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 travel in the hell ?

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MessageSujet: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockJeu 6 Mar 2014 - 18:44
ANSHU&GAUTIER



Le calme embrasse les serres, doucement agrémentées des gazouillis des oiseaux. Le soleil rayonne, accorde un bain de luminosités à la flore qui avait prit sa place dans les serres depuis bien longtemps. De la verdure et de la couleur, une pureté qu’on ne pourrait égaler, une paisibilité que rien ne pourrait perturber.

Et pourtant, on voit cette masse capillaire contrastant amèrement avec la pelouse. Cette chose noire, où les papillons n’osent s’approcher. Il est là, à la quintessence de sa colère, de sa haine. Ses yeux sont clos, il respire, s’humecte les lèvres à chaque fois que ces dernières s’assèchent.

Son dos est mollement posé sur la surface rêche de l’arbre. On le penserait assoupi, mais ses sourcils arqués prouvent le contraire. Il se battait contre sa volonté de tout laisser tomber. Mais ça lui ferait trop plaisir. Cependant, il ne savait que faire à présent. Il avait tout laisser tomber pour rien, au final. Et il avait eu la flemme la plus totale de se battre, se battre pour récupérer l’être qui l’avait jeté après ça. Parce qu’il refuse d’être un chien qui poursuit son maître, queue entre les jambes, yeux ronds et emplis d’espoir pour espérer obtenir son pardon. Trop d’orgueil qu’il ne voulait laisser tomber.

Anshu se lève alors, s’agrippant à l’arbre pour ce faire. Instinctivement, il balaye ses yeux sur les alentours pour guetter si un pion ne l’épierait pas. Et il glisse ses mains dans ses poches, s’apprêtant à se diriger vers la sortie pour quitter les lieux.

Et il se crispe. Il entend son prénom, presque hurlé. Cette voix, il la connait. Un bref frisson parcourt son échine alors qu’il tourne tout d’abord la tête, observant la silhouette derrière lui par-dessus son épaule. Il plisse les yeux sans se retourner. Gautier Everfield. Le con qu’il embobinait au départ. Le con, qui finalement, possède bien un cerveau. Et le con qui a sû se défaire lui-même du piège du Prince. Il n’est plus ce qu’il était - Anshu était terriblement fier, mais également suspicieux. A part son imbécilité, il ne savait strictement rien de lui. Et depuis avoir fait affaire à plusieurs personnes qu’il avait sous-estimé, ces dernières s’avérant être plus dangereuses qu’il ne le pensait, il réfléchit avant d’extrapoler.

Son regard se fait aussi mauvais que la tête brune derrière lui, se retournant finalement face à elle, bras croisés. Sa langue claque contre son palais, déjà agacé. Gautier ne semblait pas venir pour lui montrer la dernière crotte de nez qu’il avait chopé.

...Un problème, Gautier ? T’as retrouvé ton cerveau et tu veux me le jeter à la gueule ? Il inspire, fermant un instant les yeux pour reprendre son sérieux, les reposant sur lui. Ton regard semble menaçant, ça te change totalement…




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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockVen 7 Mar 2014 - 22:28

travel in the hell

Depuis quand ?
Depuis quand avais-je commencé à réagir de cette façon, à chaque nouvelle, à crisper les dents au moindre agacement, à bouillonner chaque seconde, semblant presque chercher une raison de me battre plutôt que de songer à retrouver des jours plus heureux. Comme si volontairement, je m'enfonçais, comme si peu à peu, inconsciemment, mon caractère changeait et muait en tout ce que j'avais, jusqu'à présent, détesté. Ces jours-là, pourtant, n'étaient pas si éloignés - cette fameuse fête à la plage, dont plus personne ne parlait, mais dont tous se souvenaient. Quelque chose qu'on n'oublierait jamais, parce que tout avait changé pour beaucoup de personnes - plus rien ne serait comme avant.

À quoi bon le nier ? Le sang avait coulé, les sentiments dévoilés au grand jour - et le modèle, brisé, sous les yeux de son protégé. Tout avait basculé, mais c'était les mots d'Anshu qui m'avaient marqué le plus. Lui qui s'était délecté de cette soirée, de ce jour qui n'était à ses yeux, qu'une croix banale de plus sur son calendrier. Un spectacle comme un autre - mais volontairement ou pas, il avait posé le doute. Malgré la bonne humeur qui coulait depuis, les sourires, les moments heureux, la part sombre restait enfouie - ce temps n'avait pas été sans laisser de marques, et depuis, entre lui et moi, un duel silencieux, des messages dans nos actes.

Tout ceci, j'y songeais régulièrement.
Ce matin, c'était différent - souvent, je les passais avec Alessia, Holly quand elle restait - et à l'occasion, Victoria et Zahia se ramenaient avec un paquet de cartes. Plutôt que les cours, on s'amusait, comme on le faisait si souvent, mais ça n'avait pas été le cas. Un réveil forcé, sous les coups d'un lézard rougeâtre au regard menaçant, un petit papier froissé et maquillé d'une élégante écriture.

Dis-moi Everfield, toi qui est si admiratif de ce cher Reed... une photo de son visage explosé, ça t'intéresse ? Je te la fais à un prix d'ami. Enfin, tu peux aussi aller la demander à son agresseur, ce cher prince, Anshu.

Tony Kyösti Nalkäinen.

P.S. : N'oublie pas mon nom, histoire d'envoyer les prisms au bon endroit.


Colère. Je me levais de mon lit, sans un mot, laissant derrière moi un cabanon stupéfait - et emportais le papier que je fourrais dans ma poche. Chapeau laissé aux soins de mon lit, affublé d'une simple chemise blanche et de mon short, je sortis à sa rencontre. Son cabanon - vide, porte presque enfoncée et claquée sous les yeux d'un lézard stupéfait, et retour à la case départ. L'adrénaline montée, je ne voulais pas la laisser s'échapper - je marchais à grands pas, pas rapides, le regard rivé droit devant moi, sans un mot pour personne. Cette colère, je voulais la conserver, je voulais trouver le Prince avant que cette rage ne disparaisse, lui faire comprendre que je n'étais plus le même qu'avant.

Mais ce n'était pas par désir de preuve.
C'était par haine, pour qu'il comprenne enfin qu'il ne ferait pas du mal à mon entourage.

Je traversais le jardin, fulminant, déjà perdu et d'autant plus enragé à l'idée de ne pas le trouver. Nalkäinen. J'avais le nom de la personne que j'allais trouver si c'était un plan foireux - mais le Prince, actuellement, était l'unique objectif. Guidé par la rage, perdu dans mes propres pas, je balayais les alentours du regard, dans un espoir quasi-vain - et finalement, à la porte de la déception et de l'abandon, la chevelure de jais me sauta aux yeux, contrastant avec le paysage de couleur qui s'offrait à moi ; et le visage assoupi du Prince m'apparut, innocent, insouciant, comme si rien n'avait été fait - sans la moindre culpabilité. Cruel, impassible.

- ANSHUUUUUUU !!!!!

Cri de rage.
Hurlement de la bête.

Et je m'approche, inéluctablement, du coupable, la vengeance sous les yeux, la raison de ma colère si proche, si insaisissable à la fois. Je m'avance, encore et encore, je viens planter mon regard dans le sien, l'observer dans ses moindres traits pour m'en souvenir quand je déformerai son visage à coups de poing. Envie de sang, de vengeance. J'ai terriblement envie de frapper, je ressens les mêmes sensations qu'en face de Prudence, revois la même scène, imagine son corps gisant par terre à l'agonie. Tentation.

Ton regard semble menaçant, ça te change totalement.

C'est le déclic. Je me souviens de respirer, me détends légèrement - mes poings se desserrent, libérés de ce crispement sans fin, la pression retombe, l'espace d'un instant. Un simple instant, le temps de se rappeler de notre humanité.

- Hey, Anshu. Tu sais, j'ai une méchante envie de sortir les poings et d'exploser ta face, quitte à y laisser la mienne au passage. Mais avant ça, j'aimerais savoir pourquoi la pourriture que tu es a fait ça !

Dernier mot soutenu, je serre les dents, sortant brusquement le LMS pour lui foutre sous les yeux. C'est signé, détaillé, Anshu connaît peut-être ce type.
Gardons le peu qu'il nous reste de jugement.
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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockVen 7 Mar 2014 - 23:00
ANSHU&GAUTIER



Hey, Anshu. Tu sais, j'ai une méchante envie de sortir les poings et d'exploser ta face, quitte à y laisser la mienne au passage. Mais avant ça, j'aimerais savoir pourquoi la pourriture que tu es a fait ça !

Et un papier, froissé par l’énervement du brun se retrouve niché entre ses doigts, les pupilles Princières survolant à peine le LMS pour les reposer sur Gautier. Il hausse un sourcil, avant de regarder une seconde fois le message, le lisant cette fois dans toute son intégralité, ses yeux s’arrêtant sur l’expéditeur de cette horreur. Il le connaissait vaguement, partageant la même classe, ce mec était un véritable génie. Et c’était lui qui avait prévenu Drew pour lui et Sarah. Ses yeux se plissent.

Et le papier s’écrase entre son poing, lèvres closes. Il aimerait presque en rire, en pleurer ou s’énerver en passant ses nerfs sur Gautier. Mais il ne pose sur lui qu’un regard plat et perdu - ne semblant pas tout à fait comprendre la situation.

Ce jour-là, Anshu a attaqué Jim. Mais à part cette marque vampirique laissée sur le cou, il ne lui a strictement rien fait. Les élèves auraient encore eu les oreilles qui traînent ? Il soupire, détournant finalement le regard, le message alors entièrement parvenu jusqu’à son funèbre encéphale. Il ferme les yeux, de longues secondes, alors que sa langue embrassa une seconde fois son palet sous un claquement aigu et presque bruyant, dents à moitié serrées.

Il savait que le moindre mot de travers pourrait attirer les flammes de Gautier. Pas qu’il avait peur de lui, mais le mioche avait Entropy derrière lui, Entropy, et puis Skygge et toute la clique des hommes baraqués qui pourraient lui faire la peau. Et ça, même sa magie n’y pourrait rien.

Et un sourire, amer, rictus incrédule.
Gautier… Son regard ne semble pas haineux - il est juste empli de sarcasmes, comme s’il cherchait lui-même les coups. Et sa voix, elle, est mielleuse, dégoulinante de niaiserie et d’ironie. T’es con à ce point ?

Autre soupir. Il se masse l’arrêt du nez, yeux clos, marmonnant pour lui-même. Mais vraiment, qu’est-ce qu’il a contre moi celui-là ? Bolton, puis ça… Hnn…

Et il ouvre les yeux en les posant sur Everfield, brûlant de masochisme.

...Ouais, j’ai tabassé Reed. Rire gras et jaune. Et alors…? T’as terriblement envie de me frapper, n’est-ce pas ? Frappe donc ! A chaque coup asséné, tu plonges ! Il croise les bras après avoir abandonné le papier dans sa poche au cas où, haussant les épaules. Jim m’a cherché, je l’ai buté, rien de plus. Il relève un bras, observant nonchalamment ses ongles. Tu verrais sa gueule à l’heure actuelle. Un véritable chef-d’oeuvre.



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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockSam 8 Mar 2014 - 12:27

travel in the hell

Le regard moqueur, le ton sarcastique, Anshu semble à nouveau jouir de la situation. Il prend de haut, comme d'habitude, dans son sentiment d'intouchabilité, dans son ressentiment d'invulnérabilité totale - le regard rougeoyant, hautain, posé sur moi ; il parle, lentement, sans aucun respect, méprisant comme à son habitude. Il prend la parole, mais quelque chose est différent - ses mots sont les mêmes, son ton est le même, sur une question rhétorique qui semble vouloir remettre en cause mes accusations. Il se masse, marmonne, le Prince est blasé, fatigué, mais il n'attaque pas - et dans ses phrases, son abordage, une certaine prudence ; comme intimidé.

Mais pas de moi. Le changement semble trop impossible, trop soudain - malgré l'altercation de la nuit dernière avec Entropy, un malheureux coup de colère dans lequel j'avais fait sauter mon identité et provoqué un petit mal de tête du côté de la présidence des A - et plus précisément la gamine qui en était à la tête. Pas de regret - j'étais juste blasé d'avoir dévoilé mon identité, mon appartenance à Entropy qui n'allait pas tarder à faire le tour du pensionnat. L'unique personne dévoilée d'un rassemblement d'élèves - ce qui allait à l'encontre des règles, et forcément, allait me causer des soucis. C'était rageant, mais d'un côté, avoir privilégié Heath et Elise à moi ne me causait définitivement aucun regret - au contraire, que j'y laisse quelque chose me rappelait à quel point nos projets étaient dangereux, peu importe à quel point on s'amusait.

Et Anshu parle de nouveau - alors que je me perdais dans mes pensées, une nouvelle lueur brillant dans le regard, celle d'un sentiment, d'un désir incompréhensible. Il semble presque trop heureux, comme un opportunité qu'il attendait depuis un moment ; il avoue son crime, il semble bien trop heureux de le faire - sans même appeler Jim par son prénom. Lui qui l'avait fait, à la party - lui qui l'avait invité, soucié de son plaisir même au milieu de ce bordel incommensurable, et à nouveau, le désir de soulagement, le chemin de la facilité à nouveau entrevu ; mais le Prince l'ouvre à nouveau. Il parle, dans une maturité presque exemplaire, il ne tente même pas de se défendre alors qu'il est bien plus que capable de me mettre à mal. Il poursuit et comme cette nuit-là, la vérité se ressent dans ses mots, avec même une pointe de vécu.

J'en étais certain, il avait vraiment fait ça.
Mais aussi, il voulait que je frappe - et je n'allais pas lui faire ce plaisir.

Près de lui, stoppé dans ce mouvement net - Anshu ne semble pas effrayé, il continue, mais cette fois, ça ressemble à un mensonge. Jim ne chercherait personne de lui-même, je le sais - j'observe l'égyptien, serrant les dents, retenant ce nouveau désir de sang. C'est différent, cette fois - il n'y a personne à protéger, le mal est déjà fait, ce n'est qu'une simple volonté de vengeance qui, quant à elle, n'apportera que des problèmes.
Tu verrais sa gueule à l’heure actuelle. Un véritable chef-d’oeuvre.

Et de lui-même, mon poing part s'écraser avec violence dans son visage - le coup est soudain, puissant, il extirpe le Prince dans son observation de ses propres ongles. Assis contre l'arbre, le haut de son corps se penche et je m'avance à nouveau, saisissant son col avec fermeté - et ce regard, brûlant de haine, plongé dans le sien. Comme deux bêtes, imprévisibles, impulsives, prêtes à frapper, partagées entre la rage et la haine, l'assaut imminent au milieu de cet endroit isolé. Là où personne n'entendra rien et ne pourra réagir - l'endroit parfait.

- POURQUOI HEIN ? Jim t'appréciait, il t'avait invité à cette fête qui lui tenait tellement à coeur, et tu... tu le tabasses et ensuite tu viens te caler ici comme si de rien était ? Je te hais Anshu, putain, JE TE HAIS !

Un second coup qui part, sans prévenir, au niveau du ventre - ou peut-être le torse, le bras, ça n'a pas d'importance. L'honneur et les paroles n'ont plus d'intérêt - faire mal, c'est tout ce qui compte, la vengeance, le soulagement, uniques objectifs. À nouveau, je lève le bras, prêt à frapper un Prince démotivé, fatigué, une larme de rage brillant dans les yeux. Tout est si proche - le soulagement, les sourires, juste un coup de plus, juste un de plus...
Ça te change totalement.

Je m'arrête, relâchant mon emprise alors que mon poing vient s'écraser sur l'arbre, derrière, acte stupide ne servant qu'à blesser mon propre bras. Je l'observe, longuement, observant ses yeux rouges pour tenter d'y déchiffrer quelque chose ; pour tenter de comprendre, une dernière fois, ce que ressent cet être abject - du plaisir, suite à ça ? Impossible - c'est le contraire total, mais ce qu'il fait, au fond, c'est convaincre les autres qu'il va bien ; faire croire à tous qu'il se sent si bien dans cette solitude, cette haine, qui le détruit comme nous tous.

- Je ne le ferai pas Anshu. Je ne suis pas comme toi, je ne déteste pas les gens sans raison. S'il faut haïr tout le monde pour ne pas souffrir, alors je préfère passer ma vie à le faire et continuer d'aimer mes amis, mon entourage... toutes ces personnes que j'apprécie. Ça ne sert à rien de se battre pour des moments de bonheur si on les détruit dans la bataille.

Je me relève, m'écartant légèrement de lui, le regard plus calme, mais cette même lueur de défi, ce côté sauvage, prêt à bondir à nouveau. Prêt à détester, frapper s'il le faut - car définitivement nous sommes inverses. Car il a beau être ce que je semble devenir peu à peu, je ne deviendrai jamais comme lui. Fini le temps des larmes et des lamentations - s'il faut frapper pour protéger ceux qu'on aime, alors je le ferai. Mais à ma manière - et je ne suivrai pas ses mots.

- T'es qu'un lâche Anshu. Tout ce que tu veux, c'est éviter de souffrir alors tu te persuades que tu haïs le monde entier - et tu vas même jusqu'à essayer de détruire ce que tu aimes pour te persuader que ça t'est égal. C'est de moi qu'on parle, mais tu ne vaux pas mieux. Peut-être que je plonge, mais moi, je fais pas tout pour que ce soit le cas parce que je suis incapable d'assumer ce que je ressens.
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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockSam 8 Mar 2014 - 14:37
ANSHU&GAUTIER



C’est écrit dans le livre corné de sa destinée. Que Gautier allait abattre son poing sur son visage, et qu’il allait s’écrouler. Il ne cherche pas à aller à l’encontre de son destin, ayant déjà été contraint de l’accepter. Ce coup ne pourra que lui faire du bien - que leur faire du bien. Assouvir la soif morose de Gautier, et affaiblir la carapace de marbre d’Anshu. Ce dernier reste immobile, comme la statue prête à tomber en miettes, les fissures ornant son corps de pierre, attendant de recevoir son châtiment.

Châtiment qui ne tarde pas à arriver, le poing de Gautier allant s’abattre sans aucune retenue sur le visage du Prince, qui, forcé de reculer, laissa son dos embrasser l’arbre le plus proche. Il ferme les yeux avec force, main sur son visage comme si elle allait apaiser la douleur qui prenait possession de son faciès, un frisson, quant à lui, taquina son échine et ses jambes, ces dernières déclarant tout bonnement forfait. Et il s’écrase contre la verdure, minable. Un grognement de douleur s’échappe d’entre ses lèvres, se penchant machinalement en avant, main déposée sur le nez qui avait décidé de pleurer quelques larmes vermeilles. Douleur.

Et il n’a même pas le temps de se remettre en question qu’il sent Gautier s’approcher, le forçant à relever la tête en saisissant son col. Il plonge ses prunelles dans les siennes. D‘habitude, il se serait relevé et aurait fait l’usage de sa magie, ou alors lui aurait rendu ses coups. Mais pas maintenant. Il lui tendrait presque sa baguette en lui dictant de la briser en deux, allant ensuite lui-même chercher une scie pour qu’il lui débarrasse de ses mains. Il se contente de sourire, à peine, le regard suppliant - suppliant de l’exploser davantage.

Et à la place, il supporte les hurlements haineux de Gautier, aussi irritants que ses poings. Il lui crache que Jim avait toujours été gentil avec lui - chose des plus vraies, lui faisant clairement comprendre sa haine. Ces mots ne lui font plus rien, combien de personnes à Prismver avaient dit qu’ils détestaient Anshu ? Tellement. Tellement qu’il n’est plus nécessaire de les compter.

Et tel un serpent, son venin s’échappe.
Tu me hais…? Ça tombe bien.

Son sourire s’efface en même temps que le calme de Gautier, ce dernier allant pousser plus loin son supplice en lui assénant un coup à l’estomac, le Prince se courbant alors. Toux. Il observe la main du E de ses yeux entrouverts et brillants de douleur, cette fois prêt à recevoir le coup de grâce. Lèvres entrouvertes, il inspire le plus d’air du mieux qu’il peut, visage crispé sous le choc que le poing lui avait procuré. Un gémissement de souffrance se fraie en chemin dans sa gorge, raisonnant bruyamment dans la serre.

Et il le lâche.
Anshu ouvre alors ses yeux, ceinturant son ventre d’une de ses mains. Son crâne prend place contre l’arbre. Halète. Déglutit. Respire. Il essuie le sang qui avait séché au niveau de ses lèvres, observant par la suite sa main - cette main qui, pitoyablement, tremblait. Même en pensant être serein, il était effrayé.

Gautier l’ouvre encore. Le Prince se mord nerveusement la lèvre, inspirant et expirant le plus lentement possible. C’était douloureux. Il avait encore l’impression de sentir ses coups broyer ses entrailles, la poigne de Gautier enserrant son estomac de ses propres mains.
...Il l’avait encore sous-estimé, pour pas changer.

Le Prince intouchable touché, qui tombe plus bas que terre, qui s’en va même sous les Enfers. Et qui, progressivement, se relève, observant son nouvel habitat chaotique.

L’entropien le traite de lâche. C’est vrai. Il hoche la tête, signe d’assentiment. Parce qu’il n’y avait pas plus lâche que lui, et ça, il le savait. Ses yeux se posent sur lui, observant ses lèvres se mouvoir au fur et à mesure que ses paroles chatouillèrent ses conduits auditifs pour torturer son intérieur.

Un sourire au coin fend ses lèvres, alors qu’il se redresse doucement, dos tout de même appuyé contre l’arbre - seul appui qu’il possédait pour ne pas sombrer. Et une fois qu’il le domine de hauteur, son arrogance reprend place sur son épaule, fidèle à son maître.

Arrête de dire des choses comme si tu me connaissais, Gautier… C’est particulièrement agaçant. Il se pince la lèvre inférieure, le fixant. Tu ne me connais pas, pourquoi affirmer de telles choses ? Ça saute aux yeux à ce point…? Il secoue distraitement la tête, se raclant la gorge pour raviver sa voix éteinte par la souffrance. Je souffre déjà bien assez, normal que je veuille réduire l’impact de cette souffrance, non ? Il se passe une main sur le front, le massant de sa paume en dégageant les mèches téméraires qui chatouillaient son nez.

C’est bien beau de dire que je suis lâche. Tu n’es pas comme moi, tu l’as toi-même dit. Et par conséquent, tu ne sais pas ce que je ressens. Quand on arrive à porter autant de choses obscures sur les épaules, on peut se permettre d’être lâche.

Temps de pause. Il fuit le sujet, et ça saute aux yeux. … Tu me fais tellement penser à ces héros de séries. Pourquoi penser toujours à t’amuser avec, être heureux et les rendre heureux, pleurer avec et j’en passe… parce que vous êtes amis ? Il laisse son bras retomber le long de son corps. Jim et moi, on se connait depuis huit ans. Tu penses pas que ce serait plutôt insoutenable de vivre huit années dans la haine ? J’entretiens, ou plutôt j’entretenais une relation presque intime avec lui, hélas. Malgré toutes les choses ignobles qu’on a pu s’dire, il a pas cessé de m’aimer pour l’ordure que je suis. Et même dans sa chambre d’hopital, il m’aimera encore. Une part de vrai et de faux, continuant cependant à jouer le jeu. Et pour illustrer ses propos, il s’approche après avoir regagné de la force, saisissant le poignet de Gautier pour l’attirer près de lui. Lâche ou non, on est pareils. Même si on a une nature totalement opposée, on est de la même trempe. Et ce depuis que tu as levé la main sur Prudence, et à présent sur moi. Il tend son propre bras en l’air, embarquant le poignet du E pour le forcer à se tenir sur la pointe des pieds. Et il resserre peu à peu la tortueuse pression qui entrave sa peau, prêt à broyer ses minces os s’il le fallait. Et il baisse d’un ton, soupirant.

J’espère que t’as prit du plaisir à me frapper. Le Prince l’attire un peu plus vers lui, visage à quelques centimètre du sien, le dominant clairement en hauteur. Il pose sur lui un regard des plus moqueurs, sourcils innocemment relevés.

Que va dire Jim en sachant que tu as levé la main sur moi ? Devinons ensemble.



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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockSam 8 Mar 2014 - 16:08

travel in the hell

Le silence plane, enfin, les tensions remontent alors que le Prince écoutent mes paroles, silencieux, mais y semblent comme à son habitude impassible. Il ne sourit plus, face à la douleur, mais il y reste impénétrable, comme si rien ne pouvait être pire que ce qu'il avait déjà subit - l'agacement me prend à la gorge, mais je reste moi aussi de marbre, j'ignore chacune de ses provocations. J'oublie son regard hautain, efface son visage provocateur et avec, l'envie de le ravager. Je regarde simplement les résultats de cette colère, son nez cassé, le bras enroulé autour de son ventre à la suite du second assaut. Je regarde, impuissant, les suites de ma connerie.

L'espace d'un instant, il a tremblé. L'espace d'un instant, le fond de ma conscience a obtenu ce qu'elle voulait, la peur d'un être qui n'avait jusque là fait que la distribuer à tous, sans pour autant la connaître de ces victimes. Une vengeance pure et dure, non seulement pour Jim, mais aussi un désir de revanche pour ces mois de bêtise - pour tout ce temps dans l'ignorance à jouer au jeu du Prince. Et ça va se terminer comme ça ? Le désir satisfait, à observer l'égyptien agonisant et s'en aller conter à un malade les exploits de vengeance sur quelqu'un qu'il aime malgré tout ? C'est bête, inutile, sombre - lui aussi, le sait parfaitement.

Arrête de dire des choses comme si tu me connaissais, Gautier. La vérité tombe, comme une douche froide en réponse à mes paroles, le regard rouge me transperce alors qu'il se relève à nouveau. C'est faux Anshu, c'est faux - car en quelques phrases, tu as fait tenir toute la vérité sur la nature de ton être, car la sincérité de tes mots m'a enfin montré à quel point tu es détestable. Ça saute aux yeux - il l'avoue enfin, comme un homme face à la mort, avouant ses crimes dans un désespoir absolu. Désespoir que lui, semble avoir connu depuis longtemps.

Et finalement, il avoue.
Il confesse, ses souffrances, sa lâcheté - le masque tombe, le masque de plaisir et d'impassibilité du Prince, le masque d'un être que tous haïssaient pour une nature qui n'était que mensonge ; le détester pour sa lâcheté et parce qu'il ne faisait que suivre la masse - faire comme tous, fuir la douleur. L'espace d'un instant, la compassion face à sa question, un éclair de sympathie aussitôt effacé par la souvenance de ses actes ignobles, car Anshu, de ce point de vue, n'est rien de plus qu'un élève suivant la normalité des choses. Ce n'est que de part son choix qu'il diffère - contrairement à moi, à Jim ou d'autres, il atténue son propre mal en faisant ressortir celui des autres et en baignant dans le sien.

Ignoble ignoble ignoble. Achève-le.

L'envie, durant un instant, d'en finir, de ne pas écouter ces imbécillités - de ne tout faire pour chercher à éviter à nouveau la confrontation. Anshu reprend, j'écarte à nouveau ce flux de pensées pour l'écouter, parler à nouveau avec vérité, avec fermeté. Il est lâche, et lui-même l'avoue - car le Prince estime, royalement, avoir le droit de fuir. Et il n'a pas tort, il a le droit, il peut sombrer, autant de fois qu'il veut, il peut sombrer le restant de ses jours.

À nouveau, il raconte, mais cette fois, toute provocation a disparu - il appelle Jim par son prénom et assume, dans son récit, les saloperies qu'il lui a faites. Il avoue son crime, sans honte, mais debout, il n'a plus peur. Cette fois, il me saisit le poignet, m'attire vers lui, me forçant à écouter ses mots et balayant mes chances de réplique. Le Prince se réveille - concluant sa tirade d'une vérité, masquée, une vérité que je refusais d'accepter depuis que j'avais frappé la première fois. Non, depuis que j'avais frappé Prudence.

Sommes-nous pareils ? Je me le demande, car tu sais Anshu, cette voix me fait peur - ces envies me font peur, et pourtant, je continue d'essayer à me battre pour les autres. C'est ça, qui nous différencie au fond - et il n'a pas tort, quand il parle de héros de séries, même si je n'ai pas la capacité pour me battre. Même si je n'ai pas de courage, et que je suis la part ratée de ces héros. Il soupire enfin et y ajoute une question stupide, avant de terminer enfin, par la pire pensée à aborder. que va dire Jim - la question ne se pose même pas, car toute sa haine va venir frapper à ma porte, car il ne fait aucun doute qu'il va défendre ce type, aussi abject soit-il, parce qu'il l'aime depuis des années. N'est-ce pas le pire scénario ? Se battre pour quelqu'un après lui avoir reproché un acte de violence, de haine - de revanche.

Désespoir, l'espace d'un instant.
Non... Je m'y suis déjà préparé.


- Je sais déjà ce qu'il va penser, Anshu. Ça ne m'est pas égal, mais je vais faire avec. Il y a quelque chose sur quoi tu avais raison... il faut haïr, mais ce sont ceux qui font du mal à mes proches que je vais haïr. Qu'on me déteste, que je souffre, je le supporterai. Même si je sombre... Je le ferai pour les autres... comme je l'ai fait les deux soirs d'Entropy.

Et je lui saisis le poignet à mon tour, dégageant le mien, plantant un regard déterminé dans les siens. C'est la volonté cette fois, qui vient écraser sa haine - c'est un désir de protection, toutes ces amitiés, qui s'oppose aux ténèbres dans lesquelles nage le Prince depuis bien trop longtemps. Est-ce seulement de sa faute ? Même lui peut-il, spontanément, faire du mal à quelqu'un qu'il connaît depuis 8 ans ? Le doute, l'hypothèse, et enfin, l'accusation - car parmi les gens qu'il connait, à ma connaissance, de Jim à Nemesis en passant par Ashley, il n'y en a qu'un qui pourrait le faire sombrer davantage.

- Je te connais mieux que tu le penses Anshu. Je pense que tu n'aurais pas fait de mal à Jim spontanément, je sais que tu apprécies Nemesis aussi... Je vous ai vus l'autre soir à la fête avant de repartir. Et puis, tu me faisais tourner en bourrique mais au fond c'est toi qui m'a aidé sans raison. Tu n'es pas si mauvais, hein ?

Mon regard défit toujours le sien tandis que je laisse le silence planer une seconde, puis deux, le temps de lui laisser avaler toutes ces réflexions. Qu'il en soit conscient ou pas, je tiens ma théorie, certain de mon propre raisonnement, certain de la nature cachée du Prince. La pluie tombe, le début d'une averse qui fend la beauté de cette journée - assurant cette fois, l'absence d'interruption. Plus j'y réfléchis, plus ça semble logique - car au fond, Anshu semblait plus différent, plus humain, plus gentil pendant une période - durant la mort présumée d'une personne.

- "Qu'est-ce que Jim va penser ?" Il va me détester, mais je m'y étais préparé, et je suis prêt à faire quelque chose pour des gens qui me détestent, parce que je les apprécie. On a des natures opposées, tu as raison... Car je suis aussi prêt à aider des gens que je haïs, surtout si ça permet que tu ne refasses pas de mal à Jim. Alors tu vois, maintenant, ça va être l'inverse... c'est moi qui vais te tirer du bon côté, même si ça implique d'aller défoncer la gueule de ce connard de Drew Bolton !

Coup de colère impulsif à nouveau, mais cette fois, sur l'influence, et non l'influé - l'Explosion survient d'elle-même derrière le Prince, faisant sauter les objets qui retenaient ses cheveux et tomber sa chevelure de jais, décoiffée. Et le soleil recommençait à briller de nouveau - tandis que le ciel pleurait à chaudes larmes.

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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockSam 8 Mar 2014 - 17:09
ANSHU&GAUTIER



C’est une exécution.

Un duel verbal, ou les éclairs oculaires fusent, où ils se crachent tout ce qu’ils se cachaient, tout ce qu’ils n’osaient pas avouer. Le bal touche à sa fin, les masques sont arrachés comme de vulgaires chiffons et pitoyablement broyés par leurs pieds.

Ils sont électriques. Le bouffon a grimpé sur le trône et a lui-même crié sa haine au prince.

Je sais déjà ce qu'il va penser, Anshu. Ça ne m'est pas égal, mais je vais faire avec. Il y a quelque chose sur quoi tu avais raison... il faut haïr, mais ce sont ceux qui font du mal à mes proches que je vais haïr. Qu'on me déteste, que je souffre, je le supporterai. Même si je sombre... Je le ferai pour les autres... comme je l'ai fait les deux soirs d'Entropy.

Il serre plus violemment son poing, dents serrées. Ne te surestime pas. T’en est pas capable. Frapper, c’est déjà bien trop pour ton coeur. Tu ressens pt’être les effets maintenant, mais je sais que le regret te tirailleras bientôt les entrailles. Bien sûr, je ne te le souhaite pas - n’importe qui jouirait en me frappant. Mais tu es juste trop faible pour supporter un tel poids.

Il soutient son regard, ne s’accordant même pas un battement de cils. Il rage, le Prince. Il est partagé par la satisfaction et la haine, la satisfaction de voir murir Gautier dans ce chaos, et la haine de le voir si insoucieux et confiant. C’en était presque de la naïveté. Lui-même ce perdait dans le labyrinthe obsidiens du désarroi, alors Gautier. Il a beau être aussi optimiste que jamais, il finira bien par perdre son chemin et pourrir comme nombreux l’ont été. Pourrir, et trimballer son cadavre osseux et faible jusqu’à la sortie, qui n’est qu’une douce utopie.

Les rôles s’inversent. Le brun s’échappe de son emprise, et lui saisit à son tour le poignet. Et la lutte recommence, acharnée, sans que personne ne faiblisse. Que personne ne déclare forfait.

Pour l’instant.
Le Prince l’écoute sagement, respectant la volonté de sa bouche, déjà trop arrogante pour lui. Il n’aimait pas ça.

[...] c'est moi qui vais te tirer du bon côté, même si ça implique d'aller défoncer la gueule de ce connard de Drew Bolton !

Il ne peut s’empêcher de froncer les sourcils, ses muscles se tendant mécaniquement à l’entente du prénom de Bolton, comme un chat qui hérissait les poils face au molosse. Le chat, totalement impuissant et ce, quelque soit le contexte. Et Anshu était encore amoureux de Drew, et il le savait mieux que quiconque. Mais c’est cet abandon - bien que mérité - qui l’intimait à renier ses propres sentiments. Et sa haine d’autrefois, avant sa mort, était réapparu. Et c’est finalement sans lui qu’il avançait. Il disait se sentir vivant à ses côtés, et pourtant, c’était sa présence qui l’étouffait.

Mais il n’a même pas le temps de réfléchir davantage. Il sent sa chevelure chatouiller son dos et ses chevilles. Le soleil brille à nouveau après s’être fait dominer par les pleurs désespérés de l’éther, éclairant vicieusement leurs corps. Profitant d’un moment de vulnérabilité, Anshu en profite pour se dégager de l’emprise de Gautier, observant sa chevelure à présent libérée.

Et on arrive à lire une pointe de trouble dans son regard, ses lèvres s’entrouvrant doucement. Il ne savait juste pas ce qu’il s’était passé. Mais une chose était claire, c’était loin d’être normal. Les personnes plus ou moins talentueuses arrivent à sentir la magie dans l’air, même infime. Et à ce moment là, Anshu avait senti. Il sentait que ça venait de Gautier, et n’arrivait pas à comprendre ce qui s’était passé.

Il se passe une main dans les cheveux pour remettre ces derniers en place, contraint, par la force des choses, de les laisser détachés. Il dépose ses pupilles sur le sol, silencieux, essayant avec tant de bien que de mal d’analyser la situation, même si son encéphale affichait purement et simplement

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Il inspire pour se donner de la crédibilité dans ses pensées, avant de poser ses yeux sur Gautier. Son défi s’évapore, laissant place à une neutralité magistrale.

Parlons de Drew et de tout ça plus tard, Everfield… C’était quoi, ça ? Ça… vient de toi ?

Tu ne peux plus cacher tes secrets longtemps.
Je saurais les broyer.




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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockSam 8 Mar 2014 - 22:10

travel in the hell

Dans une pointe de colère, ces derniers mots sont prononcés, avide de combat, sentiment bestial, désir de se défouler - car maintenant, tout mon ressentiment envers le Prince semble retomber. La haine persiste, mais je sais qu'il n'y est pour rien - ce serait davantage une revanche personnel plutôt qu'autre chose. Et puis, qu'en penserai Jim ? J'ai beau dire y être préparé, affirmer que son avis ne changeait rien à ma motivation, j'en suis quand même touché - ma colère est retombée, soudainement, toute envie de le frapper aussi. C'est honteux, au final, de se dire qu'il le connait mieux que moi - qu'il a raison malgré tout ça.

Mais Anshu réplique, à nouveau, il semble s'énerver à son tour - se surestimer, il n'a pas tort. Le remord à son égard a beau être déjà dépassé, son évocation des sentiments de Jim m'a fait un effet foudroyant, bien plus qu'il n'y paraît, et j'ai beau dire qu'ils ne m'entraveront pas dans ce désir de vengeance, c'est tout le contraire. Cette route est la plus difficile - bien plus qu'il n'y paraît, car personne ne peut endosser la haine des gens pour les protéger. Personne ne peut sacrifier l'entièreté de son bonheur pour autrui - c'est un sacrifie bien trop grand.

Mais tu es juste trop faible pour supporter un tel poids. Il n'y a pas tort, car nul n'est assez fort pour ça - nul ne pourrait jouer ce rôle. Le Roi était abattu par le Prince, et personne ne serait en mesure de jouer le Bouc Émissaire pour protéger cette nouvelle royauté, manipulée dans l'ombre par un démon mélangé parmi le peuple. Personne n'oserait risquer sa propre entité face à tous, mais mes mots sont sortis d'eux-même - le désir de l'extirper de ses démons.

Pourtant, face à cette nouvelle menace envers Drew, cette nouvelle annonce, il ne réagit pas - aucun mot ne sort, encore moins de speech vis-à-vis de ce désir de combat. Il reste de marbre, les muscles tendus, comme une nouvelle haine à l'égard de ce type, comme une colère refoulée qu'il aurait peur de laisser sortir. Comme la peur d'évoquer à nouveau ce type, sa relation, comme l'envie étroite d'une vengeance étouffée dans un sentiment de peur et d'oppression. Il reste silencieux, se contente de trifouiller sa masque de cheveux décoiffée, tentant d'arranger un peu son apparence.

Mais c'est trop tard - le masque est déjà tombé.
Tes sentiments sont plus qu'évidents, Anshu.

Le Prince tente de sauver l'apparence, cacher le trouble dans son regard par toutes sortes de gestes - coup d'oeil pour sa chevelure, nouvelle inspiration et Anshu prend à nouveau la parole. Plus tard à nouveau, il fuit encore le sujet - car même si ses yeux défient toujours les miens, il refuse de voir à nouveau la vérité. Je serre les poings, l'observant sans une once d'intimidation, jouant cette fois à armes égales avec lui - plus du tout effrayé par celui que je connais maintenant comme un lâche. Droit d'être lâche, mon cul, qui aurait cru que le Prince manquerait tant de courage ? C'en est presque déplorable.

- Je suis prêt à te le dire, Anshu, mais oublie pas que je n'étais pas là pour discuter à la base. Alors ne fuis pas le sujet - sauve au moins ce qu'il te reste d'apparence.

Je lève mon bras, brandis presque mon poing devant moi - signe à nouveau de ma détermination, lui montant mes doigts tâchés de son sang, mélangé au mien à force de serrer le poing incessamment. La colère est enfouie mais présente, la bête est assoupie, mais ne dort que d'oeil, prête à bondir au moindre signe. La bête qui, même l'espace d'un instant, a fait trembler ce Prince si sûr de lui. Le Prince descendu de son piédestal par un bouffon hilare et las de cette comédie incessante, cette comédie qui n'a que trop duré.

- Parle-moi de toi Anshu. Tu disais être passé par des choses obscures, hein ? Je suis sûr que ça ne suffirait pas à te faire sombrer... et je suis d'autant plus sûr que ce type y est pour quelque chose. Ensuite... je te dirai mon secret.

La bataille est finie pour cette fois, toute trace de mensonge et de stratagème a disparu. Voilà où nous en sommes réduits, Anshu, à troquer des informations, après cet élan de haine. À tous les deux vouloir cacher nos pires secrets - mais pour cette fois, peu importe. Les masques sont tombés, et juste cette fois, juste une fois, les apparences importent peu.

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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockMer 19 Mar 2014 - 18:52
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Il déglutit, reste silencieux, de marbre. Sa main effleure son poignet, frottant machinalement ce dernier, rougit par l’emprise du poing du E. Et il se mord la joue, discrètement, l’écoutant - ne réagissant pas, luttant pour ne pas réagir. Il lui pose une sorte d’ultimatum, révéler ces choses obscures en échange d’informations peut-être alléchantes pour ses oreilles, ou se taire et obtenir le silence de Gautier. Nerveux. Il déglutit une énième fois, avalant sa salive jusqu’à ne plus en avoir, une main se glissant dans ses cheveux. Anxiété. Il grince des dents, soupire, ouvre les yeux pour les poser sur lui, les referme et les rouvre pour observer les serres, tendis que sa poitrine, elle, gardait le même rythme endiablé.

Il a peur de parler, parce qu’il sait que sa voix sera teintée de cette nervosité qui s’était emparé de son être. Alors il se contente juste d’entrouvrir les lèvres, s’humectant les lèvres. Il prend de grosses bouffées d’air, discrètement.

Gautier, bien que faible, avait ce don d’inciter le malaise chez le Prince. Sa présence même aurait pu le rendre nauséeux, et c’est cette sérosité, elle et elle seule qui le rendait ainsi. foutu manant.

Et finalement, il pose ses yeux sur lui, reculant jusqu’à l’arbre. Son dos embrasse la surface désagréablement rugueuse du conifère, et il s’assied, lentement, laissant l’écorce écorcher la peau de son dos - un soupire qu’on pourrait presque qualifier d’aise s’échappe de ses lèvres. Anshu se plait dans son masochisme et la douleur, cette dernière lui offrant plus d’assurance et un plaisir des plus idylliques. Ne quittant pas Gautier du regard même après s’être assit, il se masse un instant la nuque.

Hmm… Étonnant que mon passé soit pas encore connu de tout le pensionnat - plus le temps passe, plus les gens oublient. C’est bon signe. Oui, car il se souvient encore du jour où Drew lui avait offert l’humiliation la plus totale en persiflant sa souffrance à la cafétariat. Et il sourit, nostalgique, regrettant presque cette haine bien concrète qui l’avait envahi autrefois.

Après tout, il ne savait même pas pourquoi il hésitait. Depuis sa rupture, le passé ne compte plus. Ce qui s’est passé durant son enfance et son adolescence ne sont que des choses futiles qui n’ont peut-être même pas leur place dans l’encéphale du Prince.

Ce dernier ne prend même pas le temps d’articuler, parle d’une voix lassée, tête penchée sur le côté pour pouvoir observer Gautier en face. Il avait tellement pensé à tout ça que ça n’avait plus d’impact sur son moral. ...M’mère est morte à ma naissance. Mon père m’a elevé. ‘Lieu de m’offrir d’l’affection pour combler c’vide maternel, ‘l’a préféré... m’offrir toute sa haine. J’savais même pas comment elle était morte... les gens du palais disaient qu’elle s’était faite écrasée par une voiture - on a même pas de voiture dans notre trou paumé. Puis j’été demandé à mon père, et… m’a juste dit qu’elle était morte après m’avoir eu. ‘Souffert avec ça sur la conscience jusqu’à mes douze ans - même plus encore. Il soupire, s’éclaircissant la voix pour parler de manière plus entraînante. C’est tout. C’est peut-être pas si horrible pour toi, mais si on prend en compte l’état où je suis maintenant, j’aurais franchement préféré pas naître. Pas pour avoir vécu de telles choses. Il hausse les épaules. On y peut rien.

Et il se détend peu à peu, baissant d’un ton. J’ai rempli ma part du marché, Everfield.



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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockSam 5 Avr 2014 - 15:33

travel in the hell

Ils sont bien loin, tous ces jours heureux. Tous ces moments passés à rire, à s'amuser, tous ces moments avec Ashley, Jim, avec Cale ou Alessia - ces mois semblaient si loin derrière. Même le bon temps avec Anshu, quand il portait encore ce masque de sympathie et d'amitié - quand il faisait semblant. Après tout, l'innocent moi semblait disparu à jamais, emporté dans cette vague de colère interminable qui avait fait couler le sang du Prince, déchiré la peau de son visage et fait tomber à bas sa fierté et ses manières si soignées. C'était le cocon de glace entier qui s'effondrait, cette défense qui lui offrait tant de respect, tant de puissance ; mais au fond se cachait un être si fragile, plongé au fond d'une mer de haine et d'amertume.

Anshu paraissait presque ridicule maintenant. Peut-être était-ce la colère qui poussait ce jugement négatif, mais c'aurait été comme retirer les ailes d'un papillon pour ne lui laisser que son corps de larve, horriblement laid et immobile ; le laissant impuissant, dénué de toute sa grâce et lui ôtant toute l'admiration que les gens avaient pour lui. Dans un sens, ça me décevait presque d'avoir regardé derrière le masque, ça me faisait presque de la peine de voir ainsi le Prince, l'un des meilleurs élèves de l'école, ainsi dans une position pareille - décontenancé, le vrai visage dévoilé au grand jour.

Et de quoi avais-je l'air à côté ?

C'était pitoyable.
La colère me consumait et je me laissais avoir par mes émotions. Sans même tenter de réagir, de reprendre le contrôle. Tout était si facile comme ça... mais d'un autre côté, tout semblait aller plus mal. Peut-être était-ce Anshu qui avait raison depuis le début ? Peut-être qu'après tout, son idéal n'était qu'une utopie que lui-même ne respectait pas. Il avait des raisons d'être comme ça, sûrement bien plus graves qu'une soirée de dispute. Tout ça avait été le point de départ - Anshu serait donc à la naissance de cette bête ignoble et se tiendrait ici lors de sa mort. Après tout, ça ne pouvait plus continuer comme ça. Je le savais - je fuyais juste cette vérité.

Et pourtant, mon diable intérieur danse avec ses démons alors que sa voix s'élève, brouillée par toute cette haine, sa fierté dépouillée par cette amertume, cette honte. Son passé n'est pas glorieux - sa voix en témoigne d'elle-même avant qu'il n'ait émit le moindre son. Il entame après une phrase ironie - comme si le pensionnat entier semblait au courant de son passé, comme si tous avaient toujours su la souffrance qu'il cachait et se comportaient dans l'ignorance, semblaient le respecter malgré tout ce passé souillé. C'est vrai... au fond, Anshu était sûrement au dessus de tout ça. Sa magie, sa force et son caractère - c'était ça qui le rendait si respecté. Il avait peut-être commencé à sombrer avec son passé mais ici, il en était détaché. C'était presque effrayant.

Alors j'écoute. En silence - et l'animosité s'envole pendant un moment, la tristesse du Prince semble se répandre dans l'air comme de l'oxygène, me laissant goûter à ses sentiments l'espace d'un instant, le temps d'un partage ; à sa haine pour cette vie, à cette culpabilité pour sa mère... pendant cette histoire. Il parle, bafouant pour lui-même et là tout semble clair - c'est quelque chose qui n'aurait jamais dû ressortir. C'est un passé qui aurait dû rester en Egypte, peu importe comment les gens avaient pu l'apprendre. Mais au moins, Anshu reconnaissait une chose : il n'était pas mauvais de nature. Quoiqu'il dise, reconnaître ce lien entre sa haine et son passé avait été productif.

- Mon pouvoir n'est pas celui des réflexes. Je n'ai menti à personne mais on ne m'a pas posé la question. Je manipule les explosions.

Ma main se tendit sur un côté, visant un arbre - cible grosse et facile. En un éclair, le tronc explosa, projetant des morceaux de bois et faisant dangereusement pencher l'arbre avec un trou en son centre. Et dire que je visais une branche... heureusement qu'il ne s'était pas défendu. Je laissais le silence peser quelques instants, baissant ensuite mon bras pour planter mon regard dans le sien une énième fois. Sans haine ou colère -les deux n'avaient que trop duré.

- Je ne pense pas que Shu soit présente ici... mais je pense que l'un comme l'autre nous ne voulons pas que ce qui s'est passé fasse du bruit. Alors... sauvons les apparences pour cette fois.

C'est ce que tu as toujours fait.
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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockLun 14 Avr 2014 - 19:01

Au fond, il l’aimait bien.

Gautier faisait partit de ces personnes qui lui donnaient une raison de vivre, ces personne qui rendaient sa vie plus intéressante que celle d’un mortel ordinaire. Parce qu’il s’ennuie dans ce monde où niaiserie et bonheur fait partit intégrante de leurs vies. Lui se nourrit d’un nectar bien plus ordurier ; autant que l’eau, il a besoin d’haine et de divertissement pour vivre. Et Gautier lui offrait à présent ce besoin vital - il n’aurait jamais cru ça de lui.

Mon pouvoir n'est pas celui des réflexes. Je n'ai menti à personne mais on ne m'a pas posé la question. Je manipule les explosions.

Il écarquille les yeux en observant sa main se tendre, le suivant méticuleusement du regard - jusqu’à constater l’explosion crée sur le tronc d’arbre. Totalement bouche-bée, partagé entre le trouble et l’euphorie. Si jamais il s’oppose à Entropy et attire ses foudres, pas de doute, il pourrait lui perforer le corps avec un don comme ça. Mais d’un côté, ça peut être intéressant.

Pas mal. Un sourire mental - une chose est sûre, faut pas que je me mette Gautier à dos.

Il se relève lentement après avoir entendu ses derniers mots, lui adressant un sourire. Et même si elle était là ? Personnellement, je n’ai rien à cacher. J’ai des faiblesses comme tout le monde, donc même si nos gueules se retrouvent placardées partout en disant “Anshu s’est fait tabassé par Gautier, quelle fierté perdue.” ou bien “Gautier a étrangement un autre don, so dangerous !”, qui … s’en soucie ?

Il finit par dépoussiérer un instant ses vêtements, un fin sourire luttant pour prendre place sur ses lèvres. Depuis tout à l’heure, il pensait à quelque chose. Ses yeux cherchent ceux du brun et il s’en approche dangereusement, approchant sa bouche de son oreille. Un murmure lascif se glissent jusqu’à Gautier, se donnant un plaisir fou à lâcher ce venin. Plus important…

Je sais qu’Heath est le chef d’Entropy. Sa main prend place sur son épaule, d’une bestialité presque oppressante, ses doigts s’y cramponne et il s’en sert comme appui et approcher davantage ses lippes de son oreille, y faisant courir son souffle. Ses yeux, eux observent les alentours - quelqu’un aurait peut-être pu arriver.

Ne t’en fais pas, personne ne le sait. Du moins, personne ne le saura si tu n’ébruites pas ce que je vais te dire. Il marque un court temps de pause. A partir de maintenant, tu m’informeras de chaque faits et gestes d’Entropy. Je veux tout savoir. Vos agissements, vos projets, les noms de tous vos membres. Par LMS.

Il recule pour pouvoir l’observer. Je compte garder ça secret, dans tous les cas, personne ne sera vraiment assez digne de savoir tout ça il rit intérieurement - il a Artémis avec lui, et elle lui était d’une aide tellement bénéfique tout ça, c’est juste un plaisir égoïste, en réalité, c’est bien plus que ça je vais juste me montrer à chacun de vos agissements, et verrai si je m’y oppose ou non. Si tu refuses de coopérer, je serai obligé de me résigner à dire l’identité d’Heath à Prudence ou de m’en prendre à lui, même si ça m’intéresse pas spécialement. Je peux également en parler à Shu, tu sais…

Et finalement, il éclate de rire, un rire sec et bref.

Je rigole, Everfield. Ça ne m’intéresse pas de dire à Prudence ou à Shu tout ça, elles servent à rien ces nanas. Mais je serai quand même triste que tu me refuses ça. C’est vrai, vous gagnez en notoriété en venant à bout des vilains méchants, non ? Puis, j’ai dit que j’allais rien dire à Prudence, mais je peux bien faire autre chose pour me venger. Sauf si tu acceptes de me faire les yeux doux. Ou si tu acceptes ma proposition.


palypsyla, modifié par oubli - apple-spring
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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockMar 15 Avr 2014 - 22:33

travel in the hell

Surprendre Anshu était loin de faire parti de mes priorités. Si ce fait avait pu avoir de l'importance auparavant, ce n'était désormais plus le cas : j'étais loin de cette admiration stupide, éloigné de cet objectif ridicule, baignant dans l'indépendance, et, plus encore, la violence. Je n'avais déjà plus le souvenir de ce qui m'avait poussé à emprunter un tel chemin mais avec le recul, c'était désormais le remords qui me submergeait. Après cette prise de conscience, après le dégoût du sang qui emplissait mes mains et la compassion éprouvée à la suite de l'histoire d'Anshu.

Que comprenais-je ? Rien. Mes parents étaient morts pendant mon enfance, leur mort n'avait pas marqué la terre autrement qu'avec les traces de pneu sur le bitume quand leur voiture avait dérapé dans le fossé. Réflexe tout autant stupide qu'intelligent de mon père pour éviter un type qui roulait trop vite et perdait le contrôle - c'était tout ce que je savais. Contrairement à Anshu, ça remontait à trop loin pour que ça me fasse quelque chose - j'avais reçu de l'affection de ma famille malgré tout, j'étais loin de m'approcher de son univers sombre.

Et pourtant, j'avais la sensation de comprendre. Aussi ridicule que ça puisse paraître, maintenant que les masques étaient tombés, je me sentais plus proche de lui que jamais. J'avais l'impression d'observer le tournage d'un film plutôt que son rendu, de comprendre chacune des causes de son agissement, d'être en mesure de le raisonner. Ridicule - et ça l'était, parce que j'étais loin de tout ça. J'étais l'exact inverse de l'égyptien, lui qui évitait la lumière tandis que j'essayais de chasser ma Bête Noire. Il se moquait des apparences, se tapissait dans les ténèbres sans honte alors que mon passager sombre, lui, restait exposé à la lumière, se servant de ma propre personne comme d'un bouclier envers le monde.

Je n'étais que la marionnette de mes propres pulsions : Anshu avait raison, personne ne se souciait des apparences. Lui assumait depuis belle lurette sa propre nature, lui au contraire se connaissait et, à mon inverse, avait apprivoisé toutes les facettes de sa personne. Le padawan et le seigneur Sith - les deux pions d'une mauvaise tragédie. Et pour enfoncer un peu plus son disciple, l'empereur vient le corrompre, lui susurrer à l'oreille des mots tranchants. Je n'ai pas besoin de l'observer pour savoir qu'il sourit, de lire en lui pour savoir qu'il a confiance en sa propre information - et plus encore, qu'il se délecte de cette puissance.

Silence. Je serre les dents, agacé par cette seule révélation qui me met dans l'embarras. Il sait - et ça le rend d'autant plus dangereux. Aurais-je dû mettre de côté ma compassion et terminer ce que j'avais commencé ?
Non. C'était stupide et impulsif.

Il poursuit, s'appuyant sur mon épaule sans gêne, poursuivant sa tirade, reprenant confiance. Anshu est de retour - et ça n'a rien de bon. À tous les points de vue, je l'ai sous-estimé - il a bien plus de coffre qu'il n'y paraît. Je ne dis rien, tente de contrôler ma propre personne - tente de rester insensible. L'informer... la demande est presque vexante. Je serre le poing, laissant blanchir mes jointures tandis que la colère monte à nouveau. La Bête s'éveille, une nouvelle fois, face au serpent qui s'approche, vil, ignorant que le Lion l'attendait au tournant.

Anshu poursuit - mais ses paroles semblent fades, ses mots apparaissent comme un simple bruit de fond à ce combat intérieur. Aurait-il oublié toute cette discussion juste avant ? Pense à Heath bordel - l'exposer au monde est bien la pire chose qu'il pourrait lui arriver, mets de côté ta fierté et écoute-le. Peux-tu vraiment faire confiance à cette ordure ? Tu n'aurais pas dû t'arrêter. Respire, écoute-le - il s'en fout, il veut simplement se montrer, il n'a rien à voir avec ces putain d'opposants ou ces rageux de A. Manipulation. Il cherche simplement l'amusement - contente-toi de lui donner ce qu'il veut.

Quelques semaines plus tôt, il aurait fait mouche.
Cependant, une fois encore, il a éveillé la Bête.


D'un grand pas, j'écrase la distance qui me sépare du Prince - broyant cette proximité et me saisis de son col avec violence. À nouveau, hors de contrôle - la compassion broyée par la colère et le dégoût, la Bête se délecte encore de cette impulsivité et de cette haine éprouvée à l'égard du Prince. Elle se montre une nouvelle fois, mon regard brûlant de haine, de sauvagerie et de froideur - un regard effrayant, méconnaissable. Un démon caché dans un corps si frêle.

- J'aurai vraiment dû exploser ta sale gueule quand j'en avais l'occasion. La voix elle-même, déformée par l'aversion. Tu crois vraiment que tu vas te servir de moi comme un de tes jouets ? Me transformer en un putain de traître envers Entropy ? Tu me connais mal, prince de merde.

La tension monte, une ultime fois, la colère semble prendre du terrain, lentement, inexorablement... mais la Raison revient. Je le pousse d'un geste brusque - creuse à nouveau la distance entre nous pour l'éloigner de moi plus que jamais. Parce qu'il est bien trop dangereux. Parce que je suis une bombe à retardement dont il est le détonateur. À nouveau, les apparences peuvent être sauvées, mais c'est trop tard, car Anshu a vu ce qui se cachait en moi. Car il a vu la Bête - ce qui semblait n'être qu'un coup de colère s'avère être réel ; il avait raison depuis le début.

Mais tout de même, il se méprend. Je respire lentement, les yeux plantés dans les siens - des yeux perdus cette fois, des yeux loin de toute cette animosité. Moi-même, je me répugne - et il ne m'est plus possible de rester en sa compagnie plus longtemps. J'espérais pouvoir le tirer des ténèbres mais c'est lui qui m'y entraîne, lui qui éveille ce Passager Noir en moi. Je m'éloigne à nouveau, observant les alentours - un paysage mutilé par diverses explosions survenues inconsciemment pendant ces échanges de paroles. Je ne serai pas la seule chose que cette Bête détruira - c'est une certitude.
Alors, lentement, je m'éloigne, fuis cette situation trop dangereuse pour moi, lui lançant quelques derniers mots, d'une voix cette fois plus que normale :

- Tu ne le feras pas Anshu... Entropy est un des rares divertissements auxquels tu as droit ici. Et tu y tiens trop pour t'en priver.

Fuis.
Mais la vérité te rattrapera un jour.
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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockMer 16 Avr 2014 - 2:17

Comme il s’y attendait, Gautier l’avait mal prit. Son obscurité avait prit de volume et c’est elle qui l’incita à saisir son col une énième fois le Prince qui ne répondit pas à cette bestialité, obligé de faire face à ce regard de bête. Gautier semblait méconnaissable, mené par une haine qu’il ne connaissait trop bien, ce regard et cette poigne sur ses vêtements, première étape de son plongeon dans les abysses. C’est à cette pensée sulfureuse qu’Anshu se mordille la lèvre inférieure, se contentant de soutenir son regard du mieux qu’il put.

Et c’est ses mots, tranchants, qui animent en lui de certains regrets. Pas regrets de lui avoir proposé tout ça, non, il regrette de ne pas avoir réagi plus tôt. De ne pas, avoir, lui aussi, cedé à la violence qui rongeait son être sans qu’il ne remarque rien. C’est en un battement de cil que son regard change, lui qui était d’une neutralité rageante, ses yeux brillaient dès lors d’une lueur nouvelle.

Anshu fixe cette âme en peine, rongée par Raison et Carnage qui allaient bientôt le consumer. Et encore une fois, il ne sait plus quoi penser de lui. Gautier le lâche, et il se contente de reculer d’un pas pour ne pas perdre l’équilibre. Calme, il boue. Sa fièvre intérieure monte, et c’est les ultimes et sans doute derniers mots qu’il lâche qui le font sans doute le plus de bien. Il sent son corps s'électrifier sous les pigments d’exaltation qui vont bientôt envahir son être.

Et il ne laisse pas Gautier s’éloigner, c’est dès qu’il se retourne que l’égyptien saisit le poignet du brun pour l’attirer à lui, le faisant alors se retourner face à lui - son poing allant s’abattre contre son visage. Il connait chacune de ses réactions du bout des doigts - Drew l’a fait saigné maintes et maintes fois - c’est peut-être même de là d’où naît son masochisme, la douleur était tellement forte qu’elle s’est changée en intense plaisir, ayant vécu ça durant de longs moments, il anticipe déjà les mouvements de Gautier, et c’est à la minute où il se penche en avant en tentant de porter une main à son visage qu’il saisit sa chevelure entre ses doigts, genoux fléchit, exerçant une lourde pression sur le crâne de Gautier pour que son nez heurte son genoux.

Extérieurement, il ne souriait pas, c’est à l’intérieur que tout se passait. Longtemps qu’il n’avait pas ressentit autant de bien-être à tabasser quelqu’un, c’est tellement plaisant qu’il aurait pu en bander, tellement plaisant qu’il aurait pu le tuer, consumé par ce plaisir qui exultait son corps entier. Le corps de Gautier se penche davantage, il l’entend rugir sous la douleur, et, ne lui laissant même pas le temps de prendre conscience où il pouvait avoir mal, lève la jambe pour écraser son pied contre le crâne du E. La pression le fait presque s’écrouler - et le coup de grâce, Anshu réitère ce geste avec plus d’ardeur qu’autre fois.

Se plaçant à côté de lui, laisse son pied battre ses côtes avec force et bestialité, les dents serrées sous la sensation que tout ça pouvait lui offrir. Mais de quel droit oses-tu être aussi familier avec moi ? De quel droit oses-tu vraiment me toucher de la sorte, Gautier ?! Il lui assène un autre coup, y déversant toute sa haine accumulée depuis le début de leur rencontre. T’es rien, rien comparé à moi. Nous ne sommes point du même acabit - Prince et manant, vois-tu l’horrible différence et distance qui nous sépare ?

Il s’écarte à peine et s’accroupit, saisissant son col pour le retourner et le redresser un peu, un sourire dément ornant ses lippes. T’as mal ? Pauvre chou. Son poing s’écrase contre son estomac, un coup un peu moins puissant, affaibli par les autres coups qu’il lui a infligé.

Et dans sa main apparaît alors sa baguette, reluisante - fut un temps, qu’elle aussi, attendait. Il approche la pointe de son rubis de l’oeil brillant de Gautier, perdant lentement son sourire. Tu préfères quoi ? Que je te crèves l’oeil ou que je continue à te briser les côtes ? Son arme disparaît. Il fixe le visage ensanglanté du E, tenant toujours aussi fermement son col. Comme si je voulais en arriver à là… … Oui, j’avais envie de passer mes nerfs sur quelqu’un. Mais Gautier, ma haine est contagieuse, c’est un véritable venin. Tu verras bientôt les effets de cet idylle, t’en rejettera tous tes proches, quand sera venu ce moment, je serai là.

Il laisse la place à son autre main, agrippant sa chevelure plutôt que son col. Et là, il approche son visage du sien, fixant intensément ses pupilles qui s’amusaient à se dilater et se rétracter. Sa main effectue une pression un peu plus considérable sur ses cheveux afin de pencher la tête de Gautier en arrière, suivant le sang perlant de son nez, gagné par la gravité glisser le long du coin de sa lèvre. Et armé de cette soif intarissable et haineuse, le Prince passe sa langue vicieuse et corrompue sur la commissure de sa lèvre où résidait son sang.

Sache juste que le mot "rédemption" ne fait pas parti de mon vocabulaire. En plongeant, tu assumes. Ne pense pas un seul un temps pouvoir t'échapper. Il garde son sourire, satisfait du dégoût du E pour les hommes. Alors il s’écarte pour le laisser respirer, prenant un regard plus sérieux.

Venons-en au fait. Tu pourras pas échapper éternellement à ta rage. Aujourd’hui c’est moi, la prochaine fois, qui est-ce que tu frapperas ? Tu es tombé bas, beaucoup trop bas pour pouvoir remonter à la surface…

A présent, Gautier ouvrait les yeux, et il le fixait avec suffisamment d’intensité pour qu’Anshu le lâche, le laissant retomber sur ses coudes. Il s’assied finalement, le bras reposant sur son genoux, une mine plus calme sur le visage - comme soulagé après avoir laissé s’échapper sa haine. Il pousse un soupir, détourne le regard un instant et le repose sur Gautier.

Plonge, rejoins-moi, Gautier.



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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockMer 16 Avr 2014 - 3:31

travel in the hell

Rien ne s'était passé comme prévu. Au fond, j'avais eu fond sur toute la ligne. Faux de croire que j'étais capable de comprendre Anshu. Faux de croire que nous étions semblables et même, que nous avions les moindres points communs. J'étais du bon côté, renfermant une Bête Noire incontrôlable. Lui-même en étant une, il avait déjà parti face à sa propre obscurité. Ma lumière demeurait, la sienne avait déjà été étouffé par ses démons. J'avais voulu croire en son bon côté - j'avais fait confiance à ma propre compassion et ce choix m'avait coûté bien des choses. J'avais voulu être tolérant, me fier à ma propre lumière mais ça avait été la pire chose à faire. Détonateur, mon cul... la bombe avait déjà explosé.

L'animosité n'était que le fruit de cette explosion. Lui comme moi, nous étions déjà prisonniers de ce cercle vicieux. J'avais frappé et, par le juste retour des choses, Anshu avait répondu. Un coup pour commencer, puis une pluie - et la douleur allait et venait, et le sang coulait à flots, lentement, surplombant toute cette lumière. Et la douleur m'aveuglait, réduisant en charpies les restes de mon humanité, les restes de mon bien-être. J'avais fait le mauvais choix. J'avais voulu croire que je pouvais voir au travers de son Mal, de le comprendre voire même de l'aider - mais nous n'étions pas du même monde. J'avais cru côtoyer l'univers du Prince mais aujourd'hui les différences se voyaient.

Il avait raison. La distance était énorme, les différences flagrantes mais nous n'étions pas les mêmes. Contrairement à lui, je n'avais pas encore plongé - bien que tiraillé par ces ombres, allongé au bord de ce gouffre. Sur le point de craquer. Il frappait encore et encore - et la colère me prenait toujours un peu plus, agitant toujours la Bête qui s'agitait, emprisonné par cette cage de douleur. Regrettant amèrement, cette fois, de n'avoir pas habité un corps moins frêle. Qu'avais-je été venu faire ici ? Tabasser un mec bien plus costaud ? La nature était cruelle - les différences physiques n'étaient pas notables, elles étaient effrantes.

Un nouveau coup fuse, de nouvelles paroles, une question rhétorique dégoulinant de provocation. C'est toi qui plonge à nouveau, Anshu. Lui-même s'est fait prendre à son propre jeu, lui-même a perdu dans une partie qu'il croyait maîtrisé. Il se pense calme mais il craque, lui aussi, il est tombé dans cette violence impulsive, cette rencontre qui a éveillé en lui ce besoin de supériorité. Pourtant, ne va pas croire que tu as perdu. Profite-en Anshu, car je ne suis pas que la conséquence de ma propre colère - c'est en cet instant la démence qui m'habite, le désir froid et inéluctable de vengeance. En cet instant, nous sommes pareils - c'est un combat pour nos propres fiertés.

Mais cette fois, ce n'est plus moi qui mène - la Raison m'a déjà quitté. Car ce visage, déformé par le plaisir, orné d'un grand sourire narquois et satisfait, est celui de la Bête. Car ce regard fou, transperçant l'être du Prince, semble faire abstraction de la douleur. La Bête est enragée, et hurle, d'une voix amer.

- Je vais te déchiqueter, putain de Prince... Je vais éclater chacun de tes os... Je te promets de te faire souffrir comme jamais.

Et dans ce regard vide n'apparait que pure haine et colère, car la vengeance d'un être cher et la compassion n'ont plus aucun intérêt. Ce n'est plus de la ténacité ou de la colère, c'est la haine, le dégoût, la vengeance, l'animosité, c'est devenu un conflit personnel ; car ce corps n'est plus animé par la force mais la colère et le dégoût envers ma propre faiblesse. Car la Bête a gagné, pour cette fois - qu'elle est aux commandes, une fois encore, mais définitivement. Mon poing vient frapper le bras du Prince pour m'en dégager et sans faire d'écarts, je jette mon corps douloureux sur le sien pour le plaquer au sol, saisissant ses poignets. Je les plaque sur le sol et viens violemment poser mes pieds au niveau de ses poignets, les plaquant au sol pour rendre mes mains libres.

Ce n'est plus de la force, c'est une simple frénésie.

C'est mon tour Anshu. Je viens saisir sa baguette, lui arrachant sèchement à sa main et, le regard brillant d'une folie nouvelle, la briser en deux entre mes mains. Ton symbole est détruit Prince. Pensais-tu pouvoir vaincre l'obscurité elle-même ? L'obscurité qui a tourné le plus rayonnant en un monstre, qui affiche aujourd'hui sur le visage souriant d'un garçon un grand sourire satisfait à la vue de la douleur. Cette Bête qui, par ses interventions, a rendu meurtri le corps d'un simple gamin. Et le sang chaud, coulant de mes plaies, tombe lentement sur le visage du Prince. Lui qui, malgré tout ça, reste impassible.

Ce n'est pas la douleur qui va le blesser - et ce corps blessé n'aurait même plus la force de faire couler le sang du Prince. Tous les restes de cette force sont là, déversés dans un acte inutile de vengeance, paralysant les bras du Prince. Un effort stupide pour bloquer le futur acte inexistant d'un adversaire presque intact - sans même pouvoir le blesser davantage. Mais la Bête, elle, est bien trop fière pour rester à une place aussi basse - car même dos au mur, cette fierté la fait avancer. Et pourtant, je me relève, ce même sourire figé sur mon visage obstrué par le sang, m'éloignant sans moindre signe de prudence du Prince déchu.

Car à nouveau, tout sentiment semble effacé, piétiné par cette Bête cruelle, occasionniste, se délectant de cette situation. Car cette noirceur présente, elle, se rit du Prince. Car même du haut de ce petit corps, frêle, à présent titubant, elle crache sur l'égyptien.

- Je n'en aurai jamais assez, putain de sale ordure. Tu penses me faire plonger mais c'est le tas de merde que tu es qui ne comprend rien. Je suis plus bas que tu ne le seras jamais, et tu chiales parce que tu ne seras jamais capable d'en faire autant. Tu essaies juste de te prouver que tu es capable de t'enfoncer davantage, en cognant Reed... mais tu n'es pas différent d'une autre personne. Tu peux toujours te cacher derrière tes conneries de royauté ou ta sale enfance mais tu ne trompes personne.

Et, d'une voix provocatrice, douce et extérieure à toute colère, la tirade se conclut - en confiance, cette fois-ci ; submergé par l'ironie, la satisfaction.

- Frappe-moi autant que tu veux, ça n'y changera rien. C'est toi qui n'est pas le bienvenue dans cette obscurité... et tu enrages de voir que j'y suis déjà plongé.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: travel in the hell ?   travel in the hell ? 1400359500-clockMer 16 Avr 2014 - 12:35

Il observait son visage se déformer - par la douleur ? Est-ce autre chose ? Il détaille son visage, se préparant prêt à riposter contre toute attaque. Il pensait qu'il allait l'attaquer, mais c'est son venin qui l'a fait à sa place.

Je vais te déchiqueter, putain de Prince... Je vais éclater chacun de tes os... Je te promets de te faire souffrir comme jamais.

... Effrayant.
Le sourire n'apparaît pas de suite sur son visage, il a un énorme temps de réflexion, avant, de par la suite, arracher un fin sourire en disant long sur ses pensées. Son instinct lui aurait sérieusement dit de l'achever ici même parce que.il est capable de mettre fin à une vie s'il le souhaite... Mais il n'en fit rien. Anshu voulait découvrir chacune de ses facettes les plus obscures et s'en abreuver pour étancher même un minimum sa soif de sang - même si au fond, Gautier semblait plus sauvage et angoissant qu'il n'y paraît.

C'est seulement quelques secondes plus tard que son dos se retrouve plaqué au sol, et que, sans vraiment pouvoir changer quoi que ce soit, ses poings se retrouvent entravés par la force de ses pieds.

Le Prince s'humecte les lèvres et attend les coups, constatant finalement qu'il n'avait pas l'intention de lever la main - qui le ferait, dans un état pareil ?

Non, à la place, il prend sa baguette sans même ressentir la moindre douleur en la frôlant - et la brise. Comme une sensation de déjà vu auparavant - quand il est tombé, et que Drew, armé de cette soif de cruauté, l'avait brisé. Quelle ironie similaire - c'est pour cela qu'il n'en pleure pas.

Il garde les yeux fermés face à ses paroles - luttant contre ce froid soudain irradiant son corps. Sa baguette s'écroule au sol, vaincue. Sourire crispé au lèvres, le Prince remet en question sa véritable souillure. Quand le E se lève, il rouvre les yeux et le suit simplement du regard. Il était certain que depuis le retour de Drew, il s'était drastiquement éclairci - mais avait bien rapidement plongé quand ils ont rompu. Gautier n'a pas la tête d'un mec qui souffre - qui passe ses nuits parce que cette haine qui ronge sa personne brûle avec son bon côté.

Non, lui, il a juste l'air d'être un mec avec peu de confiance en soit - maîtrisé par chacun de ses sentiments. Cette expression faciale, ces gestes et ces mots le montre - ce n'est pas vraiment lui. Gagné par quelque chose d'obscur, entravé par ces chaînes de dépravation, il meurt. Anshu, lentement, se redresse sur ses bras pour observer les morceaux de baguette restant, se massant nerveusement le front. Il en profite, pour, brièvement, transvaser les dernières particules de magie dans l'un de ses bracelet, l'intensité allant une énième fois brûler sa peau et lui arracher quelques goûtes de sang.

Le Prince s'arme par la suite également de son ironie et se moque presque de l'autre, qui, même à la quintessence de sa douleur, domine.

Mais en voilà un mauvais garçon - ta mère ne t'as donc jamais appris à éviter, non, bannir les gros mots de ton vocabulaire ? Ses yeux ne lâchent pas une seule seconde ceux de Gautier, peinant presque à les garder ouverts ou à se tenir redressé, tant la fatigue d'être privé de son pouvoir était écrasante. Il a reprit une image nonchalante, et, prenant quelques secondes sa tête entre ses mains, finit par ôter ces dernières pour glisser sur lui un regard totalement indifférent.
Et pourtant.

Sinon, tu es satisfait ?

Intérieurement, il rageait - ses démons hurlaient d'une démence sans nom et il luttait pour ne pas lui montrer un spectacle qui lui ferait sans doute plaisir. Il serre l'herbe entre ses doigts et les plante presque dans la terre - espérant que ce soit suffisant pour calmer cette rage qui le consumait.

Je ne vois qu'un pauvre garçon en colère, moi. Un garçon enchaîné par sa colère. Il bat lentement des cils, inspirant profondément. J'ai pas frappé Jim. Kyösti t'as hélas menti. Mais bon, je suppose que tu dois quand même avoir été content de m'avoir fait tout ça, hmm...?

Et armé de cette même lenteur presque lambinante, il se relève, dépoussiérant ses vêtements et ôtant les saletés dans sa chevelure de jais. Et enfin, il s'approche une seconde fois pour saisir Gautier par le col et le plaquer sur l'arbre le plus proche, brisant les quelques centimètres les séparant.

Allez, dis-moi que tu me hais, ça va te faire du bien.

Une de ses jambes prend place entre les siennes et il laisse tomber son col pour agripper ses poignets d'une seule main, les plaçant au dessus de sa tête.

C'est d'accord, je vais te tabasser - te torturer jusqu'à ce que j'en aie marre, je vais briser chacun de tes os jusqu'à l'épuisement et j'aurai enfin ce que je veux. De son autre main, il s'amuse à dessiner les courbes de son visage souillé et déformé par le Néant - un véritable chef-d'oeuvre.

Tu n'utilises que les ténèbres comme cachette - pour voiler ton toi si faible et frêle et laisser la main à ce que je vois à l'heure actuelle. ... Moi, j'ai fait des ténèbres mon habitat et je ne me voile pas la face. Même sans tout ce chaos, je resterai le même. J'ai été né pour briser les rêves des gens entre mon poing et j'ai juste invité le Diable à ma table.

Un fin sourire reprend place sur ses lippes, deux de ses doigts occupés à caresser les siennes d'une atroce douceur. Il peut lui faire ce qu'il veut à n'importe quel moment et profite de ça pour s'imposer. Parce que...

Je ne te frappe pas pour te montrer qui d'entre nous deux est le plus sale. ... La question ne se pose même pas d'ailleurs. Je te frappe par simple plaisir égoïste, et c'est pareil pour tous les autres.

Ne me donne rien sur Entropy, je n'en mourrai pas. Mais sache que je peux quand même révéler l'identité d'Ackland quand je veux - parce qu'ils ne me servent même pas de divertissement. Tu sais, je ne méprise pas les E, mais le monde entier. Et ces faibles dommages que vous infligez à Prismver est d'un ennui récurrent. Ça m'intéresse même plus.


Ses dents remplacent ses doigts sans attendre - sans aucun tendresse, le Prince lui mord la lèvre inférieure au point de sentir un goût désagréablement amer envahir son palet, laissant ses lèvres recouvrir et dents et tirer sur sa lèvre afin de ne pas se faire assaillir par ses dents à lui. Et le Prince aspire sa lèvre inférieure sans aucune pitié pour lui laisser sa spécialité - cette marque de honte sur l'endroit le plus visible de son corps, sentant entre ses lèvres sa chair devenir de plus en plus rougeâtre et violacée, lâchant finalement prise après avoir achevé son oeuvre. Sa main dès lors libre empoigne ses cheveux et cogne son crâne contre l'arbre à plusieurs reprises pour le sonner et l'empêcher une quelconque rébellion, et cherche par la suite ses pupilles, un sourire narquois fendant vicieusement ses levres.

Prouve-moi donc que tu es plus bas que moi - tu es donc obligé de plonger. Parce que je ne me contenterai de rien d'autres. Demain, quand tu verras tes amis, tu vas sourire. Je veux que ta haine transcende leur bonheur. C'est ce que quelqu'un de souillé ferait. Tu dois accepter pleinement et définitivement ta rage, Everfield ! Ce qui fait de toi un être intérieur à moi, c'est ce bonheur que tu acceptes pleinement en parallèle à ta rage. C'est mauvais. C'est malsain. Tu as le droit de succomber à cette lumière de temps en temps, mais il ne faut pas que tu deviennes dépendant d'elle.

Il soupire, resserrant sa poigne de fer sur ses poignets. Gautier était capable de tout ça - mais il était beaucoup trop faible. Et quitte à défaillir, il veut le voir plonger, trébucher, s'abandonner dans ces abysses obsidiennes. Le voir revivre de l'autre côté, peut-être pas le voir lever la main sur autrui, mais il avait envie de le voir mourir sous ce flot négatif. C'était là son but actuel.

Ne t'en fais pas pour ma baguette, je trouverai un autre objet où mettre la magie.

Anshu éloigne sa jambe qui avait trop longtemps cotoyé les siennes pour reculer légèrement sans lâcher prise. Son pouvoir lui brisait peu à peu son espérance de vie - il forçait sur ses propres capacités pour un pouvoir ultime, offrant son corps en contre partie. Il mourra sans doute à quarante ans si son pouvoir ne cesse de croître. Mais c'est suffisant pour une telle soif de supériorité.

Il libère enfin les poignets de Gautier, lui jetant un dernier regard. Quand tu seras prêt, dis-le moi, je viendrais t'accueillir, en bas. Et il lui tourne le dos, s'apprêtant à lui fausser compagnie pour quitter ce lieu pourri.


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