la porte d’entrée claqua après son passage… J’étais enfermé dehors, en tshirt, sous la pluie… Et mes côtes qui me faisaient mal sous les vibrations de mes muscles. Barbara me regardait gênée… Dans les moments comme ça, tourner autour du pot ne sert à rien… « C’était… affreusement gênant ? Je viens de découvrir une toute nouvelle facette de ma petite amie si adorable et tellement timide… Je suppose que je dois m’excus… » elle me coupa aussitôt « Non non ! C’est ma faute, je ne savais pas que tu avais une copine… C’était une remarque déplacée ! » j’étais surpris, je ne m’y attendais pas, apparemment je ne suis pas aussi perspicace que je ne le pensais sur ce genre de choses… Quand il en vient aux relations sociales, je me contente de mimer et reproduire ce que j’ai vu ou lu… J’étais persuadé que c’était à moi de m’excuser pour le comportement de Leann… Mais apparemment non… Curieux.
« Ce n’est pas grave, tu ne pouvais pas savoir… Bref ! Je vais rentrer et essayer de désamorcer cette bombe, je tenterai de passer voir ta famille ce soir si Leann ne me tue pas d’ici-là. » je lui fais un clin d’œil avant de retourner vers la porte. « Salut Barb. »
Une porte fermée… Je frappe fermement à la porte. « Leann s’il te plaît… » aucune réponse… je regarde autour de moi, je ne pouvais pas prendre le risque d’utiliser mon pouvoir et de nous faire remarquer avec mon père… C’était la règle. Je frappais un peu plus fort du poing sur la porte. « Leann… S’il te plaît, j’ai froid et frapper sur la porte me fait vraiment mal. » je frappais un peu moins fort sur la porte « Pelote, ouvre… » dis-je en soupirant, lassé d’attendre.
La porte s’ouvrit, et avant même que je ne puisse prononcer un mot Leann s’excusa aussitôt, m’évitant du regard. Je croisais, délicatement les bras pour ne pas empirer ma douleur au torse. « Comment ça de sens caché ? Tout semblait plutôt explicite dehors non ? Tu as marqué ton territoire comme une sauvageonne. Mais bon le point positif c’est que j’ai bien reçu ton message pour la boîte… Tu veux donc coucher avec moi, ça y est ? » lui dis-je d’un ton un peu agressif tout en la regardant, un sourcil levé, prêt à en découdre avec elle.
J’avais parfaitement compris ce qu’elle sous-entendait mais bon, j’étais obligé de la torturer avec ce qui venait de se passer.
J’ôtai mes chaussures, j’étais frigorifié, le bout de mes doigts, mon nez, et mes joues étaient rouges à cause du froid. J’étais tout engourdi… « Non ? ce n’est pas ça ? Parce que dehors, si tu avais pu, je suis sûr que tu aurais uriné tout autour de moi. Hein ? Je t’écoute. » bon ok, j’y allais peut-être un peu fort, je ne le réalisais pas encore, mais son comportement m’avait bel et bien agacé, je refusais juste de l’admettre pour le moment. Je pense que c’était plus de la déception qu’autre chose, je ne comprenais pas sa réaction, pourquoi cet énervement soudaine, cette agressivité, venant d’elle… je ne … sais pas ?
Je la regardais, avant de soupirer et d’aller dans le salon, je me nichai dans le canapé après m’être enroulé dans le plaid pour me réchauffer. Tout ça, ça ne venait pas de nulle part, je ne comprenais pas, et je déteste ne pas comprendre. En attendant, j’étais recroquevillé sur moi-même dans le canapé attendant une réaction un peu plus tempérée de Leann.
La colère due à l’incompréhension redescendait… ça ne m’était jamais arrivé avec Selina… En même temps quand j’étais avec elle… Les autres filles semblaient étrangement distantes… Nous étions jeunes, à cet âge-là, les couples ne sont pas choses courantes et attirent la curiosité forcément, tout le monde savait pour nous… Les rumeurs allaient de bon train, bien que nous étions discrets bien que toujours collés l’un avec l’autre…
J’avais des amies, mais je ne me souviens pas avoir vu Selina débarqué comme ça comme une furie… En général, elle réagissait avec un sarcasme bien senti ou un truc du genre… « Au moins elle a essayé » elle lâchait un petit rire avant de m’embrasser ou de me traiter de bourreau des cœurs sans que je ne comprenne pourquoi… Je n’ai jamais été réceptif à ce genre d’attente chez les gens… Il me faut littéralement une ou deux années pour réaliser que quelqu’un était intéressé.
Je faisais signe à Leann de s’asseoir à côté de moi, j’attendis qu’elle me rejoignit pour poser ma tête contre son épaule. J’étais encore plus épuisé qu’à mon réveil… Je baille un coup avant d’écouter ce qu’elle avait à me dire.





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