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 truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1

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MessageSujet: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockDim 1 Juil 2018 - 0:37
Truth in my lies right now are falling like the rain


Il n'aurait pas su dire si l'échange avait bien ou mal tourné. Ce qui était sûr, c'est qu'il avait cédé, une fois encore, et qu'il s'apprêtait à renforcer l'un des rares liens qui survivait à ses changements et que ce n'était pas forcément une bonne.
Même parmi ses vieux amis, Aiata était différente. Elle était cette petite voix qu'il écoutait à l'occasion, cette bonté qu'il avait autrefois partagé, et même plus forte ; et parce qu'elle lui évoquait ses bons côtés, il était incapable de se comporter de la même façon qu'avec autrui.

Sa méchanceté, cette cruauté étaient devenues naturelles, mais dans cette nouvelle identité, certains éléments demeuraient indémodables, survivant à ce mal, à cette corruption, à ces auto-persuasions quotidiennes d'une vérité qui noircissait au fil du temps.

Taari n'était plus le même, mais cette évidence résonnait dans son esprit fermé, se ruant sur la facilité de la violence pour laquelle il avait des facilités. Il avait des arguments et une certitude absolue qu'il enfermait tous deux dans des normes chaotiques au point d'en effrayer sa propre raison, et après ça, tout ce qu'il restait n'était qu'une haine mutuelle et partagée avec le reste du monde.
Ceux qui restaient étaient soit fous, soit assez intimes pour croire en une bonté sincère que son comportement cachait - et dans ce lot, Aiata semblait être la seule personne sincère.

Parce qu'elle l'avait suivi toutes ces années, elle pouvait comprendre.
Parce qu'elle avait assisté à tout, qu'elle connaissait la vérité, elle pouvait voir au travers de ses pensées.
Parce que sa magie la protégeait, elle restait elle-même, sans cette hypocrisie inexistante qu'il était le seul à pouvoir déceler.
Elle était unique, et lorsqu'il ressassa cette pensée, Taari se promit de mettre davantage de distance avec elle. S'il tenait encore aux rares vestiges de son passé, il refusait de les exposer aux enfers de son existence actuelle. Il préférait perdre ses dernières accroches plutôt que de les voir s'effriter, comme dans un désir ultime de les sauver de lui-même.

Taari n'était pas complètement mauvais - il avait la nostalgie de ce temps, l'envie brûlante de voir apparaître une solution miracle parmi le brasier de cette société destructrice. Mais il n'y croyait plus, alors il avait depuis longtemps cessé de regarder et de rechercher la moindre réponse.
Il frappait à l'aveugle, imposait son désespoir colérique.
Il riait de ce malheur, de cette souffrance ironique.
Taari n'était pas malheureux, au final, il était devenir tortionnaire d'un monde exempte de paix, cherchant à en déceler les moindres fonctionnements pour mieux le détruire. Taari ne serait jamais totalement différent, parce que si corrompu qu'il soit devenu, il se battait pour le même objectif. C'était sûrement ce qui la poussait à continuer à croire, cette fille-là.

C'était ce qui la motivait à revenir et à lui faire serrer les dents dans cette colère contre lui-même, ce refus de la rédemption, cette envie d'enterrer ses vestiges de bonté. Il la repoussait par nécessité, par tristesse, par cette haine de lui-même qu'il ne pouvait exprimer qu'au travers de cette méchanceté permanente.
Cette fois-là, il l'avait invité à la passerelle parce qu'il n'en était pas loin. Il l'avait invitée dans cet endroit qui, à bien y penser, leur rappelait leur enfance - mais ce n'est pas pour cette raison qu'il avait choisi ce lieu, mais en espérant voir sa cuisine tomber dans le vide et s'y perdre, en même temps que le peu de considération qu'elle avait encore envers lui.

Va-t'en, Aiata. Laisse-le pourrir dans une culpabilité grandissante que ses rires étoufferont, laisse-le nier ses désirs que sa haine a submergé.
Fais demi-tour, à présent que ta silhouette apparaît à l'extrémité de cette passerelle au milieu de laquelle il s'est arrêté. Ce serait tellement simple d'en finir, ici et maintenant, de dire adieu à un monde ingrat qu'il ne voulait même pas reconnaître, parce qu'il n'était maintenu que par ce désir altruiste qui tenait maintenant de l'hypocrisie.
Qui voulait-il vraiment sauver ?
Cette question lui torturait l'esprit, oscillant entre la vérité et ses changements aussi réels qu'influencés par un passé morbide.
Plus il y pensait, plus il se revoyait à l'époque, faible et impuissant, trop gentil et rêveur pour affronter une vérité déjà dévoilée. Il se revoyait, la revoyait, revoyait ce passé bienheureux qui remodelait sa confiance en une tristesse dominante, écrasante, inoubliée.

- Finalement, j'en veux pas de tes trucs horribles. Va-t'en.

Sa bouche brûle d'un sentiment qu'il est incapable de définir parce qu'il n'a jamais fait ça avant ; parce qu'il n'a jamais osé, jamais prononcé ces mots interdits, tranché le voile avec de telles intentions. Il veut mettre fin à tout ça, à cette ambiguïté que son peu de gentillesse maintient, à la laisser faire face à ce qu'il est déjà devenu.
Reste-t'il du bon au fond de lui ? Certainement pas.
Ses qualités, il n'y a qu'elle pour les voir, les éveiller - et sa colère, il n'y avait qu'elle pour la comprendre et la provoquer sans avoir à faire autre chose que d'exister. C'est parce qu'elle était la personnification même de sa bonne part qu'elle se devait de disparaître de sa vie, et qu'il n'y avait qu'une seule issue possible - une seule vérité.
Elle devait le faire changer avant qu'il n'en vienne à la dévorer entièrement.

- Tu sais quoI ? Lâche l'affaire, avant que tout le monde te déteste. Et avant de me détester moi. T'as rien à gagner avec moi et je veux pas de toi ici.
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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockDim 1 Juil 2018 - 16:52
...and it feels like a tempest in my heart
Tu es bien cruel, Taari.

Regarde-la, déboussolée par tes propos, ces pansements sur ses doigts tous nouveaux déjà. C'est presque indiscernable, mais toi qui la connais, tu la vois - une lueur dans ses iris, reflète ton hybris. Quelque chose change, cependant, une moue au coin de la joue, un regard sur le côté, ses yeux reviennent finalement - c'est à toi qu'elle veut s'adresser.

▬ T'as du culot, quand même. J'sais que même les chiens mangent pas ce que je fais mais-

Elle s'arrête avec un sourire serein, puis tu reprends, affirme cette idée qui t'occupe depuis ce début de journée. Quelque chose se fige en elle. Si c'est parce que tu l'as groupée avec les autres, ou si parce qu'elle est outrée par ce souhait qui te vient de la protéger de toi comme si jamais n'avait été elle conscience de ce que c'est rester à tes côtés - c'est un peu des deux.

Les muffins sont la dans le moule dans ses mains. Elle avait accouru pour te trouver, sans faire attention à comment présenter le tout ((elle savait que tu n'allais pas tout manger, tu vois et sens bien l'aspect carbonisé des pâtisseries devant toi)).

Aiata essaie. Non pas parce qu'il faut, mais parce qu'elle le souhaite. Elle aurait pu te dire qu'elle l'avait vu venir, sentir, te voir t'éloigner d'elle comme les autres, comme si c'était la meilleure chose à faire. Elle n'est pas bête. Ton comportement n'a rien d'apaisant, ceux qui te craignent plus qu'il te côtoient grimpent en un nombre fou et il suffit à quelqu'un de respirer le même air que toi pour changer pour le pire.

Te dirait-elle alors qu'elle ne veut pas de ça parce qu'elle tient à toi ?

Ou alors te convaincrait-elle que la repousser n'est qu'un moyen pour qu'elle revienne éventuellement te voir ?

▬ Ne me donne pas d'-waah

Une bourrasque. Le moule glisse de ses mains et. Passe. Par. Dessus. La. Passe-

Précipitement, Aiata court pour s'accroupir au rebord. Un pied par dessus, de l'élan et elle saute-

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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockDim 1 Juil 2018 - 18:57
Truth in my lies right now are falling like the rain


Elle semble aussi décontenancée que lui par les mots qu'il a prononcé et sitôt qu'il s'est expliqué, Taari regrette son explication. Elle n'a pas besoin de savoir ce qui le pousse à agir, parce qu'il sait très bien comment les choses vont finir, ce qu'elle compte faire et ce qu'elle a l'intention de répondre.
Il le sait rien qu'en croisant son regard, et son silence soudain l'interpelle - il réalise, presque aussitôt, l'erreur qu'il vient de faire. Il s'est ouvert, rien qu'une seconde, il l'a laissé comprendre et tout semble s'écrouler dans une proximité qu'elle brûle de retrouver.

Son erreur, il l'a réalisé dans l'instant, et il fait un pas en avance, les dents serrés dans cette frustration qu'il ne se cache pas d'éprouver.
Qu'est-il censé faire, dans une telle situation ?
Qu'est-il censé lui dire, comment est-il censé lui faire comprendre, imposer cette distance ?

Il aimerait rester le même, il aimerait ne pas se haïr autant qu'il le fait mais il semble prisonnier de ses propres doutes, de cette désillusion qui bourre son quotidien d'une méchanceté qu'il se force presque à vouloir éprouver. Taari veut la paix, ça n'a jamais changé, il a juste cessé de croire qu'elle serait celle qu'il a toujours rêvé de voir autrefois.

Il n'est plus qu'à un mètre d'elle quand Aiata prend la parole, mais elle commence à peine sa phrase qu'un vent violent lui fait plisser les yeux. Il suit des yeux la cuisine qu'il s'envole et le temps semble passer au ralenti.
Il observe le phénomène, indifférent, comme s'il voyait des feuilles suivre le rythme de l'air. C'était comme un effet soudain de fatigue, son corps lui semble lourd, inexistant, la conscience passive et dominante, écrasant ses moindres possibilités de mouvements.

C'est dommage, semble-t'il penser, et il est bloqué entre soulagement et la déception lorsqu'il la voit s'élancer. Ses yeux s'écarquillent de surprise. Sa poitrine s'alourdit d'une inquiétude à présent que son cerveau carbure - il imagine déjà le pire, les regrets, un deuil auquel il ne se ferait jamais.
Il la voit suspendue, écrasée, imagine le poids du deuil, des regrets, imagine ce qu'il aurait pu faire mieux. Il imagine, et toute logique se dilue dans un réflexe qui fait imploser le reste de ses pensées.
Il s'élance à son tour, attrape d'abord une cheville avec sa main tendue pour la retenir. Son souffle se coupe lorsque sa poitrine se cogne un peu trop brutalement contre les cordes de la passerelle, mais presque aussitôt, il la hisse à sa hauteur, passe un bras sous la poitrine d'Aiata pour la ramener sur la passerelle. Lorsqu'enfin, il a soufflé un bon coup, il la dépose sur le sol de la passerelle sans la quitter un instant des yeux par peur de la revoir sauter.

- Putain, mais à quoi tu pensais ?

Furieux, étouffant son inquiétude dans une colère écrasante, il lui jette un regard féroce, laissant sortir toute la colère qu'il maintenait enfouie - toute la colère qu'il devrait diriger contre lui-même. Elle mérite pas ça, parce qu'elle n'est jamais que bienveillante, parce qu'elle évoque tout ce qu'il a été incapable de demeurer.
De tout ce temps, il n'a jamais porté la moindre pensée à l'égard de l'adulte qui protégeait les gens, de la possibilité qu'elle n'avait pas besoin d'aide parce qu'ici, sa seule préoccupation - au-delà de leur lien, son objectif, de ses humeurs - était qu'elle reste en vie.

C'était sûrement égoïste de la protéger alors qu'il voulait la maintenir loin de lui, étrangère à ses humeurs, à ses changements, sans même se soucier de ce qu'elle pouvait ressentir. Il se mettait le monde entier à dos pour ce qu'il avait bien pu devenir - et il refusait de la laisser entrer dans cette boucle interminable.
D'un geste brusque, Taari saisit la main d'Aiata et l'entraina jusqu'à la tour annexe, sans un regard. Il refusait qu'elle voit son expression, cette bribe d'humanité existante, qu'elle lui demande la moindre explication, entretienne l'espoir. Il voulait juste qu'elle oublie cette journée, qu'elle l'oublie et qu'elle garde ses distances. Il desserre sa main libre, jette un coup d'œil à la forme écrasée qu'il a pu sauver de la chute et la fourre dans sa bouche.

Il la fusille du regard, sa colère toujours dominante tandis qu'il prenait le temps de savourer le goût. Ses sourcils se froncent alors qu'il avale le reste de muffin d'une traite, ajoutant presque aussitôt, comme un avis jeté à la volée :

- C'est dégueulasse, plonge surtout pas pour des trucs pareils.
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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockDim 1 Juil 2018 - 22:15
...and it feels like a tempest in my heart
C'est ta réaction qui lui fait remarquer ce à quoi sa tentative de sauver des pauvres muffins avait ressemblé. Aiata était venue du côté des bungalows, croisé ce mage sur la passerelle dont le simple et triste boulot était de vérifier que des individus n'allaient pas se jeter d'une telle hauteur.

Son travail alors, c'était d'arrêter des idiots comme elle. Idiote oui, car jamais n'était-il passé par son crâne que tu la retienne ainsi. ((qu'elle sente de si près ta respiration)) Qu'elle était plus importante ((en tant que telle)) que tout ce qu'elle faisait pour toi ((ces muffins)). Après avoir dit qu'il fallait que vous ne vous voyez plus, qui plus est ?

▬ ...Taari

Palpable confusion la laisse dénuée de quelque argumentation. Tu lui attrapes la main et elle est la, entre incrédule, irritée. Quels sont tous ces signaux contradictoires que tu lui fais là ? L'agitation dans sa main, signe d'énervement certain, ce que tu ne vois pas c'est qu'un carmin enveloppe ces pommettes rondes et son nez même. Petite tête pleine de choses à dire, elle réfléchit à tout ce qu'elle pourrait te reprocher

▬  T'es... vraiment...

Chiant ? Compliqué ? Soulant ? Casse-couille ?

▬  lourd.

Ironie parce qu'elle te serre la main la demoiselle, un peu plus fort encore. Et puis son ton ? Calme, une respiration, on aurait dit qu'elle souriait faiblement presque. Quand tu lui lâches la main, c'est la confusion à nouveau, elle lève la tête en ta direction et c'est décidement de la colère qu'elle trouve.

Et. un. muffin.

▬  Comment-

Aiata se fige, puis elle sourit de plus en plus. Ce genre de sourire un peu béta qu'elle ne retient pas. Elle rit même presque, la tension la lâche d'un coup. Elle avait donc tort, c'est ce genre de petits trucs qui assurait Aiata qu'il n'y avait que toi pour l'accepter elle et ses attentions un peu trop nombreuses ((et souvent bien vues comme vides de sens))

▬  J'allais pas me jeter de la passerelle, gros béta. Y'a un mage du vent qui s'assure que rien n'arrive aux gens qui viennent ici.

Tu souris, paisible.

▬ ...Mais, avait-il fauté j'aurais pu y rester.

Elle te revoit énervé comme tu l'étais contre elle comme jamais, Aiata se sent étrangement flattée ((un peu inquiète pour sa personne, aussi)) et quelque peu gênée d'ailleurs, parce que tu n'es pas aussi, intense, avec elle. Du moins, pas à en engendrer du contact physique comme ce le fût aujourd’hui. Comment veux-tu qu'elle oublie ?

▬ On se jetait de plus haut que ça à l'époque ?

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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockDim 1 Juil 2018 - 23:17
Truth in my lies right now are falling like the rain


Qu'est-ce qu'il est censé dire, au juste ? Qu'est-ce qu'il est censé faire ?
Il sent sa respiration s'accélérer un instant, ses humeurs maitrisées qui dérapent durant une longue seconde durant laquelle il croise son regard.
T'es lourd, Taari - il l'a toujours su et cette vérité se multiplie, emplit son existence d'une absurdité qu'il n'est pas prêt de pouvoir assumer.
T'es lourd, et pourtant, elle reste ici, à tes côtés, au nom de quelques bonnes intentions, elle essaie de comprendre, de voir ce qui a changé. Elle garde ce ton calme, ce ton insupportable, elle reste étanche à cette colère comme si elle pouvait tout endurer.

Et finalement, comme à chaque fois, elle sourit quand elle réalise que le gouffre n'est pas si grand, quand tous deux finissent face à face à parler du passé, parce que Taari a beau essayer, cette distance n'est pas simple à installer avec la personne à laquelle il tient le plus.

Oui, elle a toujours été à part - c'est une vérité qui ne sert à rien de nier. Elle a toujours été derrière à l'observer de dos, surgissant parfois devant lui lorsqu'il s'écartait trop du chemin. Elle haussait la voix, fronçait les sourcils, refusait les moindres changements dans cette personnalité qu'elle connaissait par cœur.
Et maintenant, c'est bien différent, parce qu'il n'y a pas de retour en arrière possible, parce qu'il n'est plus le même et qu'il a dérapé du bon chemin depuis longtemps déjà.

Quand est-ce que tu as cessé de lui sourire, Taari ?
Il ne veut pas répondre, il ne veut plus y penser, à elle comme à ses fautes, et il veut se laisser couler dans cette corruption interminable qui la traverse comme un gaz inoffensif. Qu'est-ce que ça peut bien faire, qu'il y ait quelqu'un qui surveille cet endroit ?
Ce n'est pas tant ça qui l'énerve, à présent - elle sauterait autant de fois qu'elle voudrait qu'il la rattraperait. Ce qui l'énerve, c'est cette justification, comme une excuse valable - comme s'il allait accepter qu'elle remette sa vie entre d'autres mains que les siennes.

Il demeure en lui cette possessivité presque animale, le sentiment étrange à chaque fois qu'il la voit ici, au milieu des autres, comme s'il revoyait son lui d'antan. Il voudrait l'enfermer, la garder loin de tous pour faire taire ce sentiment ; il voudrait fermer les yeux pour ne plus jamais revoir ces images du passé, mourir pour ne plus avoir à sentir l'odeur de cette altitude reposante qui lui rappelle trop de bonnes choses.

- Ferme-la. Je m'en tape de ce type, je vais pas te laisser mourir.

Et encore moins le laisser te sauver, parce que c'est ce genre de sentiments qui l'habite. Il a les yeux rivés sur elle et il oscille entre deux feux, entre deux identités, deux manières de la voir, elle et le monde qui l'entoure.
Quel chemin est le bon ?
Quelle réponse est la bonne ?
Il a cessé de se poser ses questions depuis longtemps, déjà.
Mais à chaque fois, le visage d'Aiata lui renvoie ses doutes, le regret de n'avoir pas de réponse. Il aimerait éprouver de la culpabilité pour ce qu'il est devenu, mais ce n'est pas le cas - il est bien trop enfoncé dans le mal pour réaliser à quel point il a changé. Son esprit est différent, et pourtant, les sensations sont les mêmes, tout comme les vérités de leur passé et cette témérité naturelle qui semble survivre à tout leur parcours.

- Plus haut, ouais. Mais il y avait de l'eau en contrebas. Profonde, et sans rochers.

Il y a cette atmosphère unique, entre la nostalgie de leur lien passé et cette distance qu'il essayait de mettre. Ils ne se détestent probablement pas mais tous deux sont bien trop différents pour que les choses redeviennent comme avant.
Quelque chose s'est brisé, et aujourd'hui, un nouveau lien s'est re-dessiné - à l'image de ce qu'ils sont devenus.
Aiata est pour lui unique, et il a beau s'être laissé corrompre par sa propre expérience au point d'en oublier ses bonnes valeurs, il n'est pas assez bête pour se mentir au sujet de ce qu'elle représente pour lui. Taari prend une maigre inspiration, tourne la tête quelques instants pour en chasser les quelques pensées noires, évasives qui s'introduisent au milieu de la sérénité qui gagne enfin son esprit détraqué - comme un miracle d'ataraxie.

- J'ai plus rien à voir avec l'époque, Aiata. Je ne suis pas assez bête pour nier l'importance de notre lien, mais tu devrais réaliser dans quoi tu t'engages si tu n'y renonces pas.
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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockLun 2 Juil 2018 - 0:40
...and it feels like a tempest in my heart
Elle écoute ce que tu lui dis, joint ses mains derrière son dos l'expression reflexive. Un peu de recul, vois-tu, histoire de ne pas prendre pour elle ce souhait de distance ((normal, au final ne vous étiez vous pas perdus de vue pendant un certain temps après tout ?)) trop personnellement.

▬ On peut voir ça comme quelque chose de nouveau, si tu y tiens.

C'est étrange de parler de vous en essayant de s'en distancer le plus possible.

▬ A nous voir comme ça, on s'entend bien, tu trouves que ce n'est pas une preuve suffisante pour que tu me laisses rester à tes côtés ?

Qu'est ce qu'il faudrait faire pour qu'elle te convainque ? Ne vois-tu pas que ça marche déjà alors que tu as déjà changé ? Ce n'est même pas une question de parler des autres ou de ton comportement avec eux, il ne s'agit que de vous deux. Il est vrai que se connaître depuis un moment facilitait quelques interractions.

▬ J'suis aussi différente qu'avant Taari, mais ça n'empêche rien. Si ça marche, tant mieux, et si ça marche pas, tant mieux aussi. Tu auras eu raison, alors - même si je ne le souhaite pas et je pense pas que ça se passera comme ça.

Elle regarde ailleurs un instant. Cependant, etait-ce vraiment dénué de sens lorsque tu la regardait comme ça ? Lorsque tu manges son muffin alors qu'il n'y a pas plus horrible met au monde ? Lorsque tu la tiens contre toi comme si sa vie en dépendait ? Elle voulait absolument croire que non, elle aurait raison - c'est pour cela que ça tiraille. Beaucoup de pensées l'habitent la tahitienne, et elle remarque pas qu'elle en tremble légèrement.

Un petit rire l'échappe, histoire de faire passer la tension, histoire que ça aille un peu mieux.

▬ J'aimerais que tu te mettes pas dans la tête de gâcher nos interactions pour prouver que t'as raison - je sais que t'en es capable.

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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockLun 2 Juil 2018 - 1:10
Truth in my lies right now are falling like the rain


C'était plus haut, plus profond, mais au-dessus d'une eau sombre et agitée.
Cet endroit, à tous les points de vue, lui rappelait combien sa vie avait changé. Il avait sauté plus d'une fois, laissé sa vie entre les mains d'un destin qu'il ne craignait pas et d'un futur qui, lié à ses rêves d'enfant, ne lui faisait pas peur. La désillusion lui avait fait mal - bien plus mal qu'il n'avait pu l'admettre auprès de quiconque. Les héros n'existaient pas. L'altitude n'était pas plus amusante qu'elle pouvait être mortelle et, en dessous de son destin qui ne tenait qu'à un équilibre parfait, il n'y avait pas d'eau pour l'amortir.

Il n'y avait pas de seconde solution, de remède à cette stupidité chronique qui l'avait baladé toutes ces années - alors, tout simplement, il avait rompu cette équilibre. Il avait fermé les yeux et avancé sans prendre gare, oubliant le goût du défi, les raisons de sa marche. Il avait cessé de prêter attention à ce que pouvait être son destin à présent qu'il avait décidé de le changer en tout ce qu'il avait autrefois détesté. Il avait cessé d'y croire, de même essayer, et face à tout ça, elle restait de marbre - calme, confiante et solidaire, souriante et téméraire.

Aiata ne l'avait jamais laissé tomber et elle montrait, une fois de plus, toute la dévotion dont elle était capable de faire preuve à son égard ?
La méritait-il ? Certainement pas.
Était-ce réciproque ? Il faisait tout pour éviter ça.
Ce n'était pas une question d'attachement, de franchise ou de saboter ou non des relations dont il ne pouvait nier la réalité. Il n'avait pas besoin de saboter quoi que ce soit - le destin se chargerait de tout détruire pour lui. Sa mère l'avait lâché, elle qui avait toujours accordé sa confiance en son fils naïf et le catalyseur de cette admiration avait fini par croupir dans l'endroit où il avait emmené tant de gens - le parquet froid et ingrat d'une cellule où ses regrets le dévoreraient à petits feux.
Pouvait-elle changer ça ?
Pouvait-elle accepter le Taari qui découlait de ces malheurs ?
Il n'avait pas envie d'y croire. Il ne pouvait y croire, et elle était naïve de le faire, comme pour tout, parce qu'il savait que ce serait son tour, demain, dans un mois, peut-être des années - que la désillusion viendrait, aussi brutale qu'elle l'avait été pour lui.

Parce qu'il savait qu'il était pour elle ce que son père avait été pour lui, cet homme qu'il détestait, et qu'il se détestait autant parce qu'il était incapable de revenir en arrière. Son âme était déjà souillée de pensées profondes, l'esprit troublé de cette corruption naturelle où sa magie n'avait pas la main mise et où seule l'expérience de son passé suffisait.

- Si ça marche ? Si ça marche ? J'vais pas te faire un dessin, Aiata. T'aides les gens, moi je les détruis. Si c'est pas ma magie, c'est mes poings qui s'en chargent.

Il en a assez de mentir, de parler en sous-entendus, avec une expression moqueuse et à demi-voix, comme si la compréhension était réservée à ceux qui le méritaient. Il parle franchement, ce regard brillant de colère, sans sourire, lui décrit la réalité telle qu'elle le sera, et qu'elle est déjà - parce qu'ils sont bien trop opposés pour que l'un d'eux accepte de changer pour l'autre.
Quelque part, Taari n'a jamais cessé d'espérer, mais depuis peu, il commence à se demander s'il serait capable de revenir, même si la solution utopique de cette paix dont il a tant rêvé se présentait devant lui.
Pourrait-il tourner le dos à ce qu'il est devenu ?
Saurait-il ravaler sa fierté, ses mauvaises actions, remplaçait les provocations par des excuses sincères ? La réponse semble évidente, mais c'est ce qu'elle semble espérer, c'est ce que le futur pourrait donner s'il éprouvait de la culpabilité autrement que pour elle.

- Tu feras quoi, si tu dois choisir entre tes valeurs et moi ? J'aimerais bien te voir essayer de m'arrêter, d'ailleurs. Mais je suis pas sûr que tu sois prête pour ce choix. Les idéaux, ce sont jamais que des mots en l'air en attendant la réalité.

Il a un sourire amusé, comme si la situation, à l'image de tout ce qu'il avait vécu ici, n'était qu'un de ces chapitres prévisibles de sa nouvelle entité de vilain.
C'est jamais qu'un moment à passer, Taari. Mais derrière ses grands airs, il a la boule au ventre, une sensation si discrète qu'il l'oublierait presque s'il avait autre chose à sentir dans son cœur déjà vidé. Si c'était n'importe qui d'autre, il n'aurait même pas eu à discuter. Si elle n'était pas là, il n'aurait même pas eu le désir d'hésiter, ou de chercher à la sauver.
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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockLun 2 Juil 2018 - 12:29
...and it feels like a tempest in my heart
Si tu veux croire que tu t'opposeras forcément à tous ces principes, fais. Tu trouveras un ennemi en elle si tu le cherches, elle jouera le rôle même, entrera dans ton jeu parce qu'elle ne veut pas te perdre. Si c'est le moyen que tu lui propose, et même si toutes vos interactions montrent votre affection mutuelle l'un pour l'autre - elle t'aime trop pour tourner le pas parce que tu lui ordonne. Elle t'aime trop pour refuser de voir dans son entièreté ce changement chez toi que tu penses qu'elle détestera. T’arrêtera-t-elle pour de bon ? Elle ne sait pas. Essayer, par contre - c'est sa spécialité.  

▬ Ne me sous estime pas.

C'est assez égoïste dirait-on. Elle semble se rattacher à des bribes de toi et les appeler le vrai toi quand tu n'es plus tout à fait ces idéaux. En même temps la manière, la gentillesse avec laquelle tu prends soin d'elle sous-entendrait bien des choses différentes.

▬ ça change pas ce que j'ai dis

▬ Et parce qu'on a des idéaux différents peut nous pousser à se prendre la tête, bah qu'on se prenne la tête écoute.

Tu restes quelqu'un d'important pour elle malgré tout. Non, c'est justement parce qu'elle trouve le courage de se mettre à travers ton chemin qu'il n'y a qu'elle pour dire, oser même, avoir l'audace de t'arrêter.

▬ Jamais.... tu ne pourras me convaincre de te tourner le dos. Je t'arrêterais s'il le faut.

Ce n'était pas qu'elle prenait cette décision sans connaissance de cause. Ton amusement avait quelque chose de cinglant, elle n'y était pas insensible. Dans tout ça, ton souhait qu'elle reste loin pour se protéger de ce que tu pourrais lui faire ou de ce que les autres pensent de toi reste le même. Tu sais, Taari, qu'elle n'a pas un sens de préservation de sa personne très haut.

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MessageSujet: Re: truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1   truth in my lies right now are falling like the rain // taiata #1 1400359500-clockLun 2 Juil 2018 - 15:49
Truth in my lies right now are falling like the rain


Sa solution, Aiata refuse de l'écouter. La logique du présent, la tournure de leur lien, la meilleure solution, Aiata refuse de l'appliquer.
Ça semble si simple lorsqu'il le lui dit, un adieu douloureux qui en appellerait au bonheur sur le long terme, mais elle ne veut pas de cette solution de facilité. Elle ne veut pas le laisser gagner, le laisser s'éloigner et disparaître pour se détacher définitivement de ce qu'il a pu être autrefois.
Lorsque leurs regards se croisent une ultime fois, Taari comprend à quel point elle est têtue, à quel point elle est forte et à quel point il lui ressemble, avant comme maintenant.

Il comprend qu'il n'est pas le seul à avoir changé et qu'elle est devenue bien meilleure que ce qu'elle a pu être. Il a évolué dans un sens, elle est partie dans l'autre - et sans savoir quelle réponse est la bonne, Taari est décidé à se battre pour rester ce qu'il est là.
Autrefois, ils sautaient de ces falaises pour retomber dans l'eau profonde qui entourait leur île paradisiaque.
Maintenant, ils sauteraient de cette passerelle en direction d'un futur incertain, s'en remettant au pouvoir d'un mage inconnu, aux décisions de ces idiots qui les entourait, au bon vouloir de leurs magies, à la force de leurs convictions. Plus il y pensait et plus cet inconnu lui semblait lourd de possibilités, et empli d'une difficulté qu'il n'était pas sûr de pouvoir surpasser à lui seul, comme un futur apocalyptique vers lequel il fonçait.

Qu'est-ce que pouvait bien faire ? Ce qui était certain, c'est que plus il y pensait et plus il se sentait heureux, rempli de cet étrange sentiment d'impatience comme la certitude d'avoir enfin la possibilité de déployer tout ce qu'il avait appris à devenir. D'entre tous, elle était aussi spéciale parce qu'elle avait réussi à l'arrêter au moindre faux pas, et cette fois, elle allait devoir le sortir d'un dérapage sans égal où il n'avait cesse de s'enfoncer.
La route d'une bonté oubliée lui semblait si loin, et il entretenait ces pensées sombres qui avaient dégringolé avec lui dans l'enfer de ceux qui ont appris à fermer les yeux.

- Alors, c'est décidé. On verra qui de nous deux cédera le premier.

Ce n'est pas un jeu parce qu'il est conscient de ce que ça va devenir, de tous les risques qu'il encourt en acceptant de se confronter à elle.
Aiata n'est pas sa pire ennemie mais celle qui a le plus de chances de le blesser. Cela fait un moment qu'il a oublié le visage de ses amis d'enfance - leur nom, leurs passions, à commencer par leur voix ; et au fil du temps, ses problèmes avaient effrité tout ce qu'il avait pu savoir d'eux un jour. Il avait même du mal à revoir les paysages de son enfance, et il n'y a que dans ses yeux à elle qu'il voyait se refléter les mémoires de cette époque oubliée. Il a ce sourire d'amusement, le regard mauvais, avançait sans pouvoir oublier.

Il gardait ce masque intact, conscient du danger qu'elle représente, des doutes qu'elle lui ravivait - mais c'était nécessaire à ce qu'il espérait devenir. Il devait passer par là, lui faire face à elle, à ces souvenirs enfouis - comme il devrait un jour faire face à ce père qui pourrissait derrière les barreaux. Qui avait raison ? Qui pouvait amener la paix dans un monde qui semblait tout faire pour baigner dans les conflits les plus absurdes, sans repos ? C'est parce qu'il n'avait pas la réponse et que sa recherche l'avait détruit que Taari avait changé - mais héros d'antan, agent d'un chaos purificateur, il ne pouvait s'empêcher d'écouter les réponses des autres, comme une libération de son propre fardeau.

- J'ai cru comprendre que tu avais un don gênant, à croire que tu es faite pour ça. Mais c'est tant mieux. Je ne veux pas utiliser ma magie avec toi, mais le faire par moi-même. Je vais te faire comprendre ton erreur sur toute la ligne.

Il l'observe durant quelques longs instants pour guetter la réaction de son visage. Cette relation, il est incapable de la comprendre, mais c'est bien parce qu'il est incapable de s'attaquer à elle qu'il préfère détruire tout ce en quoi elle peut bien croire.

Lui faire du mal ? C'est tout le contraire - il a beau avoir changé, Taari a suffisamment de confiance en lui pour ne pas douter de ses propres réponses. Finalement, il lui tourne le dos, fourre ses mains dans ses poches et amorce une marche de départ loin d'une entrevue qui n'a que trop duré. Ce n'est pas avec les mots qu'il pouvaient se comprendre - et sûrement avec rien d'autre, d'ailleurs. Ils devaient se faire face, une fois encore, une dernière fois ; et seulement l'un d'eux, de l'héroïne ou du méchant, pourrait y survivre.
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